dimanche 26 avril 2015

Cinq Classiques #3: écrits par des femmes.



Bonjour à tous et à toutes!

Je vous souhaite la bienvenue! Je suis ravie de vous retrouver une fois de plus sur le Livroscope, pour un troisième numéro des Cinq Classiques! Après avoir exploré la science en littérature, puis le thème du mariage à l'occasion de la Saint-Valentin, j'ai choisi, pour cette troisième édition de ce rendez-vous qui me tient très à coeur, un sujet qui m'importe également beaucoup: celui des plumes féminines. Il y a quelques jours, je suis tombée sur une chronique de Diglee (dont je reparlerai plus loin) sur ce thème et du coup j'ai changé mon idée de départ (je pensais vous parler des contes, mais je garde ça sous le coude pour un prochain numéro) pour vous présenter cinq romans classiques écrits par des femmes! En espérant que cet article vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture :).

Les Cinq Classiques, le rendez-vous:
Avant de commencer, petite précision pour ceux qui découvrent ce rendez-vous que sont les Cinq Classiques. Les Cinq Classiques, c'est un rendez-vous que vous pouvez retrouver tous les deux mois sur le blog, et dans lequel je présente cinq classiques sur une thématique particulière. Le but est de vous donner des idées de lecture, mais aussi d'essayer de vous montrer les classiques, qui peuvent faire peur, sous un jour un peu plus accessibles. Si vous souhaitez lire ou relire les précédentes chroniques, je vous laisse suivre le lien ci-dessous!


Pourquoi j'ai choisi ce sujet:
Habituellement, que ce soit pour les mois à thèmes ou pour les cinq classiques, je choisis mes sujets un peu au hasard, en fonction de mon humeur du moment, ou si un sujet me plait particulièrement le moment venu. En ce qui concerne la chronique du jour, j'ai été assez influencée par une chronique publiée par Diglee, dessinatrice bien connue, sur son site il y a quelques jours. Elle y parlait des réactions face à ses lectures, des livres écrits par des femmes. Et elle y fait surtout un parallèle avec l'éducation, et le constat, qui (s'il ne me surprend malheureusement pas) est assez terrifiant, de l'absence d'auteures dans les programmes scolaires, notamment au bac de Français. Du coup, à travers cette petite chronique, j'espère vous donner envie de découvrir quelques auteures :). Et surtout, allez jetez un oeil sur ce que Diglee dit (c'est bizarre à dire, "Diglee dit") ICI. 

Cinq Classiques écrits par des femmes:
Alors je vous préviens tout de suite (et vous devez déjà sûrement vous en douter) avec seulement cinq classiques, je suis loin, très loin de couvrir ne serait-ce qu'une petite portion des auteures féminins. J'ai donc dû faire des choix: les livres que je présente sont donc des classiques, et plus particulièrement des classiques de fiction, parce que c'est ce que je maîtrise le mieux. Je m'excuse donc si je ne cite pas tout le monde, ça serait juste impossible. Histoire d'agrandir cette liste au maximum, je vous invite à laisser en commentaire les noms de vous auteures préférées, qu'elles soient considérées comme classiques ou contemporaines! J'en profite pour en mentionner quelques-unes ici: Joyce Carol Oates, J. Courtney Sullivan, Charlotte Brontë, Agatha Christie ou encore Mary Shelley! 


1) Les Hauts de Hurlevent, de Emily Brontë (1847).
Commençons cette petite sélection avec l'une des trois célèbres soeurs Brontë. J'aurais pu vous parler de Charlotte et de son célèbre roman Jane Eyre, ou de Anne et de son livre Agnes Grey, mais j'ai choisi de vous présenter Emily. Née en 1818, Emily Brontë grandit avec ses soeurs et leur frère Branwell dans le Yorkshire. Très jeunes, les enfants développent des dons artistiques, notamment pour l'écriture. Même si elle a aussi écrit des poèmes, elle est principalement connue pour son roman Wuthering Heights, traduit en français sous le titre de les Hauts de Hurlevent.

De quoi ça parle? 
Les Hauts de Hurlevent raconte l'histoire de la famille Earnshaw. Catherine et Hindley sont des enfants heureux jusqu'au jour où leur père ramène à la maison un jeune bohémien qu'il a décidé d'adopter: Heathcliff. Si Hindley traite Heathcliff avec dédain et dégout, Catherine a d'autres sentiments pour le jeune garçon, sentiments qui sont réciproques. Mais ce qui aurait pu être une belle idylle tourne au drame shakespearien... 

Qu'est-ce que ça donne?
Choisir Wuthering Heights pour commencer une liste sur les plumes féminines est un choix assez cocasse, si on y réfléchit bien, puisque pour faire publier son livre, Emily Brontë a d'abord dû, tout comme ses soeurs, choisir un pseudonyme masculin: Ellis Bell. Pourquoi? Tout simplement parce qu'à l'époque, il était mal vu pour les femmes d'écrire et de se faire publier, alors même que quelques décennies auparavant, Jane Austen le faisait sans problème. Les Hauts de Hurlevent est un roman très puissant, assez violent dans la façon dont les personnages agissent et se comportent. Si vous aimez les personnages torturés sur fond de paysages désolés, ce livre est fait pour vous! Et, au passage, c'est l'un de mes livres préférés de l'univers.


2) Nord et Sud, d'Elizabeth Gaskell (1854).
Le second roman que j'ai choisi de vous présenter est encore une fois un roman britannique écrit à l'ère victorienne. Il s'agit du roman le plus connu d'Elizabeth Gaskell, Nord et Sud (ou North and South dans sa version originale). Née en 1810, Elizabeth Gaskell a publié plusieurs romans, notamment dans le magazine Household Words, crée par Charles Dickens. Elle s'intéresse particulièrement à la société de son temps et traite de sujets comme la vie des femmes où l'industrie.

De quoi ça parle?
Dans Nord et Sud, nous découvrons l'histoire de Margaret Hale, une jeune femme qui a toujours vécu avec sa famille dans le grand air pur du sud de l'Angleterre. Malheureusement, suite à plusieurs problèmes, sa famille doit quitter ce cadre idyllique pour aller s'installer dans le nord, région beaucoup plus industrielle. Un changement radical, entre l'air difficilement respirable et l'entreprise de John Thornton, riche industriel qui prend des cours auprès du père de Margaret et avec lequel elle ne s'entend pas du tout.

Qu'est-ce que ça donne?
Avec mon amie Clélia de la chaîne BrodyBooks, nous avions déjà eu l'occasion de vous présenter ce livre il y a déjà pas mal de temps. Pour beaucoup, Nord et Sud a un petit côté Orgueil et Préjugés dans la façon dont les deux héros John et Margaret se comportent, mais je lui trouve un côté plus "Charles Dickens" dans les thématiques que l'auteure traite. En effet, Elizabeth Gaskell nous livre un regard très précis sur les changements de la société après la Révolution Industrielle, et une bonne partie du roman se focalise sur la condition des ouvriers, les maladies entraînées par le travail, les grèves... Un sujet très intéressant et très bien traité par Elizabeth Gaskell, qui montre que les femmes peuvent écrire des romances bien plus riches qu'on ne le croit. A noter qu'il existe également une mini-série de la BBC très bien réalisée et très fidèle au livre!

3) Chéri, de Colette (1920).
Pour le troisième livre de cette sélection, je vous propose de quitter le Royaume-Uni pour la France, et plus particulièrement pour l'Yonne, où est née Sidonie-Gabrielle Colette, plus connue sous le nom de Colette. Passionnée de littérature dès l'enfance, elle évolue dans un milieu très artistique. Elle est célèbre pour sa série des Claudine, mais aussi pour son roman Le blé en herbe. Aujourd'hui, j'ai choisi de vous parler de Chéri, publié en 1920.

De quoi ça parle?
A presque 50 ans, Léa de Lonval exerce une activité peu commune et très mal vue par beaucoup: elle est courtisane. Elle est depuis quelques temps la maitresse d'un homme beaucoup plus jeune, Fred Peloux, qui est le fils d'une amie courtisane de Léa, et que tout le monde surnomme Chéri. Une passion qui n'est pas sans obstacles...

Qu'est-ce que ça donne?
Chéri est un roman assez court (environ 200 à 250 pages, selon les éditions), qui se lit plutôt vite. C'est d'autant plus rapide que le style est fluide et accessible, un bon point. Avec Chéri, Colette nous présente un portrait de femme assez unique, celui de Léa, un portrait multi-facettes entre l'amante, la femme d'affaires, la femme qui vieillit, l'amie, et l'amoureuse. Mais nous avons aussi le portrait de Chéri, un jeune homme qui se cherche, en quête de plaisirs. Je vous conseille aussi le film de Stephen Frears avec Michelle Pfeiffer et Rupert Friend, sorti en 2009.


4) Mrs Dalloway, de Virginia Woolf (1925).
Retournons au Royaume-Uni pour parler d'une auteure au style un peu plus ardu cette fois-ci: Virginia Woolf. Née en 1882, Virginia Woolf a eu une vie assez mouvementée, entre ses tentatives de suicide, ses maladies mentales, sa sexualité ambiguë et son oeuvre novatrice. Auteure de plusieurs romans comme Orlando, Mrs Dalloway ou The Waves, ainsi que de très nombreux essais notamment sur la position de la femme en tant qu'artiste, elle fait partie des auteurs modernistes les plus importants.

De quoi ça parle?
Le récit évolue au cours d'une seule et même journée. Clarissa Dalloway, une femme d'âge mûr, organise une réception. Dans le même temps, nous suivons Septimus Smith, un jeune homme qui revient de la guerre avec de très lourdes séquelles psychologiques. A travers cette journée, nous suivons ces deux personnages dans des événements qui semblent très banals mais qui révèlent beaucoup plus de choses!

Qu'est-ce que ça donne?
Mrs. Dalloway n'est pas, selon moi, le roman le plus simple à lire de cette liste, en raison du style très particulier de Virginia Woolf, qui suit le cours des pensées des personnages, ce qui peut perdre un peu le lecteur. Mais en s'accrochant, on décroche sous l'apparence d'une banale journée un monde enfoui, plus obscur, où regrets, ambiguité, et sentiments s'entremêlent. Des personnages soignés, une écriture très particulière, et une personnalité unique derrière ce livre. Et si jamais Virginia Woolf vous intéresse, sachez que je vais prochainement chroniquer sur le blog un recueil de ses essais édité chez Folio.


5) L'Amant, de Marguerite Duras (1984).
Pour conclure cette petite sélection, j'ai choisi de vous parler d'une auteure que je considère comme classique, même si certains seraient peut-être en désaccord avec moi. Il s'agit de Marguerite Duras, célèbre auteure française qui est née et a grandit en Indochine (l'ancienne colonie française, pas le groupe avec Nicola Sirkis (car oui, être blogueuse ne veut pas dire avoir de l'humour)). Une enfance qui marque son oeuvre, puisqu'elle évoque souvent son enfance dans ses romans comme Un barrage contre le Pacifique. En 1984, elle reçoit le Prix Goncourt pour son roman L'Amant, dont on va parler à présent.

De quoi ça parle?
Grand succès critique, L'Amant est un roman mettant en scène une jeune fille française vivant en Indochine. L'intrigue se focalise sur la relation qu'elle entretient, alors qu'elle est encore adolescente, avec un Chinois un peu plus âgé et plus fortuné qu'elle. C'est le récit d'une première histoire d'amour sur fond de difficultés familiales que nous livre ici Marguerite Duras.

Qu'est-ce que ça donne?
Au départ, j'avais prévu de vous présenter un roman un peu moins connu de Marguerite Duras, publié en 1958, et qui s'intitule Moderato Cantabile. Puis j'ai changé d'avis pour me tourner vers l'Amant, car avec ce livre se distingue des autres romans de la liste. Tout d'abord parce qu'il s'agit d'un roman autobiographique, ou auto-fiction: les événements racontés sont réellement arrivés à Marguerite Duras, qui est non seulement l'auteure mais aussi du coup l'héroïne. Ensuite, parce que le livre possède de nombreuses thématiques intéressantes: la transgression, la famille, l'adolescence, la passion amoureuse, les interdits... Enfin, il existe également une seconde version de l'histoire, sortie quelques années plus tard, et rebaptisée L'Amant de la Chine du Nord. Je trouve ça plutôt intéressant de pouvoir lire et analyser les deux, deux romans basés sur la même histoire et par la même auteure.  

Et voilà, c'est donc sur Marguerite Duras que se conclue cette petite sélection! J'espère que l'article vous plait, n'hésitez pas à me le faire savoir et également à partager votre propre liste dans les commentaires. J'en profite aussi pour vous annoncer que mon amie Tête de Litote a pour projet de faire une série de vidéos sur sa chaîne YouTube autour des auteures, donc je vous encourage à aller y jeter un oeil! On se retrouve d'ici quelques jours pour une nouvelle chronique, en attendant prenez soin de vous! :)

AnGee Ersatz*



jeudi 23 avril 2015

Cycle Kirsten Dunst #6: Melancholia de Lars von Trier (2011).



Bonjour à tous et à toutes!

Bienvenue sur le Livroscope! J'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique! En ce jeudi, je vous propose de nous retrouver pour l'avant-dernière étape de notre cycle consacré à l'actrice Kirsten Dunst. Le mois dernier, je déclarais mon amour au film Marie-Antoinette, réalisé par Sofia Coppola. Et aujourd'hui, on se retrouve pour parler d'un réalisateur bien connu pour ses films assez controversés: Lars von Trier! En 2011, il sortait le film Melancholia, dans lequel Kirsten Dunst tient le rôle-titre. C'est l'un des films du cycle que j'avais le plus envie de voir! En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture! :)

Le cycle Kirsten Dunst:
Avant d'entrer dans le vif du sujet, petite précision sur le cycle Kirsten Dunst pour ceux qui découvrent le blog ou ce cycle. J'organise depuis maintenant un an et demi différents cycles cinéma autour de réalisateurs, acteurs, ou thèmes qui me plaisent. Après Johnny Depp et Stanley Kubrick, j'ai choisi de m'attaquer à Kirsten Dunst! Avec ce sixième article, le cycle touche presque à sa fin, puisque sept films seront présentés en tout! Si vous souhaitez découvrir les autres chroniques du cycle, je vous laisse suivre le lien ci-dessous!


Lars von Trier, c'est qui?
Commençons par quelques mots sur le réalisateur dont nous allons parler aujourd'hui, le célèbre Lars von Trier. Né le 30 Avril 1956 à Copenhague, au Danemark, il fait des études de cinéma à l'école danoise Danske Filmskole. Dès ses premiers films, il montre sa volonté de se démarquer de l'industrie cinématographique telle qu'elle a été installée par Hollywood. Son style et les thèmes qu'il traite le mettent régulièrement au coeur de controverses et polémiques, comme lors de la sortie des deux volets de Nymphomaniac. Depuis les années 80, il a réalisé plus d'une dizaine de films, de nombreux téléfilms et clips musicaux. Marié, il est père de quatre enfants, et il a été récompensé plusieurs fois pour son travail. Parmi sa filmographie, on retrouve notamment Dancer in the Dark, Dogville, ou encore Antichrist.



Melancholia:
Quelques informations sur le film:



Entrons à présent dans le vif du sujet. Melancholia est un film sorti en 2011, et donc réalisé par Lars von Trier. Tourné au cours de l'été 2010 en Suède, le film propose un casting assez prestigieux, avec Kirsten Dunst dans le rôle principal, Charlotte Gainsbourg dans celui de sa soeur, Kiefer Sutherland dans celui de son beau-frère, Charlotte Rampling et John Hurt dans celui de ses parents, Alexander Skarsgard dans celui de son mari, et Stellan Skarsgard dans celui de son patron. Le budget du film était d'environ 7 millions de dollars, et en Franche, plus de 400 000 spectateurs sont allés le voir en salles. Pour sa prestation, Kirsten Dunst reçut le prix d'interprétation à Cannes en 2011. Je vous laisse ci-dessous la bande-annonce du film!



Résumé:
Justine (Kirsten Dunst) et Michael (Alexander Skarsgard) s'aiment. Et pour concrétiser leur amour, ils ont décidé de se marier. Malheureusement, leur mariage ne se passe pas comme prévu: ils arrivent en retard au repas, et en plus de ça la famille de Justine se chamaille, ravivant des tensions. Petit à petit, Justine va sombrer dans une profonde tristesse, alors qu'une planète du nom de Melancholia s'approche de la terre...

Ce que j'ai pensé du film:
Aujourd'hui, je vous avoue être un peu embêtée. Pourquoi, me direz-vous? Et bien tout simplement parce que je ne sais pas vraiment quoi vous dire au sujet de Melancholia. Et je pense que ça s'en ressent dans ma chronique, un peu plus courte que d'habitude (c'est pas plus mal, d'un côté, ça vous fait moins de choses à lire!). Et si je ne sais pas quoi vous dire, c'est tout simplement parce que je n'ai pas réussi à voir le film jusqu'au bout. Et c'est pas faute d'avoir essayé.

J'ai tenté de voir ce film trois fois, et à chaque fois je n'ai pas réussi à dépasser la première heure du film. La première fois, j'ai pensé que c'était parce que j'étais fatiguée, ou pas dans l'ambiance et j'ai lâché au bout de 40mn. La seconde fois, j'ai tenu un peu plus longtemps, mais je n'arrivais pas à rester accrochée, à rester concentrée. 55 mn. Fatigue? Ennui? La troisième fois, j'ai tout simplement compris que je ne parvenais pas à entrer dans l'univers de Lars von Trier.

Pourtant, le film a beaucoup de qualités: visuellement, j'ai trouvé ce que j'ai vu du film plutôt joli, avec de belles lumières et de beaux plans. J'aime beaucoup le casting (j'adore Kirsten Dunst et Alexander Skarsgard, et je trouve que Charlotte Gainsbourg est une bonne actrice), et les thématiques, comme le mariage, ou la mélancolie m'intéressaient. 

Malheureusement je n'ai vraiment pas réussi à entrer dans le film, malgré mes efforts. Le début est extrêmement lent, et même lorsqu'il y a de l'action, j'avais l'impression qu'il ne se passait rien. Certaines scènes sont interminables (le tout début, par exemple, où les personnages essaient de faire passer une voiture dans un chemin étroit, ne semble jamais vouloir se finir), et l'idée de passer plus de deux heures ainsi me faisait un peu peur.

Je ne pense pas, tout simplement, être le public visé par le film. C'était mon premier Lars von Trier, donc je ne savais pas trop à quoi m'attendre, peut-être aurais-je dû en voir un autre avant. Peut-être qu'à un autre moment, je serais parvenue à accrocher au film, peut-être que ce n'était pas la bonne période... Je ne sais pas. 

Du coup, je termine cette chronique un peu spéciale sur ces mots: le mieux, avec ce film, est d'essayer de le voir vous même pour en tirer votre propre avis! Je pense essayer à nouveau de découvrir Lars von Trier un jour, mais cette première expérience n'était pas franchement concluante!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! Je suis vraiment désolée pour cette chronique un peu plus courte qu'à l'accoutumée, j'espère que vous m'en excuserez! Le mois prochain, nous terminerons notre cycle Kirsten Dunst avec The Two Faces of January, dans lequel elle partage l'affiche avec Viggo Mortensen. On se retrouve d'ici quelques jours pour une nouvelle chronique, en attendant prenez soin de vous! :)

AnGee Ersatz*



lundi 20 avril 2015

Psychic TV présente: Ultimex et les Artistes, de Gad.




Ultimex et les Artistes, par Gad.
Bonus : Glory Owl volume 1 (Gad, Mandrille Johnson, Bathroom Quest...).


Alors que je lisais le prochain ouvrage que je compte chroniquer et qui est « un peu » long et dur à appréhender, j'ai trouvé par le plus grand hasard un ouvrage que je ne pensais trouver autrement que sur Internet.
Je vais donc en faire la chronique, même si vous pouvez lire la BD en ligne, et il s'agit, comme vous l'avez vu dans le titre, de retrouver Ultimex.
Souvenez vous, l'homme au grand Oeil, bagarreur, flambeur, frimeur, aimant à femmes, accompagné de son fidèle sidekick Steve, son « faire valoir » aux penchants bizarres abonné à la friendzone.

Ici, il ne s'agit plus d'une compilation décousue de strips, mais d'une histoire complète qui reprend intégralement la trame de la saison 6 du blog dédié à la BD, appelée donc les artistes. La voici :
Même si vous pouvez donc lire l'intégrale de l'histoire en ligne, j'ai personnellement choisi d'acheter le livre pour ma bibliothèque, autant pour soutenir l'auteur de la BD qu'encourager la publication des potentielles histoires ultérieures.

Au niveau du scénario, Steve est invité à une soirée dans un quartier miteux chez des « artistes », très stéréotypés de l'arty-hipster aux manières condescendantes et faisant de l'art moderne « transgressif et qui est incompris par les béotiens, t'vois... »...Ultimex sera invité, et pendant que Steve se sent prêt à leur financer leur expo, Ultimex, entre deux bons/mauvais coups, flaire l'arnaque créée par Alex, le « chef » de ces artistes...

L'humour y est toujours aussi corrosif, cynique, glauque, avec de nombreux sous entendus plus ou moins explicites. Tout comme la précédente chronique sur Ultimate Ultimex, elle s'adresse au même public averti qui est conscient de ce qu'il va lire ; Egalement, si vous voulez offrir une histoire drôle à quelqu'un ne supportant guère la mentalité de ces artistes, vous avez trouvé le cadeau idéal.

Même si vous pouvez la lire en ligne, le livre est lui même fourni avec une édition de plutôt bonne qualité, et m'a fait beaucoup rire, même si j'avais déjà lu l'histoire il y a un petit bout de temps.
Et comme cette chronique est hélas assez courte à mon goût, étant donné que les arguments sur le style de dessin et l'humour sont presque les mêmes qu'Ultimate Ultimex, je vous parle en plus de Glory Owl, Volume 1, une bande dessinée plus modeste faite par plusieurs artistes dont Gad. 

Des strips à l'humour comparable, avec des personnages revenant parfois (Le Dr.Pute, notamment), même si cela tourne parfois au mauvais goût (je pensais par exemple au Grand-Père et sa petite fille), il y a plusieurs styles et tout s'ancre dans un méli-mélo de strips qui vous feront rire...même si tout le monde n'aurait pas la même réaction.

En ce qui concerne Ultimex et les artistes, il n'y a pas de réelle importance si l'on lit ça avant ou après Ultimate Ultimex. Vous pouvez même lire les deux simultanément.
C'est pareil pour Glory Owl, dont une suite est prévue, me semble t'il. Ce sont des bandes dessinées sans réelle timeline, donc à lire et à relire sans modération !

Pour ma part, je retourne à la lecture pour ma prochaine chronique (et faut que je me motive), et d'ici là, je vous laisse avec Tonton Ultimex qui vous apprendra à survivre aux attaques d'un tueur à gages et qui vous révèlera le succès d'un cocktail à base d'essence, fluides corporels, et vodka.

Psychic TV.

jeudi 16 avril 2015

Masse Critique Babelio: Snow Queen de Michael Cunningham.



Bonjour à tous et à toutes!

Aujourd'hui, c'est Vendredi, et je vous souhaite la bienvenue sur le Livroscope! J'espère que vous allez bien, et que l'approche du week-end vous réjouit. Je suis ravie de vous retrouver pour une toute nouvelle chronique. Après la Lecture Commune sur L'île des oubliés, je vous propose aujourd'hui de découvrir une nouvelle lecture que j'ai lue récemment grâce à l'une des Masses Critiques spéciales organisées par le site Babelio, dont j'ai déjà parlé à plusieurs reprises sur le blog. Ce livre, paru il y a quelques semaines chez Belfond, s'intitule Snow Queen, et il a été écrit par le célèbre auteur américain Michael Cunningham, que je connaissais déjà pour The Hours, une réécriture très originale de Mrs Dalloway de Virginia Woolf. En vous souhaitant une bonne lecture, j'espère que cet article vous plaira :) 

La Masse Critique de Babelio, c'est quoi?
Avant de vous présenter Michael Cunningham et Snow Queen, je tenais à vous dire quelques mots sur la Masse Critique. Régulièrement (environ une fois par mois), le site communautaire Babelio propose à ses membres de recevoir un livre en échange d'une critique à poster sur leur site. Avoir un blog n'est pas une nécessité, il suffit de poster son avis directement sur la fiche du livre en question. De temps en temps, le site organise également des Masses Critiques spéciales, où seul un livre est proposé. C'était par exemple le cas pour Snow Queen. Si vous souhaitez découvrir Babelio ou le fonctionnement de la Masse Critique, je vous laisse suivre le lien ci-dessous, qui vous mènera vers le site!


Quelques mots sur Michael Cunningham:
Entrons à présent dans le vif du sujet, avec une petite présentation de notre auteur du jour, Michael Cunningham. Né en 1952 à Cincinnati, dans l'Ohio, il grandit en Californie, il fait ensuite ses études à l'université Stanford, près de San Francisco, puis à l'université de l'Iowa, en se spécialisant dans la littérature. Il devient professeur, et publie ses premiers travaux dans différents magazines. Après avoir publié plusieurs romans et nouvelles, c'est en 1998 qu'il connait son premier grand succès avec The Hours, roman ré-écrivant le classique culte Mrs Dalloway de Virginia Woolf. Avec ce roman, qui fut ensuite adapté au cinéma avec Nicole Kidman et Meryl Streep, il remporte le prix Pulitzer. Depuis, il continue d'écrire. Il vit depuis plusieurs années avec son compagnon et milite contre le Sida. Je vous laisse ci-dessous le lien vers son site personnel, sur lequel vous pourrez découvrir davantage d'informations sur son travail. 


Snow Queen:
Résumé:
2004. C'est l'hiver à New York. Barrett vient une fois de plus de se faire plaquer via un simple SMS. Alors qu'il est complètement dérouté, il aperçoit une lumière étincelante qui le chamboule profondément. 
De retour chez lui, il retrouve son frère aîné, Tyler, un musicien drogué qui peine à gagner sa vie, et la fiancée de se dernier, Beth. Beth est atteinte d'un cancer qui l'affaiblit grandement et la tue à petit feu. Beth et Tyler ont prévu de se marier d'ici quelques mois.
Par la suite, le roman suit l'avancée de la vie de ses deux frères très liés l'un à l'autre... 

La relation entre deux frères:
Déjà avec The Hours, Michael Cunningham a montré son talent pour présenter plusieurs personnages, leur psychologie, leurs attentes, leur passé et leur présent. Ici, il s'attache à développer la relation entre deux frères.
D'un côté, nous avons Barrett, qui ouvre le livre. Barrett est présenté comme un homme extrêmement intelligent et cultivé, assez charismatique, et qui a un certain succès auprès des hommes. Un succès limité dans le temps, car il passe de relation en relation, à son grand désespoir. L'autre problème de Barrett, c'est que malgré ses capacités et ses études, il a du mal à trouver ce qu'il veut faire et qui il est réellement.

Tyler est l'aîné de Barrett. Physiquement, il est assez différent de son cadet, mais Michael Cunningham précise qu'il est tout de même possible de voir la ressemblance entre les deux. Tyler est musicien, il joue de la guitare, mais a du mal à percer dans ce milieu assez fermé. Lorsque le roman commence, il est d'ailleurs en pleine création artistique: il essaie de composer une chanson pour son mariage avec Beth, sa petite amie de longue date. Il est très investi dans sa relation à la jeune femme, notamment depuis que son cancer s'est déclaré, un cancer qui a chamboulé leur quotidien et leur relation. Tyler a également un penchant pour la drogue. 
Tyler et Barrett ont perdu leur mère assez tôt, alors qu'ils étaient encore des enfants, et se sont forgés depuis une relation très forte. Ils vivent ensemble, même si Beth est installée avec Tyler et partagent tout. 
Les autres personnages présentés sont tous des proches des deux frères: nous avons par exemple Beth, ou Liz, une de leurs amies, ou encore Andrew. Ils sont tous présentés dans leur relation avec les deux frères ou sous le spectre de ce qu'ils pensent de leurs amis.

Une apparition qui hante les pages:
Snow Queen. Voilà un titre assez mystérieux, et qui peut évoquer tout un tas de choses. Pour ouvrir son roman, Michael Cunningham cite d'ailleurs un extrait du conte la Reine des Neiges d'Andersen. En réalité, Snow Queen fait écho à l'apparition très particulière que Barrett, l'un de nos héros, découvre complètement par hasard. Une lumière éclatante, vraiment particulière, dont la fugacité le chamboule des pieds à la tête. 
Cette lumière, si elle n'apparait qu'une seule fois, pendant un très court instant, laisse une trace durable dans la vie de Barrett. A plusieurs reprises à travers le livre, à travers les années, on peut constater que Barrett pense encore très souvent à cette expérience unique, qu'il essaie de faire partager et de faire comprendre à ses proches. 
L'apparition (mais je peux me montrer) me fait fortement penser à la notion d'épiphanie que l'on retrouve notamment dans les écrits de James Joyce, comme dans les nouvelles Dubliners. L'épiphanie, terme à forte connotation religieuse, est pour lui un moment très particulier, provoqué par un objet, une vision, bref un moment où l'individu a une prise de conscience extrêmement forte qui change sa perception du monde ou de lui-même. Quelque part, on retrouve un peu cette thématique ici, puisque la vision de cette lumière provoque chez Barrett de nombreux questionnements...

Ce que j'en ai pensé:
C'est l'année dernière que j'ai eu l'occasion de découvrir pour la première fois Michael Cunningham, grâce à l'un de mes cours, consacré aux romans Mrs Dalloway et The Hours. Un cours que j'avais beaucoup aimé, tout comme The Hours, que j'ai trouvé spectaculaire tant au niveau de l'écriture, que de l'histoire et de la ré-écriture de l'oeuvre originale. Du coup, j'étais vraiment contente à l'idée de lire un autre roman de Michael Cunningham, histoire de voir si j'allais également apprécier ce nouveau roman. Et si Snow Queen n'a pas été un coup de coeur pour moi, j'ai été charmée par cette lecture assez particulière et que je n'oublierai pas de sitôt.

Commençons par l'intrigue. Je dois avouer qu'elle est assez surprenante, non pas dans ce que l'auteur raconte mais plutôt dans la façon dont il a choisi de la raconter. En effet, nous sautons d'événements en événements, qui se déroulent à plusieurs mois, voire même plusieurs années d'intervalles. Nous commençons en 2004, puis nous arrivons en 2006, avant d'arriver en 2008. A chaque fois, on se concentre sur une seule journée, sur quelques heures, mais à travers ce temps très court, on s'aperçoit que tout nous est dit, que quelques instants suffisent à beaucoup nous en apprendre sur les protagonistes. 

En parlant de ces protagonistes, j'ai beaucoup aimé Barrett et Tyler. Ils ont une personnalité qui me plait beaucoup, et j'ai aimé les suivre ainsi que leurs amis. J'ai particulièrement apprécié la relation qui les unit, une relation fraternelle très forte. Je trouve que Michael Cunningham est vraiment doué pour créer des personnages réalistes et intéressants. 

Le roman aborde plusieurs thématiques, dont fait partie la relation fraternelle, et la famille en général. On retrouve également en filigrane la politique, puisque certains des moments choisis se déroulent lors des élections de 2004 et de 2008. L'amour et l'amitié sont abordés, à travers la façon dont les relations des différents personnages évoluent à travers le roman. Ce que j'ai personnellement préféré dans le livre, c'est le développement du thème de la création artistique, à travers le personnage de Tyler, musicien, qui cherche les bons mots, la bonne partition pour réaliser un véritable chef d'oeuvre. 

Pour terminer, je tenais à parler de ce qui est selon moi le gros point fort du livre: le style de l'auteur. J'avais déjà adoré cet aspect dans The Hours, et j'étais vraiment heureuse de retrouver la plume de Michael Cunningham une fois de plus. Son style est très fluide, il a une écriture que je trouve très poétique et très travaillé, qui convient parfaitement à l'histoire qu'il nous raconte. Les chapitres sont courts, et j'ai vraiment eu la sensation de lire quelque chose de beau. A noter cependant quelques couacs dans la traduction (passer de Big Betty à Grosse Betty, par exemple).



En bref, la lecture de Snow Queen a été pour moi très agréable, et j'ai passé un bon moment avec ce livre qui me donne envie de poursuivre ma découverte de Michael Cunningham. Néanmoins il me manquait quand même ce petit quelque chose qui aurait transformé ce livre en coup de coeur.

Si jamais Michael Cunningham vous intéresse, je vous recommande fortement The Hours en premier lieu, ainsi que son adaptation cinématographique. Sur cette note, il est temps d'achever cette petite chronique! J'espère qu'elle vous a plu, si c'est le cas n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire. On se retrouve d'ici quelques jours pour une nouvelle chronique, en attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup!

AnGee Ersatz*


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