lundi 2 mars 2015

In Love With Shakespeare #4: The Merchant of Venice (+ Adaptation de Michael Radford, 2004).

Bannière par Psychic TV <3


Bonjour à tous!

Aujourd'hui c'est Lundi, et en ce début de semaine (et du mois de Mars), il est temps de lancer une nouvelle fournée de chroniques! Comme je l'ai annoncé récemment, le mois de Mars sera un mois à thème, consacré à William Shakespeare! Etant une grande amoureuse de l'oeuvre de Shakespeare, j'avais envie depuis longtemps de m'y attaquer un peu plus sérieusement et de vous proposer plusieurs chroniques autour de cet auteur culte et de ses pièces célèbres. Pour démarrer ce mois à thème en beauté, nous allons nous pencher sur une pièce très connue de l'auteur, The Merchant of Venice (le Marchand de Venise en français) ainsi que sur son adaptation cinématographique sortie en 2004. Je vous souhaite une bonne lecture de cet article, en espérant qu'il vous plaise!


Le mois Shakespeare sur le Livroscope:
Pour commencer, il me semble important de vous donner un peu plus de détails sur ce fameux mois à thème Shakespeare. Il aura lieu tout au long du mois de Mars, et pour la première fois depuis la création du blog, le mois à thème se déroulera non seulement sur le blog, mais aussi sur la chaîne YouTube, chose que je tente pour la première fois. J'ai donc prévu plusieurs choses:
Pour le blog, cinq chroniques sont prévues: trois porteront sur des pièces de Shakespeare (The Merchant of Venice, The Tempest, et As You Like It), et je parlerai également de certaines de leurs adaptations. La quatrième chronique portera sur la biographie de William Shakespeare par Stephen Greenblatt, Will In The World, et la dernière nous mènera à la découverte d'un documentaire autour de l'auteur, In Search of Shakespeare.
En ce qui concerne la chaîne, j'ai prévu deux vidéos: un 10 Choses à Savoir Sur Shakespeare, et une chronique de l'une de ses pièces! J'aimerais aussi organiser un petit live sur Youtube, mais j'attends de voir comment m'organiser :).
Si vous souhaitez voir les articles précédents sur Shakespeare, je vous laisse suivre le lien ci-dessous! 


The Merchant of Venice:
Résumé:
Venise, au 16ème siècle. Antonio est un marchant prospère de Venise, qui coulent des jours plutôt paisibles, jusqu'à ce que son ami Bassanio vienne lui demander de l'aide. En effet, ce jeune homme veut aller épouser une jeune héritière richissime du nom de Portia, mais pour cela il a besoin de 3000 ducats pour ses frais de voyage. N'ayant pas la somme sur lui, Antonio, qui veut aider son camarade, se rend chez Shylock, un usurier juif, afin de lui demander un prêt. Mais Shylock est réticent à l'idée de prêter de l'argent à Antonio, qui insulte sa religion depuis toujours. Finalement, il accepte, mais à une condition: si Antonio ne rembourse pas sa dette à temps, Shylock pourra lui prélever une livre de chair...

Une histoire d'amour, d'argent, et de religion:
Comme souvent chez Shakespeare, The Merchant of Venice aborde plusieurs sujets. Tentons d'en analyser quelques-uns.
L'un des sujets majeurs (pour ne pas dire LE sujet majeur) de la pièce, c'est la religion. Deux religions se confrontent dans The Merchant of Venice: le catholicisme, d'un côté, et de l'autre le judaïsme. Antonio, Bassanio et leurs amis sont des catholiques, tandis que Shylock et sa fille Jessica sont des juifs. Dès le début de la pièce, on sent un certain mépris du judaïsme chez Antonio, mépris qui se transforme en lourde tension lorsqu'il décide de recourir aux services de Shylock. La pièce aborde souvent les différences entre les deux religions, différences non seulement de culte mais aussi de modes de vie, ce qui est montré dans le film dont je parlerai ensuite: dans le film, la communauté juive est représentée comme vivant à l'écart, simplement, tandis que le catholicisme est présentée dans l'opulence et les mascarades de Venise. La question de la religion dans The Merchant of Venice a été abordée dans de nombreuses études, et on peut dire que c'est une question délicate (certains voient Shakespeare comme un défenseur de la cause juive, d'autres le pensent antisémite). Dans tous les cas, on retrouve dans cette pièce l'une des tirades les plus célèbres de Shakespeare, que je vous laisse ici jouée par Al Pacino:



Ensuite, nous avons la question de l'argent, une fois de plus liée aux personnages d'Antonio et Shylock, mais pas seulement. Antonio est présenté comme un marchand, riche, parfois créancier de ses amis. Shylock, lui, est usurier: il prête de l'argent, et c'est le prêt effectué au début de la pièce qui lance l'intrigue. L'argent est mis en opposition à la chair, que Shylock réclamera s'il n'est pas remboursé à temps: peut-on comparer l'argent et le corps? Que vaut une livre de chair? C'est la grande question de la pièce. En plus de ça, l'argent est présent pour d'autres personnages: déjà pour Bassanio et Portia, l'un des couples de la pièce. Portia est présentée comme une riche héritière, dont le père, pour éviter qu'elle se marie avec quelqu'un qui n'en veut qu'à sa fortune, a décidé de donner sa main contre une habile énigme à résoudre. Bassanio a lui même besoin d'argent pour pouvoir se rendre là où elle vit et l'épouser. L'autre couple du livre, Jessica et Lorenzo, est également concerné: Jessica est la fille de Shylock et elle s'enfuit avec de nombreux bijoux d'une grande valeur, vol qui causera bien des problèmes à son père.
Puisque nous parlons de couple, il est temps de nous pencher sur un autre grand sujet de la pièce: l'amour. Chez Shakespeare, c'est un thème exploité dans tous les sens! Ici, nous avons deux couples phares: Portia et Bassanio, et Jessica et Lorenzo. Le premier est intéressant si l'on s'intéresse à Portia, dont l'avenir se joue sur une énigme: ses prétendants doivent choisir entre trois caisses en suivant des instructions. Celui qui trouvera le portrait de la belle gagnera sa main. Autant dire que c'est un procédé qui ne l'enchante que très moyennement... Mais le couple le plus intéressant, selon moi, c'est lui formé par Lorenzo et Jessica: alors certes, il n'est pas non plus ultra développé dans le livre, mais il s'agit d'un couple aux religions différentes. Lorenzo est catholique, et Jessica est juive. Ils s'aiment en secret, et Jessica sait pertinemment que son père sera contre cet amour. Elle fait donc le choix de fuir avec son amant...

Comédie ou tragédie?
Pour conclure cette petite analyse de la pièce, je vous propose de nous pencher sur une question assez intéressante concernant le statut de cette pièce. Au théâtre, on oppose généralement la comédie et la tragédie. En gros (je force le trait), d'un côté on a le comique de situations, du rocambolesque et du drôle, du cocasse, et de l'autre de la trahison, des meurtres, du sang, bref, l'ambiance.
Shakespeare est connu pour avoir écrit des comédies et des tragédies. Mais parfois, il est plus difficile de situer précisément de quel côté se situe la pièce. C'est le cas pour The Merchant of Venice. Lorsque la pièce a été écrite, elle fut d'abord classée dans les registres comme comédie. Et c'est vrai que la pièce contient des passages plutôt comiques: on peut mentionner par exemple les passages avec les prétendants de Portia, qui débordent de ridicule. Néanmoins, elle reste marquée par une profonde influence dramatique qui se marque avec le prêt et la livre de chair. La pièce oscille toujours entre ces deux tons, ce qui lui donne une identité très particulière.

Ce que je pense de la pièce:
Shakespeare. Voilà un nom qui en évoque, des choses! En ce qui me concerne, je suis amoureuse de cet auteur depuis l'adolescence, j'aime sa langue, j'aime ses histoires. Du coup, j'ai bien peur que mes chroniques du mois ne seront que des coups de coeur et que je me retrouve à répéter plusieurs fois les mêmes choses ^^. The Merchant of Venice est une pièce très intéressante, et ce pour plusieurs raisons. 

Commençons par l'intrigue. Comme souvent chez Shakespeare, nous avons une intrigue principale, avec des intrigues secondaires liées à la première. Je ne me suis pas ennuyée du tout en lisant cette pièce, il se passe énormément de choses, et il n'y a pas de temps morts. J'ai trouvé l'intrigue principale passionnante, dramatique, captivante, et j'ai beaucoup aimé les intrigues secondaires, notamment tout ce qui se déroule dans la demeure de Portia. Shakespeare arrive à nous tenir en haleine et jongle habilement entre les moments d'actions et les fascinants monologues.

Les personnages sont également très réussis: Shakespeare nous propose des personnages passionnants, avec chacun des traits intéressants. La figure la plus marquante est probablement celle de Shylock. En ce qui me concerne, j'ai adoré Portia et sa servante: les deux ont un caractère que j'aime beaucoup et une fraîcheur qui fait du bien dans la lourdeur parfois pesante de la pièce. Il y a des interactions intéressantes entre les différents personnages. 

Les thématiques abordées sont riches et passionnantes. Je n'ai même pas pu tout mentionné car il y a énormément de choses à dire et à redire. Chaque lecture offre une perspective nouvelle et chacun y voit sa propre lecture, donc je ne peux que vous encourager à y mettre le nez! :)

The Merchant of Venice (2004):
Quelques informations sur le film:
Passons à présent à notre adaptation du jour, à savoir celle réalisée par Michael Radford, qui a notamment réalisé Elsa & Fred en 2014. Avec un budget de 30 millions, le film a un casting assez prestigieux: on retrouve le célèbre Al Pacino dans le rôle de Shylock, Jeremy Irons dans celui de Antonio. Bassanio est joué par Joseph Fiennes (qui décidément est abonné aux films autour de Shakespeare), Lorenzo par Charlie Cox. Portia est jouée par Lynn Collins. Malheureusement le film ne réalisa qu'un petit score au box-office avec un peu plus de 20 millions de recettes. Je vous laisse ci-dessous la bande-annonce du film.



Ce que j'ai pensé de cette adaptation:
Lorsque l'on pense à Shakespeare, l'un des premiers mots qui vient en tête est évidemment "théâtre", et on me fait souvent la remarque qu'adapter une pièce de théâtre est loin d'être facile. Et pourtant, Shakespeare est probablement l'un des auteurs dont l'oeuvre a été le plus adaptée au cinéma ou à la télévision. Il existe des adaptations de toutes sortes, des plus fidèles (j'avais mentionné le film Hamlet de Kenneth Branagh lors d'un précédent article, qui suit vers pour vers le texte original) aux plus audacieuses ou modernes. The Merchant of Venice compte plusieurs adaptations, mais la plus récente étant la plus accessible, c'est celle-ci que j'ai décidé de regarder.

A priori, le film avait pas mal d'arguments en sa faveur: un casting composé d'acteurs que j'aime beaucoup (Al Pacino, Jeremy Irons, ou juste Joseph Fiennes et Charlie Cox, pour ne citer qu'eux), une pièce d'un auteur que j'admire à la folie, bref, je partais plutôt confiante. Et au final je suis un peu mitigée par ce film qui n'était pas à la hauteur de mes espérances, il est ni bon, ni mauvais.

Commençons par l'intrigue. Sur ce point, je n'ai rien de négatif à dire: dans l'ensemble, la pièce est selon moi bien reprise, avec une grande partie des dialogues. Il y a eu quelques aménagements (des scènes coupées ou écourtées), mais je trouve que l'on retrouve bien l'esprit de la pièce et que le film offre un bon compromis entre cinéma et théâtre. Cela permet d'avoir un film de deux heures, proche du format cinématographique "classique", alors que, par exemple, le Hamlet de Kenneth Branagh dure près de quatre heures. Un bon compromis, donc.

Par contre, j'ai trouvé que le film avait un gros problème de rythme. Parfois, il y a des scènes où on ne voit pas le temps passer, où l'action est juste extrêmement intense et on se retrouve happé par le film: j'ai par exemple été captivée par toute la scène au tribunal, ou le gros monologue de Shylock, des moments clés de l'intrigue. Cependant, je me suis souvent ennuyée entre deux scènes trépidantes: j'ai eu l'impression que tout ce qui concernait les intrigues "secondaires" (la fuite de Jessica avec Lorenzo, par exemple) était traité avec moins d'intensité, comique ou dramatique, et du coup je me suis pas mal ennuyée, à mon grand désarroi.



En parlant de comique et de dramatique, penchons-nous sur le ton du film. La pièce a pour particularité d'osciller entre les deux, avec des passages extrêmement dramatiques dignes de Hamlet, et d'autres tournés vers la comédie, qui allègent un peu l'ambiance bien sombre. Alors on peut le dire, le film rend bien le côté dramatique, à grand renfort de musique triste, de décors très sobres. Les acteurs rendent bien cette impression (mais je reparlerai des acteurs après). En revanche, j'aurais aimé que les passages comiques soient plus travaillés, parce que là ils font un peu ridicules, et c'est dommage, un peu de fraîcheur aurait été la bienvenue. En ce qui concerne les acteurs, je n'ai pas grand chose à redire. Je trouve qu'ils s'en sortent dans la grande majorité plutôt bien, sans en faire trop ou pas assez. Al Pacino et Jeremy Irons sont en particulier convaincants en Shylock et Antonio.

Plusieurs thématiques intéressantes sont abordées dans le film: on y retrouve les éléments centraux de la pièce, comme l'argent, la religion, l'amour... Il met aussi en lumière des aspects que je n'avais pas forcément repérés lors de ma lecture. Je pense par exemple à la question de l'homosexualité entre Antonio et Bassanio, que personnellement je n'avais pas spécialement ressentie en lisant la pièce.

En bref, cette adaptation du Marchand de Venise est plutôt sympathique, même si je suis loin d'avoir eu un énorme coup de coeur. A savoir qu'elle est disponible sur Netflix, pour ceux que ça intéresse! 

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette première chronique du mois Shakespeare vous a plu! N'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire, je me ferai un plaisir de vous répondre! La prochaine chronique arrivera prochainement, et sera hors mois à thème. En attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup :)

AnGee Ersatz*



vendredi 27 février 2015

Les Dames en Noir #3: Coule la Seine, de Fred Vargas.



Bonjour à tous et à toutes!

Bienvenue sur le Livroscope! Aujourd'hui nous sommes Samedi, dernier jour de ce court mois de Février! Après avoir passé un mois riche en découverte et avant de nous lancer dans les chroniques de Mars que j'ai hâte de vous présenter, je vous propose de conclure Février par un dernier article, qui sera consacré à ma troisième lecture pour le Challenge les Dames en Noir. Ce Challenge, organisé par Zina tout au long de 2015, a pour but de faire lire, découvrir et chroniquer des auteurs féminins de polar et thriller. Pour ce troisième numéro, j'ai choisi de me pencher sur une auteure française très connue: Fred Vargas! Et histoire de changer un peu, je ne parlerai pas d'un roman, mais d'un recueil de nouvelles, baptisé Coule la Seine. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture :)


Un petit mot un peu spécial avant de commencer... Leonard Nimoy est décédé hier. Cette nouvelle n'a rien à voir avec la littérature, mais le trekkie en moi est très triste depuis hier. RIP.

Les Dames en Noir:
Avant d'aller plus loin, petit rappel concernant le Challenge pour ceux qui le découvrent ou qui découvrent le blog. Il a été crée par Zina et relayé via Livraddict et se déroulera jusqu'à fin Décembre 2015. J'ai pour projet de présenter chaque mois une auteure différente, comme j'ai commencé en Décembre 2014, il y aura en tout treize chroniques (et donc treize auteures) pour ce Challenge. J'ai déjà choisi les livres de Mars et Avril: vous pourrez donc retrouver en Mars Anne Perry avec l'Inconnue de Blackheath, et en Avril J.K Rowling sous son pseudonyme de Robert Galbraith avec Le Ver à Soie! Je vous laisse ci-dessous les liens vers le topic du Challenge sur Livraddict et vers les précédentes chroniques du blog.



Fred Vargas, c'est qui?
Entrons à présent dans le vif du sujet et attaquons nous à notre auteure du jour, Fred Vargas! Née en 1957 à Paris d'un père écrivain et d'une mère ingénieure, Fred Vargas fait des études poussées d'Histoire, obtenant un doctorat et travaillant au CNRS. Elle se spécialise en archéozoologie, une forme d'archéologie orientée vers les animaux. C'est au milieu des années 80 qu'elle se fait connaitre dans le monde de l'écriture, alors qu'elle publie ses premiers romans. Le tout premier, baptisé Les jeux de l'amour et de la mort, lui fait même gagner un prix. Depuis, elle a publié de nombreux romans ainsi que des bandes-dessinées et des nouvelles, avec pour la plupart son héros l'enquêteur Adamsberg dont nous reparlerons plus loin. Elle a également collaboré pour plusieurs projets avec le dessinateur Baudoin, qui a notamment illustré le recueil dont nous allons parler aujourd'hui!

Coule la Seine, recueil de trois nouvelles:
Avec un peu plus d'une centaine de pages, Coule la Seine est un recueil de trois nouvelles écrites entre 1997 et 2000. Elles ont toutes trois pour personnage principal le commissaire Adamsberg, accompagné de Danglard, son jeune coéquipier. Elles s'intitulent "Salut et liberté", "La nuit des brutes" et "Cinq francs pièce". Le recueil est illustré par Baudoin. Penchons nous sur ces nouvelles!

Salut et liberté:
En face du commissariat où travaillent Adamsberg et Danglard, il y a un banc. Banc sur lequel s'est installé Vasco, un clochard qui y passe toutes ses journées, au grand dam de Danglard qui ne supporte pas du tout l'excentricité de ce personnage. C'est alors qu'Adamsberg se met à recevoir d'étranges lettres anonymes, dans lesquelles l'auteur prétend avoir tué un homme. Une étrange chasse postale s'installe alors entre le commissaire et ce prétendu assassin... 

La nuit des brutes:
Noël. Pour beaucoup, c'est une nuit synonyme de fête, de partage, de cadeaux, de bonne nourriture... Mais pour Adamsberg, la nuit de Noël, c'est surtout une nuit de galère, avec une hausse des crimes. Il voit déjà arriver le moment où il devra intervenir et enquêter. Et ce moment arrive effectivement,t bien vite!

Cinq francs pièces:
Dans la rue, il y a un homme qui se balade nuit et jour avec un caddie, caddie chargé à ras bord d'éponges, qu'il vend à qui veut lui en acheter. Un soir, cet homme assiste à une tentative de meurtre sur une femme qui s'avère être membre du ministère de l'intérieur. Adamsberg doit faire parler le vendeur d'éponges pour tenter de retrouver le meurtrier. 

Adamsberg, un personnage important:
Ces trois nouvelles ont pour personnage principal le commissaire Adamsberg, héros que l'on retrouve dans plusieurs livres de l'oeuvre de Fred Vargas. Portant le prénom de Jean-Baptiste, il apparait pour la première fois dans L'homme aux cercles bleus, paru en 1991. Il a pour principal collègue le jeune Adrien Danglard. Les deux hommes se distinguent par leurs méthodes: le premier est intuitif et fonctionne à l'instinct, tandis que le second est ordonné et méthodique. Adamsberg apparait dans de très nombreux romans de Fred Vargas, comme Les quatre fleuves, Sous les vents de Neptune ou encore L'armée furieuse. Il est le personnage fétiche de l'auteure. Dans les adaptations télévisées des romans de Fred Vargas, il est interprété par Jean-Hugues Anglade.

Ce que j'ai pensé du livre:
Lorsque j'ai commencé à préparer ce Challenge, je me suis pencher sur les grands noms du polar et du roman policier. Et lorsqu'on s'intéresse aux auteurs français, le nom de Fred Vargas apparait comme une référence incontournable. J'avais déjà entendu parler d'elle auparavant mais n'avait jamais lu un seul de ses livres. J'ai donc commencé par lire un roman, à savoir Debout les morts, que j'ai bien aimé, avant de me tourner vers Coule la Seine. Qu'ai-je donc pensé de ce recueil?

Et bien dans l'ensemble, j'ai beaucoup aimé ma lecture de Coule la Seine. Si vous me connaissez un peu, vous savez probablement que j'apprécie beaucoup les nouvelles: ce n'est pas un format qui me déplait, bien au contraire, je lis souvent des recueils, et j'ai lire des nouvelles en tout genre. J'étais donc contente de pouvoir trouver des nouvelles policières pour ce challenge. Avec ces trois nouvelles, on ne se sent pas sur sa faim, elles ne sont ni trop courtes ni trop longues, et ça c'est un point capital.

Passons aux intrigues. Globalement, je trouve que chacune des nouvelles propose une intrigue intéressante et bien ficelée, qui tient la route, avec du suspens et une résolution surprenante. Fred Vargas arrive à nous proposer de vraies enquêtes en moins de 40 pages, et ça c'est fort! J'ai particulièrement aimé la première nouvelle, "Salut et Liberté", ainsi que la dernière, "Cinq francs pièce" avec son marchand d'éponges. 

En ce qui concerne les personnages, je n'ai pas grand chose de négatif à dire. Adamsberg est un héros que j'apprécie beaucoup, il a un côté un peu nonchalant que j'aime bien. Ses méthodes sont assez particulières, et j'aime suivre son raisonnement. J'ai aussi beaucoup apprécié Danglard, qui est plus rigoureux dans ses méthodes. Je trouve qu'ils se complètent bien et que du coup ils forment un duo équilibré et sympathique. Je n'ai pas vu les adaptations réalisées pour la télévision, donc je ne sais pas ce que donnent les acteurs, mais je suis curieuse de voir ça!

J'ai aussi vu que "Cinq francs pièce" avait été adaptée en BD, dont les dessins ont été réalisés par Baudoin, sous le titre du Vendeur d'éponges. J'ai très envie aussi de voir ce que cette version BD propose par rapport au texte original.

Mon seul petit bémol, et ce qui explique la petite taille de ma chronique, c'est que j'aurais aimé que le recueil contienne plus que trois nouvelles. Même si chaque nouvelle en elle-même est intéressante et ne nous laisse pas sur notre faim, le recueil se lit quand même très vite (une petite heure en ce qui me concerne) et du coup j'aurais aimé en avoir plus :).

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette chronique vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire, et à me conseiller d'autres titres de Fred Vargas si vous en appréciez certains en particulier. Je vous retrouve d'ici quelques jours pour lancer le mois Shakespeare avec une première chronique qui sera consacrée au Marchand de Venise! En attendant prenez soin de vous :)

AnGee Ersatz*



mercredi 25 février 2015

Cycle Kirsten Dunst #4: Elizabethtown, de Cameron Crowe (2005).




Bonjour à tous et à toutes!

Bienvenue sur le Livroscope! J'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique! Pour cet avant-dernier article du mois, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle étape de notre cycle Kirsten Dunst. Le mois dernier, nous avions évoqué la trilogie Spider-Man dans laquelle elle interprétait Mary-Jane Watson, la dulcinée de l'homme araignée. Nous allons à présent nous pencher sur un film d'un tout autre genre, sortie en 2005, et où elle partage l'affiche avec le célèbre Orlando Bloom. Ce film, c'est Elizabethtown (ou Rencontres à Elizabethtown en VF), sorti en 2005 et réalisé par Cameron Crowe. En espérant que cet article vous plaise, je vous souhaite une très bonne lecture! :)

Le Cycle Kirsten Dunst:
Avant d'aller plus loin, je tiens à vous rappeler qu'il est possible de retrouver les différentes chroniques sur Kirsten Dunst en suivant le lien ci-dessous! Si vous voulez lire ou relire mes avis sur Spider-Man, The Virgin Suicides ou encore Entretien avec un vampire, ce lien est là pour ça :).



Cameron Crowe, c'est qui?
Commençons cette petite chronique par quelques mots sur le réalisateur d'Elizabethtown, le dénommé Cameron Crowe. Né le 13 Juillet 1957, en Californie, il grandit à San Diego. Il se passionne d'abord pour l'écriture et travaille avec les journaux de ses écoles. Très intelligent, il obtint son diplôme universitaire à seulement 15 ans, et commence par travailler pour le magazine Rolling Stone, spécialisé dans la musique. Il écrit également des livres, puis se lance dans le cinéma en tant que scénariste et réalisateur dans les années 80. Ses films les plus connus sont Jerry Maguire et Vanilla Sky (ce dernier est juste excellent, regardez-le) avec Tom Cruise, et Elizabethtown sorti en 2005. Son prochain film, Aloha, sortira d'ici quelques mois.

La carrière de Kirsten Dunst en 2005:
Nous avons quitté Kirsten Dunst avec la trilogie Spider-Man. Elizabethtown étant sorti en 2005, nous allons nous focaliser sur la période entre le premier Spider-Man, en 2002, et 2005. On peut le dire, Kirsten Dunst est une actrice qui ne chôme pas, et ce depuis le début de sa carrière. Elle n'a que 20 ans en 2002, et pourtant la liste de ses rôles est déjà longue comme le bras. Après le succès du premier film Spider-Man, qui la fit passer du statut d'enfant-star à actrice plus bankable et adulte, elle participa à de nombreux projets: elle apparait dans pas moins de six films en à peine trois ans. On peut la retrouver notamment dans Le Sourire de Mona Lisa, du célèbre réalisateur Mike Newell, aux côtés d'un casting prestigieux comprenant Julia Roberts, Maggie Gyllenhaal, et Ginnifer Goodwin (qui se fera davantage connaitre quelques années plus tard en tant que Snow dans Once Upon A Time), ou dans le film Eternal Sunshine of the Spotless Mind avec Jim Carrey et Kate Winslet, ainsi que dans le second volet de Spider-Man, sorti en 2004.

Elizabethtown:
Quelques informations sur le film:



Entrons à présent dans le vif du sujet et attaquons nous à notre film du jour, Elizabethtown! Sorti en 2005, ce film est le fruit du travail de Cameron Crowe, qui écrivit le scénario et le réalisa. Tom Cruise, avec lequel Cameron Crowe avait déjà travaillé plusieurs fois, participa à la production du film. Si le choix de Kirsten Dunst pour le rôle de Claire fut assez évident, celui de Drew, le héros, fut plus difficile à pourvoir: plusieurs acteurs comme James Franco, Chris Evans ou encore Ashton Kutcher furent pressentis pour le jouer, mais au final ce fut Orlando Bloom, alors au top de sa célébrité grâce au Seigneur des Anneaux et à Pirates des Caraïbes, qui fut choisi. Elizabethtown est une ville qui existe vraiment, au Kentucky, mais peu de scènes furent réellement tournées là-bas. La plus grande partie du tournage se déroula à Versailles et Louisville, toujours dans le Kentucky. Avec un budget de 45 millions de dollars, le film se rentabilisa avec un peu plus de 50 millions, mais les critiques sont plutôt mitigées. Pour le reste du casting, on retrouve Alec Baldwin, Susan Sarandon, Paul Schneider ou encore Jessica Biel.
Je vous laisse ci-dessous la bande-annonce du film!



Résumé:
Pour Drew, tout allait bien: il avait un travail bien payé et dans lequel il excellait, une petite amie, une belle vie... Et puis tout se casse la figure: sa petite amie le quitte, il rate de façon spectaculaire le lancement de sa nouvelle chaussure de sports et se retrouve au chômage. Un échec tel qu'il décide de mettre fin à ses jours. Mais alors qu'il s'apprête à passer à l'acte, il reçoit un coup de fil qui change tout: son père vient de mourir. Drew doit donc retourner à Elizabethtown, la ville où il a grandit et qu'il évite depuis des années. Sur le chemin, il rencontre Claire, une jeune hôtesse de l'air, avec laquelle il sympathise. Que lui réserve ce retour aux sources? Comment va évoluer sa relation avec Claire? Voudra-t'il toujours se suicider?

De l'échec total...
On peut le dire, le film commence mal. Très mal. Il s'ouvre sur la chute de Drew. Drew était un jeune homme on ne peut plus prometteur: il est jeune, plutôt beau gosse, intelligent, bourré d'idées, bref, à priori rien ne semble pouvoir l'atteindre. Mais comme la vie est faite d'imprévus, notre héros se retrouve à accumuler les catastrophes toutes plus dramatiques les unes que les autres.
Tout d'abord, il plante sa carrière. Drew est designer de chaussures de sports (un métier plutôt original pour un héros de comédie romantique), et il a passé des mois à travailler sur une nouvelle chaussure révolutionnaire, sur laquelle il a misé toute sa carrière. Avec cette chaussure, ça passe ou ça casse: soit ces chaussures sont un succès et font décoller sa carrière, soit elles sont un bide absolu et sa carrière explose en plein vol. Malheureusement, c'est la deuxième option qui se produit: Drew se retrouve à la rue, couvert de honte avec sa chaussure qui ne marche pas. Il est grillé de chez grillé.
Ensuite, il plante sa relation amoureuse. Au début du film, il sort avec Ellen, et ça marche plutôt bien. Enfin jusqu'à ce que son échec au boulot se répercute sur sa relation: Ellen le quitte, et il se retrouve tout seul devant sa loose.
Et la loose ne s'arrête pas là: alors qu'il pensait en finir et qu'il en avait déjà plus que marre, voilà que sa soeur l'appelle. Son père est mort d'une crise cardiaque. Cette mort remet tout en cause: il ne peut pas causer plus de peine à sa famille, et se doit de se rendre à l'enterrement. Un deuil auquel il n'était pas vraiment préparé...

...A la renaissance:
Mais ce voyage à Elizabethtown pourrait se révéler plus enrichissant qu'il n'y parait. Déjà, il rencontre Claire, une pétillante hôtesse de l'air resplendissante, un poil collante mais très attachante. Son caractère enjoué et sa sympathie titillent notre héros qui se retrouve à devenir de plus en plus proche d'elle, malgré le fait qu'il soit toujours en plein déni de la fin de sa relation avec Ellen. Sa rencontre avec Claire peut lui apporter beaucoup, sans qu'il s'en rende compte!
Retourner dans sa ville natale, retrouver sa famille qu'il n'a pas vue depuis longtemps, est un acte qu'il appréhende beaucoup. Elizabethtown est décrite comme une ville un peu plus rurale, opposée à la grande ville où Drew travaille. Il y a une vraie opposition entre le train de vie de notre héros et celui de sa famille, plus axée sur les liens familiaux, l'entraide, ce qui contraste avec la solitude de Drew au début du film, lâché par ses collègues et par sa petite amie à la première difficulté.
Ce retour aux sources est très bien représenté par l'idée du road trip, du voyage que le héros effectue dans le film. Chaque étape (l'avion, l'hôtel, sa famille) lui apporte quelque chose, lui ouvre une nouvelle porte. Une porte vers la quête de soi et vers la renaissance.

Ce que j'ai pensé du film:
Sur les blogs, j'ai déjà partagé avec vous des morceaux de ma nostalgie d'enfance, en vous présentant Pirates des Caraïbes et Spider-Man, deux des licences cinématographiques dont j'étais super fan étant enfant et adolescente. Alors autant vous dire qu'un film réunissant deux stars issues de ces deux licences, c'était un peu le rêve absolu! Néanmoins, quand le film est sorti en 2005, j'avais treize ans, et n'étais pas friande de comédies romantiques. Ce n'est donc que l'an passé que je me suis enfin décidée à regarder ce film dont j'avais beaucoup entendu parler et que j'avais vraiment envie de voir, un peu inquiète cependant en voyant les critiques plutôt mitigées du film. Alors, ça donne quoi? Et bien pour moi Elizabethtown est un film "doudou", que j'ai adoré, et qui fait du bien.

Commençons par l'intrigue. Dès le début, on est plongé dans l'intrigue, et l'action démarre vite. J'ai trouvé que le film était rythmé, il se passe beaucoup de choses, il n'y a pas de temps mort et je ne me suis pas ennuyée une seconde. J'étais même presque surprise en voyant arriver le générique de fin! Ne pas s'ennuyer, c'est déjà bon signe. En plus de ça, j'ai beaucoup aimé l'histoire. J'ai aimé suivre Drew et Claire à travers le film, apprendre à se connaitre personnellement et mutuellement. Le cheminement de Drew est bien raconté et intéressant. Il y a pas mal de retournements de situation, et j'ai trouvé l'histoire plutôt originale avec la chaussure de sports, Elizabethtown, l'enterrement...

Ensuite, j'ai vraiment adoré les personnages, principaux comme secondaires. Drew et Claire sont très attachants, il y a une alchimie visible entre Orlando Bloom et Kirsten Dunst, et j'ai adoré la relation qu'ils tissent à travers le film. Je me suis reconnue dans certaines situations! Les personnages secondaires sont bien aussi, les acteurs sont plutôt convaincants, et contribuent à l'intérêt du film.

J'ai également trouvé le ton du film assez sympathique, dans le sens où tout n'est pas rose. Il y a quand même un aspect assez triste, assez dramatique qui est donné dès le début. Alors certes, la façon de se suicider de Drew est plutôt originale et surprenante, mais ça n'enlève rien au drame qu'est le suicide. On oscille toujours entre humour, fraicheur et une certaine tristesse, qui se poursuit à travers le film avec le deuil et l'enterrement du père de Drew.

Plusieurs thématiques intéressantes sont abordées: la difficile concurrence du monde du travail, la superficialité, la famille, le voyage... Tous ces éléments enrichissent le film et y apportent beaucoup.

Alors après, bien sûr, Elizabethtown n'est pas sans défaut: on peut lui reprocher une fin un peu prévisible, assez classique dans les comédies romantiques, ou des situations un peu trop improbables qui nous sortent du film, mais d'un autre côté, ça reste un film agréable à regarder, et parmi toutes les comédies romantiques que j'ai vues dans ma vie, celle-ci est probablement l'une des meilleures. C'est vraiment un film avec lequel j'ai passé un bon moment, avec lequel je me suis sentie bien, et que je peux regarder sous la couette pour me détendre ou passer une bonne soirée sans problème. Et rien que pour ça, j'apprécie ce film.

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui, j'espère que cette chronique vous plait, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire! Le dernier article du mois sera consacré à Coule la Seine, un recueil de Fred Vargas que j'ai lu pour le Challenge Les Dames en Noir. En attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup!

AnGee Ersatz*



dimanche 22 février 2015

Challenge Chasse aux Vampires #11: Le Vampyre de New-York de Charlie Huston.




Bonjour à tous et à toutes!

Je vous souhaite la bienvenue sur le Livroscope! Aujourd'hui c'est Dimanche, et beaucoup sont également en vacances. Histoire de fêter les jours de détente qui se profilent, je vous propose de nous retrouver aujourd'hui pour une nouvelle chronique, chronique avec du sang, des canines et des prédateurs... Une chronique vampirique! En effet, nous allons nous pencher sur une onzième lecture pour le Challenge Chasse aux Vampires organisé par Leelys via le site Livraddict. Après ma déception avec les deux romans de Beth Fantaskey (Comment se débarrasser d'un vampire amoureux et sa suite Comment sauver un vampire amoureux), je me suis attaquée au Vampyre de New-York de Charlie Huston. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture! :)

Le Challenge Chasse aux Vampires:
Pour rappel, avant de plonger dans le vif du sujet et de nous attaquer au roman du jour, je tiens à préciser qu'il vous est possible d'accéder aux précédentes chroniques pour le Challenge en suivant le lien ci-dessous. J'en profite pour vous annoncer que j'arrive à la moitié des chroniques que j'ai prévues d'écrire pour le Challenge :)


Qui est Charlie Huston?
Commençons par le commencement, par l'homme derrière le roman: Charlie Huston! Charlie Huston est un auteur américain vivant en Californie, à Los Angeles.  Il est connu pour travailler à la fois sur des romans et sur des scénarios de comics: il a notamment travaillé sur Wolverine en 2011 et 2012. Il a publié son premier roman en 2004. Charlie Huston a écrit plusieurs sagas, comme la trilogie autour de personnages comme Henry Thompson, ou Joe Pitt, son vampire, dont nous allons parler aujourd'hui. En tout, il a déjà publié une dizaine de romans. 

Le Vampyre de New-York:
Résumé:
Aaaaah, New-York. Cette immense ville qui inspire les chanteurs comme Frank Sinatra ou Jay-Z, qui attire les touristes par milliers... Mais dans cette ville, dans ses bas-fonds, trainent des créatures surnaturelles comme Joe. Joe est un vampyre, transformé à l'ère du punk. Depuis, il vit la nuit, se nourrit de sang, et surtout nettoie les rues de New-York des zombies qui y trainent. Jusqu'au jour où il se retrouve à devoir enquêter sur la disparition d'une adolescente fan de vampyres... Est-elle toujours en vie? Que trouve-t'on dans les caves de la grande pomme? 

Joe, notre héros: 
Penchons-nous un peu sur notre héros, le dénommé Joe Pitt, héros que Charlie Huston utilisera dans plusieurs romans (qui forment la saga surnommée Joe Pit's Casebooks). Le Vampyre de New-York est le premier roman à le présenter. 

Contrairement à beaucoup de vampires actuels, que l'on a pu découvrir ces derniers années, Joe n'a rien du vampire torturé ou romantique. Dès les premières pages, Joe est présenté comme un vampire badass, un vampire prédateur, qui traque ses proies avec habileté. Joe est extrêmement bien organisé dans sa vie, pour ne pas se faire remarquer, déployant des trésors d'imagination pour cacher ses stocks de sang nécessaire à sa survie, ou pour justifier les sacrés coups de soleil qu'il se tape après avoir exposé quelques secondes sa peau au soleil. 
Joe est également un vampire sociable: il a des amis, et même ce qui ressemble à une petite amie. Il se démarque une fois de plus du stéréotype du vampire isolé vivant reclus ou alors uniquement avec les siens. En effet, Joe fréquente des humains, avec lesquels il est ami, et traine somme toute très peu avec d'autres vampires.
Enfin, Joe ressemble également beaucoup à un flic de polars sombres ou de pulp, genre auquel Charlie Huston s'apparente. 

Ce que j'ai pensé du livre:
Après vous avoir présenté une déception en début du mois avec les deux romans de Beth Fantaskey, j'espérais arriver à vous trouver une autre lecture un peu plus réjouissante. En tombant sur le Vampyre de New-York dans ma bibliothèque, je me suis jetée dessus: le résumé donnait envie, avec un univers plus sombre, un peu plus "crade", ce qui me changeait des romans bit-lit et des romances que j'ai pu lire jusqu'à présent (et qui m'ennuient très souvent). Malheureusement, après ma lecture, je dois avouer être assez mitigée par le Vampyre de New-York... Voici pourquoi.

Commençons par l'histoire. Histoire d'être un peu positive, j'ai trouvé que le roman s'ouvrait sur un début prometteur, avec de l'action un peu badass, ça donnait envie de se plonger dans les pages suivantes. En plus de ça, il se passe pas mal d'événements, on ne s'ennuie pas trop, et du coup ça va assez vite. J'en profite pour dire que j'ai trouvé le style de l'auteur assez fluide et agréable, même si il n'est pas spectaculaire non plus: ça permet d'enchaîner les pages sans trop de problèmes, et vu que le livre fait trois-cent pages tout pile, on arrive vite au bout. 
Par contre, là où l'intrigue me déçoit, c'est dans le fait qu'elle est, selon moi, trop brouillonne. On commence avec une quête, puis on enchaîne sur un autre truc, ensuite on a des flashbacks interminables, puis d'autres sous-intrigues viennent nous emmêler les pinceaux... Bref, il y a des moments, je ne savais plus du tout où j'en étais. J'avais le sentiment que l'auteur voulait aborder beaucoup d'éléments, trop, et que du coup on balançait ça un peu n'importe comment...

Maintenant, passons aux personnages. Là aussi, commençons avec du positif: j'ai plutôt bien aimé le héros, Joe. Sans parler tout de suite du côté vampire du personnage, j'ai apprécié son caractère, son attitude, j'ai aimé le suivre dans New-York, interagir avec les différents personnages, et j'ai trouvé son passé intéressant. J'ai apprécié certains autres personnages, comme Billy. Mais ça s'arrête là. Pour le reste des personnages, ça manquait cruellement d'originalité: ils étaient tous très stéréotypes selon moi, entre la mère alcoolo et nymphomane, le père plus que bizarre, l'homme de main, le petit voyou toxico... C'est dommage, avec un héros aussi prometteur, que le reste ne suive pas.

Penchons-nous à présent sur la figure du vampire et des créatures paranormales dans ce roman. Là aussi, il y a du bon, et du moins bon. Dans le bon, et même le pas mal du tout, nous avons le héros: Joe est un vampire qui détonne un peu par rapport aux autres vampires qu'on a l'habitude de voir depuis quelques années. Joe n'est pas du tout un Edward Cullen ou même un Stefan Salvatore, il n'a rien du vampire torturé amoureux d'une humaine en quête de son âme ou d'une rédemption quelconque. Non, Joe est badass, il tient plus du flic de polar sombre que du héros de bit-lit. Ensuite, son histoire, son passé, montrent une image différente du vampire, qui se retrouve avec un côté plus underground que j'ai trouvé intéressant. L'auteur fait aussi pas mal de références plutôt bien réalisées à Dracula, montrant à la fois le décalage entre deux versions du vampire, mais aussi la persistance de certains aspects. On passe du vampire surnaturel au vampire "scientifique", avec ce qui est appelé "le Vyrus".



Par contre, je vais faire une fois de plus le même reproche que plus haut: mis à part le héros, c'est très brouillon. On doit attendre presque un tiers du livre pour découvrir ce que sont les différentes organisations mentionnées, et encore, les explications ne sont pas très claires, et beaucoup de points restent très flous. 

En bref, malgré un début prometteur et un personnage principal plutôt intéressant, ce roman me laisse un goût d'inachevé. J'en attendais un peu plus, et je suis plutôt déçue. Ce n'est évidemment pas non plus le pire livre que j'ai lu dans ma vie, mais c'est loin d'être un coup de coeur...

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette chronique vous a plu malgré ma déception. N'hésitez pas à me laisser une petite trace de votre passage en commentaire, je me fais un plaisir de répondre! On se retrouve d'ici quelques jours pour une nouvelle chronique, en attendant prenez soin de vous! :)

AnGee Ersatz*



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