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dimanche 25 mars 2018

Masse Critique Babelio: Un bon parti de Curtis Sittenfeld.



Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique ! Et voilà, j’ai enfin repris mes bonnes habitudes après des semaines passées la main dans le plâtre et je suis heureuse de vous retrouver aujourd’hui pour un article qu’il me tardait d’écrire : ma présentation du roman Un bon parti, de Curtis Sittenfeld. Ce livre, que j’ai pu recevoir grâce à l’une des opérations Masse Critique de Babelio, se présente comme une nouvelle réécriture d’un roman terriblement célèbre, à savoir Pride & Prejudice de Jane Austen. Passionnée par cette autrice depuis longtemps, j’ai déjà eu plus d’une fois l’occasion de vous parler de son œuvre sur le blog et notamment de Pride & Prejudice, qui se révèle être une source inépuisable d’inspiration pour les réécritures et adaptations. J’étais donc curieuse de voir ce qu’Un bon parti pouvait bien donner… En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une excellente lecture ! :)

Les Masse Critiques de Babelio :
Comme mentionné un peu plus haut, j'ai reçu le roman Un bon parti grâce à une Masse Critique organisée par le site Babelio. Je pense que vous êtes nombreux à déjà connaître ce rendez-vous et ce site, mais pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas, Babelio est un site communautaire destiné aux amoureux de la lecture. Avis et découvertes s'y échangent sur le site ainsi que sur le forum. Très régulièrement (environ une fois par mois), Babelio organise une Masse Critique: en échange d'une critique postée sur le site, il est possible de recevoir gratuitement un livre. Je vous laisse ci dessous le lien vers le site de Babelio pour que vous puissiez y jeter un oeil! 


Qui est Curtis Sittenfeld ?
Ne changeons pas les bonnes habitudes et commençons cette chronique par une petite présentation de notre autrice du jour, Curtis Sittenfeld. Oui, ne vous laissez pas avoir par ce prénom plutôt masculin, Curtis Sittenfeld est bien une femme. Née Elizabeth Sittenfeld, elle prend pour sa carrière d’écrivaine le nom de Curtis, qui se trouve être le nom de famille de sa mère. Elle voit le jour en 1975 dans une famille comptant plusieurs enfants. Elle se passionne très tôt pour la lecture et l’écriture. Une passion qui se déclare non seulement tôt mais qui porte rapidement ses fruits : en effet, Curtis Sittenfeld se fait remarquer dès le lycée en remportant un concours d’écriture organisé par le magazine Seventeen, une revue phare chez les adolescentes américaines. En 2005, elle publie son premier roman : Prep, suivi à rythme régulier d’autres romans et nouvelles. Sa dernière parution en date est Eligible, traduit en français sous le titre Un bon parti, en 2016. Si vous avez envie d’en apprendre davantage à son sujet, je vous invite à suivre le lien ci-dessous, qui vous guidera à son site internet !


Un bon parti :
Quatrième de couverture :
La tension est palpable chez toutes les mères de Cincinnati : Chip Bingley, beau médecin, célèbre participant d'une émission de téléréalité, vient de s'installer en ville et... c'est un cœur à prendre. Elizabeth, de passage pour aider sa mère après l'accident de son père, se fiche bien de tous cette agitation, d'autant que Chip est toujours accompagné de son insupportable et suffisant collègue, Fitzwilliam Darcy. Elle tente de redresser les finances familiales en dépit d'une mère qui utilise le shopping en ligne comme psychothérapie et de ses trois sœurs qui vivent encore au crochet de leurs parents dans une maison qui part à vau-l'eau. Mais elle doit aussi veiller sur son père, qui préférerait s'enfiler un bon steak plutôt que de respecter les recommandations du médecin, et sur sa sœur Jane, en train de succomber au charme, ennuyeux mais certain, de Chip.
  
Une modernisation de Pride & Prejudice :
Lorsqu’on s’intéresse à Jane Austen et à ses œuvres, il est difficile de passer à côté des nombreuses réalisations qui en sont inspirées. Vous avez les classiques ré-éditions de ses livres agrémentées de notes toujours plus fournies ou de couvertures colorées, des versions illustrées par des artistes d’horizons variés, ou encore les incontournables adaptations cinématographiques ou télévisuelles. Mais depuis une dizaine d’années environ, le phénomène à la mode pour les classiques, dont ceux écrits par Jane Austen, c’est la réécriture. On en trouve de toutes sortes : des très sérieuses, des plus loufoques sur fond de parodie, des versions comics, modernes, ou même des crossovers mettant en scène plusieurs classiques en un.



Pride & Prejudice a fait plus d’une fois l’objet d’une réécriture, l’exemple le plus marquant de ces dernières années étant le fameux Pride & Prejudice & Zombies (que j’ai personnellement détesté) décliné sous la forme d’un roman, d’un comics et même d’un film. 
Avec Eligible, Curtis Sittenfeld reste dans cette thématique très populaire de la réécriture, mais choisit pour sa version non pas d’intégrer des créatures monstrueuses. Non, elle choisit de moderniser l’intrigue de Jane Austen pour l’adapter à notre monde actuel. Alors évidemment, vous faire toute l’analyse des éléments modernisés de ce roman ne serait pas très pertinent pour deux raisons, d’abord parce que ça me prendrait longtemps et ensuite parce que ça vous spoilerait pas mal d’éléments, mais voici tout de même quelques points pour vous donner une petite idée. 
Tout d’abord, l’âge des sœurs Bennet a été avancé. Jane et Elizabeth frôlent toutes les deux la quarantaine, là où dans le roman original elles se situaient dans la vingtaine. Cette décision, qui peut surprendre de prime abord, se révèle en réalité plutôt cohérente. Car pour l’époque de Jane Austen, l’âge de Jane et Elizabeth était considérée comme tardif pour le mariage. Aujourd’hui, dans les mœurs (même si personnellement je m’en fiche royalement), c’est la quarantaine qui parait être un âge inquiétant. 
Le caractère des sœurs a été adapté au monde contemporain. La fougue et la volonté d’indépendance de Lizzie se transcrivent par son emploi comme journaliste dans un magazine féminin où elle réalise apparemment des interviews pointues sur la condition des femmes. La douceur de Jane s’exprime à travers du yoga et de la méditation. Kitty et Lydia, décrites comme superficielles dans le roman de Jane Austen, se passionnent pour le crossfit, les régimes à la mode et le vernis à ongles. Enfin Mary, la plus isolée des sœurs Bennet, devient ici une sorte de recluse qui enchaîne les diplômes sur internet et passe son temps à étudier.
Tout en gardant des thèmes similaires à l’œuvre originale comme la question du mariage et de la position sociale, Curtis Sittenfeld introduit également des éléments plus modernes, comme la téléréalité, la question de la sexualité et de l’identité sexuelle, par exemple. Le but : explorer l’orgueil et les préjugés dans le monde des années 2010 !

Ce que j’ai pensé du livre :
Je pense que ce n’est un secret pour personne : j’adore Jane Austen. Il s’agit d’une de mes autrices de classiques préférées, et ce depuis longtemps. Il est tout naturel alors que son œuvre soit régulièrement mise à l’honneur sur le blog. Et j’aime aussi beaucoup découvrir les ré-écritures de ses ouvrages, car j’aime voir comment une même œuvre peut être explorée par des films, séries ou livres. Pour ce qui est de Pride & Prejudice, il y a du très bon (The Lizzie Bennet Diairies, par exemple, une web série très chouette disponible sur YouTube et que je vous recommande de voir sans attendre) et du moins bon (je ne vais pas revenir sur Pride & Prejudice & Zombies, je pense que vous avez compris l’idée). Quand j’ai eu l’occasion de découvrir Un bon parti, j’étais très intriguée par cet ouvrage, me demandant comment Curtis Sittenfield avait pu innover sur ce roman. Voici ce que j’en ai pensé.

Pour résumer simplement mes impressions sur Un bon parti, elles sont dans l’ensemble plutôt bonnes, mais avec tout de même quelques points qui me laissent mitigée. S’il y a des choses que j’ai bien aimées, il y en a également qui me laissent assez dubitative. Je vais donc tenter de vous expliquer tout cela de façon aussi claire que possible, en commençant par l’intrigue.

Ma première interrogation, en ce qui concernait l’intrigue, avant de commencer Un bon parti était de savoir si on allait bel et bien retrouver l’univers de Jane Austen. Si on se focalise sur l’histoire, effectivement, on la retrouve bien dans les grandes lignes. La famille Bennet, les problèmes financiers des parents, l’histoire d’amour entre Jane et Bingley, celle d’Elizabeth et de Darcy, ainsi que d’autres importants jalons de l’intrigue répondent présents. A ce niveau-là, je n’ai rien à redire : les quelques changements (et je ne parle ici de ce qu’elle a fait en terme de modernisation) opérés par Curtis Sittenfield sont plutôt mineurs et ne changent rien par rapport à ce qu’on connait de Jane Austen.

L’intrigue a un côté très divertissant avec un univers qui se veut entre Sex & the City et Bridget Jones (en tout cas, c’est comme ça que je l’ai ressenti) dans l’humour et les univers dans lesquels évoluent les personnages. Il y a pas mal d’action, de retournements de situation, ce qui contribue à ce côté divertissant. Cependant, je tiens tout de même à noter que j’ai trouvé que le livre souffrait de nombreuses longueurs qui font un peu patiner le déroulement de l’intrigue. Certains passages (qui concernent surtout des intrigues secondaires, comme le grand nettoyage opéré par Lizzie dans la maison de ses parents ou la téléréalité) paraissent un peu interminables, si bien qu’on a hâte de passer à autre chose. C’est un peu dommage.

Quand on lit une réécriture, on espère et on s’attend également à retrouver les personnages qu’on affectionne dans l’œuvre originale. C’est ici globalement le cas, si ce n’est que les traits des personnages ont été pas mal forcis : Lizzie ne jure que par son statut de journaliste, Jane est à fond dans la méditation, et la pauvre Mary, douce et calme dans l’œuvre originale, apparait ici comme une asociale qui ne jure que par ses diplômes. Mme Bennet est encore pire que dans le livre de Jane Austen. D’un côté, tout cela contribue à donner parfois un peu plus de comique à l’intrigue. Mais de l’autre, je trouve parfois que certains personnages sont ou dénaturés ou trop peu crédibles. Je suis donc assez mitigée par le résultat final. J’ai plutôt bien aimé Jane ainsi que Mr. Bennet. En revanche, j’ai trouvé que Darcy manquait beaucoup de charisme.

J’aimerais à présent me concentrer sur la partie modernisation de l’univers de Jane Austen. Clairement, de ce côté, il y a plutôt du bon et du moins bon. Dans le positif, j’ai trouvé par exemple très cohérent de vieillir les héroïnes et d’adapter leurs centres d’intérêt au monde actuel. Que Jane fasse du yoga est une bonne idée selon moi, tout comme le fait qu’elle et sa sœur arrivent à la quarantaine. L’idée de mettre de la téléréalité avec une version fictionnelle du Bachelor n’est pas mauvaise non plus, c’est assez rigolo même si ça lasse un peu sur la fin. J’ai été plutôt séduite par ces aspects-là. En revanche, Curtis Sittenfield a également fait le choix d’aborder des sujets sérieux d’une manière malheureusement un peu bancale. Je pense principalement au fait que l’un des personnages soit trans, ou que deux personnages secondaires soient lesbiennes, ou encore à la question des couples mixtes : ce sont des sujets importants et si d’un côté j’ai trouvé ça bien d’en parler et d’incorporer ces éléments à l’intrigue, le fait que ces personnages soient surtout vus au travers du regard homophobe/transphobe/raciste de Mrs Bennet me fait me poser des questions sur le message que Curtis Sittenfield a essayé de transmettre… C’est très maladroit.

Pour conclure, Un bon parti est un roman que j’ai trouvé dans l’ensemble sympathique et divertissant. Il ne s’agit pas d’une mauvaise réécriture de Pride & Prejudice et il y a des éléments très plaisants dans cette œuvre, mais quelques petits bémols sont pour moi à noter. Je vous encourage à lire le livre pour vous faire votre propre avis, et n’hésitez pas à m’en faire part en commentaire ! :)

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cette chronique vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire ! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup !

AnGee. 

mercredi 7 juin 2017

Masse Critique Babelio: Journal d'une traduction de Marie-Hélène Dumas.




Bonjour à tous et à toutes!

Je suis AnGee du Livroscope, j'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique! On se retrouve aujourd'hui pour un article lecture dans lequel je vous présenterai un livre reçu récemment grâce à une Masse Critique du célèbre site Babelio. J'ai eu la chance d'être sélectionnée pour découvrir un livre publié aux éditions iXe, maison d'éditions axée sur le féminisme contemporain: Journal d'une traduction de Marie-Hélène Dumas. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture! :)

La Masse Critique de Babelio:
Comme mentionné un peu plus haut, j'ai reçu le roman Journal d'une traduction grâce à une Masse Critique organisée par le site Babelio. Je pense que vous êtes nombreux à déjà connaître ce rendez-vous et ce site, mais pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas, Babelio est un site communautaire destiné aux amoureux de la lecture. Avis et découvertes s'y échangent sur le site ainsi que sur le forum. Très régulièrement (environ une fois par mois), Babelio organise une Masse Critique: en échange d'une critique postée sur le site, il est possible de recevoir gratuitement un livre. Je vous laisse ci dessous le lien vers le site de Babelio pour que vous puissiez y jeter un oeil! 


Marie-Hélène Dumas, c'est qui?
J'ai pour habitude, si vous connaissez un peu le blog, de démarrer mes articles par une petite présentation de l'auteur dont on va parler. Il s'agit aujourd'hui de Marie-Hélène Dumas, que je découvre grâce à cette Masse Critique. Née en 1948 à Nice, Marie-Hélène Dumas a fait des études d'économie mais c'est la traduction, qu'elle apprend sur le tas et sans passer par des cursus scolaires classiques, qu'elle se met à pratiquer. Elle traduit par exemple des auteurs comme Azar Nafisi (Lire Lolita à Téhéran). L'écriture lui fait aussi de l'oeil et elle se met alors à publier, comme par exempleJohn Lennon: Flagrant délire par éclats de ouï-dire ou plus récemment Journal d'une traduction, dont nous allons parler aujourd'hui. Elle a également vécu à l'étranger, en Angleterre.

Journal d'une traduction:
Quatrième de couverture:
« Quand je traduis un livre, habituellement il m’est impossible d’écrire. C’est pourtant ce que j’ai fait entre janvier et août 2015 en tenant ce journal. Dans La République de l’imagination que je traduisais alors, Azar Nafisi parlait d’exil et de littérature. Depuis quelque temps j’accumulais des notes sur l’exil de ma famille maternelle, la langue, la traduction, le fait d’être moitié russe moitié française, de traduire de l’anglais ou de l’espagnol, d’avoir oublié le russe. Certaines phrases, idées, points de vue d’Azar Nafisi me renvoyaient la balle et me permettaient de retracer le chemin qui fait qu’on en arrive là, parce que certains immigrés choisissent l’intégration, parce que c’est difficile d’être moitié moitié, parce qu’on fait partie d’une génération, parce que la route, parce que le rock’n roll. »

Entre exercice de traduction...
Le titre l'indique de façon claire: Marie-Hélène Dumas nous entraîne vers deux choses. Ce livre à la fois un journal (dont nous reparlerons un peu plus loin) et une oeuvre dont l'un des thèmes majeurs est la traduction. 
Marie-Hélène Dumas est traductrice, un métier très important dans des tas de domaines, mais particulièrement dans l'édition, où les livres traduits forment un pan important des publications annuelles. C'est un métier exigeant et qui ne laisse pas de place à l'erreur: une mauvaise traduction se repère tout de suite et nuit à la compréhension et l'appréciation d'un livre, film, série... 
Nous la découvrons ici alors qu'elle traduit La république de l'imagination d'Azar Nafisi, une auteure bien connue grâce à son livre Lire Lolita à Téhéran, dans lequel elle partage son quotidien de prof dans un état où l'éducation des femmes n'est pas des plus faciles. Ce livre a déjà été traduit par Marie-Hélène Dumas, et elle nous parle cette fois de son expérience: comment elle traduit, combien de pages par jour, ses habitudes, sa façon de procéder... Une lecture enrichissante non seulement pour les apprentis traducteurs comme moi mais aussi pour celles et ceux qui veulent découvrir l'envers de la traduction d'un livre!

... Et recherche de soi:
Je l'ai mentionné un peu plus haut: ce livre, c'est aussi un journal. Un journal peut être de bord, intime, c'est un objet qui implique un certain sens de l'introspection et qui emmène celui qui l'écrit et celui qui le lit dans une quête, celle de l'identité, par exemple.
A travers ce livre et à travers son exercice de traduction, Marie-Hélène Dumas s'interroge sur ce qui l'éloigne de la langue de ses parents: le russe. Elle tente de comprendre pourquoi l'anglais l'attire davantage, ce qui a façonné son intérêt pour cette langue plutôt que l'autre. Et à travers ce questionnement, elle revient ainsi sur sa vie, celle de ses parents immigrés...

Ce que j'ai pensé du livre:
Depuis le collège/lycée, j'ambitionne de devenir traductrice et, si j'ai la possibilité d'en faire un peu dans mon emploi actuel, j'espère pouvoir ouvrir prochainement ma propre boîte. J'aime traduire, travailler avec les mots, c'est quelque chose de presque naturel pour moi. Aussi, lorsque j'ai aperçu ce titre lors de la dernière Masse Critique de Babelio, j'ai été tentée à l'idée de découvrir l'expérience de cette traductrice et de tout simplement lire un ouvrage parlant de traduction. Au final, j'ai assez bien aimé Journal d'une traduction, même si j'ai quelques réserves sur ce livre.

Tout d'abord, je suis contente d'avoir découvert et une auteure/traductrice et une maison d'édition. Les Masses Critiques de Babelio me permettent vraiment de sortir des sentiers battus et d'aller vers des titres que je ne choisis pas forcément en librairies ou qui ne bénéficient pas de la même exposition que d'autres oeuvres. J'ai un peu regardé ce que proposent les éditions iXe et j'ai trouvé leur catalogue intéressant. 

Ensuite, j'ai dans son ensemble beaucoup aimé ce livre et ce que Marie-Hélène Dumas nous y raconte. J'attendais beaucoup de l'aspect "traduction" et à ce niveau-là je n'ai pas été déçue. Marie-Hélène Dumas partage son récit entre des passages racontant son travail de traductrice, sa façon de procéder, et d'autres plus personnels sur la Russie et sa relation avec ses parents. 

Et c'est vraiment tout ce qui touche à la traduction que j'ai trouvé passionnant: je m'y suis retrouvée dans la façon dont elle décrit cet exercice, cette recherche du bon mot. Ce livre me conforte encore un peu plus dans l'idée que c'est le métier fait pour moi (ou plutôt que moi, je suis faite pour ça). Beaucoup de gens ont tendance à croire que la traduction, c'est quelque chose de facile, où il suffit juste de faire du mot à mot, et Journal d'une traduction montre au contraire qu'il s'agit d'un processus plus complexe.

Pour ce qui concerne son histoire personnelle, je dois avouer avoir eu un peu de mal à y entrer. A vrai dire, je ne m'attendais pas vraiment à trouver cela dans le livre: je pensais, peut-être à tort, que le texte se concentrerait uniquement sur la traduction et j'ai été un peu surprise de voir qu'elle parlait autant de sa vie et de ses parents. Ce n'était pas inintéressant, mais j'ai eu plus de difficultés à m'accrocher à ces éléments.

C'est petit à petit que je me suis intéressée à cette autre dimension du livre, grâce à deux facteurs. Tout d'abord, le style de Marie-Hélène Dumas: je trouve le livre bien écrit, fluide, avec des idées intéressantes (par exemple son utilisation de la ponctuation), ça aide à entrer dans l'histoire.

L'autre point, c'est les thèmes que l'on rencontre dans Journal d'une traduction: le langage et son utilisation sont très importants, capitaux même. Comment on perçoit la langue, notre relation aux mots, tout cela est également lié à notre histoire personnelle et notre identité, mais aussi à ce à quoi la langue est rattachée, l'image qu'on s'en fait.J'ai trouvé cela vraiment intéressant et ça m'a permis d'apprécier le livre.

Journal d'une traduction a été une lecture assez passionnante, donc, mais je ne suis pas sûre qu'elle parlera à tout le monde de la même façon. Si la traduction est un sujet qui ne vous intéresse absolument pas, vous risquez de ne pas apprécier le livre. A l'inverse, ne vous butez pas en voyant le terme "traduction" dans le titre, car c'est aussi un voyage en quête de son identité que Marie-Hélène Dumas nous propose...

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette chronique vous plait, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup! :)

AnGee.

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mercredi 5 avril 2017

Masse Critique Babelio: Mystères à Londres: Le voleur du British Museum d'Alain Surget et Louis Alloing.





Bonjour à tous et à toutes!

Je suis AnGee du Livroscope, j'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique! Nous nous retrouvons aujourd'hui après un week-end un peu pluvieux pour nous pencher sur un roman reçu grâce à la Masse Critique jeunesse organisée récemment par le site Babelio, l'occasion aussi pour moi d'avancer dans mon Challenge Piece of Cake. Ce roman, paru chez ABC Melody, est le premier tome de la série Mystères à Londres par Alain Surget et illustré par Louis Alloing. Il s'intitule Le voleur du British Museum, et je vous propose de le découvrir ensemble! En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture! :)

La Masse Critique de Babelio:
Comme mentionné un peu plus haut, j'ai reçu le roman Le voleur du British Museum grâce à une Masse Critique organisée par le site Babelio. Je pense que vous êtes nombreux à déjà connaître ce rendez-vous et ce site, mais pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas, Babelio est un site communautaire destiné aux amoureux de la lecture. Avis et découvertes s'y échangent sur le site ainsi que sur le forum. Très régulièrement (environ une fois par mois), Babelio organise une Masse Critique: en échange d'une critique postée sur le site, il est possible de recevoir gratuitement un livre. Je vous laisse ci dessous le lien vers le site de Babelio pour que vous puissiez y jeter un oeil! 


Le Challenge Piece of Cake:
Pour commencer cette chronique, je tiens à vous présenter en premier lieu le Challenge Piece of Cake. Il s'agit d'un Challenge lancé via le super forum Whoopsy Daisy, consacré à la culture anglophone. Le but est simple: en 2017, pourquoi ne pas lire un peu de littérature jeunesse? Comme il s'agit d'un genre que je lis assez rarement, je me suis donc décidée à m'y remettre grâce à ce rendez-vous. J'ai pour objectif de vous présenter vingt livres (oui, oui, vingt: ça fait beaucoup!) cette année, en espérant y parvenir! Si vous avez envie de rejoindre Whoopsy Daisy, n'hésitez pas à suivre le lien ci-dessous!


Alain Surget de Louis Alloing, c'est qui? 
Mystères à Londres: Le voleur du British Museum est le fruit de la collaboration entre deux individus, l'auteur Alain Surget et l'illustrateur Louis Alloing.
Le premier est né en 1948 à Metz. S'il écrit depuis l'adolescence, c'est en tant que professeur d'Histoire qu'il officiera jusqu'à sa retraite. L'écriture fait cependant toujours partie de sa vie et il publie ainsi régulièrement des romans destinés à la jeunesse. On sent tout de même l'influence de son métier de professeur d'Histoire dans ses oeuvres car il est fréquent qu'il place ses intrigues dans des périodes ou lieux bien particuliers, notamment l'Egypte des Pharaons. Il est connu entre autres pour la série de romans Tirya et plus récemment pour ses livres Mystères dans les Highlands. 
Louis Alloing, quant à lui, est un dessinateur et illustrateur né au Maroc en 1955. Son trait vous est probablement familier si vous vous intéressez au monde de l'illustration jeunesse. Il a travaillé sur de nombreuses BDs et sur plusieurs albums à la destination du jeune public, comme par exemple certains des tomes de Marie Duval.
Les deux hommes ont déjà collaboré ensemble sur les trois tomes de la série Mystères dans les Highlands et remettent donc le couvert pour une nouvelle saga qui se passera cette fois à Londres!

Mystères à Londres, tome 1:
Résumé:
Pour la classe des CM2 d'Alex Moury, l'heure est venue d'explorer Londres pour un voyage scolaire qui s'annonce passionnant. C'est avec beaucoup d'excitation que les élèves prennent place à bord de l'Eurostar pour découvrir la capitale anglaise. Mais le voyage est chamboulé par un échange de valise qui laisse le professeur on ne peut plus surpris... Quels mystères nos jeunes héros découvriront-ils pendant leur séjour? 

Petite présentation d'ABC Melody:
C'est chez ABC Melody qu'est publié ce premier tome de la série Mystères à Londres. Vous le savez, je n'ai pas pour coutume de présenter les maisons d'édition dans mes chroniques, mais en faisant quelques recherches sur celle-ci j'ai plutôt été séduite par ce qu'elle propose et j'ai donc décidé de vous en dire quelques mots.
ABC Melody est une maison d'édition qui fête cette année ses dix ans d'existence. Spécialisée dans le jeune public, elle propose des publications toutes liées par un même fil rouge: celui de la découverte d'autres langues et cultures. Moi qui adore l'apprentissage des langues, je trouve l'idée vraiment sympa. Le but est de faire découvrir aux enfants et jeunes lecteurs la culture d'autres pays, que ce soit la cuisine, les coutumes, des lieux touristiques majeurs, mais aussi des langues étrangères. Dans leur collection, on trouve aussi bien des livres pour apprendre une langue avec des CD et du vocabulaire, que des romans laissant une place de choix aux cultures étrangères. On trouve principalement des livres autour du Royaume-Uni et de l'anglais, mais ABC Melody propose aussi des publications en allemand, japonais ou encore catalan.Je vous laisse ci-dessous l'adresse de leur site internet pour que vous puissiez y faire un tour!


La suite de Mystères dans les Highlands:
Comme je l'ai mentionné un peu plus haut, ce n'est pas la première fois qu'Alain Surget et Louis Alloing collaborent ensemble sur un projet. En effet, les deux hommes ont déjà travaillé ensemble sur la série Mystères dans les Highlands, une série qui précède Mystères à Londres. 
Mystères dans les Highlands met en scène les mêmes personnages (élèves et professeur) lors d'un voyage en Ecosse. A travers trois tomes, le jeune lecteur découvre ainsi leurs aventures, mêlant mystères, enquêtes et une bonne dose de découverte des habitudes écossaises. 
En sachant qu'il est possible de lire les deux séries indépendamment (même si quelques références sont faites aux aventures précédentes), c'est un programme similaire qui nous attend. Nos héros partent à la rencontre d'une autre culture: entre visites touristiques au British Museum et découvertes, notamment culinaires (mushy peas, fish & chips sont par exemple au menu). Cependant, ils ne sont pas à l'abri d'un mystère... Parviendront-ils à le résoudre?

Ce que j'ai pensé du livre:
Pour moi, la Masse Critique de Babelio est toujours l'occasion de découvrir des livres qui me sortent un peu de ma routine de lecture, soit en sélectionnant des gens que je lis peu (la jeunesse par exemple), soit en découvrant des maisons d'édition que je ne connais pas. Ici, le premier tome deMystères à Londres remplit ces deux points et j'étais vraiment curieuse de découvrir ce roman, dont l'intrigue se passe dans l'une de mes villes préférées au monde. Au final, j'ai vraiment beaucoup aimé ce roman, que je conseille et ce pour plusieurs raisons. 

Je suis tout d'abord extrêmement fan du concept d'ABC Melody. Je ne connaissais absolument pas cette maison d'édition avant de me plonger dans la lecture de ce livre et j'ai énormément aimé ce qu'elle propose. L'apprentissage des langues étrangères a toujours été une de mes passions et je ne peux qu'apprécier l'idée de permettre aux enfants de découvrir quelques bases de conversation! Dans le roman, cela se traduit par la présence régulière de phrases en anglais, traduites ou expliquées par la suite. Un bon point pour moi!



Toujours dans cette veine, j'aime énormément la place faite à la culture britannique dans ce livre. Que ce soit dans le texte d'Alain Surget ou dans les illustrations colorées de Louis Alloing, on nous présente non seulement de la gastronomie, mais aussi des endroits comme le British Museum, avec ce qu'on peut y trouver. A noter aussi la petite carte de Londres présente au début du roman, un petit plus sympathique. 

Pour ce qui est de l'intrigue, je la trouve assez intéressante pour l'instant. Je dois avouer rester sur ma faim, car la façon dont se conclut ce premier tome est un peu "abrupte" selon moi. Néanmoins, on a envie de lire la suite et de découvrir le reste des aventures de nos héros. On ne s'ennuie pas, et c'est divertissant.

Je ne connaissais pas Alain Surget avant de me plonger dans ce roman et j'ai apprécié sa façon d'écrire. C'est très clair, ça se lit bien. On sent un côté pédagogue dans sa façon d'expliquer les choses, qui lui vient peut-être de son passé de professeur. Ce que j'apprécie aussi, c'est que les textes ne sont pas "benêts", comme cela peut parfois arriver en littérature jeunesse, où on se demande si les enfants sont pris pour des nouilles

Pour terminer, je voulais parler un peu des illustrations de Louis Alloing. Je le connaissais un peu auparavant et j'ai toujours bien aimé sa façon de dessiner. C'est encore le cas ici. Je trouve son univers très coloré et joyeux, avec de belles couleurs et des formes douces. Ses images se posent en soutien du texte pour vraiment montrer et permettre au lecteur d'identifier ce dont parle l'auteur. 

En bref, j'ai été séduite par cette lecture. C'est typiquement le genre de romans que j'aimerais faire lire à mes enfants (si jamais j'en ai un jour) et je suis encore une fois fan du concept de la maison d'édition!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette chronique vous plait, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup! :)

AnGee.

lundi 6 juin 2016

Masse Critique de Babelio: Academy Street de Mary Costello.








Bonjour à tous et à toutes!

Je suis AnGee du Livroscope, j'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique! Aujourd'hui on se retrouve pour un nouvel article pour vous présenter une petite lecture que j'ai pu découvrir grâce au site Babelio et à son opération Masse Critique. J'ai en effet eu la chance de recevoir un livre qui me tentait beaucoup, à savoir le premier roman de Mary Costello, intitulé Academy Street. Ce roman a reçu le prix Irish Book of the Year en 2014, et il a fait partie de la sélection du meilleur roman 2016 du prix des lecteurs des éditions Points. J'étais donc impatiente de me plonger dans ce livre, que je vous propose de découvrir dans cet article! En espérant que ça vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture! :)

La Masse Critique de Babelio, c'est quoi?
Pour commencer cette chronique, j'avais envie de vous parler un peu de la Masse Critique, événement que beaucoup d'amateurs de lecture connaissent déjà sûrement. Environ une fois par mois, le site Babelio, qui propose aux amoureux du livre de partager leur passion, organise une Masse Critique. Le but est simple: un échange d'un livre, vous devez rédiger une chronique, positive ou négative, dessus et la poster sur le site. La sélection est à chaque fois très vaste, et il y en a pour tous les goûts! Le site propose même parfois des Masses Critiques spéciales BD, ou sur d'autres thèmes. Si vous avez envie d'en savoir plus sur cet événement, je vous conseille d'aller faire un petit tour sur le site de Babelio.


Mary Costello: petite présentation de l'auteure:
Vous le savez peut-être si vous connaissez déjà un peu le blog, mais j'aime commencer mes chroniques par une petite présentation de l'auteure. Dans le cas de Mary Costello, je dois avouer que j'ai trouvé assez peu d'informations à son sujet. Irlandaise originaire de Galway, Mary Costello vit cependant à Dublin. Elle est très attachée à son pays et lui rend hommage dans son premier roman, Academy Street. Un premier roman publié en 2014 et qui a été très plébiscité, puisqu'il lui a permis d'obtenir le Irish Book of the Year Award 2014. C'est apparemment la première fois que ce prix est attribué à une femme. En France, le livre est sorti récemment en poche chez Points et rencontre un succès similaire, faisant partie de la sélection du prix des lecteurs. Mary Costello a également publié un recueil de nouvelles, intitulé The China Factory, en 2012, qui a lui aussi rencontré un beau succès critique.  

Academy Street:
Quatrième de couverture:
Tess a sept ans lorsque sa mère meurt de la tuberculose. Nous sommes en Irlande dans les années 40, dans le vaste domaine familial d’Easterfield. Avec cette perte, se creuse en l’enfant silencieuse une solitude fondamentale.
Tess a vingt ans lorsque des études d’infirmière la poussent à Dublin ; peu après, sa sœur Claire lui propose de venir tenter comme elle sa chance à New York. La vaste métropole et le tourbillon des années 60 emportent la timide jeune femme vers son destin.

La vie de Tess:
En un peu moins de 200 pages, Mary Costello nous propose de découvrir l'histoire d'une enfant, Tess, âgée de 7 ans au début du récit, jusqu'à l'âge adulte et même jusqu'à un âge bien avancé. En 200 pages donc, nous parcourons l'histoire de cette femme, une histoire qui reflète les changements sociaux de son époque.
Lorsqu'Academy Street commence, nous sommes en Irlande au coeur du 20ème siècle. A cette époque, certaines parties de l'Irlande sont encore très, très rurales, et les familles, souvent nombreuses, consacrent plusieurs heures par jour à s'occuper de tâches agricoles. Tess grandit dans une famille nombreuse de six enfants, et perd sa mère alors qu'elle n'a que sept ans. 
Nous la suivons ensuite aux Etats-Unis, où elle part devenue jeune adulte. On ne le sait pas forcément, mais de très nombreux Irlandais ont quitté leur pays au cours du 19ème siècle et dans la première moitié du 20ème siècle pour partir vivre aux Etats-Unis. Ils espéraient y trouver du travail et des conditions de vie meilleures à celles de leur pays d'origine. Ils forment une communauté avec ses codes, et même sa propre mafia. Les femmes n'étaient pas en reste en matière d'immigration, et elles étaient nombreuses à partir aux Etats-Unis. Le roman de Mary Costello le montre bien: Tess est loin d'être la seule Irlandaise à New York. A partir de là, nous continuons de suivre Tess dans ses études d'infirmière, dans sa rencontre avec un homme qu'elle aime passionnément, dans sa découverte et son appropriation d'un monde nouveau. 

Sur fond d'Histoire:
Une autre force du roman, au-delà du fait qu'il présente l'histoire passionnante d'une femme, c'est qu'à travers la vie de Tess, nous pouvons aussi suivre l'évolution de son temps. 
Nous passons de l'Irlande rurale de la moitié du 20ème siècle aux Etats-Unis en pleine expansion. Deux mondes très différents et à l'évolution passionnante. A travers le regard de Tess, nous voyons passer de grands événements de notre Histoire proche: l'assassinat du président Kennedy à Dallas, par exemple, ou encore les attentats du 11 septembre, des événements qui ont marqué plusieurs générations. On voit aussi l'évolution des moeurs, des communautés et de la place de la femme, des thématiques intéressantes. 

Ce que j'ai pensé du livre: 
Si vous avez déjà participé à une Masse Critique de Babelio, vous savez qu'il est parfois très difficile de choisir le livre que l'on a envie de découvrir tant la sélection est vaste. Mais lorsque j'ai lu le résumé d'Academy Street, j'ai tout de suite eu envie de lire ce roman, qui me paraissait prometteur. La mention du prix de l'Irish Book Award a renforcé ma curiosité, et j'étais donc ravie de recevoir ce livre. Je n'ai pas attendu très longtemps avant de me plonger dans ce livre. Et après ma lecture, je dois dire qu'il s'agit pour moi d'un petit coup de coeur, d'une lecture que je conseille fortement. 

La première chose frappante dans ce livre, que l'on remarque dès les premières lignes du livre, c'est la plume unique de Mary Costello. Il y a quelque chose de très beau, de très subtile et élégant dans sa façon de choisir les mots. J'ai vu que plusieurs critiques et chroniques parlaient d'une plume "poétique", ce avec quoi je suis tout à fait d'accord. J'ai effectivement trouvé sa façon d'écrire très poétique, et les scènes qu'elle dépeint sont sublimées par son style. J'ai vraiment envie de voir ce qu'elle va pouvoir écrire par la suite, et j'ai aussi envie de découvrir ses nouvelles. Une plume à surveiller, donc!

Mon autre coup de coeur: l'histoire de Tess. C'est un personnage attachant, qu'on suit presque du début de sa vie à la fin. J'ai ressenti tout de suite pour cette petite fille une empathie qui n'a fait que croître à travers les pages du roman. Il se passe beaucoup de choses, si bien que les pages se tournent les unes après les autres sans effort. Elle passe par différentes étapes auxquelles on peut parfois s'identifier: le deuil, l'amour, la maternité... C'est un personnage que j'ai trouvé profondément humain et qui est intéressant du début à la fin. J'ai aussi apprécié les autres personnages, en particulier Claire, la soeur de Tess avec laquelle elle a une relation très forte, et son fils Theo. On explore différentes relations, toutes différentes les unes des autres.

Ce que je trouve également intéressant, c'est qu'en plus de suivre l'histoire de Tess, Mary Costello nous propose de découvrir en toile de fond l'Histoire avec un grand H. L'immigration irlandaise aux Etats-Unis, un véritable phénomène, la mort de Kennedy, les attentats... Tous ces événements, même s'ils restent en arrière-plan, jouent un rôle important sur la vie de Tess, sur sa construction. Cela nous permet ainsi d'avoir non seulement l'évolution d'une personne mais aussi d'un pays tout entier. Un point que j'ai apprécié dans ce roman, donc. 

Mon seul petit bémol, qui fait que ce livre est un petit et non pas un gros coup de coeur, c'est que Mary Costello aurait pu aller beaucoup plus loin selon moi. Je trouve que 200 pages, c'est trop peu pour l'histoire qu'elle nous raconte, et certains passages auraient mérité un développement un peu plus poussé. J'ai terminé le livre avec beaucoup d'émotion mais en me sentant tout de même un peu sur ma faim, ce qui est dommage. Une cinquantaine de pages supplémentaires auraient été les bienvenues.

Mais malgré ce petit point négatif, j'ai passé un très bon moment avec Academy Street, que je vous recommande si vous avez envie d'une lecture rapide mais puissante. Pour un premier roman, je trouve ce livre très bon, et je suis impatiente de découvrir ce que Mary Costello nous réserve pour l'avenir.

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette petite chronique vous plait, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire, je vous réponds toujours avec plaisir. On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup!

AnGee.


samedi 16 avril 2016

Opération Masse Critique: Paranoïa de Melissa Bellevigne.



Bonjour à tous et à toutes!

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique ! On se retrouve aujourd’hui pour un petit article pour vous parler d’un livre que j’ai reçu grâce à l’une des Masses Critiques organisées par Babelio. Ce livre, c’est le roman Paranoïa de Melissa Bellevigne, un livre qui tourne beaucoup sur la blogosphère en ce moment. Je remercie la team Babelio pour cet envoi et, en espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture ! :) 

La Masse Critique, c'est quoi?
Pour commencer cette chronique, il me semble important de parler un peu de la Masse Critique. Il s’agit d’une opération régulière (environ une fois par mois) lancée par le site Babelio. Le but est simple : en échange d’un livre, il faut poster une chronique de ce livre sur le site. Le choix est toujours vaste ! Si vous avez envie d’en savoir davantage sur les Masses Critiques, je vous conseille d’aller jeter un œil au lien ci-dessous !


Melissa Bellevigne, qui est-ce?
Il nous faut à présent nous pencher sur notre auteure du jour, Melissa Bellevigne. Si vous vous intéressez au monde de la beauté, du maquillage, des youtubeuses et blogueuses beauté, Melissa Bellevigne est probablement quelqu’un que vous connaissez : sous le pseudonyme de GoldenWendy, elle tient depuis plusieurs années maintenant un blog et une chaîne YouTube sur lesquels elle partage ses conseils et coups de cœur beauté. Mariée et mère de deux enfants, Melissa a toujours aimé écrire, et Paranoïa est la concrétisation de cet amour pour l’écriture. Si vous avez envie d’en savoir plus sur elle, je vous laisse découvrir son blog ci-dessous !


Paranoïa:
Résumé:
Lisa a la trentaine. C’est une jeune femme dynamique et reconnue dans sa profession. Sa profession ? Psy, experte des cas extrême. Lorsqu’elle est appelée pour s’occuper de Judy, une jeune femme d’à peine 20 ans, enceinte, murée dans le silence, au comportement suicidaire après avoir été récupérée quelques mois plus tôt battue à mort et violée à Londres. Qu’est-il arrivé à Judy ? Qui est ce mystérieux Alwyn, qu’elle est la seule à voir ? Lisa va tenter de le découvrir et surtout de sauver la vie de Judy et de son bébé…

Nos trois personnages:
Avec son premier roman, Melissa Bellevigne a décidé de nous présenter trois personnages principaux, que je vous propose de découvrir un peu plus précisément à présent.
Tout d’abord, nous avons Lisa, notre psy. La trentaine, Lisa est une jeune femme à qui, en apparence, tout réussit : une carrière brillante, des compétences reconnues, elle est aussi en couple depuis plusieurs années. Mais la jeune femme cache aussi des failles. C’est ses failles que le cas de Judy va toucher en plein cœur.
Ensuite nous avons Judy, notre patiente. A à peine 20 ans, Judy a connu une vie plus que compliquée : dès sa naissance, elle a toujours été la seule à voir Alwyn, des visions que l’on a d’abord pris dans son entourage par un ami imaginaire. Mais avec les années, Alwyn est resté, et la jeune Judy s’est retrouvée isolée et en proie à une haine féroce.
Quant à Alwyn, il s’agit de l’homme qui vit sans cesse avec Judy. Elle seule est capable de le voir. Déjà adulte, il ne semble pas vieillir, et ignore la raison pour laquelle il est collé à notre héroïne.



Ce que j'ai pensé du livre:
Comme beaucoup d’entre vous, j’ai découvert Melissa Bellevigne par son blog, que j’ai suivi pendant pas mal de temps, ainsi que par sa chaîne YouTube. Même si aujourd’hui je ne suis plus du tout le monde de la Beautysphère française, j’ai toujours trouvé Melissa douce, sympathique, et je connaissais sa passion pour l’écriture. Lorsque j’ai vu qu’elle sortait un livre et de surcroit un livre très différent de ce qu’on a eu à présent de la part des Youtubeuses beauté, j’étais curieuse de voir ce que ça pouvait donner. J’étais très contente de pouvoir le découvrir grâce à la Masse Critique Babelio. Malheureusement, après ma lecture, je dois dire que mon enthousiasme est un peu retombé. Paranoïa n’a pas été une mauvaise lecture, mais je reste cependant mitigée par ce livre. Voyons pourquoi point par point.

Commençons par un point qui m’intrigue toujours lorsque je lis un premier roman : le style. A ce niveau-là, le bilan est plutôt positif en ce qui me concerne. Melissa Bellevigne a une plume fluide, les pages se tournent les unes après les autres et la lecture est agréable. J’ai trouvé qu’elle avait particulièrement bien réussi à retranscrire les émotions de Lisa, la psy, dont je reparlerai plus loin. Je pense que c’est une plume qui a du potentiel et qui colle bien à l’histoire racontée.

Pour ce qui est des personnages, je rejoins l’avis de pas mal de gens concernant Lisa, qui est selon moi le personnage le plus intéressant du livre. J’ai énormément apprécié ce personnage. Lisa est touchante, attachante, et j’ai aimé la suivre à travers le roman. Je suis en revanche plus réservée en ce qui concerne Judy et Alwyn : si au début j’ai vraiment apprécié ces personnages et leur relation très intense, j’ai cependant eu plus de mal dans la seconde moitié du livre. Mais dans l’ensemble, je les ai plutôt bien aimés.

Après ces deux aspects plutôt positifs, il me faut maintenant parler de deux éléments qui malheureusement ne me convainquent pas.

Le premier, c’est l’intrigue. Pour être franche, le début est plutôt réussi selon moi : on entre dans le feu de l’action assez rapidement, il se passe beaucoup de choses et je ne me suis pas ennuyée. Mais si je ne me suis pas ennuyée, je n’ai pas non plus été captivée plus que ça par l’intrigue, que j’ai trouvée très bancale dans la deuxième moitié (j’en reparlerai après). Certains éléments sont assez prévisibles, ce qui est vraiment dommage, et la fin l’est particulièrement. J’ai donc lu les 100 dernières pages sans me sentir surprise, choquée ou étonnée, alors que le dénouement aurait pu être très surprenant avec un début pareil.

Mon second problème : l’incohérence de certains éléments. Beaucoup de mes collègues blogueuses ont souligné le fait que l’aspect psy était très bancal. N’y connaissant pas grand chose, je n’ai pas été trop choquée à ce niveau-là, mais il y a d'autres points que j'ai trouvés un peu "étranges", dont un qui m’a sortie de l’intrigue : le voyage à Londres. A un moment, Judy se rend à Westminster pour rencontrer un autre personnage. Pour avoir eu l’immense chance d’entrer à Westminster, je sais qu’il faut passer de nombreux contrôles de sécurité et que tout, absolument TOUT est surveillé à l’intérieur. Alors voir Judy entrer et déambuler dans Westminster sans que personne ne l’arrête, comme si elle faisait ses courses à Auchan, ça m’a complétement sortie de l’intrigue. Je pense qu’il aurait fallu changer de lieu ou alors être un peu plus juste sur la façon dont ça se passe. On me dira que ce n’est qu’un détail, mais pour le coup, un détail de ce genre suffit à vous propulser hors du livre….

Pour conclure, je dirais que Paranoïa est un livre avec de bonnes idées, mais qui manquent selon moi d’aboutissements. La plume est prometteuse, donc j’espère retrouver Melissa Bellevigne avec un autre roman d’ici quelques temps, pour voir son évolution.

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui, j’espère que cette chronique vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire ! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup !

AnGee.


Si vous avez aimé...

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