mardi 18 juillet 2017

The Girl on the train de Paula Hawkins.


Bonjour à tous et à toutes!

Je suis AnGee du Livroscope, j'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique! Je ne sais pas vous, mais lorsque l'été pointe le bout de son nez, j'ai tendance à me pencher sur des polars ou thrillers. Peut-être que la perspective d'avoir froid dans le dos m'aide à mieux supporter les chaleurs parfois écrasantes des mois de Juillet et Août? En tout cas, mon intérêt estival m'a conduite à me pencher sur un roman qui me faisait envie depuis longtemps et dont on a beaucoup entendu parler: The Girl on the train de Paula Hawkins. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une très bonne lecture! :)

Le Challenge LEAF:
Comme cela arrive assez souvent sur le blog, le livre dont nous allons parler aujourd'hui s'inscrit dans le cadre de l'un des nombreux Challenges auxquels je participe. Il s'agit cette fois du Challenge LEAF, lancé par Le manège de Psylook (une blogueuse que j'apprécie énormément) via son blog. Le but est simple: il s'agit de présenter des livres qui ont été adaptés en films. Et croyez-moi, il y en a vraiment beaucoup! Je vous invite à (re)lire mes précédents articles pour ce Challenge en suivant le lien ci-dessous! :)


Quelques mots sur Paula Hawkins:
Il est à présent temps de monter dans le train de Paula Hawkins, notre autrice du jour! Née en 1972 au Zimbabwe, c'est dans ce pays qu'elle a passé son enfance et son adolescence. Elle arrive en Angleterre pour y faire ses études universitaires, à Oxford, puis elle travaillera en tant que journaliste pendant plus de quinze ans. Paula Hawkins fera par exemple ses armes au Times. Elle décide ensuite de se lancer dans l'écriture de romans. En 2015 paraît The Girl on the train, son premier livre, un thriller qui rencontre très vite un grand succès: les ventes décollent et les critiques saluent un premier roman bien mené et prometteur. Très vite une adaptation du roman (dont nous reparlerons plus loin) est mise en place et sort en 2016. Paula Hawkins vient de publier son second livre, Into the Water. Je vous invite à suivre le lien ci-dessous pour découvrir son site internet, où vous en apprendrez davantage à son sujet.

Paula Hawkins - le site.

The Girl on the train:
Résumé:
Depuis son divorce difficile, Rachel n'est plus que l'ombre d'elle-même. Alcoolique, elle fait semblant, chaque matin, de se rendre à un travail dont elle a été licenciée voilà plusieurs semaines, pour éviter que sa colocataire Cathy ne se pose des questions. Et tous les jours, dans le train qui l'emmène vers cet emploi qui n'existe pas, elle contemple par la fenêtre Megan et Scott, un couple qui ne vit pas très loin de son ancienne maison (où Tom, son ex-mari, coule des jours paisibles avec sa nouvelle épouse, Anna). Un couple dont elle s'amuse à imaginer la vie, forcément idyllique. Jusqu'au jour où Megan disparait brutalement. L'obsession de Rachel prend alors un nouveau tournant: elle veut absolument découvrir ce qui est arrivé à Megan... 

Une vision idyllique...
Il nous est tous arrivé, un jour ou l'autre, de contempler de parfaits inconnus dans la rue, un bus, un parc, et d'imaginer un peu leur vie, leur métier, ce qu'ils peuvent bien faire de leur journée. C'est un peu ça que Rachel fait, chaque matin, dans le train. Assise toujours du même côté, au même endroit, elle a une vue parfaite sur le petit jardin du couple formé par Megan et Scott, qui habitent pas très loin de son ancienne demeure, qu'elle voit aussi. Rongée par la tristesse et par les trop nombreuses gorgées d'alcool qu'elle ingurgite tous les jours, Rachel a eu ce petit rituel quotidien d'imaginer ce que ce couple peut bien faire dans la vie. Elle leur donne des noms, des emplois, imagine leurs conversations, leur intimité. Une imagination débordante mais idyllique, reflétant les difficultés de Rachel à surmonter son divorce et l'échec de sa propre relation amoureuse avec Tom.

...Pour masquer une sinistre réalité:
Bien évidemment, l'image presque parfaite du couple Scott/Megan que Rachel se fait à l'aide de quelques petits instants n'a rien ou presque rien à voir avec la réalité. Elle va en être la première choquée lorsqu'elle réalise, un matin, que Megan fréquente un autre homme que Scott. Toutes ses certitudes sont chamboulées et cette illusion à laquelle elle s'accrochait et qui lui permettait de tenir à peu près bon éclate en mille morceaux.
Elle ne peut pas y résister: elle doit découvrir ce qui est arrivé à Megan. Même si cela la pousse à nouveau sur la route de son ex-mari et même si elle doit se confronter à ses pires angoisses, Rachel le sait, elle ne trouvera pas la paix tant qu'elle ne sera pas allée jusqu'au bout...

L'adaptation cinématographique:
Présenter des livres qui ont été adaptés au cinéma, c'est le principe du Challenge LEAF. Alors même si je n'ai pas encore eu l'occasion de voir The Girl on the train version film, je tenais tout de même à vous en parler un peu.
Apparemment, le projet de réaliser le film remonte à avant la publication du roman. Il n'est pas rare que les studios, pressentant un succès de librairie ou trouvant une histoire intéressante, achètent les droits d'un livre pour l'adapter. C'est donc assez rapidement que l'adaptation se concrétise, avec un budget de 45 millions de dollars et un joli casting. On retrouve dans le rôle principal l'actrice britannique Emily Blunt, qui travaille actuellement sur Mary Poppins Returns. Cathy, la colocataire de Rachel, est jouée par Laura Prepon, que beaucoup connaissent pour son rôle dans Orange is the new black mais qui reste à jamais pour moi Donna de That 70s Show. Les deux couples du film, Tom/Anna et Scott/Megan, sont joués par Justin Theroux, Rebecca Ferguson (The White Queen), Luke Evans et Haley Bennett. Le tournage du film, réalisé par Tate Taylor (principalement connu pour le film The Help), s'est déroulé entre la fin de l'année 2015 et Janvier 2016, avec une sortie en Octobre de la même année.
Au niveau du box office, le film s'en est bien sorti, probablement porté par le succès du roman: plus de 173 millions de dollars de recettes, un joli score. Les critiques, quant à elles, sont un peu plus mitigées. Je vous laisse ci-dessous la bande-annonce pour que vous puissiez avoir un petit aperçu du film! 



Ce que j'ai pensé du livre:
Lors de la publication de The Girl on the train, je me souviens que tout le monde et son chien en parlait, tout comme ce fut le cas lors de la parution de sa version traduite en français. Intriguée par ce roman, j'ai tout de même fait ce que je fais habituellement: j'ai préféré attendre le passage du train de la hype pour le découvrir tranquillement, sans attente aucune. Et c'est pendant un long trajet en bus que je me suis plongée dans ce roman, que j'ai beaucoup aimé.

Pourtant, lorsque j'ai démarré ma lecture, c'était loin d'être gagné. J'ai trouvé les cent premières pages assez laborieuses, principalement à cause du personnage de Rachel, à laquelle je n'arrivais pas du tout à m'accrocher, mais aussi un peu à cause de l'histoire qui met un certain temps à démarrer. Et puis, tout a fini par se mettre en place pour moi et je me suis mise à véritablement apprécier ma lecture de The Girl on the train.

L'intrigue, comme dans tout bon thriller, se doit d'être l'un des points forts du roman, et c'est ici le cas. Il y a de très bonnes idées dans ce livre, et elles sont globalement toujours plutôt bien menées. Il se passe beaucoup de choses, je ne me suis pas ennuyée (à part, comme je l'ai dit, au début du roman), et j'ai particulièrement aimé la fin, un huis clos bien géré et assez intense. 

Paula Hawkins a une écriture intéressante, assez journalistique, dans le sens où elle sait se montrer très "équilibrée". Par là j'entends qu'elle est capable d'allier une façon d'écrire percutante, des descriptions maîtrisées pour ses lecteurs, et un côté plus introspectif, avec en particulier le personnage de Rachel. J'ai plutôt bien aimé son style et je suis curieuse de voir comment il évoluera avec les années.

Pour ce qui est des personnages, je suis un peu plus mitigée. Non pas qu'ils ne soient pas intéressants, mais je les trouve un peu trop clichés à mon goût: du coup, leurs réactions sont parfois un peu prévisibles. Ce manque d'originalité fait aussi qu'on a un peu du mal à s'attacher à eux... Ce qui est un peu dommage.

Malgré ces personnages un peu trop plats à mon goût, j'ai tout de même passé un bon moment de lecture avec The Girl on the train et je suis ravie d'avoir enfin pu le lire. J'ai prévu de me pencher prochainement sur son adaptation cinématographique ainsi que sur le nouveau roman de Paula Hawkins.

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette chronique vous plait, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire ainsi qu'à me donner vos avis sur le film, si vous l'avez vu! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup :).

AnGee.


dimanche 16 juillet 2017

Philoséries: Buffy, tueuse de vampires (collectif).



Bonjour à tous et à toutes!

Je suis AnGee du Livroscope, j'espère que vous allez bien et que vous passez un bon week-end! Un long week-end attend la plupart d'entre nous, mais hors de question de chômer en ce qui me concerne: on se retrouve aujourd'hui pour un nouvel article, un peu particulier puisque nous parlerons (entre autres!) d'un sujet assez peu abordé sur ce blog, à savoir la philosophie. Grâce à la Grosse Op de Bragelonne/Milady (des centaines de titres proposés en numérique à 0.99 euros), j'ai pu me plonger dans un livre qui me faisait de l'oeil depuis longtemps: Philoséries: Buffy, tueuse de vampires, un recueil d'essais philosophiques autour de ma série préférée... En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture! :)

Le projet Philoséries:
Démarrons cette chronique avec une petite présentation de ce qu'est Philoséries. Philoséries est un projet de colloque lancé en 2009 par Sylvie Allouche et Sandra Laugier, toutes deux sorties de l'ENS et travaillant sur la philosophie. Parmi de nombreuses thématiques, elles s'intéressent toutes les deux à la pop culture et aux séries: il leur est donc venu l'idée de créer un rendez-vous pour parler séries et philosophie. Depuis 2009, plusieurs colloques ont été organisés, avec de nombreuses séries présentées. Il s'agit principalement de séries SF/fantastiques, comme Buffy, Dollhouse ou encore Firefly, toutes créées par Joss Whedon, ou la célèbre série Lost. Bragelonne, célèbre maison d'édition SF/Fantasy et fantastique, a publié les essais du colloque sur Buffy dans le livre Philoséries: Buffy, tueuse de vampires, l'objet de notre chronique du jour. Je vous invite à suivre le lien ci-dessous pour en apprendre un peu plus sur le projet Philoséries!


2009, le colloque Buffy, tueuse de vampires:
C'est en 2009 qu'a eu lieu la première édition du Philoséries, dont le thème fut Buffy contre les vampires. C'est à l'occasion de la Journée d'études internationale que les spectateurs furent invités à se rassembler à la Cité internationale universitaire de Paris, située dans le 14ème arrondissement, pour suivre ce colloque un peu particulier.
Mais qu'est-ce qu'un colloque, me direz-vous? Un colloque est tout simplement un moment de réflexion, d'études, de discussion, autour d'un même sujet. Il peut se tenir sur une journée comme sur une semaine, les interlocuteurs y sont en général nombreux, tout comme les activités, qui vont de la conférence à la discussion, en passant parfois par des ateliers.
Pour ce colloque, les conférences, avec de nombreux intervenants (dont par exemple Tristan Garcia, que certains connaîtront sans doute pour ses romans, mais qui est également connu dans la sphère de la philo), mais aussi des tables rondes avaient été organisées. Je vous laisse le planning de ce colloque en lien ci-dessous pour que vous puissiez vous faire une petite idée du programme!

Ce qu'on trouve dans ce recueil et quelques thèmes majeurs:
Dans Philoséries: Buffy, tueuse de vampires, on retrouve donc un compte-rendu détaillé de cette journée de colloque. Plusieurs conférences sont retranscrites et, sur environ 200 pages, le lecteur peut découvrir ces interventions mettant toutes en valeur l'univers de Buffy. 
Certains thèmes se démarquent indéniablement du reste: l'adolescence et le passage à l'âge adulte, par exemple, apparaissent comme les sujet phares de ce colloque. Parmi les différents essais présents dans l'ouvrage, ceux qui en traitent sont par exemple celui de Barbara Olszewska "Les adolescents meurent à 18 ans: Buffy et le rite de passage à l'âge adulte", qui se focalise sur l'épisode "Sans défense", dans lequel Buffy se voit retirer ses pouvoirs pour tenter de vaincre un puissant ennemi afin de prouver ses capacités de tueuse. Tristan Garcia parle de la série comme un "fait adolescent total", et Thierry Jandrok analyse les personnages adolescents de la série, leurs combats, ce qui les dirigent.
Autre épisode mis à l'honneur: le célèbre "Hush", qui laisse les personnages sans voix, face aux Gentlemen, des monstres visuellement impressionnants. Jocelyn Benoist se sert de cet épisode comme point de départ pour son essai, dans lequel elle aborde la question du silence et du dialogue dans l'univers de Buffy, des non-dits et du secret.



Enfin, on peut aussi citer la question de la sexualité avec l'essai de Pascale Molinier, qui se penche sur ce sujet au combien complexe!

Ce que j'ai pensé de ce livre:
J'en ai déjà parlé plus d'une fois sur ce blog, mais Buffy est sans aucun doute l'une de mes séries préférées, si ce n'est MA série préférée tout court. J'ai déjà vu chaque épisode des dizaines de fois et si on me lance, je peux parler pendant des heures de mes personnages préférés, des différents méchants ou encore des meilleurs moments de la série. Le livre Philoséries m'intéressait donc au plus haut point, mais le prix un peu prohibitif (32 euros... Outch) ne cessait de repousser à plus tard la lecture de ce livre. Alors lorsque la Grosse Op m'a permis de l'acquérir pour moins d'un euro, j'ai décidé de m'y plonger. 

Avant de vraiment me pencher sur ce livre en particulier, je tenais à mentionner le fait que je trouve le principe de mêler philosophie et éléments de pop culture vraiment génial. C'est non seulement un moyen d'aborder des séries ou des films sous un jour différent, avec un regard autre que celui de spectateur, mais c'est également une façon de découvrir un peu la philosophie. Une démarche intéressante et qui, je l'espère, continuera d'être poursuivie.

Ma grosse crainte en démarrant ce livre était de ne rien comprendre: si je suis calée en ce qui concerne Buffy, je suis en revanche terriblement nulle pour tout ce qui touche la philosophie. Heureusement, j'ai trouvé que l'ensemble était plutôt accessible. Il y a des références à de nombreux philosophes ou concepts, mais c'est en général assez bien expliqué (et de façon concises). Je n'ai pas tout compris, pour être honnête, cependant j'étais loin d'être perdue. Une bonne chose!

Ce que j'ai préféré dans ce livre, c'est de voir la série prise au sérieux. J'ai remarqué que beaucoup de gens, lorsque je dis adorer Buffy, ont tendance à rigoler, gentiment ou de façon un peu moqueuse. Pour beaucoup, Buffy reste une série où une blondinette tue des vampires, avec des effets spéciaux un peu ringards. Pourtant, et c'est ce que montre ce recueil, il y a de nombreux enjeux importants, des thématiques qui en font bien plus qu'une série de seconde zone. Voir Buffy exploitée de cette façon fait plaisir à voir!

Toujours dans le positif, les essais sont plutôt bien écrits, avec un style fluide qui est probablement dû au fait qu'il s'agissait de textes écrits pour un colloque et donc lus à voix haute/récités. J'ai particulièrement aimé ceux d'Anne Besson, Jocelyn Benoist et de Tristan Garcia (je connaissais ce dernier pour ses romans, c'était l'occasion de le découvrir sous un autre jour!).

Passons aux thèmes abordés dans ce livre: j'en ai présentés quelques-uns plus haut, et je dois dire que le choix des thèmes est probablement mon gros bémol du livre. La majeure partie des essais tourne autour des même sujets: l'adolescence, le passage à l'âge adulte... C'est évidemment un élément clé de Buffy, mais je pense que la série est bien plus riche. J'aurais aimé que la sexualité soit davantage exploitée, ou par exemple le thème de la famille, les métaphores représentées par les personnages surnaturels... Ou même des essais consacrés spécifiquement à un personnage, comme Angel, dont le double visage est intéressant. 

Au final, je suis heureuse d'avoir pu lire ce livre qui me tentait depuis longtemps. Je l'ai trouvé très intéressant avec une démarche originale, et j'espère que d'autres livres similaires sortiront. J'espère aussi que plus de ressources sur Buffy seront disponibles dans les années à venir et que d'autres aspects de la série seront étudiés!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cet article un peu différent de d'habitude vous plait, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire. On se retrouve très vite pour une nouvelle chronique, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup! :)

AnGee.

mercredi 12 juillet 2017

Circling the Sun de Paula McLain.



Bonjour à tous et à toutes!

Je suis AnGee du Livroscope, j'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique! Je suis heureuse de partager avec vous une nouvelle semaine qui sera placée sous le signe des femmes fortes. Pour commencer, je vous propose de retrouver une autrice que nous avions déjà eu l'occasion de découvrir sur le blog: Paula McLain (The Paris Wife). Je me suis récemment penchée sur son roman Circling the Sun (traduit en français sous le titre de L'aviatrice) et j'ai décidé de vous en parler. Si vous aimez l'aventure et les voyages, ce livre risque de vous intéresser! En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture! :)

Paula McLain, c'est qui?
Vous le savez si vous connaissez un peu le blog, j'ai pour habitude de démarrer mes chroniques par une petite présentation des auteurs. Cependant, dans le cas de Paula McLain, nous faisons face à une autrice déjà connue du Livroscope. En effet, j'ai eu l'occasion de parler d'elle il y a quelques semaines pour son roman The Paris Wife, consacré au premier mariage d'un de mes auteurs préférés, Ernest Hemingway. Je vais donc éviter de me répéter et je vous invite à la place à consulter le premier article à son sujet, en suivant le lien ci-dessous!


Circling the Sun:
Résumé:
Beryl Clutterbuck n'est qu'un bébé lorsque ses parents quittent le Royaume-Uni pour s'installer au Kenya. C'est dans ce pays, qu'elle aime, qu'elle grandit et devient une femme au caractère bien trempé, rêvant d'indépendance. Mariée trois fois, elle sera tour à tour dresseuse de chevaux, aviatrice, aventurière. Paula McLain nous invite à découvrir une figure exceptionnelle du début du 20ème siècle, un voyage dépaysant et riche en émotions.

Beryl Markham, une femme de scandales et d'action:
Etant donné que Circling the Sun s'intéresse à la figure de Beryl Markham, je trouvais intéressant de vous la présenter un peu plus en détails. 
Née en 1902, Beryl (dont le nom de jeune fille est Clutterbuck) ne passe que deux ans au Royaume-Uni avant de déménager avec ses parents et son jeune frère au Kenya, où son père a acheté des terres. La famille ne survit pas à ce changement radical de décor: malheureuse, sa mère retournera en Angleterre deux ans plus tard, laissant Beryl seule avec son père. Ce dernier, dresseur de chevaux, laissera une grande liberté à sa fille: elle apprend le swahili et côtoie les natifs, développant un caractère affirmé et une attitude assez éloignée de l'image de la jeune fille calme et casanière attendue à l'époque. Son tempérament la pousse à travailler, comme son père, avec les chevaux, devenant la première femme dresseuse professionnelle du Kenya, puis elle s'intéressera à l'aviation dans les années 1930. Elle effectuera de nombreux vols, et traversera l'Atlantique, une véritable prouesse pour l'époque. Mariée trois fois, le nom de Markham lui vient de son deuxième époux, avec lequel elle eut un fils. On lui prêta aussi de nombreuses relations amoureuses et, on peut le dire, elle avait une réputation plutôt sulfureuse. Elle raconte son histoire dans le livre West with the Night et elle s'est éteinte en 1986. 

Ce que j'ai pensé du livre:
Il y a quelques semaines, je vous présentais le roman The Paris Wife de Paula McLain. Et si je n'avais pas été complétement séduite par le livre, j'avais tout de même trouvé beaucoup de qualités à son autrice. C'est donc pour cela que j'ai décidé de me pencher sur Circling the Sun, en espérant l'apprécier tout autant. Après ma lecture, je dois dire que je reste un peu mitigée: il y a du bon et du un peu moins bon...

Commençons par le positif, et mon élément préféré dans ce livre est sans aucun doute le personnage de Beryl Markham. Je ne la connaissais absolument pas avant de découvrir ce roman, et j'ai été vraiment passionnée par son histoire, son fort caractère, sa détermination. J'ai déjà fait pas mal de recherches à son sujet après avoir terminé le livre et je compte lire West with the Night dès que possible. 

Beryl insuffle beaucoup de force au roman, et Paula McLain est parvenue à en faire une héroïne fascinante, avec de multiples facettes. Là où je trouvais Hadley un peu fade dans The Paris Wife, Beryl est au contraire ici rayonnante, solaire, captivante. Paula McLain réussit un superbe portrait de cette aventurière du Kenya.

Pour ce qui est de l'intrigue, je l'ai trouvée, dans sa majeure partie, absolument palpitante. Je ne me suis pas ennuyée une seconde et j'ai dévoré le livre, ce qui en ce moment m'arrive rarement (depuis mon retour d'Angleterre, j'ai du mal à lire et mon rythme de lecture est moins soutenu). Il y a un juste équilibre entre romance et aventures: j'avais peur que l'intrigue soit trop "cheesy" mais l'écueil est évité. 

J'ai l'impression que le style de Paula McLain a gagné en maturité avec ce nouveau roman. J'avais déjà aimé sa façon d'écrire dans The Paris Wife et je trouve qu'ici, élégance et sentiments sont portés par des tournures soignées mais fluides. J'ai hâte de voir ce qu'elle nous présentera à l'avenir!

"Mais AnGee", me direz-vous, "tu as l'air super positive? Pourquoi dire que tu es mitigée?". Bonne question, jeunes padawans. La réponse est simple: j'ai été attirée par ce livre non seulement parce que je voulais poursuivre ma découverte de Paula McLain mais aussi parce que j'étais intriguée par Beryl Markham et sa carrière d'aviatrice. Mon compagnon étant passionné par l'aviation et surtout l'aviation du début du 20ème siècle, je me suis mise aussi à m'y intéresser, Beryl Markham m'apparaissant comme un moyen d'en apprendre un peu plus.

Au final, Circling the Sun ne parle pratiquement pas de sa carrière d'aviatrice, à l'exception d'un chapitre d'ouverture et de quelques pages ici et là. Paula McLain se focalise principalement sur le reste de sa vie: les chevaux, ses mariages, sa vie au Kenya. C'est passionnant, certes, et j'ai appris beaucoup de choses, mais je reste vraiment sur ma faim en ce qui concerne l'aviation. C'est d'autant plus un paradoxe que le livre est publié en français sous le titre de L'aviatrice!

Donc en conclusion, j'ai beaucoup aimé ce livre, mais j'aurais aimé en avoir plus et en apprendre davantage sur le personnage de Beryl Markham. Je vais poursuivre mes recherches à son sujet et je pense lire d'autres ouvrages la concernant. Quant à Paula McLain, j'ai hâte de voir ce que ses prochains livres donneront!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cet article vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire, je vous réponds toujours avec plaisir. On se retrouve très vite pour une nouvelle chronique qui parlera vampires, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup! :)

AnGee.

samedi 8 juillet 2017

Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa (+film).




Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope,  j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour un nouvel article ! Après avoir parlé du monde enchanteur de Blanche-Neige, je vous invite à rester dans le domaine du septième art avec un nouvel article pour le Challenge LEAF du Manège de Psylook, qui consiste à présenter des livres ayant été adaptés au cinéma. Cette fois, c’est un roman japonais, Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa, que nous allons découvrir. En espérant que cette chronique vous plaise ! :)

Quelques mots sur Durian Sukegawa :
Aujourd’hui, c’est l’auteur japonais Durian Sukegawa qui nous intéresse. Je dois avouer avoir trouvé assez peu d’informations à son sujet, à l’exception de sa fiche de présentation sur Babelio. Né à Tokyo en 1962, Durian Sukegawa est aujourd’hui principalement connu pour son activité d’auteur grâce aux Délices de Tokyo (An, en version originale, qui correspond aux noms de la pâte aux haricots confectionnée pour farcir les doriyakis) et plus récemment Le rêve de Ryôsuke. Mais au-delà de cette activité d’écrivain, Durian Sukegawa est également poète ou encore animateur radio. L’adaptation des Délices de Tokyo en 2916 a permis à l’auteur de se faire connaître hors du Japon et d’acquérir une reconnaissance dans le monde littéraire.

Les délices de Tokyo:
Résumé:
Chaque jour, Sentaro, la quarantaine, accomplit les mêmes rituels: l'ouverture de son échoppe, la réalisation de petits ronds de pâte qui cuisent, la confection des dorayakis, pâtisserie japonaise typique. Il n'est pas très bavard, pas très avenant, et fait le minimum pour faire tourner sa petite entreprise, fréquenté notamment par beaucoup de lycéennes. Un jour, il accepte la proposition d'une dame âgée, Tokue, qui souhaite prépare la pâte "an", les haricots rouges confits qui servent à garnir les dorayakis. A son contact, la vie de Sentaro va prendre un tournant inattendu... 

An, gastronomie:
Le titre français nous l'indique tout de suite: Les délices de Tokyo parlera gastronomie. C'est aussi le cas du titre original, "an", qui évoque de façon plus précise encore la pâte aux haricots rouges qui garnit les dorayakis. 
Une bonne partie du roman se concentre sur l'activité culinaire de Sentaro et Tokue. C'est par l'évolution de la pâte "an" telle que la conçoit Sentaro que le personnage, en parallèle, avance et progresse. L'intrigue démarre alors qu'il se contente d'utiliser une pâte industrielle qu'il change juste d'un jour à l'autre. Autant le dire, il ne met pas vraiment de coeur à l'ouvrage, il fait le strict nécessaire. On le sent attaché à son travail mais dans le sens le plus négatif du terme: attaché, comme emprisonné. 



Sa rencontre avec Tokue et sa découverte de la fabrication artisanale de la pâte changent sa façon non seulement de voir la cuisine mais aussi son activité. Il se prend à faire des tests, des tentatives, à essayer plusieurs haricots, de nouvelles recettes de pâte...
Une troisième étape sera de prendre son envol et de faire, à son tour, sa pâte an sans Tokue.

An, héritage:
Le livre se penche sur trois personnages, représentant chacun une génération différente, avec des envies et perceptions du monde uniques.
Tokue, la plus âgée, est le témoin d'un passé douloureux et qui peut encore se manifester. Elle représente une force poussée à la solitude mais qui cherche à en sortir. La cuisine s'avère être son moyen de transgresser les frontières et les a priori.
Sentaro, lui, représente l'entre-deux, celui qui a quitté la jeunesse et se trouve au seuil de la vieillesse. Un entre-deux qui se remarque aussi dans les autres aspects de sa vie: il est coincé dans son métier et en même temps ne veut pas en sortir. Coincé par une propriétaire qu'il cherche tout de même à combattre. Et encore une fois, la cuisine lui sert, comme à Tokue, d'éclairage sur la vie.
Enfin, nous avons le personnage de Wakane. Jeune fille très calme, surtout en comparaison de ses camarades bruyantes, Wakane est solitaire, ne s'entend pas avec sa mère et trouve dans la petite échoppe de Sentaro un refuge bienvenu. Avec toujours, en fil rouge, servant de liaison entre ses trois générations: la cuisine, la pâte an.

Et le film alors?
Si je vous parle des Délices de Tokyo dans le cadre du Challenge LEAF, c'est pour une bonne raison: en effet, le roman a été adapté en un film sorti en 2015, que je vous propose de découvrir à présent.
Les délices de Tokyo (An, en version originale, et Sweet Bean pour la traduction anglaise) a été réalisé par Naomi Kawase, une auteure et cinéaste japonaise née en 1969. Après des études d'arts visuels à Osaka, Naomi Kawase s'est vite tournée vers la réalisation. Son travail est vaste: on y trouve du documentaire ou de la fiction. Elle parle par exemple de sa propre expérience et de la famille, un thème qui l'inspire beaucoup (elle a été abandonnée par ses parents et élevée par des proches). Ses oeuvres sont souvent récompensées dans des festivals comme le festival de Cannes et parmi ses films les plus célèbres, on retrouve Still the water, Suzaku ou encore La forêt de Mogari.
Le casting se compose de Kirin Kiki dans le rôle de Tokue et de sa petite-fille, Kyara Uchida, dans celui de Wakane. L'acteur Masatoshi Nagase, né en 1966, joue Sentaro. On a pu le voir récemment dans le film Paterson de Jim Jarmusch.
Je vous laisse ci-dessous la bande-annonce du film, si ça vous intéresse!



Ce que j'ai pensé du livre:
Voilà longtemps que Les délices de Tokyo me fait de l'oeil: après en avoir entendu parler sur pas mal de blogs et après avoir vu l'adaptation cinématographique (que j'ai beaucoup aimée, mais j'en reparle un peu plus loin), j'étais vraiment curieuse de me plonger enfin dans ce roman. J'en attendais beaucoup et je n'ai pas été déçue: c'était le voyage que j'espérais. 

Mon premier coup de coeur va à l'histoire. C'est l'histoire émouvante, touchante et belle de générations qui se croisent et s'unissent. Il y a un côté très contemplatif dans cette histoire, avec des descriptions assez longues, notamment des processus culinaires, mais elles donnent à l'intrigue une saveur particulière. C'est une recette réussie, entre émotions, douceur et un peu d'amertume.

Les personnages constituent le coeur du roman. J'aime énormément la relation qui s'installe entre Tokue et Sentaro, leur personnalité, leur humanité, aussi. On les découvre petit à petit, on apprend à les connaître. Mon seul petit regret, c'est que Wakane ne soit pas très présente. Elle l'est un peu plus dans le film, ce que je trouve être une bonne idée car elle apporte un dynamisme supplémentaire.

J'ai également beaucoup apprécié le style de Durian Sukegawa, que je ne connaissais pas. Les descriptions sont particulièrement réussies selon moi, car elles parviennent à aller au-delà de la simple présentation de faits ou de scènes. J'ai du coup très envie de découvrir le reste de son travail, déjà séduite par ce roman!

Quant au film, j'avais également été chamboulée par le travail de Naomi Kawase. Il faudrait que je le revois, maintenant que j'ai le livre en tête, mais de mes souvenirs il me parait très fidèle en terme d'adaptation. L'histoire est bien respectée, tout comme les personnages. Les acteurs proposent une interprétation tout en simplicité et efficacité, transmettant beaucoup d'émotions au spectateur. Les images sont très belles, une jolie découverte!

En bref, que ce soit le film ou le livre, j'ai été séduite par Les délices de Tokyo, deux belles surprises que je recommande si vous cherchez à vous évader un peu cet été!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que ce petit article mêlant cinéma et lecture vous plait, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire! Je vous réponds toujours avec plaisir. On se retrouve très vite pour une nouvelle chronique, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup! :)

AnGee. 

Si vous avez aimé...

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