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mardi 16 février 2016

Ecosse #6: Mary Stuart, la reine aux trois couronnes de Luc Mary.




Bonjour à tous et à toutes!

Je suis AnGee du Livroscope, j'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique! Aujourd'hui, on se retrouve pour la dernière chronique pour la deuxième édition du Challenge Ecosse organisé par Gilwen. Il y a quelques temps, je vous proposais de découvrir Highland Fling de Nancy Mitford, et pour conclure ma participation au Challenge, j'ai décidé de me pencher sur une figure de l'Histoire non seulement écossaise mais aussi européenne: Mary Stuart. Je vous propose de la découvrir un peu plus grâce à la biographie La reine aux trois couronnes de Luc Mary. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture!

Le Challenge Ecosse:
Commençons par une petite présentation du Challenge Ecosse! Il s'agit d'un challenge lancé par Gilwen via Livraddict et qui en est déjà à sa deuxième édition. Le but est simple: il faut présenter différents livres, mais aussi films ou séries ayant un rapport avec l'Ecosse. Il peut s'agir d'auteurs écossais, d'une intrigue se déroulant en partie en Ecosse, ou encore de personnages écossais. Gilwen propose également plusieurs paliers: avec ce livre, je totalise 8 points, ce qui fait de moi un Pourfendeur d'Haggis Sauvage! Si vous avez envie d'en savoir plus sur ce Challenge ou de relire mes précédentes chroniques, je vous laisse suivre les liens-ci dessous.



Luc Mary, c'est qui?
Penchons nous à présent sur l'auteur de notre livre du jour: Luc Mary! Luc Mary est né en 1959 à Paris. Il se démarque tout d'abord pour son travail sur le thème de la fin du monde, mais il est surtout connu pour ses livres historiques: depuis le début des années 2000, il publie très régulièrement des livres consacrés à des figures historiques ou à des événements importants de l'Histoire. Raspoutine, Hannibal ou encore Jeanne d'Arc ont par exemple eu droit à un ouvrage. Aujourd'hui, nous allons nous pencher plus particulièrement sur la biographie qu'il consacre à Mary Stuart, La reine aux trois couronnes.

Mary Stuart, la reine aux trois couronnes:
Quatrième de couverture:

Victime ou coupable, celle qui fut reine d'Écosse a toujours clamé son innocence. Décapitée à 44 ans après des années d'emprisonnement imposées par sa cousine Elizabeth Ière, elle devint martyre de la foi au lendemain de son exécution, le 8 février 1587. Sa fin héroïque l'a transformé en mythe.

De la couronne de France abandonnée à la couronne d'Angleterre convoitée en passant par la couronne d'Écosse confisquée, l'histoire de Mary Stuart est celle d'une reine catholique déchue, emprisonnée et exécutée en terre étrangère. Son destin brasse aussi près d'un demi-siècle de confrontations dynastiques, de soulèvements nationalistes et de conflits religieux en Europe.
À défaut d'avoir réellement régné, Mary est l'enjeu d'un triple duel opposant les catholiques aux protestants, les Stuart aux Tudor et les Anglais aux Espagnols... Reine à l'âge de 9 mois, veuve du roi Louis XII à 18 ans, elle regagne son pays après treize mois d'absence pour être ensuite accusée du meurtre de son mari Henri Darnley, d'adultère avec le comte Bothwell et d'idolâtrie par ses opposants protestants. Pour couronner le tout, après avoir franchi la frontière anglaise en catimini, la reine déchue d'Écosse est retenue prisonnière dans plusieurs châteaux puis jugée et accusée de trahison par celle qu'elle vénère et dont elle convoite la couronne.
Femme de paradoxes et de contrastes, elle soulève les passions et les questions depuis quatre siècles. A-t-elle voulu attenter aux jours d'Elizabeth Ière et favoriser un débarquement espagnol ? Aujourd'hui encore, le mystère perdure.



L'histoire passionnante d'une reine au destin unique:

Aujourd'hui, lorsqu'on pense aux Tudors et à leur histoire, certains personnages se démarquent des autres et semblent exercer une fascination plus forte que d'autres: Henry VIII, Elizabeth Ière et Anne Boleyn, par exemple, apparaissent comme les plus connus et des oeuvres comme la série The Tudors ou livres de Philippa Gregory en témoignent. Mais le personnage de Mary Stuart intrigue aussi. L'histoire de cette femme est celle d'un destin unique: comme le raconte Luc Mary dans cette biographie, Mary Stuart a été avant même sa naissance le sujet de conflits et de convoitises politiques, non seulement de la part de l'Angleterre qui cherchait à asseoir sa suprématie sur l'Ecosse, mais aussi d'autres pays européens. Et de sa naissance jusqu'à sa mort, la vie de Mary sera définie par la politique et les complots. La religion, l'amour et le pouvoir jouèrent aussi un rôle capital dans l'histoire de sa vie, tout comme sa relation avec Elizabeth Ière...

Elizabeth et Mary:
La biographie de Luc Mary aborde également un sujet important, à côté duquel il est difficile de passer lorsqu'on s'intéresse à la vie de Mary Stuart. Ce sujet, c'est la relation complexe qu'elle entretient avec Elizabeth Ière. De la même famille, elles n'ont que quelques années d'écart, mais une vie très différente l'une de l'autre: Elizabeth passe les premières années de sa vie à être vue comme illégitime, batarde après l'exécution de sa mère et elle devra à plusieurs reprises assurer sa position sur le trône; Mary, quant à elle, est soutenue par sa mère, Marie de Guise. Elizabeth est anglicane; Mary est catholique. Elizabeth est surnommée "la reine vierge", tandis que Mary est connue pour ses deux mariages (dont l'un qui la mettra sur le trône de France) et ses amours controversées avec Bothwell, son amant qui causera (en partie) sa perte. Des personnalités différentes, mais qui correspondront pendant des années et qui entretiennent une relation très floue.

Ce que j'ai pensé du livre:
Il y a environ trois ans (oui déjà), je vous avais déjà présenté une biographe de Mary Stuart, celle de Stefan Zweig, que j'avais beaucoup aimée. J'étais donc curieuse de découvrir une autre biographie sur ce personnage historique, d'autant plus que j'avais vraiment envie d'aborder un peu l'Histoire écossaise pour ce Challenge. Qu'ai-je donc pensé de ce livre? Et bien j'ai beaucoup aimé La reine aux trois couronnes, une bonne biographie si vous souhaitez découvrir ce personnage.

Luc Mary nous propose un livre riche en détails et très intéressant. On sent dès les premières pages qu'il connait très bien son sujet et qu'il a fait de nombreuses recherches en amont, un bon point! J'ai appris énormément de choses sur Mary Stuart, les événements de sa vie sont toujours présentés avec beaucoup de détails. On peut peut-être se sentir un peu submergé au début par le nombre de personnages, d'informations ou de dates, mais on s'y habitue vite. Mon seul petit bémol: j'aurais aimé que Luc Mary s'attarde un peu plus sur les dernières années de la vie de Mary Stuart, mais ce n'est rien de grave.

Toujours dans cette idée de détails, j'ai apprécié de retrouver non seulement une bibliographie (chose assez commune dans les biographies) mais aussi plusieurs reproductions de tableaux et images, ce qu'on ne retrouvait pas chez Stefan Zweig. Cela peut paraitre un détail, mais c'est un point que j'ai apprécié.

Luc Mary nous présente avec soin des thèmes majeurs de la vie de Mary Stuart: sa relation à la France, à la religion, au pouvoir, mais aussi celles (plus complexes) qu'elle entretient avec la couronne d'Ecosse qu'elle ne veut pas vraiment, car elle convoite celle d'Angleterre, et avec Elizabeth Ière. C'est un morceau capital de l'Histoire de l'Ecosse mais aussi de la Grande-Bretagne telle que nous la connaissons aujourd'hui qu'il nous propose de découvrir.

Enfin, je tiens à mentionner un point que j'ai particulièrement aimé: le style de Luc Mary, qui est vraiment agréable. C'est un livre que j'ai trouvé très plaisant à lire, il sait rendre son sujet intéressant et palpitant. C'est un bon point, car les biographies sont parfois un peu indigestes!

Pour conclure, je sais que certains vont me demander quel livre choisir entre la biographie de Luc Mary et celle de Stefan Zweig: si vous ne connaissez pas ou peu Mary Stuart, La reine aux trois couronnes est une introduction complète et fouillée à ce personnage. En revanche, celle de Stefan Zweig est peut-être un peu plus dense, et s'adresse à un public peut-être un peu plus familier avec l'histoire de Mary Stuart ou qui a l'habitude des livres d'Histoire.

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette chronique vous plait, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire. J'ai pris beaucoup de plaisir à participer à ce Challenge et je remercie encore Gilwen pour l'organisation. On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup! 

AnGee.

La page Facebook.

mardi 24 mars 2015

Kirsten Dunst #5: Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006) (Bonus: Carnet Secret d'une Reine, de Benjamin Lacombe).


Bonjour à tous et à toutes!

Bienvenue sur le Livroscope! J'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique! Après une semaine de vacances chez mon amoureux Psychic TV, je suis de retour avec quatre chroniques à vous présenter en cette fin de Mars. Et pour commencer, j'ai choisi de poursuivre le cycle Kirsten Dunst, démarré il y a plusieurs mois, et grâce auquel je vous présente différents longs-métrages dans lesquels on retrouve la célèbre actrice. Le mois dernier, je vous ai parlé de Rencontres à Elizabethtown, un film où elle partage l'affiche avec Orlando Bloom, et aujourd'hui j'ai décidé de nous pencher sur un film que beaucoup d'entre vous attendaient: Marie-Antoinette, réalisé par Sofia Coppola et sorti en France en 2006. En espérant qu'il vous plaise, je vous souhaite une excellente lecture de cet article :)

Kirsten Dunst et Sofia Coppola sur le blog:
Avant d'aller plus loin, je tiens à rappeler qu'il est possible de retrouver toutes les chroniques autour de Kirsten Dunst (pour l'instant au nombre de cinq) en suivant le libellé ci-dessous. Je ne vais également pas de présentation de Sofia Coppola dans cet article, étant donné que j'ai déjà eu l'occasion de le faire lorsque j'ai parlé de The Virgin Suicides. Je vous invite donc à (re)lire les chroniques en question si elles vous intéressent :)


La carrière de Kirsten Dunst en 2006:



Nous avons quitté Kirsten Dunst en 2005 avec la comédie romantique Elizabethtown, et nous la retrouvons une petite année plus tard en tête d'affiche de Marie-Antoinette, film historique qui présente l'histoire (romancée) de la plus célèbre reine de France. On peut le dire, Kirsten Dunst a fait, pour sa carrière, des choix éclectiques: sur le blog, je vous ai présenté jusqu'à présent un film de vampires, un blockbuster avec un superhéros, une comédie romantique, et voilà que l'on se dirige vers le monde du film historique. En 2006, Kirsten Dunst s'est déjà établie comme, étant une actrice connue et reconnue, avec une filmographie déjà impressionnante pour son jeune âge, mais la plupart des films dans lesquels on la voit à l'époque la place surtout dans des seconds rôles. Avec Marie-Antoinette, Sofia Coppola offre à son actrice fétiche un rôle de premier plan, et pas des moindres: celui de la célèbre Marie-Antoinette, dernière reine de France, une reine controversée et entrée dans l'Histoire à jamais avec la Révolution. Le tournage du film eut lieu à Versailles même, où le château fut privatisé. 

Marie-Antoinette:
Quelques informations sur le film.
Penchons nous, pour commencer, un peu sur le film. Sorti en 2006, le film est le fruit du travail de la réalisatrice Sofia Coppola, connue pour ses films comme Lost in Translation ou The Virgin Suicides. Comme mentionné plus haut, l'équipe de tournage a eu l'opportunité de s'installer dans les locaux du château en le privatisant la nuit ou les jours où il n'y avait pas de visites. En ce qui concerne les costumes, ils demandèrent un travail pharaonique qui fut récompensé de plusieurs prix. Au niveau du casting, on retrouve Kirsten Dunst dans le rôle-titre, Jason Schwartzman dans celui de Louis XVI, Jamie Dornan dans celui du comte de Fersen, Asia Argento dans celui de la comtesse du Barry... Bref, la liste est longue! Avec un budget de 40 millions de dollars, le film fut un joli succès, à la fois critique et commercial avec plus de 60 millions de dollars de recette. Marie-Antoinette a la particularité d'avoir une bande-son très rock, où on retrouve notamment The Cure ou Siouxsie and the Banshees. Je vous laisse ci-dessous la bande-annonce du film, pour vous donner un petit aperçu: 



Résumé:
A seulement 14 ans, la jeune Marie-Antoinette, fille de Marie-Thérèse, impératrice d'Autriche, doit quitter tout ce qu'elle connait: sa famille, ses proches, son pays, sa culture, et même ses chiots. Pourquoi? Pour se rendre en France afin d'épouser le petit-fils du roi Louis XV, héritier de la couronne de France. Commence pour la jeune fille une nouvelle étape dans sa vie, étape semée d'embûches où le moindre de ses faits et gestes est analysé, scruté, et critiqué. De son arrivée en France à son ascension au pouvoir, le film retrace la vie, les doutes, les fêtes, les troubles de la plus célèbre reine de France. 

Un film historique qui flirte avec la modernité: 
Des films historiques, le cinéma en regorge. Entre les biopics, les films de guerre, nombreux sont les longs-métrages autour de l'Histoire à sortir chaque année. La grande difficulté? Se démarquer. 
Dès ses premiers films, Sofia Coppola a su se créer une identité, se démarquer des réalisateurs avec un style particulier, des thèmes bien à elle, et une façon de raconter des histoires qui lui est propre. Et avec Marie-Antoinette, elle affirme une nouvelle fois son identité. 
D'un côté, le film se veut historique. Il s'agit d'un biopic (un film biographique) qui, même s'il prend quelques libertés avec les faits réels, respecte quand même dans l'ensemble son sujet initial, racontant avec brio la vie de Marie-Antoinette. Nous la suivons comme un spectateur, un confident, témoin de sa vie mais également de ses sentiments intérieurs. A travers elle, on découvre aussi une partie de l'Histoire de France, la culture de l'époque, notamment en ce qui concerne l'étiquette, qui joue un rôle si important dans l'intrigue. La mode, les occupations de la noblesse sont abordées à travers le film. 
Mais dans le même temps, Sofia Coppola jongle avec Histoire et modernité, en proposant en particulier une bande-son plutôt surprenante pour un tel film: alors qu'on s'attend à de la musique classique ou du clavecin, la réalisatrice, qui mettait déjà en avant cet aspect dans ses précédents films, crée une ambiance unique à grand coup de morceaux New Wave ou Rock. Si cette atmosphère musicale surprend à première vue, force est de constater qu'elle apporte un vrai plus au film, en lui donnait une identité très particulière. Un parti pris intéressant! 

Kirsten Dunst dans le film:
Attardons nous à présent sur Kirsten Dunst, rôle principal du film mais aussi figure centrale de ce Cycle. Dans Marie-Antoinette, elle se voit confier le premier rôle. Et dans un film historique/biographique, le premier rôle est plus que capital. Celui de Marie-Antoinette est assez complexe: c'est une figure qui captive, fascine, mais qui est également très controversée. Elle fut quand même détestée par beaucoup de son vivant, et la fin de sa vie est loin d'être enviable. Kirsten Dunst démarre le film en interprétant une Marie-Antoinette âgée de seulement 14 ans, une adolescente fraîche et innocente, un peu naïve, qui se retrouve catapultée dans un univers complètement différent de celui dans lequel elle a grandit. A travers le film, cette adolescente évolue, d'une personne au style plutôt épuré, sobre, à une personne reconnue pour son style, qui lance les modes et qui est recouverte de parures, de plumes, de bijoux, de perles. Elle s'approprie l'étiquette qu'elle ne comprend, instaure les modes, ce qui est à faire et ne pas faire, et sur la fin du film, on ressent parfaitement sa lassitude, le temps qui est passé sur elle. C'est un rôle qui est à la fois exubérant, plein de vie mais aussi de doute, de difficulté. 

Ce que j'en ai pensé:
Lorsque j'étais adolescente, j'étais déjà passionnée non seulement de lecture, mais aussi d'Histoire. J'ai eu la chance d'avoir une maman qui économisait chaque année avec soin sur son salaire pour offrir à ma petite famille des vacances où nous visitions de superbes châteaux en France, mais aussi des châteaux plus modestes, des visites qui contribuèrent à développer mon intérêt pour l'Histoire. Je me rappelle très bien être allée voir Marie-Antoinette au cinéma, à l'âge de 14 ans, un souvenir puissant qui reste encore aujourd'hui gravé dans ma mémoire. Huit ans après (oui, déjà. Ouille), j'ai revu ce film de très nombreuses fois, et il est pour moi l'un de mes films préférés, un de mes films cultes, et je me devais de le placer un jour ou l'autre sur le blog. Un coup de coeur énorme, dont je ressens encore les palpitations des années après l'avoir vu pour la première fois.



Commençons par l'histoire. Sofia Coppola a pris le parti d'évincer l'enfance de son héroïne pour se focaliser sur son arrivée en France et son évolution, à la fois en tant que femme et reine. Si vous connaissez déjà le personnage, vous n'apprendrez peut-être pas grand chose de nouveau, mais on nous propose un film avec du rythme, les événements se succèdent, alternant la rapidité et le faste des fêtes où la reine se rend, au calme plus contemplatif de ses moments de lassitude ou d'un matin qui se lève. Les grandes lignes historiques sont respectées, et au delà d'un portrait de la reine de France, la réalisatrice nous propose un portrait de femme, de mère, d'amante, un portrait passionnant et multifacettes, sans jugement, où le spectateur est laissé libre de réfléchir à ce qu'il voit.

En ce qui concerne les personnages, je les ai tous trouvés intéressants, chacun à leur façon. Les interactions entre les différents personnages sont l'une des forces du film, la façon dont tous gravitent, modèlent, envient, jalousent Marie-Antoinette reflète la difficulté à donner un visage à cet être. Est-elle si stupide que certains pensent le croire? Est-elle réellement futile? Est-elle perdue? Est-elle prisonnière? Le film est également servi par un excellent casting, qui insuffle une force à ces personnages. Kirsten Dunst s'en sort à merveilles, et j'ai un petit faible pour le jeu d'acteur de Jason Schwartzman, qui est décidément excellent dans tous les rôles où je le vois. 

A travers l'histoire de Marie-Antoinette, le film aborde de nombreuses thématiques, dont certaines sont récurrentes dans l'oeuvre de Sofia Coppola: la contemplation, notre place dans le monde ou dans un cercle défini, les apparences, le rôle de chacun, les femmes, les interdits, la transgression... Ici, plusieurs éléments sortent du lot. Tout d'abord, l'idée de l'évolution: j'ai mentionné ce sujet plus haut, lorsque l'on découvre le chemin parcouru par Marie-Antoinette depuis son arrivée en France. J'ai vraiment aimé la façon dont cette évolution est traitée à travers le film. L'étiquette et la chasse aux nouvelles activités toujours plus folles pour éviter l'ennui sont également très intéressantes, apportant un tourbillon de couleurs, vêtements, fêtes toutes plus surprenantes les unes que les autres.

Mais ce que je préfère dans le film, c'est probablement la réalisation. Tout est soigneusement travaillé, et ça se sent. Le travail des décors et des costumes est spectaculaire, il y a une profusion de détails que l'on ne repère pas toujours au premier coup d'oeil. La couleur est magnifique dans ce film, et certaines scènes sont réellement incroyables, sur tous les plans: j'ai par exemple en tête la descente des escaliers avec la musique de The Cure en fond, un moment grandiose! Le film est visuellement magnifique, musicalement génial, soigné, travaillé, superbe, bref, c'est une petite pépite visuelle. 

En bref, Marie-Antoinette est probablement le film que je préfère parmi ceux que je vous présente pour le cycle Kirsten Dunst. Je le recommande chaudement à ceux qui ne l'ont pas vu et s'intéressent non seulement à l'actrice, mais aussi à Sofia Coppola ou à Marie-Antoinette. En ce qui me concerne, c'est un film dont je ne me lasse pas!


Bonus: Carnet Secret d'une Reine de Benjamin Lacombe:
A Noël dernier, mon amoureux Psychic TV m'a offert plusieurs livres (c'est vraiment un copain fantastique), et parmi ces livres, il y avait un ouvrage que je regardais amoureusement depuis des semaines: Marie-Antoinette, Carnet Secret d'une Reine, de l'excellent Benjamin Lacombe. Benjamin Lacombe, pour ceux qui ne le connaissent pas, est un illustrateur/dessinateur/artiste de grand talent, l'un des meilleurs selon moi. Après avoir illustré Blanche-Neige, les Contes Macabres de Poe à sa sauce, ou avoir décliné son univers dans moult albums magnifiques, il s'est attaqué à un projet ambitieux: réaliser un livre autour de Marie-Antoinette. 
Le livre se présente comme une biographie de la reine sous une forme assez originale, puisque Benjamin Lacombe a non seulement illustré le livre (et je reparlerai des illustrations dans quelques instants) mais il a aussi choisi de le présenter sous la forme d'un carnet que Marie-Antoinette aurait pu écrire pour raconter sa vie, une sorte de journal intime. 
J'ai déjà par le passé lu plusieurs livres autour de Marie-Antoinette (notamment l'excellente biographie par Stegan Zweig, j'ai aussi prévu de lire celle écrite par Antonia Fraser prochainement), mais celui-ci est une vraie petite pépite. Si je n'ai pas appris grand-chose concernant la vie de la reine, je salue l'originalité de livre avec sa forme de journal intime, qui permettra de découvrir son histoire d'une autre façon que sous une biographie classique. Le livre est très travaillé, et on a la sensation que la reine s'adresse à nous!



Le livre est également spectaculaire au niveau visuel. Comme toujours avec Benjamin Lacombe, nous sommes face à une oeuvre d'une très grande qualité: les illustrations sont soignées, et vraiment superbes. Elles fourmillent de détails, et le résultat est plus que spectaculaire. Je ne cesse de me pâmer devant son travail, depuis que je le suis Benjamin Lacombe ne cesse de m'émerveiller et de me surprendre. En bref, à déguster si son univers vous plait! :)

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette chronique vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire, et à me livrer vos impressions sur le film ou sur le livre! Les trois derniers articles du mois seront les articles du mois Shakespeare, j'ai hâte de vous les présenter! En attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup! :)

AnGee Ersatz*



vendredi 14 mars 2014

Cinéma: The Grand Budapest Hotel, de Wes Anderson.




Bonjour à tous et à toutes!

Aaaah, il fait beau, il fait chaud, le soleil brille, et c'est le coeur plein de joie que je vous retrouve aujourd'hui pour un nouvel article. Pourquoi ai-je le coeur plein de joie? Tout simplement parce qu'hier, j'ai fait quelque chose que j'adore faire: avec des amies, je suis allée au cinéma (oui, il m'en faut peu)! Voilà pour la partie joie. Et pour la partie coeur: nous sommes allées voir le dernier film en date de Wes Anderson, baptisé The Grand Budapest Hotel, sorti le 26 Février 2014. Comme j'avais envie de vous faire une petite chronique ciné sur autre chose que Johnny Depp, c'était l'occasion parfaite et je ne pouvais pas passer à côté! Je vous souhaite à tous une très bonne lecture :)


Wes Anderson, c'est qui?
Commençons, mes chers lecteurs et mes chères lectrices, par une petite présentation de notre réalisateur du jour, Wes Anderson! Né en 1969, au Texas, Wesley Wales Anderson - plus connu sous le nom de Wes tout court Anderson - se lance dans le cinéma après des études en philosophie et sa rencontre avec l'acteur Owen Wilson à la fac (je suis un peu jalouse: dans ma fac, il y a pas Owen Wilson. Voilà, c'était le Angry Statement du jour). C'est d'ailleurs avec ce dernier qu'il se lancera dans la réalisation, avec son premier film, Bottle Rocket, sorti en 1996. 

Depuis, il a réalisé un peu moins d'une dizaine de films, dont The Royal Tenenbaums, The Aquatic Life with Steve Zissou, The Darjeeling Limited, ou encore Moonrise Kingdom. Son travail est très souvent nommé lors de cérémonies récompensant le cinéma, et il a récemment remporté l'Ours d'Argent pour The Grand Budapest Hotel au festival de Berlin. Il est également connu pour travailler très souvent avec les mêmes acteurs, mais nous en reparlerons un peu plus loin! 




The Grand Budapest Hotel:
Quelques informations sur le film:
Huitième film réalisé par Anderson, The Grand Budapest Hotel est d'abord sorti en Allemagne début Février, puis chez nous, le 26, et enfin aux Etats-Unis le 7 Mars. Comme il est évidemment trop tôt pour faire un bilan du box-office, nous allons plutôt nous pencher sur deux autres aspects du film, à savoir les décors et le casting.



Pour ce qui est des décors, je vous conseille la lecture de deux articles que j'ai lus en préparant ma chronique. Le premier, tiré du site Celemondo, porte sur un lieu très important dans le film, l'hôtel: The Grand Budapest Hotel a été tourné en Allemagne, et plus particulièrement  dans un ancien magasin que l'on pourrait imaginer tout droit sorti d'Au Bonheur des Dames de Zola, le Görlitzer Warenhaus. 
Le second (qui par contre est en anglais: désolée pour les non-anglophones) est un entretien très intéressant du site Cineflex avec Simon Weisse, qui s'est occupé de la réalisation des miniatures du film. Il y mentionne également le musée Miniature et Cinéma de Lyon, que je vous ai présenté il y a quelques mois: je croise les doigts pour y voir un jour son travail sur ce film!




Passons à présent au casting. Je l'ai mentionné plus haut, Wes Anderson est du genre à travailler fréquemment avec les mêmes acteurs, et The Grand Budapest Hotel ne fait pas exception à la règle. Le casting du film est assez impressionnant et compte de nombreux acteurs qui ont déjà tourné avec le réalisateur. Dans les rôles titres, nous avons Ralph Fiennes (La Liste de Schindler, Harry Potter, Skyfall) en Monsieur Gustave, tandis que le personnage de Zero est joué par Tony Revolori et F.Murray Abraham; l'Auteur est joué par Jude Law; Agatha est quant à elle interprétée par Saoirse Ronan. Ensuite, parmi les habitués, on retrouve Adrian Brody (Le Pianiste, The Darjeeling Limited) dans le rôle de Dmitri; Willem Dafoe (Spiderman, The Aquatic Life) en Jopling; Jason Schwartzman (Marie-Antoinette, The Darjeeling Limited) en Monsieur Jean, ainsi que Bill Murray, Tilda Swinton, Owen Wilson et Edward Norton. A noter aussi la présence d'acteurs français, à savoir Mathieu Amalric qui s'est récemment illustré dans La Vénus à la Fourrure de Roman Polanski, et Léa Seydoux. 

Pour conclure, je vous laisse avec le trailer du film:



Résumé:
Zubrowka, années 1960. L'Auteur est en vacances au Grand Budapest Hotel, hôtel décrépi qui jouissait il y a plusieurs années d'une renommée et d'un lustre sans pareil. Il y fait la rencontre du propriétaire, Zero Moustafa, avec lequel il sympathise. Un soir, Moustafa se lance dans le récit de la façon dont il a obtenu l'hôtel, nous ramenant en 1932, lorsqu'il a débuté sa carrière de lobby boy sous le service du célèbre concierge du Grand Budapest, Monsieur Gustave. Monsieur Gustave, extrêmement apprécié des visiteurs de l'hôtel grâce à son travail (entre autres ^^), reçoit en héritage par une ancienne cliente richissime un tableau d'une valeur inestimable, héritage qui va lancer un incroyable conflit entre le concierge et le fils au tempérament plutôt colérique de la défunte, Dmitri...

Petit portrait de Monsieur Gustave:
Dans les films de Wes Anderson, il est fréquent que la notion de "personnage principal" se transforme plutôt en "personnages principaux" (La Famille Tenenbaum ou Moonrise Kingdom, par exemple, le montrent assez bien), et c'est le cas dans The Grand Budapest Hotel: on commence par penser que le héros sera l'Auteur, puis en fait non, ce sera Zero, et puis on arrête de se creuser la tête et on profite du film. J'ai cependant décidé de me pencher d'un peu plus près sur le coeur de l'histoire: Monsieur Gustave. 



Quand je dis "coeur" de l'histoire, ce n'est pas pour rien: la majeure partie du film se concentre sur lui, à partir du moment où Zero le rencontre. Mais il est aussi le coeur de l'hôtel: en tant que concierge, il a un oeil sur tout, dirige tout d'une main de maître, et prend très à coeur son métier, comme en témoignent les leçons et remarques qu'il fait à Zero tout au long du film. Même lorsqu'il fait face à une situation difficile, il continue de mettre ses qualités de concierge en avant! C'est pour lui plus qu'un métier: c'est une vocation à la vie, à la mort. 

Et il va jusqu'au bout de cette vocation, puisqu'il a avec certaines de ses clientes (décrites comme âgées, riches et blondes, ce dernier critère étant important!) des relations un peu plus que platoniques ou amicales, si vous voyez ce que je veux dire (si ce n'est pas le cas, ça veut dire qu'ils font du sexe). On peut évidemment se poser des questions sur la nature de son comportement avec ses vieilles dames: sentiments sincères ou tentative pour toucher le pactole après leur décès? A vous de juger! 

Néanmoins on ne peut nier qu'il a un indéniable charisme qui résulte du combo Ralph Fiennes+ Moustache+ Costume seyant+ poésie, parce qu'en plus, il déclame des vers. Classe. 

Un film inspiré de Stefan Zweig:
Habituellement, lorsque j'écris un article sur autre chose qu'un livre, j'essaie quand même de trouver un lien avec la littérature, même si il faut avouer que c'est pas forcément toujours évident. Mais là, miracle, le film m'a offert de lui-même ce lien: merci, film!

En effet, pendant le générique de fin (ou de début, mais je crois que c'est celui de la fin. Mais bref. Passons.), on peut lire la mention "inspiré par les livres de Stefan Zweig". Pour ceux qui ne le connaissent pas ou que vaguement, Stefan Zweig est un auteur austro-hongrois, né en 1881 à Vienne et mort en 1942: il est connu pour s'être essayé à de nombreux genres, que ce soit la nouvelle, le roman, le théâtre ou encore la biographie, ainsi que pour ses écrits portant sur les deux guerres mondiales, véritable traumatisme pour l'auteur. Pour l'instant, je suis encore en phase "découverte" de l'oeuvre de Stefan Zweig, n'ayant lu que quelques-uns de ses livres (j'ai présenté deux de ses biographies, que vous pouvez retrouver ici), mais j'ai cependant pu relever quelques références: tout d'abord, le côté biographique est présent, avec l'auteur qui raconte sa rencontre avec Zero qui lui-même raconte sa rencontre avec Monsieur Gustave. Le livre de l'auteur est, quelque part, la biographie de Monsieur Gustave. Ensuite, la guerre est un thème abordé dans The Grand Budapest Hotel: le personnage de Zero, comme Stefan Zweig, a vécu un conflit armé, et l'histoire elle-même se passe en temps de guerre, qui n'est pas sans rappeler la Seconde Guerre Mondiale. Enfin, on peut également faire un parallèle entre le film et l'un des livres les plus connus de Stefan Zweig, Vingt-quatre heures de la vie d'une femme: dans ce livre, qui se passe dans une pension qui a peut-être inspirée l'hôtel, une vieille dame se confie au narrateur sur son passé, tout comme Zero se confie à l'Auteur. Il y en a probablement d'autres, mais il faudrait que je regarde le film une deuxième fois pour être sûre!

En y réfléchissant bien, le film propose pas mal de liens avec la littérature, mais je manque de temps pour les développer. On pourrait par exemple se pencher sur le personnage de l'Auteur et son rôle, sur l'utilisation de récits enchâssés, ou sur le fait de placer de la poésie dans les répliques des personnages. Bref, vous voyez, il y a de quoi faire!

Mon avis sur ce film:
Lorsque j'ai crée ce blog il y a presque deux ans (Outch. Déjà. Claque de vieillesse. Euurrrrrg), mon but principal était de vous parler de littérature, sans toutefois non plus m'y restreindre: c'est donc pour cela que de temps en temps je vous propose un article sur un lieu à visiter, ou sur le cinéma, mon autre grande passion. Pourtant, en préparant cette chronique, je me suis aperçue d'un truc: la grande partie de mes articles cinéma est consacrée à un homme et à un seul, à savoir Tim Burton. Et le Challenge Johnny Depp ne m'a pas permis de varier non plus... Pourtant, malgré tout l'amour que j'ai pour Tim (ouais, je l'appelle Tim), ce n'est pas le seul réalisateur dont je suis fan: il y a aussi Wes Anderson.























Je l'ai découvert en 2009 lors d'une sortie scolaire au cinéma (ma classe de première participait à une opération du type "lycée au cinéma"), grâce au film la Famille Tenenbaum, qui m'a profondément marquée. J'ai tellement aimé ce film que j'ai dévoré les autres longs métrages de Wes Anderson (même si il y en a que je n'ai pas encore vus): Moonrise Kingdom, The Aquatic Life, ou encore The Darjeeling Limited font partie de mes films préférés. Autant vous dire que j'avais hâte d'aller voir The Grand Budapest Hotel! Et pour en venir enfin à mon avis: ce film est un gros, que dis-je, un énorme coup de coeur!

Tout dans ce film m'a plu. Commençons par l'histoire: elle est habilement construite, je suis entrée dedans dès la première seconde et j'ai été captivée jusqu'à la fin. Je n'ai pas vu le temps passer, je ne me suis pas ennuyée un seul instant et je serais bien restée dans mon fauteuil plus longtemps, sans problème. Le passage d'un récit à l'autre est fluide, j'ai aimé le découpage en parties, le choix de la narration... Les thèmes abordés me plaisent aussi beaucoup, entre la guerre, la transmission d'une génération à la suivante, la mort, et j'aurais aimé avoir plus de temps pour vous en parler plus en détails!   J'aime aussi le fait que Wes Anderson combine humour, tristesse, action et réflexion en un seul film: il y  a des passages vraiment hilarants, d'autres plus émouvants, mais aussi quelques moments un peu violents qui contrastent avec le reste (j'ai d'ailleurs une ou deux fois tiqué en pensant aux deux gosses assis derrière moi), le tout se mélange à merveilles!


Visuellement, The Grand Budapest est également "waow": j'ai trouvé les décors et les costumes superbes, il y a eu un travail de dingue là-dessus, et j'ai envie d'en savoir plus sur les coulisses du film. Le réalisateur joue aussi avec le cadrage de façon très astucieuse et marquante (il y a une scène où une domestique, Monsieur Gustave et Zero se déplacent dans une maison, je crois que je vais m'en souvenir toute ma vie). Je ne suis pas du tout une experte en ce qui concerne les aspects techniques, mais la façon de filmer de Wes Anderson, le rendu des couleurs me plaisent énormément.

Mais la grosse réussite du film, de mon point du vue, réside dans le casting. J'en adore presque tous les acteurs, et c'est un plaisir immense de les retrouver dans un seul film, même pour quelques secondes: Ralph Fiennes est terrible, Willem Dafoe fait froid dans le dos, tout comme Adrian Brody et sa moustache (si vous aimez les moustaches, ce film est fait pour vous), et puis bon, j'adore Edward Norton et Jason Schwartzman, qu'on en voit pas assez selon moi. J'ai un peu fait la gueule en voyant Léa Seydoux, parce que j'ai vraiment du mal avec cette actrice, mais c'est un point mineur. 



Alors vous l'aurez compris, je suis plus qu'emballée par The Grand Budapest Hotel: j'ai passé le reste de la journée sur un petit nuage, et cet article a été un pur plaisir à écrire. J'ai qu'une envie: regarder du Wes Anderson! Donc si le film vous tente... :)

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui! Si tout va bien, la prochaine chronique arrive d'ici quelques jours et portera ou sur une pièce de Shakespeare, ou sur un roman de Dickens (tout dépend du temps que j'aurai devant moi). En attendant, n'hésitez pas à me laisser vos commentaires et avis, j'y réponds avec plaisir! Prenez soin de vous

AnGee Ersatz*

vendredi 30 août 2013

Challenge Lesen Sie Deutsch? #7/ Lecture Commune: Marie Stuart de Stefan Zweig.




Guten Tag, tout le monde!

Je suis ravie de vous retrouver aujourd'hui pour le dernier article du mois d'Août! J'espère que vous allez bien, et que vous êtes prêts à faire un petit voyage dans le temps! Et oui, aujourd'hui nous allons revenir en arrière pour découvrir un personnage historique assez controversé, Marie Stuart, dans une biographie de Stefan Zweig. Il y a quelques mois, j'avais lu sa biographie de Marie-Antoinette, que j'avais beaucoup aimée, et du coup j'ai décidé d'en lire une autre, et de la proposer en Lecture Commune sur Livraddict! Je fais donc d'une pierre deux coups, puisque je présente aussi ce livre dans le cadre du Challenge Lesen Sie Deutsch?. Bonne lecture à tous!

Bilan du Challenge: 
Et oui, après plusieurs mois, j'ai décidé d'arrêter ce Challenge. Je m'étais inscrite en espérant lire une dizaine de livres, mais je manque vraiment de temps, mais aussi d'inspiration pour trouver de nouveaux auteurs... Du coup je préfère stopper maintenant, avec un score honorable de sept livres! 
Vous pouvez retrouver le bilan du Challenge ICI.

Bilan de la LC:
Au fur et à mesure, je posterai les liens vers les différentes chroniques des autres participants à la LC!

Marie Stuart:

Résumé du livre:
Dès sa naissance en 1542, Marie Stuart, fille de Jacques V, roi d'Ecosse, doit faire face à son destin: en effet, elle n'est âgée que de quelques jours lorsque son père meurt, faisant d'elle une reine plutôt précoce! 
L'Ecosse est à l'époque un pays qui souffre, appauvri par des conflits incessants avec l'Angleterre voisine et entre les lords indisciplinés. Voyant le danger qui guette une si jeune héritière, sa mère décide de l'envoyer en France où elle passera son enfance et son adolescence, avant d'épouser François II, et de devenir Reine de France pendant un an, jusqu'à la mort de son mari. 
C'est une jeune femme d'à peine 20 ans qui rentre en Ecosse et qui doit apprivoiser et gouverner ce pays. Mais Marie Stuart, c'est aussi une bagarre qui durera des années avec Elisabeth Ière, reine d'Angleterre, entre lettres polies et menaces à peine dissimulées; et surtout une passion dévorante pour Bothwell, qui ira jusqu'à tuer le second époux de Marie, Darnley, pour avoir le trône...









Les grands thèmes abordés:
Stefan Zweig traite, dans cette biographie, de toute la vie de Marie Stuart, en s'attardant avec beaucoup de précisions sur certains moments importants de sa vie, sur certains thèmes et leur évolution. Voici ceux qui m'ont le plus frappée au cours de ma lecture.

La relation Ecosse/Angleterre - Marie Stuart/Elisabeth:
Bien évidemment, dans ce livre, on ne peut pas passer à côté de l'imposant background historique, qui explique en grande partie l'attitude de Marie lorsqu'elle doit prendre des décisions.

Pourtant, c'est chouette l'Ecosse?

Stefan Zweig insiste beaucoup sur les conflits déjà existants entre l'Ecosse et l'Angleterre. Depuis longtemps, l'Angleterre cherche à annexer l'Ecosse, attaque la frontière, laissant les villages détruits à chacun de leur passage. Au sein de l'Ecosse même, la paix est loin d'être acquise: certains lords seraient prêts à tout pour unir leur pays avec l'Angleterre, alors que d'autres voient d'un oeil mauvais tout rapprochement avec l'ennemi. Ces conflits vont prendre une ampleur nouvelle avec le revirement religieux de l'Angleterre: Henry VIII, des Tudor, décide de rompre avec Rome lorsque le pape s'oppose à son divorce avec Catherine, et il instaure l'anglicanisme, religion proche du protestantisme qui gagne du terrain de jour en jour à l'époque. Henry, qui n'aime pas faire les choses à moitié, demande à ce que les Ecossais se soumettent à cette nouvelle religion, mais beaucoup, comme les Stuart, décident de rester catholiques, entraînant alors des querelles religieuses au coeur de l'Ecosse. L'Ecosse devient vite un point de pression de la part des différents pays européens catholiques, qui espèrent conclure une alliance avec elle pour déstabiliser l'Angleterre, alors que d'autres espèrent trouver un moyen de stopper les conflits entre les deux voisins.

Bref, on comprend bien vite que la situation est loin d'être évidente lorsque Marie vient au monde! Et toute sa vie durant, elle doit affronter ces conflits. Car en face d'elle se dresse Elisabeth Ière. Entre les deux femmes s'installe une relation un peu étrange: elles ne cessent de s'envoyer des lettres d'affection enflammées, s'appelant mutuellement "très chère soeur", et par derrière elles préparent des magouilles et des attaques qu'elles s'empressent par la suite de démentir ("KEWA! Mais non, c'est pas moi!"). La raison de leur bagarre: le trône d'Angleterre. En effet, la position d'Elisabeth, même si elle est globalement reconnue, est malgré tout en instable: son père, en reniant Anne Boleyn, l'avait déshéritée du trône.  Par exemple: Marie arbore fièrement, lorsqu'elle est en France, les armoiries de l'Angleterre sur son blason. Une façon subtile comme un troupeau de vikings enfonçant une porte de faire comprendre à "sa chère soeur" qu'elle trouve sa position limite. Mais quand Elisabeth s'en offusque, Marie rejette la faute sur son mari défunt (sympa!). 
Cette relation en dents de scie durera toute la vie de Marie, et la jettera même dans les affres de l'emprisonnement. 



La passion amoureuse:
Autre thème important, l'amour. Marie est mariée une première fois, assez jeune, au tout aussi jeune prince François (qui deviendra ensuite François II): dans ce mariage politique, les deux époux ont du respect l'un pour l'autre, s'apprécient, mais on est loin de la passion. 
La passion amoureuse, Marie la connaîtra deux fois, mais de façons différentes. D'abord, elle tombe sous le charme de Darnley, un jeune homme qui lui rappelle la France et ses bonnes manières dans une région d'hommes bourrus et bourrés (désolée, je n'ai pas pu résister). 

Darnley et Marie Stuart. Soit Darnley avait de grosses cuisses, soit la mode de l'époque était originale!

Qu'à cela ne tienne, ils se marient et Marie tombe vite enceinte. Problème: la passion n'est déjà plus au rendez-vous... Et oui, Marie se lasse vite, d'autant plus que Darnley lui fait un sale coup en faisant assassiner l'un de ses meilleurs amis, Riccio, sous ses yeux. Elle s'éprend donc d'un autre homme, Bothwell, plus âgé qu'elle, qui ne l'aime pas tant que ça, mais qui est prêt à tout pour la couronne. Et Marie est prête à tout pour l'amour de Bothwell: assassinat de Darnley, faux enlèvement, faux procès (on dirait les sujets des émissions de Direct 8), rien n'arrête les deux amants... 

L'emprisonnement: 
Pour finir, je ne pouvais pas oublier le thème de l'emprisonnement, puisque Marie Stuart a passé presque la moitié de sa vie en condition de prisonnière. Lorsqu'elle sent que le vent tourne pour elle en Ecosse après la mort de Darnley, tué par Bothwell, elle s'exile en Angleterre. Mauvaise idée. Pire idée de l'univers et de tous les temps. Pourquoi? Parce qu'enfin Elisabeth et son gouvernement peuvent mettre la main sur elle et la mettre hors d'état de nuire. Pendant presque 20 ans, elle doit vivre en recluse dans divers châteaux, et elle voit ses privilèges diminuer d'années en années, pendant que dans son dos se trame un curieux jeu pour la piéger... 

Mon avis sur ce livre:
Lorsque je cherchais une nouvelle biographie à lire, on m'a beaucoup conseillé celle sur Marie Stuart. Personnellement, je suis captivée par l'Histoire de la Grande-Bretagne, mais j'ai quand même de grosses lacunes en ce qui concerne l'Ecosse. De plus, ce personnage m'intrigue depuis longtemps, j'ai donc sauté le pas.

Je trouve qu'il est assez difficile de juger une biographie, étant donné que l'auteur n'invente rien (du moins, il n'est pas censé inventer quoi que ce soit) et qu'il doit faire avant tout un travail d'Historien. Néanmoins, je ne suis encore pas déçue de ma lecture. Ce que j'apprécie avec Stefan Zweig (et ce qu'il a fait aussi avec Marie-Antoinette), c'est qu'il ne cherche ni à accabler ni à l'excuser. Marie Stuart est en effet considéré par certains comme une victime du pouvoir d'Elisabeth qui veut asservir l'Ecosse, comme une victime catholique écrasée par le protestantisme; ou comme une criminelle prête à tout. Stefan Zweig ne tombe pas dans ces clichés: il cherche au contraire à être le plus juste possible, ce que j'ai particulièrement apprécié: il s'appuie sur de nombreux documents (lettres, poèmes écrits par la Reine, documents officieux et officiels...), et donne une foule de détails pour étayer ce qu'il raconte. J'ai appris énormément de choses en lisant cette biographie, ce que j'ai plus qu'apprécié. 

Autre point fort: le style de Stefan Zweig. Il sait raconter l'Histoire (oui, ce privilège n'est pas réservé à Stéphane Bern), et on ne s'ennuie pas: il questionne le lecteur, sait mettre en scène ce qu'il raconte, tant et si bien qu'on finit par avoir l'impression non pas de lire un livre, mais d'être en plein coeur d'une conférence avec lui. J'ai été captivée du début à la fin, sans m'ennuyer, et j'ai lu le livre quasiment d'une traite! Je me suis tout simplement régalée. 

Je n'ai rien de négatif à relever sur ce livre: je pense qu'il plaira aux passionnés d'Histoire, bien sûr, et il m'a donné envie d'en lire d'autres, que ce soit de Stefan Zweig ou d'autres auteurs (j'ai une biographie de Sissi dans ma PAL...), et surtout de me tourner cette fois vers un roman de Stefan Zweig pour découvrir ce qu'il a fait. 

En bref, je conseille vivement cette belle biographie, qui m'a fait passé un excellent moment! On se retrouve très vite avec un premier article spécial cinéma, puisque j'ai décidé de me lancer dans un petit Challenge Septième Art! Prenez-soin de vous, et à très vite!

AnGee Ersatz*

lundi 29 avril 2013

Challenge Lesen Sie Deutsch? #4: Marie-Antoinette, de Stefan Zweig.





Bonjour à tous et à toutes!


Et voilà, le mois d'Avril se termine, et quoi de mieux pour le finir en beauté qu'un article Challenge? Pour ce dernier article, j'ai choisi de vous présenter ma quatrième lecture pour le Challenge Lesen Sie Deutsch? auquel je participe via Livraddict. Après Kafka et les Frères Grimm, j'ai décidé de m'attaquer à un autre grand auteur de la littérature allemande, Stefan Zweig. Depuis le lycée, mes amis qui faisaient LV1 Allemand ont eu l'occasion à plusieurs reprises d'étudier ce grand auteur, mais en LV2, on avait seulement droit à de répétitifs textes sur le mur de Berlin et la Stasi. Je répare donc cette lacune aujourd'hui, avec un livre que j'avais déjà survolé il y a quelques années, Marie-Antoinette. Je sais que certains de mes amis blogueurs ont déjà lu ce livre, et j'espère que ma chronique vous plaira! Bonne lecture!


Quelques mots sur Stefan Zweig:




Commençons par quelques mots sur ce grand auteur que fut Stefan Zweig.

Né en 1881 à Viennes, il passe une enfance dans une famille bourgeoise. Il quitte le foyer à l'âge de 19 ans, et il se passionne pour la littérature. Stefan Zweig commence à écrire, tout d'abord des poèmes, puis des romans. Le succès arrive petit à petit, et il finit par se consacrer à cette nouvelle passion. 

L'arrivée d'Hitler au pouvoir le terrifie: il comprend très vite le danger que le dictateur représente pour l'Europe, pour la paix fragile, et pour les Juifs. Zweig décide de partir en exil, au Brésil. Il continue d'écrire, du théâtre, des romans, de la poésie. Il touche à tout!

Stefan Zweig meurt en 1942 au Brésil où il a passé les dernières années de sa vie. Il est connu aujourd'hui comme l'un des plus grands auteurs européens du 20ème siècle, notamment grâce à des livres comme la Peur, la Confusion des sentiments, ainsi que grâce à ses biographies de grandes personnalités européennes. 

Marie-Antoinette.





Résumé:
Ce livre fait partie de la série de biographies dont Stefan Zweig est l'auteur. Publié en 1932, il retrace la vie de Marie-Antoinette d'Autriche, reine de France connue pour son destin tragique à la Révolution, un destin passé au microscope par Stefan Zweig.



Stefan Zweig aborde tous les aspects de la vie de Marie-Antoinette. D'abord, nous découvrons son enfance: Marie-Antoinette est la fille de Marie-Thérèse, l'une des grandes souveraines d'Europe. Elle grandit dans une famille nombreuse, et très vite il est question de la marier avec le Dauphin de France, le futur Louis XVI. Ce mariage, très compliqué en raison des questions pointues de l'étiquette, prendra de nombreuses années à se réaliser.

Ensuite, nous suivons Marie-Antoinette lors de son arrivée en France, et dans les premières années de sa vie à Versailles en tant que Dauphine. Elle va alors découvrir la complexité des règles et les fourberies des courtisans, jusqu'à son accession au trône.

Stefan Zweig s'intéresse aux relations de la jeune reine avec son entourage, sa famille, ses amis; son amour pour les bijoux et l'argent, et surtout pour l'amusement; son manque de sérieux... Jusqu'à la fin de sa vie, où loin du faste de Versailles, Marie-Antoinette sera jugée, et condamnée à mort. 




L'intérêt de ce livre:



Pour mes études, j'ai déjà eu l'occasion de lire des biographies de personnalités historiques. Généralement, ce sont des livres qui m'intéressent, aussi j'étais contente de pouvoir me pencher sur une biographie consacrée à Marie-Antoinette.

Je n'ai lu d'autres biographies de Stefan Zweig (même si je pense très fortement lire celle sur Marie Stuart prochainement), mais j'y ai trouvé un intérêt particulier: je n'ai pas eu l'impression de lire un simple livre d'histoire, bien au contraire. Le style de Stefan Zweig est avant tout un style littéraire, et je trouve que cela se ressent: il a le don de raconter l'histoire comme personne, aussi on ne s'ennuie pas un seul instant. Je ne sais plus qui m'avait dit ça, mais c'est vrai que l'on a l'impression d'écouter une conférence plutôt que de lire un livre. 

Le livre est enrichi par de nombreux extraits de lettres et de témoignages de l'époque, gages d'authenticité bien exploités par l'auteur. Stefan Zweig a pour but non pas d'écrire simplement l'histoire de Marie-Antoinette, mais il cherche aussi à nous expliquer son destin: Marie-Antoinette n'était pas préparée à ce qui l'attendait, et elle n'était pas une souveraine née. Son jeune âge, son insouciance, ainsi que son mariage qui commença par de longues années de chasteté pesantes expliquent en partie son incapacité à se comporter comme sa mère ou ses sujets l'espèrent. Un aspect psychologique qui renforce l'originalité du livre.

En bref, si vous avez envie d'en savoir plus sur Marie-Antoinette, foncez!


Mon avis:
Comme vous vous en doutez, j'ai passé un excellent moment avec ce livre. Je me suis régalée du début à la fin, en partie grâce au talent d'auteur de Stefan Zweig. Son style est un régal à lire, j'ai eu à plusieurs reprises l'impression d'assister à un excellent cours d'histoire.

J'ai appris énormément de choses grâce à ce livre, et le point de vue de Stefan Zweig est réellement passionnant. Cette lecture me donne envie de découvrir un peu plus son oeuvre, à la fois au niveau des biographies, mais aussi au niveau du reste: je suis bien tentée par ses romans! 

Pour accompagner votre lecture, je vous conseille le film Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Il s'agit de l'un de mes films préférés, une interprétation moderne et originale de la vie de la reine jouée par Kirsten Dunst. 



On se retrouve très vite pour de nouveaux articles! Comme toujours, n'hésitez pas à me laisser en commentaire vos suggestions! 

A très vite,

AnGee Ersatz*





Si vous avez aimé...

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