mardi 2 septembre 2014

Rentrée Littéraire: Pétronille, d'Amélie Nothomb.





Bonjour à tous et à toutes!

Bienvenue sur le Livroscope! Je suis ravie de vous retrouver aujourd'hui pour une toute nouvelle chronique! Et nous y voilà, les vacances sont finies (pour beaucoup en tout cas), et vous êtes nombreux à avoir repris le chemin de l'école. Mais rassurez vous, je suis là pour vous soutenir: en ce mois de Septembre, je vous propose un programme varié, que ce soit sur le blog ou sur le chaîne, et j'espère qu'il vous plaira! Et pour commencer en beauté, j'ai décidé de rester dans la thématique de la rentrée, en vous parlant de la rentrée littéraire: si vous suivez un peu l'actualité littéraire, vous savez que la période Août-Septembre est chargée en sorties. Il est difficile de parler de tout, aussi ai-je choisi de me plonger dans un roman que j'attendaiss avec impatience de lire: Pétronille d'Amélie Nothomb! Je vous souhaite une très bonne lecture de cet article :)

Qui est Amélie Nothomb?
Vous le savez si vous connaissez un peu le blog, je commence la plupart de mes articles par une présentation de l'auteur du jour! Et pour aujourd'hui, nous allons nous pencher sur un nom bien connu de la littérature francophone, Amélie Nothomb, qui publie chaque année avec une régularité exemplaire son nouveau roman. Etant donné que j'avais déjà consacré un article à Amélie Nothomb il y a plus d'un an lorsque j'avais parlé de Ni d'Eve Ni d'Adam, je vous propose, plutôt que de me répéter ici, de suivre le lien ci-dessous qui vous permettra d'en découvrir davantage sur elle :)





Pétronille:
Résumé:
Amélie Nothomb, narratrice, aime le champagne. Elle a sa façon de le boire, de le déguster, et est plutôt exigeante en ce qui concerne cette boisson alcoolisée. Son but: trouver LA personne parfaite avec laquelle boire du champagne. Une quête plus difficile qu'il n'y paraît... Jusqu'au jour où elle rencontre Pétronille, une jeune femme assez particulière, spécialisée en théâtre élisabéthain, qui s'avère être la compagne parfaite pour boire du champagne! A travers les flutes et les pages, c'est un peu de Pétronille, un peu plus de sa relation avec la narratrice, que l'on découvre...

Un livre sur le champagne:
Lorsque l'on commence Pétronille, les premières pages nous introduisent à l'un des sujets phares du roman: le champagne! J'ai pu voir que de nombreux articles et critiques s'étaient attardés sur cet aspect, et c'est vrai qu'il est véritablement incontournable lorsqu'on se plonge dans Pétronille!



Incontournable, car le champagne s'avère être comme un fil rouge dans la narration: le livre s'ouvre sur une description des habitudes de la narratrice concernant le champagne, sa façon de le boire, une sorte d'analyse de ses préférences, et elle se penche également sur ce qu'elle n'aime pas et sur les comportements des autres buveurs. Sa quête initiale est de trouver avec qui partager des moments de dégustations, d'ivresse légère, personne qu'elle trouve en Pétronille. Le roman se focalise donc principalement sur les flutes que les deux personnages partagent, les bouteilles qu'elles ouvrent, et c'est à travers ces instants que d'autres thématiques et horizons apparaissent.

Alcool et littérature ne sont pas un mélange récent: nombreux sont les auteurs à avoir une relation avec l'alcool, qu'elle soit personnelle (certains d'auteurs, comme Edgar Allan Poe, sont connus pour avoir été alcooliques, par exemple) ou comme utilisation dans leurs livres. On peut mentionner par exemple Apollinaire qui a choisi pour l'un de ses recueils le titre Alcools, ou Emile Zola qui fera de certains de ses personnages, comme Gervaise dans l'Assommoir, des personnages alcooliques. Plus récemment, des auteurs comme Frédéric Beigbeder renforcent cette utilisation de la dépendance, accompagnée parfois de drogue et de sexe. La plupart du temps, comme vous l'aurez compris, l'alcool apparait sous un jour plutôt néfaste, synonyme d'excès et entraînant dépendance, malaise et autres éléments négatifs.

Néanmoins, Amélie Nothomb choisit ici de partir sur un ton plus léger, plus positif: le champagne est ici vu sous l'angle du goût, de la saveur et de la dégustation, entraînant une ivresse légère. Le champagne est dans Pétronille synonyme de partage, d'échange et de bons moments, plutôt que d'alcoolisme aggravé. Alors évidemment, ça ne veut pas dire que l'alcool n'est pas dangereux, ne l'oublions pas, mais c'est dans un univers plus festif qu'Amélie Nothomb nous entraîne!


De la correspondance à la rencontre physique:
Pour conclure ma petite présentation de Pétronille, je tenais à parler d'un autre point qui est, selon moi, assez intéressant dans le roman (même si on passe assez vite sur cet aspect): la correspondance. En effet, comme on l'apprend au début du livre, Pétronille est à la base une lectrice correspondante d'Amélie Nothomb. Il faut le savoir, Amélie Nothomb est réputée pour répondre au courrier qu'elle reçoit de la part de ses lecteurs (ce que je peux confirmer: elle avait répondu à ma lettre et je pense prochainement lui en envoyer une seconde). 

Et ce qui est intéressant, c'est un petit passage sur le fait de passer du papier à la rencontre physique. Une appréhension tout à fait naturelle, parce que la personne peut être totalement différente de celle qu'on imaginait ou qui transparaissait sur le papier. Le résultat peut être surprenant, dans le bon comme dans le mauvais sens! J'ai été interpellée par ce moment où elle rencontre Pétronille, car j'ai vécu ce moment aussi, de deux façons différentes: tout d'abord, en dédicaces, en rencontrant des auteurs que je connaissais uniquement par leur plume, ou en ayant déjà vu leur tête en photo ou à la télévision. Si je n'ai jamais été déçue pour l'instant, c'est tout de même une expérience super bizarre à vivre en ce qui me concerne! Ensuite, j'ai aussi eu l'opportunité de rencontrer ma correspondante: Clélia de BrodyBooks! Là aussi, c'était génial et j'ai hâte de la revoir! Tout ça pour vous dire que je me suis un peu reconnue dans ce roman :)



Mon avis sur ce livre:
Si je me penche un peu sur l'histoire de ma vie littéraire, qui a encore du chemin à parcourir, je réalise que c'est à l'adolescence que j'ai fait la plupart des grandes découvertes littéraires qui ont forgé mes attentes et mes goûts (même si évidemment ils sont amenés à évoluer avec les années). J'ai découvert les classiques, la littérature victorienne, la science-fiction, ou encore Amélie Nothomb. Après avoir lu l'un de ses romans, j'ai dévoré le reste, et depuis j'attends chaque année sa nouvelle sortie. Certains de ses livres me plaisent moins que d'autres, mais c'est un petit rituel de rentrée que j'aime faire. L'an passé, j'avais adoré la Nostalgie Heureuse et j'avais hâte de me plonger dans Pétronille! Verdict: et bien j'ai beaucoup aimé le cru Nothomb 2014.

Commençons par ce qui me plait le plus: la narration! En général, j'aime chez Amélie Nothomb les livres où elle s'utilise comme narratrice. Au-delà du petit côté autobiographique que ça donne au livre (même si nous restons dans un roman, donc dans de la fiction: néanmoins on peut noter que l'oeuvre d'Amélie Nothomb contient des éléments autobiographiques, comme dans ses romans sur le Japon), c'est surtout parce que je trouve Amélie Nothomb-narratrice hilarante et originale. On reconnait à chaque fois sa plume particulière et sa personnalité unique! J'étais donc contente de la retrouver ici.

Ce qui m'amène au deuxième élément que j'ai aimé dans le livre: le style d'Amélie Nothomb, encore une fois reconnaissable entre tous. Avec Pétronille, elle nous offre un livre plein de fraîcheur, d'humour, on rit, et c'est un livre qui nous met dans un état aussi léger que le champagne dont l'auteure nous parle tant. C'est un livre qui m'a fait du bien et que j'ai apprécié lire!

Quant à l'histoire, je l'ai aussi beaucoup appréciée. J'ai aimé les enchaînements de situation, et encore une fois Amélie Nothomb nous propose des moments cocasses et savoureux, comme l'épisode se déroulant en Angleterre et qui est vraiment hilarant. Il se passe beaucoup de choses et je n'ai pas réussi à lâcher le livre avant de l'avoir fini: je l'ai dévoré d'une traite! 

Je voulais parler des personnages, mais je vais surtout me focaliser sur Pétronille, qui donne son nom au roman. Le nombre de personnages est assez réduit et j'ai déjà mentionné plus haut ce que je pensais que la narratrice. Pétronille est un personnage haut en couleur, très intéressant, et que j'ai eu plaisir à découvrir: son attitude me plait beaucoup, elle est à la fois fascinante et très mystérieuse. Elle contribue vraiment à l'intérêt du livre.

Mon seul petit bémol, qui n'est pas un énorme reproche, c'est que le livre se termine de façon un peu trop "raide", un peu trop rapidement à mon goût. C'est un truc assez récurrent chez Amélie Nothomb et qui ici n'est pas excessivement gênant, mais je tenais à le mentionner quand même!

En bref, j'ai passé un bon moment avec Pétronille et j'ai déjà hâte de découvrir le prochain roman d'Amélie Nothomb! Si vous cherchez une lecture rafraichissante en ce début de rentrée, et que vous appréciez Amélie Nothomb, n'hésitez pas à y jeter un oeil!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que ce premier article de Septembre vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire,  je me fais un plaisir d'y répondre. Le prochain article arrive rapidement et sera consacré à un manga que j'ai lu récemment. En attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup :)

AnGee Ersatz*




samedi 30 août 2014

Le Prédicateur de Camilla Läckberg.




Bonjour à tous et à toutes, les Livroscopiens!

C'est Samedi, le week-end est enfin là, mais le Livroscope ne chôme pas! Je suis ravie de vous retrouver aujourd'hui pour une toute nouvelle chronique, placée sous le signe du voyage et de la mort. Du voyage, parce que nous allons partir en direction de la Suède, destination parfaite pour cette fin de vacances, et de la mort, parce que ce n'est pas sous la plume de n'importe qui que nous voyageons, mais sous celle de Camilla Läckberg! Après La Princesse des glaces en Juin dernier, j'ai décidé de poursuivre ma relecture de ces livres, et je me suis donc récemment plongée dans le deuxième livre de sa série Erica Falck et Patrick Hedström, Le Prédicateur, sorti en Suède sous le titre de Predikanten. Je vous souhaite une bonne lecture de cet article :)

Qui est donc Camilla Läckberg?
Pour commencer cet article, je vous propose de nous pencher d'un peu plus près sur notre auteure du jour, la suédoise Camilla Läckberg! Etant donné que j'ai déjà parlé d'elle lors de mon article sur les Quais du Polar et de celui sur la Princesse des Glaces, je vais éviter de me répéter ici et je vous laisse suivre le lien ci-dessous qui vous permettra d'en découvrir davantage sur cette romancière que j'affectionne tout particulièrement!


Au passage, en ce 30 Août, elle fête son anniversaire :D :D 

Le Prédicateur:
Résumé:



C'est l'été à Fjällbacka. Le policier Patrick Hedström est en congés, et reste à la maison avec sa compagne Erica, enceinte jusqu'aux yeux. Mais ses vacances s'achèvent d'un coup lorsqu'un cadavre et les restes de deux corps plus anciens sont retrouvés un beau matin. Les trois victimes sont des femmes, et si le cadavre correspond à un meurtre récent, les ossements sont ceux de jeunes filles disparues vingt ans plus tôt. L'enquête mène très vite les enquêteurs sur les traces de la famille Hult, une famille déchirée au moment des disparitions lorsque l'un des membres de cette famille avait été accusé d'être lié aux événements... Les différentes affaires sont-elles liées? Quels secrets cachent la famille Hult? Qu'est-il arrivé aux victimes?


Des meurtres similaires mais à des décennies d'intervalle...
Avec son premier roman, La Princesse des Glaces, Camilla Läckberg avait mis la barre très haut en matière de crime inoubliable et singulier: la victime s'était retrouvée congelée post-mortem dans sa baignoire, offrant donc une scène de crime unique en son genre. Pour Le Prédicateur, elle décide de marquer une nouvelle fois les esprits avec non pas un, non pas deux, mais bien trois victimes dès les premières pages!

C'est au petit matin qu'un garçon découvre les trois victimes. Une découverte macabre assez spectaculaire, lorsque l'on sait que Fjällbacka est un petit village paisible, où les meurtres sont plutôt rares. Autant dire que toutes les forces de police sont mobilisées sur le champ! Mais l'histoire ne s'arrête pas là et s'avère encore plus surprenante que prévue: deux des cadavres datent d'environ vingt ans, et correspondent à deux jeunes femmes d'une vingtaine d'années disparues mystérieusement dans la région, et qui n'avaient apparemment aucun lien. La première était une jeune femme qui avait eu un enfant assez tôt, qui vivait avec sa mère avec laquelle elle avait une relation plutôt compliquée. La seconde était semble t'il un modèle, au père aimant et à la mère malade. La police n'avait jamais su ce qui était arrivé à ces jeunes filles. Et c'est seulement vingt ans plus tard qu'un début de réponse se profile, avec cette découverte.

Très vite, les légistes et policiers s'aperçoivent que les meurtres sont liés, en raison de méthodes employées similaires. Le problème: le suspect dans le cas des premières disparitions est mort il y a vingt ans...

Une famille déchirée:
Et ce suspect, c'était Johannes Hult. Les policiers vont donc devoir retracer les événements et vont croiser plusieurs fois le chemin de la famille Hult, famille déchirée depuis vingt ans. Camilla Läckberg utilise souvent la famille comme éléments importants de ses récits (c'était déjà un peu le cas dans La Princesse des Glaces, puisque nous avions comme récit secondaire la relation entre Erica et sa soeur Anna suite au décès de leurs parents), et ici elle nous en offre un nouvel exemple avec une famille torturée et aux multiples secrets.

La famille Hult est assez connue dans les environs, grâce à l'héritage de Ephraïm Hult, prédicateur qui avait une importante réputation de son vivant. Décédé depuis, il a eu deux fils: Johannes et Gabriel. C'est Gabriel qui avait accusé son propre frère d'être mêlé aux premières histoires de disparitions, entraînant Johannes Hult à se suicider, laissant sa veuve et leurs deux enfants vivre dans des conditions précaires. La famille Hult, au moment où le nouveau meurtre est commis, se compose de Gabriel, sa femme, leur fils ainé Jacob (ainsi que sa femme et ses enfants) qui a repris le rôle de prédicateur, leur fille Linda, la veuve de Johannes et ses deux fils, Robert et Johan. 

Avec l'intervention des policiers qui doivent enquêter sur les faits, des blessures anciennes, jamais tout à fait guéries, vont se rouvrir et des secrets explosifs vont apparaître au grand jour...


Des vacances qui ne se passent pas comme prévues dans le monde merveilleux de la grossesse:
Finissons sur une note un peu plus légère en nous penchant sur les deux héros de la saga, Patrick Hedström et Erica Falck! Le couple, qui s'était formé dans le premier tome de la saga, franchit une nouvelle étape dans leur relation, puisqu'Eric est enceinte! Cette petite note plus positive n'est pas dénuée d'un certain sens de l'humour qui apporte un peu de fraicheur au roman.

Car, en effet, la grossesse d'Erica ne ressemble en rien aux grossesses idylliques des séries télévisées/films/romans où tout se passe bien, et où la maman semble flotter sur un nuage de bonheur. Non, Erica, elle, elle en bave: elle a mal, elle ne dort plus, se sent gonflée, est de mauvaise humeur, bref, c'est pas l'ambiance! Ce qui donne lieu à des situations cocasses à plusieurs reprises: personnellement, ça m'a fait penser à ce que ma mère me raconte lorsqu'elle parle de ses grossesses.

La situation n'est donc déjà pas simple, surtout avec Patrick qui est obligé de reprendre le travail en catastrophe. Mais ça s'aggrave encore davantage quand tout le monde décide de venir s'installer chez eux pour les vacances: le beau temps attire les connaissances pas vues pendant des mois qui soudainement se rappellent votre existence lorsque le soleil est de retour... Ambiance explosive au rendez-vous!

Mon avis sur ce livre:
Par le passé, j'ai déjà parlé plusieurs fois de Camilla Läckberg sur le blog, et je n'ai jamais caché mon fangirlisme pour cette auteure. Je l'ai découverte il y a plusieurs années et je suis vraiment devenue fan de son travail: depuis, je me jette sur chacun de ses nouveaux romans et je me tiens le plus possible au courant de son actualité. Néanmoins, je pense que dire que j'adore Camilla Läckberg n'est pas un argument suffisant pour vous donner envie de vous intéresser à son travail ou pour exprimer correctement ce que j'apprécie dans ses romans. Je vais donc tenter de vous expliquer un peu plus en détails pourquoi Le Prédicateur est un petit coup de coeur pour moi!

Commençons par le côté "enquête", qui est l'un des critères les plus importants de ce genre de romans. Dès les premières pages, Camilla Läckberg parvient à installer une ambiance macabre assez particulière, ainsi qu'un suspens efficace qui nous tient en haleine. Le Prédicateur contient de nombreux rebondissements, des pistes foireuses, des avancées et des zones d'ombre dont le but est de garder le lecteur accroché: en ce qui me concerne, ça marche à chaque fois, et j'ai souvent du mal à poser le livre! Ici, c'est un cas qui fait partie du genre d'enquêtes qui m'intriguent toujours, avec plusieurs cadavres, et des mystères qui se poursuivent sur des années. Le dénouement est bien fichu avec un retournement final intéressant.



Toujours dans le côté enquête, j'apprécie le fait que les romans de Camilla Läckberg se déroule dans un milieu un peu "clos": alors certes, on est pas dans un huis-clos à proprement parler, mais Fjällbacka reste une petite communauté, où tout le monde connait tout le monde, et où les commérages et ressentis sont très importants. C'est un côté qui contribue à me faire aimer des livres comme celui-ci, ou des séries comme Broadchurch: il est difficile d'effectuer une enquête sans faire éclater des choses au grand jour, et parfois les origines des drames sont ancrées très loin.

En ce qui concerne les personnages, j'ai été ravie de les retrouver, car je les apprécie beaucoup, que ce soit le couple phare ou les personnages secondaires. J'aime beaucoup la relation entre Erica et Patrick, ou celle entre Patrick et son jeune collègue Martin. Mais ce qui me plait le plus, c'est que j'ai tout de même l'impression que ça reste des personnages humains, dans le sens où ils ont des défauts, ne sont pas infaillibles et ont des réactions humaines: ça se voit en particulier chez Erica, qui déjà dans le tome précédent avait droit à une scène cocasse pour séduire Patrick. Chaque personnage a ses motivations, ses bons et ses mauvais côtés, et ne sont pas blancs ou noirs. 

Enfin, pour finir, je tenais à mentionner un aspect que j'avais déjà évoqué dans mon avis sur le précédent livre de la saga: dans ses romans, Camilla Läckberg ne raconte pas simplement une enquête, elle va plus loin et propose d'explorer d'autres thématiques. Et c'est ce qui rend le livre encore un peu plus riche selon moi: ici, la famille est une nouvelle fois un thème important, que ce soit avec les Hult, la relation entre Erica et sa soeur, ou le fait d'accueillir un nouveau membre dans sa famille. On peut également mentionner d'autres sujets, comme le passé nostalgique ou qui hante, la rivalité fraternelle ou professionnelle, la question des limites.... Le Prédicateur n'est pas qu'une enquête, c'est un peu plus que ça.

En bref, c'est un roman que j'ai adoré relire et qui me donne envie de poursuivre ma re-découverte de la saga phare de Camilla Läckberg. Je vous présenterai le prochain tome d'ici quelques mois, en attendant on se retrouve dès demain pour le dernier article d'Août. D'ici là, n'hésitez pas à me laisser vos avis en commentaire, prenez soin de vous :)

AnGee Ersatz*



mercredi 27 août 2014

Stanley Kubrick #5: A Clockwork Orange, ou le film préféré d'AnGee (1971)!



Bonjour bonjour, amis lecteurs!

J'espère que vous passez une bonne semaine et que vous allez bien! C'est avec joie que je vous retrouve pour un tout nouvel article, et aujourd'hui je vous propose de continuer sur la lancée d'hier et de découvrir une fois de plus l'un des films de Stanley Kubrick: Mardi, je vous présentais sur le blog son célèbre film 2001: A Space Odyssey, une oeuvre culte de la science-fiction sortie en 1968. Pour notre film du jour, nous allons avancer de quelques années, direction le début des années 70, pour nous pencher sur un autre film lui aussi devenu culte: A Clockwork Orange, connu en français sous le titre d'Orange Mécanique et adapté du roman éponyme d'Anthony Burgess! Bonne lecture à tous, en espérant que cet article vous plaise :)

Stanley Kubrick sur le Livroscope:
Si vous connaissez bien le blog, vous n'êtes pas sans savoir que j'aime commencer mes articles par une présentation de l'auteur/réalisateur/dessinateur dont je parle. Mais avec Stanley Kubrick, nous sommes face à un personnage récurrent du blog: j'ai déjà parlé de son travail à plusieurs reprises, donc plutôt que de me répéter, je vous laisse ci-dessous le lien qui vous mènera vers les précédents articles qui lui sont consacrés: vous trouverez du Shining, du Lolita, ou encore du Spartacus!



A Clockwork Orange:



Quelques informations sur le film:
Entrons à présent dans le vif du sujet et commençons par quelques informations sur A Clockwork Orange. Sorti en 1971, A Clockwork Orange est l'adaptation du roman éponyme d'Anthony Burgess, auteur britannique prolifique qui a écrit de nombreux livres, dont celui-ci, paru en 1962. C'est grâce à un ami scénariste que Stanley Kubrick découvre l'univers du roman, et il se décide à le porter à l'écran, mettant de côté son grand projet resté inachevé de faire un biopic sur Napoléon.

Le tournage se déroula en 1970, dans les environs de Londres (le réalisateur avait élu domicile en Angleterre depuis plusieurs années), et la question des costumes et décors fut au coeur des préoccupations de Kubrick, puisque l'histoire de A Clockwork Orange se déroule dans un univers futuriste. Le film est apparemment très fidèle au roman original, à l'exception de la fin, mais j'en parlerai un peu plus loin.
D'une durée d'un peu plus de deux heures, A Clockwork Orange bénéficia d'un budget de 2,2 millions de dollars et fut un succès commercial, rapportant plus de 25 millions de dollars, malgré les interdictions d'âge dans certains pays. Je parlerai plus loin des critiques et controverses autour du film.
A Clockwork Orange fut nominé lors de plusieurs cérémonies de remise de prix, comme les BAFTA ou Golden Globes, et remporta plusieurs prix aux Hugo Awards en 1972.
En ce qui concerne le casting, on se rappelle surtout de Malcolm McDowell qui interprète Alex, le personnage principal. On retrouve également Patrick Magee, Michael Bates, Warren Clarke, ou encore Paul Farrell.
Je vous laisse ici la bande-annonce du film!



Résumé:
Nous voilà en Angleterre, le futur. Alex DeLarge est un jeune homme plutôt séduisant mais aux passe-temps assez particuliers: en effet, il est adepte de l'ultraviolence, qui consiste principalement à passer ses soirées à commettre toute sortes d'actes violents. Il est également très porté sur le sexe, et est fan de Beethoven, qu'il écoute avec ferveur. Avec ses trois droogs, Pete, Dim et Georgie, il passe ses soirées à vadrouiller ainsi. Jusqu'au jour où, dans l'escalade de la violence, il se fait arrêter et mettre en prison. Après quelques années derrière les barreaux, il se propose alors pour participer à une étrange expérience, la technique Ludovico, supposée effacer toute trace de violence chez les individus... La vie change du tout au tout pour Alex...


Alex, un personnage principal bien particulier:
Dans A Clockwork Orange, le spectateur découvre un groupe de quatre jeunes au look plutôt original, le groupe formé d'Alex, de Dim, Pete et Georgie. Néanmoins, nous en suivons un en particulier: Alex. Dès les premières secondes du film, grâce à la voix off, nous comprenons qu'il sera le narrateur,  notre guide pour le film, la personne autour de laquelle tout se concentre. Et je tenais à me pencher un peu sur lui. 
Alex DeLarge, donc, est un jeune homme au physique d'ange, avec ses cheveux blonds et son sourire bon enfant. Mais on ne peut pas vraiment dire qu'il se comporte comme tel: à travers le film, on le voit obsédé par le sexe, la violence, et il fait de ses fantasmes une réalité. Alex est borderline et ne semble pas avoir de limite. Au point qu'il n'hésite pas à attaquer ses propres amis! Alex a un caractère de chef, et n'aime pas qu'on lui dicte quoi faire. Il a aussi une passion pour Beethoven qui, en plus de nous offrir une chouette bande originale, montre une autre facette de sa personnalité.
Un autre point qui caractérise Alex, c'est son charisme: il semble capable de mettre absolument TOUT LE MONDE dans sa poche, que ce soit ses parents qui n'osent rien lui reprocher, ou les gens qu'il rencontre, qui ont l'air de toujours tomber sous son charme. Il a la capacité d'avoir l'air parfaitement innocent, et crédible en plus!
Pour conclure, parlons un peu de son style vestimentaire, devenu inoubliable et emblématique de A Clockwork Orange: coiffé d'un chapeau melon, il est entièrement vêtu de blanc, de la chemise au pantalon. Il est également affublé de bretelles, d'une coque, de rangers et, petits détails à noter: les yeux sur ses poignets, et les faux cils sur l'un de ses yeux! 

Ultraviolence et langage bien spécifique: welcome to A Clockwork Orange!
Stanley Kubrick, à travers les films que je vous ai déjà présentés ici, est un réalisateur qui n'hésite pas à s'attaquer à des sujets (et en particulier à des livres: nombreux sont ses films qui sont des adaptations de romans ou nouvelles, comme Lolita, Barry Lyndon, Shining...) par forcément simples à traiter: la pédophilie, la folie, le nucléaire... Et avec A Clockwork orange, il s'attaque à un sujet bien particulier: celui de la violence à l'extrême. Je l'ai mentionné plus tôt, la violence est au coeur de l'histoire. La violence, ou plutôt l'ultraviolence comme l'appelle Alex lui-même. Bienvenue, donc, dans un monde où la violence est au rendez-vous, le monde d'Alex.



Que retrouve-t'on dans ce monde particulier? Tout d'abord, des gangs, comme celui d'Alex et ses amis. Chaque gang semble avoir son look, ses habitudes, ses armes de prédilection: si on peut mentionner la canne, le look de gentleman blanc et le chapeau melon pour Alex et ses droogs, on découvre aussi un autre gang au look très différent. Ensuite, et on le comprend dès le début, dès les premières phrases du film, que le monde d'Alex a aussi son propre langage, le Nadsat.
Le Nadsat est un langage fortement inspiré du russe, et crée par Anthony Burgess pour son roman. Des termes assez spéciaux sont utilisés, comme droogs, devochka, ou gulliver. Mais la compréhension de cette langue est aisée et on s'y fait!
Enfin, je me devais de mentionner également la fameuse technique Ludovico, qui a contribué à rendre le film encore plus culte, et qui consiste en une sorte de lavage de cerveau pour faire disparaitre toute trace de violence chez un individu. Les scènes où Alex subit ce traitement sont parmi les plus connues du film. 

Quelques infos sur le tournage et réception du film:
Comme vous l'aurez compris avec le petit paragraphe ci-dessus, A Clockwork Orange est un film assez violent, et qui est donc déconseillé à certains publics. Lors de sa sortie, le film en choqua plus d'un! Ici, je vais aborder quelques-unes des anecdotes concernant le tournage (que l'on peut apprendre dans les bonus du DVD) et aussi certaines des réactions qui ont suivi la sortie du film.


En ce qui concerne le tournage, il parait que Stanley Kubrick s'est fortement appuyé sur son matériau de base, à savoir le roman d'Anthony Burgess. Les journées de tournage s'écoulaient à essayer de reproduire le plus fidèlement possible les événements dépeints par l'auteur dans son livre. Pour l'instant, je ne peux pas encore vous confirmer que le film est une adaptation fidèle, étant donné que je n'ai pas encore lu le roman (c'est prévu, et préparez-vous à voir un Instant Thé sur la chaîne Youtube dessus prochainement!). Je sais néanmoins que l'auteur lui-même a émis une petite réserve concernant le film: en effet, selon lui, la fin n'est pas celle qu'il avait écrit pour son roman, et du coup il était un peu déçu. Cependant, cette histoire de fins différentes vient, comme je l'ai appris dans un livre consacré à Kubrick et à son oeuvre, non pas du réalisateur mais des éditions américaines des livres, qui ne comprenaient pas le dernier chapitre du roman. 

Autre petite anecdote au sujet du film que j'avais envie de partager avec vous (et que j'ai découvert dans les bonus DVD, en souffrant bien d'ailleurs), c'est que la scène du traitement Ludovico a été particulièrement difficile à tourner, comme on peut s'en douter en la voyant. Malcolm McDowell, l'interprète d'Alex, se serait blessé au cours du tournage, en s'arrachant un bout de cornée (c'est là que ça fait mal), et le médecin qui était juste à côté de lui pour lui mettre des gouttes dans les yeux était un véritable médecin que Kubrick décida d'ajouter au dernier moment!
En raison de la violence du film, les avis à sa sortie furent mitigés: si certains critiques encensèrent le film, d'autres le critiquèrent justement pour son aspect violent et décomplexé. Beaucoup de pays, dont la France, décidèrent de l'interdire à un public trop jeune lors de sa sortie. 

Mon avis sur ce film:
Si vous venez sur le blog souvent, vous aurez sûrement déjà remarqué que j'essaie au maximum de ménager une sorte de petit suspens dans mes articles, histoire de ne pas balancer tout de suite si j'ai oui ou non aimé le livre/film ou la série dont je parle, et de garder ça pour la partie "avis". Mais là, vous l'aurez compris par le titre de l'article, j'ai décidé de mettre la subtilité de côté et de dévoiler tout de suite mon amour pour ce film. Car A Clockwork Orange est mon film préféré, depuis que je l'ai vu pour la première fois il y a plusieurs années, et jusqu'à présent aucun film que j'ai vu depuis ne lui arrive ne serait-ce qu'au bas de la cheville. Oui, carrément. Alors pourquoi aime-je tant ce film (olala, je voulais placer cette tournure)?



Commençons par l'histoire. Je ne la connaissais pas avant de voir le film pour la première fois, n'ayant pas lu le roman d'Anthony Burgess (même si, encore une fois, j'ai hâââââte de m'y mettre prochainement), et elle a su me captiver. Pleine de rebondissements, j'aime en elle son côté théâtral. Pourquoi théâtral? Tout simplement parce qu'on peut la découper en trois actes assez distincts: tout d'abord, la partie introductive, où nous découvrons notre "héros" (si on peut l'appeler ainsi, mais j'y reviendrai dans un instant), Alex, et sa chute. La seconde partie est celle qui se déroule en prison, puis dans le centre où il reçoit le traitement. Enfin, la dernière partie du film, qui nous conclue à l'incroyable final du film. En deux heures, il se passe beaucoup de choses et on a pas le temps de s'ennuyer un seul instant: beaucoup de rebondissements, et surtout SURTOUT une fin qui donne tout son sens à l'intrigue. 

L'univers de A Clockwork Orange est aussi très réussi. On ne se contente pas de nous raconter une énième histoire autour de la rédemption et du parcours d'un méchant qui devient gentil: une atmosphère bien particulière est créée, une atmosphère unique et qu'on ne retrouve pas ailleurs. Que ce soit dans les costumes ou dans les décors qui donnent une image d'un Londres futuriste plutôt déprimant, glauque et dépravé, on ne peut nier le fait que le film a SON identité, SON empreinte, bref, son monde à lui. L'utilisation d'un langage unique y joue pour beaucoup aussi. Quand on voit ce film, on sait qu'on regarde Orange Mécanique. Et j'aime cet aspect.

J'insiste aussi beaucoup mes chroniques de films sur les côtés techniques, à savoir les décors, les costumes, et la musique. Et là je trouve qu'on nous gâte: la bande-son du film est fantastique, avec du Beethoven et d'excellents morceaux, mais on a également un travail génial au niveau des costumes et des décors. Il y a plein de petits détails à repérer, et j'en découvre à chaque nouveau visionnage du film (et croyez moi, je le regarde souvent).

Je me dois également de mentionner la réalisation, qui encore une fois est impeccable. J'ai l'impression de dire ça pour tous les films de Kubrick dont je parle, mais le résultat est super, avec des plans de dingue, comme celui d'ouverture, celui sous le pont, les passages rythmés par la musique (le montage, les enfants, le montage!!), le plan final... OLALA. Je pourrais vous énumérer chaque plan du film si j'avais le temps de le faire.

Enfin, je tiens à terminer cet avis par un mot sur le casting, mais surtout sur Malcolm McDowell. Pour moi, aucun autre acteur ne peut jouer Alex comme lui. Alex, c'est McDowell, et c'est tout. D'ailleurs, ils sont tellement associés dans ma tête que je n'arrive pas non plus à regarder d'autres films avec McDowell! A chaque fois, je vois Alex, et c'est perturbant. McDowell livre une performance pleine de charisme, composant un personnage à la fois terrifiant et séduisant. Malgré ses côtés violents et choquants, Alex apparait presque sympathique et on le prend presque en pitié! Pour moi, très peu d'acteurs parviennent à avoir ce double visage d'ange séducteur/psychopathe: le seul qui me vient en tête tout de suite, c'est Evan Peters, dont le physique est proche de celui de McDowell.

Attention cependant: au risque de me répéter, je tiens à préciser que ce n'est pas un film tout public et qu'il peut déstabiliser, surtout si vous êtes un peu sensible ou jeune. Personnellement, certaines scènes me mettent toujours mal à l'aise!

Donc, vous l'aurez compris, A Clockwork Orange est MON film préféré de tous les temps, et j'espère bien qu'il le restera encore longtemps. Je ne me lasse pas de le regarder, et je voulais terminer cet article par un petit mot destiné à une personne très chère à mon coeur: mon amoureux, qui est également fan de ce film. Je suis heureuse de partager mon amour pour ce film exceptionnel avec une personne tout aussi exceptionnelle. Je t'aime :)

 Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cet article vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire, je vous répondrai avec plaisir! On se retrouve d'ici quelques jours pour une nouvelle chronique, qui portera sur le Prédicateur de Camilla Läckberg. En attendant, prenez soin de vous :)

AnGee Ersatz*



mardi 26 août 2014

Stanley Kubrick #4: 2001: A Space Odyssey (1968).




Bonjour à tous et à toutes!

Bienvenue sur le Livroscope! Je suis ravie de vous retrouver en ce Mardi pour une toute nouvelle chronique! Malgré un week-end qui fut très chargé (l'opération Week-End à Mille a démarré hier, autant vous dire que j'ai de quoi m'occuper pour les jours à venir!), je n'ai pas voulu vous abandonner et j'ai décidé de reprendre le cycle Kubrick, laissé un peu de côté le mois dernier. Pour rattraper mon retard, j'ai choisi de traiter non pas d'un mais de deux films ce mois-ci: vous aurez donc enfin droit à un article complet sur A Clockwork Orange d'ici la fin du mois, mais avant tout nous allons nous pencher sur un autre film extrêmement connu du réalisateur. Ce film, c'est le spectaculaire  2001: A Space Odyssey (connu en français sous le titre de 2001: l'Odyssée de l'Espace), sorti en 1968 et qui a depuis acquis une aura de film culte. Je vous souhaite une très bonne lecture de cet article, en espérant qu'il vous plaise :)

Stanley Kubrick sur le blog et la suite du programme:
Même si mon blog a pour vocation première d'être un blog littéraire, j'ai décidé depuis environ un an d'accorder chaque mois un peu de temps à une autre de mes passions: le cinéma! Après un cycle consacré à l'acteur Johnny Depp, je me suis attaquée en Avril dernier à une rétrospective autour du célèbre réalisateur Stanley Kubrick, avec pour projet de regarder et de parler de sept de ses films. Nous en sommes actuellement au quatrième film, trois autres articles sont déjà en préparation.
Si vous souhaitez en savoir plus sur l'oeuvre de Stanley Kubrick et sur lui-même, je vous laisse suivre le lien ci-dessous pour découvrir les précédents articles à son sujet!


Aussi, je tenais à vous tenir au courant de la suite des événements! Comme expliqué plus haut, j'ai décidé parler de deux films ce mois ci: 2001, que nous allons découvrir aujourd'hui, et A Clockwork Orange d'ici quelques jours. Ensuite, en Septembre je ferai une nouvelle fois un doublé, avec tout d'abord Full Metal Jacket, et enfin, pour conclure le cycle en beauté, nous parlerons d'Eyes Wide Shut.


2001: A Space Odyssey:
Quelques informations sur le film:



Entrons à présent dans le vif du sujet avec notre film du jour, 2001: A Space Odyssey! Et pour commencer, voici quelques informations sur le film.
Sorti en 1968, 2001: A Space Odyssey est le fruit d'un long travail. Il est inspiré d'une nouvelle de science-fiction datant de 1951, intitulée la Sentinelle et écrite par Arthur C. Clarke. Après avoir lu la nouvelle, Kubrick décida d'en tirer un film. Il se lança dans le projet en 1964, et fut aidé par Clarke lui-même pour la rédaction du scénario. Comme Kubrick ne fait jamais les choses à moitié, il s'impliqua à fond et mobilisa des moyens assez impressionnants pour l'époque, notamment en ce qui concerne l'équipe d'effets spéciaux. Une grosse partie du budget fut également consacrée aux décors des navettes spatiales. Le budget total fut d'environ 10 millions, ce qui était tout de même important à l'époque.
Le tournage se déroula au cours de l'année 1965, et le film demanda encore deux ans de travail en post-production pour l'incrustation des effets spéciaux.
A sa sortie en 1968, le film fut un beau succès avec 190 millions de dollars de recettes! Si aujourd'hui il est réputé pour un film culte, incontournable, il faut savoir que les critiques étaient un peu plus mitigées à l'époque.
Au niveau du casting, on retrouve Keir Dullea dans le rôle de David Bowman, William Sylvester dans celui de Heywood Floyd, et Gary Lockwood interprète Frank Poole. Enfin, on peut également mentionner Douglas Rain, qui prête sa voix à Hal 9000, l'intelligence artificielle présente dans l'histoire.



Résumé du film:
Je ne vous le cache pas, il est assez difficile de résumer 2001: A Space Odyssey, puisque le film est divisé en plusieurs parties avec différents personnages.
Le fim commence au début de l'humanité, où nous suivons un groupe d'hommes primitifs dans leur quotidien. Puis des millénaires plus tard, nous voilà à suivre Heywood Floyd, qui part en mission direction la base Clavius, située sur la Lune et où se déroulerait des événements étranges. Enfin, nous sommes introduits au dernier personnage important de l'histoire: David Bowman et son équipage, composé de plusieurs scientifiques et de Hal 9000, une intelligence artificielle extrêmement performante. Ils effectuent un voyage vers Jupiter, mais les choses ne vont pas se passer comme prévues...

De l'aube de l'humanité au futur spatial:
Avec 2001: A Space Odyssey, Stanley Kubrick nous propose un film d'un peu plus de deux heures et plutôt ambitieux, un film de science-fiction. A l'époque, la science-fiction connait un certain succès, notamment en littérature, et le réalisateur s'y intéressa à plusieurs reprises au cours de sa carrière.

Lorsque l'on s'installe devant le film, on s'attend à tomber dès les premières secondes dans un univers spatial en raison du titre, univers fait de vaisseaux, de plans d'étoiles et de cosmonautes. Et pourtant, c'est sur un tout autre décor que s'ouvre 2001: A Space Odyssey. En effet, nous tombons en plein "Dawn of man", autrement dit à l'aube de l'humanité. Un univers bien loin des vaisseaux futuristes auxquels on pouvait s'attendre! Pendant environ vingt minutes, nous découvrons dans des décors naturels et extrêmement sobres un groupe d'hommes primitifs.
Puis, dans une transition savamment réalisée, nous voilà propulsés dans l'espace, dans une toute autre période. L'homme en est à un stade bien plus avancé de son évolution, puisqu'il a la capacité de voyager sur la Lune et d'effectuer des missions spatiales: pour rappel, Kubrick a commencé à travailler sur le film en 1964, pour une sortie en 1968, soit un an avant que l'homme pose pour la première fois un pied sur la Lune. D'ailleurs, pour la petite anecdote, un rumeur court parmi ceux qui ne croient pas en la conquête spatiale selon laquelle Kubrick aurait réalisé la vidéo de Buzz Aldrin et Neil Armstrong marchant sur la Lune! Plus tard, dans le film, on nous entraîne dans une autre mission, pour Jupiter cette fois-ci.
Ces différentes histoires sont à chaque fois reliées entre elles grâce à la mise en scène (plans similaires, musique réutilisée à des moments stratégiques) mais surtout grâce à un objet très particulier et qui est devenu en quelque sorte l'emblème du film: le fameux monolithe noir. On le retrouve plusieurs fois au cours du film, et il a un rôle assez particulier que je vous laisse découvrir par vous même :).

Un mot sur les décors et la musique:
A présent, je tenais à me pencher sur deux éléments importants du film: la musique et les décors. Pour tous les films de l'univers, les costumes, décors et autres aspects techniques ont une importance tout particulière, puisqu'ils contribuent à donner au film son identité et demandent un travail considérable. Stanley Kubrick a toujours porté une attention particulière à ces éléments: j'avais déjà souligné le rôle de la musique dans le film Lolita, et c'est un trait qu'on retrouvera dans d'autres films du réalisateur, comme A Clockwork Orange dont je parlerai prochainement.

Commençons par parler de la musique. Elle est imposante dans le film, et frappe le spectateur, tout d'abord en raison du peu de dialogues, mais aussi parce qu'elle est puissante. Trois morceaux, principalement, caractérisent 2001: A Space Odyssey. Tout d'abord, Also Sprach Zarathustra de Richard Strauss, qui est devenue aujourd'hui LA chanson de 2001. Ensuite, un autre morceau classique, le Danube Bleu de Johann Strauss, pour des moments plus zen et positifs. Et enfin, THE morceau de 2001 pour moi, c'est Requiem for Soprano, que je vous laisse écouter ci-dessous.

En ce qui concerne les décors, je tenais à les mentionner car ce sont eux qui, avec les effets spéciaux, contribuent à donner au film son côté futuriste. La forme extérieure des vaisseaux est en cela primordiale, et ici ils jouent sur la géométrie, avec des vaisseaux circulaires ou tout en longueur. L'intérieur est d'une sobriété remarquable, avec des pièces blanches aux surfaces planes et lisses, et au mobilier minimum. Quelques éléments sortent du lot, comme les écrans interactifs, ou les toilettes du futur, les repas en brique, les chaussures adhésives... Même Hal 9000 a un aspect extrêmement épuré, représenté par un oeil rouge. Cette sobriété, qui se répercute sur les costumes, a pour intérêt de ne pas vieillir, ou du moins difficilement: même encore aujourd'hui, la représentation du futur de 2001 semble cohérente et n'a pas pris une ride!



Mon avis sur ce film:
Lorsque j'avais effectué mon tout premier cycle cinéma, consacré à l'acteur Johnny Depp, j'ai regardé sept films qui m'ont permis de découvrir différentes facettes de l'acteur. J'ai apprécié certains de ces films, d'autres moins, mais dans l'ensemble ce premier cycle fut riche en découvertes. Avec ce cycle Kubrick, j'ai l'impression de découvrir une seule chose, mais chaque film est une preuve supplémentaire confirmant cette chose: Stanley Kubrick était un réalisateur hors du commun et son travail touche au génie. Et 2001: A Space Odyssey le prouve une nouvelle fois.

Ce film, j'en avais vu des extraits à plusieurs reprises, on m'en avait aussi beaucoup parlé, et j'appréhendais franchement de le voir. Quand un film a un tel statut de "film culte", j'ai toujours un petit stress, l'appréhension d'être déçue. Du coup, pendant longtemps, je me suis un peu abstenue d'y jeter un oeil, par crainte de la déception. Mais il fallait bien le voir pour ce cycle! Et franchement, je m'en suis voulue de ne pas l'avoir regardé plus tôt.

Au début, je ne vous le cache pas, j'ai été assez déroutée et je me suis demandée ce que je regardais. 2001: A Space Odyssey n'est pas qu'un film, c'est une expérience, très différente des films que nous avons l'habitude de voir aujourd'hui: la rareté des dialogues, le système de narration, bref, c'est vraiment un film particulier. Mais un film qui a su me capter, m'attirer dans son univers et j'ai eu beaucoup de mal à en ressortir: même après l'avoir terminé, je ne pouvais pas m'empêcher de parler de ce film à tout bout de champ.

Comme vous l'aurez compris, il est assez difficile de parler de l'histoire, et de la résumer. J'ai aussi beaucoup de mal à mettre des mots sur ce que j'en pense: j'ai vraiment eu la sensation de la comprendre entièrement qu'en terminant le film, comme une sorte de révélation (le gros "aaaaah" devant mon écran). J'ai apprécié ce qu'on nous raconte dans 2001, et particulièrement le passage avec la mission vers Jupiter, qui était pleine de rebondissements, avec un suspens que j'ai trouvé très réussi. Ce que j'ai trouvé le plus frappant, c'est que les propos de 2001 sont encore d'actualité, notamment en ce qui concerne l'intelligence artificielle.

En ce qui concerne les acteurs, je n'ai rien à redire à ce niveau-là: je les ai appréciés et trouvés convaincants, un bon point! Dans l'ensemble, je n'en connaissais aucun, mais le casting ne m'a posé aucun souci.



J'ai mentionné plus haut la musique et les décors, et là encore j'ai adoré ce qui a été fait. Ce sont vraiment des aspects du film qui sont pour moi parmi les plus réussis et les plus intenses: je sais que les décors ont demandé énormément de temps à l'équipe de Kubrick, et ça se comprend lorsque l'on voit le résultat! La musique quant à elle est hypnotisante, fascinante, et pour moi elle est désormais indissociable de 2001: A Space Odyssey.

Pour conclure mon avis plus qu'enthousiaste, je tenais à souligner la grande qualité du travail de réalisation qui a été fait: comme toujours, rien n'est laissé au hasard, chaque élément, chaque plan est calculé à la seconde près, au centimètre près, et le résultat est... WOW. Certaines images (comme celle du footing dans le vaisseau) resteront gravées dans ma mémoire et sont tout bonnement incroyables. 

2001: A Space Odyssey n'est pas passé très loin du titre de "film préféré d'Angee". Je ne regrette absolument pas d'avoir vu ce film et je l'ai adoré. Je comprends néanmoins qu'il puisse dérouter ou être détesté, car il est vraiment très particulier. Mais je comprends aussi ceux qui le qualifient de culte.

Après cette excellente découverte, je suis plus qu'impatiente de vous présenter le cinquième film du cycle, A Clockwork Orange, dans le prochain article! En attendant, n'hésitez pas à me laisser vos avis et suggestions en commentaire, je vous répondrai avec plaisir! Prenez soin de vous et à très vite!

AnGee Ersatz*



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