lundi 21 avril 2014

Stanley Kubrick #1: Spartacus (1960).




Bonjour à tous et à toutes !

J’espère que vous allez bien et que vous avez tous passé un bon week-end ! De mon côté, je suis actuellement en vacances avec ma petite famille, mais rassurez-vous, je ne vous ai pas oubliés ! En effet, je vous ai préparé pour cette semaine deux chroniques qui, espérons-le, vous plairont. Et pour démarrer en beauté, je vous propose de lancer officiellement le nouveau cycle cinéma du Livroscope : le mois dernier, j’ai terminé celui consacré à l’acteur Johnny Depp, et j’ai tellement aimé vous préparer des articles sur le septième art que j’ai décidé de me lancer dans un autre défi, celui de vous présenter sept films du célèbre réalisateur Stanley Kubrick ! Allonsy sans plus tarder, je vous souhaite une très bonne lecture de cet article :)


Petite photo prise pendant la préparation du cycle!
Pourquoi un cycle sur Stanley Kubrick ?
Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tenais à vous expliquer avec un peu plus de détails pourquoi j’ai choisi de traiter de Stanley Kubrick pour ce nouveau cycle.

Tout d’abord, après avoir travaillé sur un acteur (Johnny Depp), j’ai pensé à choisir une actrice (Kate Winslet, par exemple, ou Kirsten Dunst, que j’adore), ou alors à concocter une liste de films autour d’une thématique (les adaptations, les films d’animations), mais je n’arrêtais pas de changer d’avis : il faut dire que travailler sur le cinéma offre des milliers de possibilités !

Puis, la solution m’est venue plutôt simplement au moment où je ne m'y attendais pas : en faisant une petite liste des films que j’avais envie de voir (parce que oui, je fais ça), j’ai réalisé que plusieurs d’entre eux étaient des films réalisés par Stanley Kubrick. J’ai découvert le réalisateur lorsque j’avais 16 ans, avec A Clockwork Orange, et j’avais eu depuis le temps de voir d’autres de ses films, comme Lolita, ou The Shining. C’était donc l’occasion idéale de combler mes lacunes !
Je vous laisse ci-dessous la liste finale du cycle, j’espère qu’elle vous plaira (à savoir : j’ai déjà présenté il y a quelques mois The Shining à l’occasion d’une LC sur le roman éponyme, voici le lien) :

1) Spartacus – Avril 2014.
2) Lolita – Mai 2014.
3) Dr Strangelove – Juin 2014.
4) 2001 : A Space Odyssey – Juillet 2014.
5) A Clockwork Orange – Août 2014.
6) Full Metal Jacket – Septembre 2014.
7) Eyes Wide Shut – Octobre 2014.



Stanley Kubrick, c'est qui?
Comme nous allons passer un petit moment avec l’ami Stanley (sept mois, c’est pas rien quand même !), je vous propose de démarrer par quelques mots le concernant. Evidemment, je ne suis pas biographe, donc je vais m’en tenir à des généralités, apprises sur le net ou dans le livre Stanley Kubrick par Paul Duncan, que j’ai trouvé très sympa.

Stanley Kubrick est né en 1928 à New York. Très jeune, il se désintéresse de l’école, préférant se consacrer à ses passions héritées de sa famille, à savoir la photographie et les échecs. La photographie devient centrale dans sa vie, et son talent le fait remarquer rapidement : il vend ses premiers clichés à l’âge de 16 ans, et il se lance dans la réalisation de photos-récits (une histoire racontée grâce à une succession de photos. Cette pratique, que vous connaissez peut-être sous le nom de « roman photo » s’est un peu perdue de nos jours). Il décide ensuite de se tourner vers le cinéma et la réalisation, en commençant par des courts-métrages documentaires, notamment sur la boxe (une autre de ses passions). C’est en 1953 qu’il réalise son premier film, intitulé Fear and Desire, qu’il a auto-financé, puis il sort en 1954 Killer’s Kiss. Le succès public n’est pas au rendez-vous, mais les critiques lui reconnaissent un certain talent qui l’encourage à poursuivre. Il réalise ensuite The Killing, qui marche bien en salles, puis Paths of Glory (connu en français sous le titre les Sentiers de la Gloire) grâce auquel il rencontre Kirk Douglas, avec lequel il travaillera en 1960 sur Spartacus dont nous allons parler aujourd’hui. En 1962, Kubrick propose l’adaptation considérée scandaleuse du non-moins scandaleux roman Lolita de Vladimir Nabokov, puis Doctor Strangelove. Suite à ce film, il passe au cinéma couleur et déménage en Angleterre. Il réalise deux de ses films les plus connus, 2001 : A Space Odyssey, et A Clockwork Orange, avant de s’atteler à une nouvelle adaptation, Barry Lyndon (film pour lequel tout a été tourné avec des bougies pour rendre l’éclairage aussi proche de celui de l’époque de l’histoire. Classe.). Il se fait un peu plus rare au cinéma pour ses trois films suivants, The Shining (dont j’ai déjà parlé sur le blog), Full Metal Jacket, et enfin Eyes Wide Shut, sorti en 1999, année de sa mort. A noter que Stanley Kubrick avait également lancé au cours de sa carrière une multitude de projets qu’il ne parvint pas à faire aboutir, notamment un biopic sur Napoléon, ou A.I que Steven Spielberg, dont il fut l’ami, réalisera plus tard.
En ce qui concerne sa vie privée, il se maria tout d’abord à Toba Metz en 1951, puis à Ruth Sobotka, et enfin à Susanne Harlan.  

Spartacus:
Informations générales:




Sorti en 1960, Spartacus est un film adapté sur un roman écrit par l’écrivain Howard Fast, publié en 1951. Kirk Douglas, acteur très en vogue à l’époque, décida de l’adapter à l’aide du scénariste Dalton Trumbo. A l’origine, le film devait être réalisé par Anthony Mann, mais après deux semaines de tournage, Kirk Douglas (qui était aussi le producteur) le congédia et appela Stanley Kubrick en remplacement. Pour l’époque, Spartacus était un film gros budget, avec 13 millions de dollars. Mais il fit un carton dans les salles, rapportant presque cinq fois son coût de départ ! Le film remporta plusieurs prix, dont quatre Oscars, récompensant notamment Peter Ustinov, la photographie et les costumes.

Au niveau du casting, on retrouve Kirk Douglas dans le rôle titre, Jean Simmons (Varinia), Laurence Olivier (Crassus), Peter Ustinov (Lentulus Batiatus), Charles Laughton (Gracchus), ou encore Tony Curtis qui interprète Antoninus.




Résumé:
Nous voilà en -73 avant Jésus-Christ. Spartacus, esclave fils d’esclave, est acheté alors qu’il travaille dans une mine par Lentulus qui dirige une école pour former des gladiateurs. Il y découvre la violence du combat, la rudesse de l’entraînement physique, mais aussi l’amour, en la personne de la jolie Varinia, elle-aussi esclave. Un jour, Crassus, riche patricien, rend visite à Lentulus : la mort de l’un des gladiateurs et la vente de Varinia à Crassus déclenchent une révolte menée par Spartacus, qui monte alors une armée d’esclaves, avec le but de quitter l’Italie. Mais à Rome, les patriciens ne l’entendent pas de cette oreille…

Spartacus, un personnage qui fascine:
Comme je l’ai appris en faisant mes recherches sur le film (oui, j’y connais rien en culture antique: merci Wikipédia), Spartacus est un personnage ayant réellement existé. Il est principalement connu pour avoir été l’un des leaders de la Troisième Guerre Servile (autrement dit des rebellions d’esclaves) d’Italie, guerre menée par des gladiateurs entre 73 et 71 avant Jésus Christ. On sait assez peu de choses en ce qui concerne sa vie, mais on peut en revanche dire qu’il est devenu une vraie légende. En effet, Spartacus est devenu une vraie inspiration pour les arts, que ce soit la littérature (théâtre, mais surtout romans, comme celui de Bernard Malon ou celui de Howard Fast), le cinéma (avec six films, dont un inspiré par son fils), ou encore la télévision, avec la série Spartacus qui compte trois saisons.

Un péplum sur la liberté:
Dans Spartacus, on découvre l’histoire (sous forme de fiction, évidemment) de la Troisième Guerre Servile d’Italie, au cours de laquelle les gladiateurs décidèrent de se soulever et de défier le régime de la Rome Antique, très codifiée socialement. Les personnages du film sont principalement issus de trois « classes » : tout d'abord, les gladiateurs et esclaves, sur lesquels on se focalise, comme Spartacus, Antoninus et Varinia. Nous les voyons travailler dans des conditions particulièrement hard : le film s’ouvre sur une scène se déroulant dans une carrière, où les esclaves travaillent sous un soleil de plomb, fouettés et battus à mort. Ils doivent être totalement soumis à leurs maîtres, comme le montre par exemple les allusions sexuelles de Crassus envers Antoninus, ou le défilé des femmes esclaves le soir dans les chambres des gladiateurs. Evidemment, nul besoin de préciser qu’ils ne sont pas payés !

La seconde catégorie, celle des « commerçants », est représentée par le personnage de Lentulus Batiatus, qui achète les esclaves et dirige l’école des gladiateurs. Quasiment toutes ses apparitions sont liées à l’argent, que ce soit dans les actes qu’il effectue (acheter ou vendre) ou dans ses paroles. Son attitude envers les patriciens (dont nous parlerons dans quelques lignes) est stimulée par l’appart du gain et par le pouvoir : il retourne sa veste plusieurs fois au cours du film…




Enfin, au top of the top nous trouvons les patriciens, ici Gracchus et Crassus, vêtus de leur toge blanche. Plusieurs scènes du film sont des séances au sénat pour parler politique, montrant leur pouvoir, décidant de ce qui doit être fait ou pas fait. Ils sont dépeints comme étant manipulateurs, hypocrites, et s’amusant de la souffrance des autres (la scène où les jeunes femmes choisissent les gladiateurs au début du film est assez marquante).
Evidemment, précisons-le tout de même, le trait est forcé pour le bien du film, pour le rendre crédible !


Stanley Kubrick avec Tony Curtis et Laurence Olivier.
Mon avis sur le film:
Comme vous l’aurez compris avec ma petite présentation de Stanley Kubrick, lorsque Spartacus sort en 1960, il avait déjà réalisé pas mal de choses, et j’aurais pu choisir un de ses travaux plus anciens, mais j'ai sélectionné ce film pour plusieurs raisons : tout d’abord parce que ce film est son premier gros gros gros succès en salles, avec à la clé quatre Oscars ; ensuite, j’avais envie depuis longtemps de regarder un péplum (parce que j’aime bien les péplums, Ben-Hur c’est la vie), et enfin parce que je bavais sur le casting. Au final, je suis assez mitigée sur le film.

Alors attention, je ne dis pas que je n’ai pas aimé. Au contraire, j’ai passé un assez bon moment devant Spartacus. Le film dure environ trois heures, mais je ne les ai pas vues passer ! Je suis entrée dans le film sans trop de problèmes (j'ai adoré le générique) et j’ai eu du mal à le lâcher. Tout d’abord,  j’ai beaucoup aimé l’histoire, qui est très prenante, proposant des rebondissements intéressants et se déroulant avec fluidité. Il est difficile de s’ennuyer : le film comprend beaucoup d’action, des séquences émotions sympathiques entre Spartacus et Varinia, et j’ai trouvé les combats et passages à l’école de gladiateurs plutôt bien chorégraphiés.

On s'éclate, dis donc!

En ce qui concerne les personnages, je n’ai rien à redire : je vous ai dit avoir choisi le film en partie en raison du casting, et c’est vrai. La plupart des rôles principaux sont tenus par des acteurs que j’adore, comme Kirk Douglas (que je trouve super charismatique, il envoie en gladiateur : d’ailleurs vous noterez que son physique n’a rien à voir avec les acteurs bodybuildés qu’on met aujourd’hui dans les films qui se passent à la même époque), Peter Ustinov (hello Hercule Poirot), mais surtout, SURTOUT le duo Tony Curtis et Laurence Olivier, deux de mes acteurs préférés. J’étais ravie de les retrouver dans Spartacus, et c’était vraiment le gros point fort pour moi dans ce film. Les personnages sont plutôt bien réussis : Varinia est particulièrement touchante !

Alors, il est où le problème ? Et bien si je trouve que Spartacus est un bon péplum et un bon film, je n’ai en revanche pas l’impression d’avoir vu un film de Stanley Kubrick. Ses autres films (du moins ceux que j’ai vus jusqu’à présent) se distinguent et possèdent une identité très particulière, tant au niveau des histoires racontées que de l’esthétique, alors que ce n’est pas spécialement le cas ici. Cela peut s’expliquer par le fait que le principal instigateur du projet était Kirk Douglas, et aussi par l’arrivée tardive du réalisateur sur le film, quelques semaines après le début du tournage. J’ai aussi lu un peu partout que ce film était considéré comme étant le moins personnel de son œuvre, et il l’aurait même renié quelques années plus tard.

En bref, si vous cherchez un péplum sympathique à regarder, foncez sur Spartacus ! Par contre, si vous avez envie de voir du Kubrick, je ne suis pas sûre que ce soit le plus approprié…

Voilà c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cet article vous a plu, n’hésitez pas à me laisser vos avis et petits mots en commentaire, notamment si vous avez des envies particulières pour le prochain cycle cinéma (et oui, pensons-y déjà !). On se retrouve d’ici quelques jours pour un nouvel article, qui sera consacré au tome deux de la saga Sœurs Sorcières, à savoir Star Cursed ! En attendant, prenez soin de vous,

AnGee Ersatz*

10 commentaires:

  1. Je ne connaissais pas ce réalisateur (faut dire j'ai une culture cinématographique pourri que mon chéri essaye d'améliorer), du coup tes articles peuvent bien m'aider !:)

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    1. Ah d'accord ^^ n'hésites pas à passer alors :)

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  2. c'est l'un de mes films préférés, je l'avais vu il y maintenant très très très longtemps lorsuqe j'étais étudiante et il m'avait favorablement marquée... :)
    en tout cas, très bel article de ta part ! il m'a donné envie de le revisionner ! :D
    et tu as raison, c'est l'un des films les moins personnels de Kubrick, mais comme c'est un film de commande qu'il a été appelé d'urgence...
    en tout cas, les acteurs sont magistraux, voire savoureux (je fais ici référence à Charles Laughton et Peter Ustinov qui ajoute un côté humoristique)

    passe un excellent lundi de Pâques ! :)

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    1. Oooh ravie de voir que tu aimes ce film :). Je partage ton avis sur les acteurs, ils sont vraiment fantastiques!!!

      Merci beaucoup à toi et à très vite!

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  3. La première fois que j'ai vu ce film j'étais en 5ème et c'était pour mon cours de latin. je me souviens encore de la musique aux violons de ce film. C'est vrai qu'on ne voit pas le temps passer. Ce qui m'énerve un peu plus ce sont les infidélités historiques mais bon, on ne peut pas tout avoir !

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    1. Effectivement, tu fais bien de le dire! Je suis pas hyper calée sur cette période, mais c'est vrai qu'il y a des infidélités historiques :)

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  4. Chouette ce cycle Kubrick!
    Je partage ton avis sur le fait qu'on ne voit pas sa patte dans Spartacus.
    Mais dans les autres, alors là... J'ai hâte de lire les articles qui suivront!
    (Et je réfléchis à des idées pour un prochain cycle ;) )

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    1. Merci beaucoup :D J'espère que la suite te plaira, et surtout n'hésites pas à me donner tes idées :)

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  5. J'ai du regarder Spartacus en cours d'anglais et j'avais adoré ! Un très bon péplum :)

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