jeudi 18 septembre 2014

Baby Challenge #13: Bride Stories de Kaoru Mori (tome 1).




Bonjour à tous et à toutes !

Bienvenue sur le Livroscope ! J’espère que vous allez bien, je suis ravie de vous retrouver aujourd’hui pour vous tenir compagnie avec une toute nouvelle chronique ! Après un petit mois de pause, j’ai décidé de me replonger dans le Baby Challenge Manga, organisé par Livraddict, et auquel je participe depuis plusieurs mois. La dernière fois, je vous avais parlé de l’univers de pirates de la saga One Piece, mais aujourd’hui c’est vers un horizon bien différent que je vous propose d’aller. En effet, nous allons aujourd’hui parler du premier tome de Bride Stories, un manga de Kaoru Mori ! Bonne lecture à tous :)

Le Baby Challenge Manga sur le blog!
Avec cette chronique, j’atteins ma treizième lecture pour le Challenge, organisé par Livraddict, et mon objectif est d’arriver à lire les vingt titres de la liste ! En attendant d’y parvenir, je vous laisse ci-dessous le lien qui vous mènera vers les précédentes chroniques réalisées pour ce Challenge !


Kaoru Mori, c'est qui? 
A présent, penchons nous sur notre mangaka du jour, Kaoru Mori !



Née en 1978 (elle fête d’ailleurs son anniversaire aujourd’hui) à Tokyo, capitale du Japon, elle commence à s’intéresser au manga assez tôt, et privilégie les sujets sérieux. Sa première série, Emma, se déroule en Angleterre à la fin de l’ère victorienne, et raconte l’histoire d’une jeune servante. Elle publie ensuite Shirley, en 2003, puis commence en 2008 à travailler sur sa série la plus connue, Bride Stories. Kaoru Mori choisit le plus souvent de travailler autour de personnages féminins, et se distingue par un style assez particulier. Son travail a été plusieurs fois récompensé : elle reçut par exemple le prix d’excellence au Japan Media Art Festival, pour Emma, et plus récemment Bride Stories fut récompensé à Angoulême.

Bride Stories:
Quelques informations sur le manga:
Il est maintenant temps de nous attaquer à Bride Stories, la série la plus connue de Kaoru Mori !
Démarrée en 2008, cette série est publiée au Japon sous le titre de Otoyomegatari par la maison d’éditions Enterbrain (dont je trouve le nom génial au passage), qui travaille aussi autour du jeu vidéo et du jeu de rôle. En France, c’est Ki-oon qui se charge de publier les différents volumes, six pour l’instant, de Brides Stories.
De type seinen, Bride Stories se déroule en Asie Centrale. La mangaka Kaoru Mori semble avoir fait beaucoup de recherches pour son travail, que ce soit pour les costumes, ou pour parler des coutumes de l’univers choisi.
Le manga séduit les critiques et connaît un joli succès dans les librairies. Pour l’instant, il n’a pas été adapté en anime, mais pour ceux qui aiment les belles éditions, il existe apparemment une version grand format du manga !

Résumé du tome un:
L’histoire se déroule au 19ème siècle, en Asie centrale. Amir a 20 ans, c’est une jolie jeune femme qui va se marier dans le village voisin. Son mari, c’est Karluk, un jeune homme…. De 12 ans ! Commence alors l’histoire d’Amir pour se faire accepter par sa belle-famille, pour nouer des liens avec son tout jeune mari, alors que sa famille prend soudainement la décision de la récupérer pour la marier à un homme plus puissant…

Amir et Karluk, un couple... atypique.
Avec ce premier tome de Bride Stories, Kaoru Mori nous introduit à divers personnages avec les deux familles, mais c’est surtout le couple central qui est mis en avant.



D’un côté, nous avons Amir, une très jolie jeune femme. Elle a vingt ans, elle est déjà adulte. De l’autre, nous avons Karluk, 12 ans qui lui est encore un enfant, préoccupé par des choses d’enfants. C’est donc un mariage et un couple assez particulier que nous offre la mangaka. Il n’est évidemment pas question de sexe entre les personnages, qui pour l’instant doivent d’abord s’apprivoiser. Ce premier tome nous présente les liens naissants entre les deux mariés, qui partagent des activités et se découvrent petit à petit. Amir apparaît comme une grande sœur auprès de Karluk, qui semble très intrigué par la jeune femme.
Amir parvient à se faire apprécier de sa belle-famille grâce à sa grande gentillesse et son attitude, sa douceur et son calme, mais une menace pèse quand même la jeune femme : sa propre famille…

Un univers de traditions :
Avec Emma, Kaoru Mori choisissait d’emmener ses lecteurs en Angleterre victorienne. Ici, elle nous entraîne dans un tout autre univers puisque l’histoire se déroule en Asie centrale, au 19ème siècle. Autant vous le dire tout de suite, ce n’est pas du tout un monde que je connais et maîtrise, donc je ne sais pas dans quelle mesure ce que nous présente Kaoru Mori en ce qui concerne la vie et les habitudes des personnages est vrai, mais on peut quand même noter qu’elle s’est appliquée à produire un monde très particulier, où les traditions sont très importantes.
On peut par exemple noter les costumes, très particuliers et enrichis d’une foule de détails, ou les coutumes comme la chasse, par exemple. Amir apprend à sa belle-famille des choses différentes et le lecteur est amené à découvrir aussi ces coutumes.
Mais les traditions/coutumes ne sont pas toujours super fun : en effet, on constate, comme ailleurs et à d’autres époques (c’est un élément que j’avais mentionné par exemple dans le précédent article, consacré à The Other Boleyn Girl, un livre qui se déroule à l’ère d’Henry VIII en Angleterre) que le mariage est ici soumis à des besoins très précis d’alliances et de puissances. Par le mariage, les familles doivent acquérir une reconnaissance sociale plus importante, une plus grande puissance, créer des liens… Par Amir, c’est ce que sa famille cherche à faire, en n’hésitant pas à décider de rompre les liens déjà noués. Il y a bien un échappatoire, mais que je vous laisse découvrir…

Un visuel époustouflant:
A plusieurs reprises lors de cette chronique j’ai évoqué le travail visuel de Kaoru Mori, travail récompensé de multiples fois et qui se veut très détaillé. Comme j’ai personnellement trouvé son trait superbe, j’ai décidé de vous laisser l’admirer avec quelques-uns de ses dessins.





Mon avis sur ce manga:
Lorsque j’ai commencé le Baby Challenge en Janvier, mon objectif était d’élargir un peu mes horizons en matière de manga, étant donné que mes connaissances se limitaient à quelques grands titres shonen et shojo. L’avantage de Baby Challenge, c’est que la sélection est très variée et fait vraiment découvrir des univers très différents, comme celui de Bride Stories. J’étais assez intriguée par sa couverture et son synopsis, et j’avais hâte de lire ce premier tome. Bilan des courses ? Une très jolie lecture !

 Une jolie lecture car pleine de découvertes, tout d’abord en ce qui concerne l’histoire et l’univers de Bride Stories. Si vous suivez un peu mon blog ou ma chaîne, vous savez que mes goûts sont très orientés vers la culture anglo-saxonne, les auteurs classiques victoriens, la SF… Bref, des univers très éloignés de celui de Bride Stories. Du coup, cette lecture m’a fait découvrir un monde que je ne connaissais pas, et auquel je ne me serais peut-être pas intéressée sans ce Challenge. J’ai envie d’en connaître davantage, et c’est un bon point. J’ai envie de faire des recherches sur l’Asie centrale à cette époque, pour voir comment la mangaka a travaillé.

L’histoire est aussi très loin de ce que j’ai l’habitude de lire, mais elle est intéressante, bien menée, avec un petit suspens final pas dénué d’intérêt. Je vais lire la suite sans hésitation pour découvrir ce qu’il va arriver à Amir et Karluk, ainsi qu’aux autres personnages !

En parlant des personnages, là aussi j’ai vraiment beaucoup aimé ce qu’on nous propose. Amir et Karluk sont tous les deux extrêmement touchants, captivants, et la relation qu’ils entretiennent est un ressort important du livre. Ma préférence va à Amir, dont le caractère me plait beaucoup ! Je n’ai pas parlé des autres personnages, mais j’ai aussi apprécié la famille de Karluk.

Enfin, ma grosse découverte va à Kaoru Mori. Mon dieu, son travail est juste magnifique ! Ne serait-ce qu’au niveau visuel, le manga vaut la peine d’être lu. J’ai trouvé son travail magnifique, bourré de détails, et les expressions faciales des personnages sont très riches. Elle a vraiment une façon de dessiner unique et j’en suis tombée amoureuse !

Pour cette dernière raison, j’attribue un coup de cœur à ce premier tome, et j’espère lire la suite prochainement !


Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui, j’espère que cet article vous a plu, n’hésitez pas à me laisser votre avis en commentaire ! On se retrouve d’ici quelques jours pour une nouvelle chronique, en attendant prenez soin de vous !

AnGee Ersatz*



mardi 16 septembre 2014

The Other Boleyn Girl, de Philippa Gregory (+ adaptation de Justin Chadwick).




Bonjour à tous et à toutes!

J’espère que vous passez une bonne semaine et que vous allez bien! Après quelques problèmes de connexion dans ma nouvelle résidence, je suis ravie de vous retrouver enfin pour un article un peu spécial, puisqu'il va combiner plusieurs de mes amours: celui de la littérature, évidemment, puisque nous allons parler d'un roman, mais aussi celui du cinéma avec un petit point sur son adaptation, celui de l'Histoire car c'est un roman historique, et enfin celui de l'Angleterre puisque c'est là que se déroule l'action. Mais quel est donc le livre qui combine tous ces sujets? Et bien il s'agit de The Other Boleyn Girl (traduit en français sous le titre de Deux soeurs pour un roi), roman de Philippa Gregory publié en 2001. J'ai eu l'occasion de le lire très récemment et je n'ai pas résisté à l'envie de vous en parler! Je vous souhaite une très bonne lecture de cet article, en espérant qu'il vous plaise :)


Philippa Gregory, c'est qui?
Commençons tout d'abord par nous pencher sur notre auteure du jour, à savoir Philippa Gregory!
Née en 1954 au Kenya, elle passe son enfance au Royaume-Uni et fait des études de journalisme à Cardiff. Elle commence à travailler dans cette filière, avant de reprendre des études à Edimbourg, dans le domaine de la littérature cette fois. C'est ainsi qu'elle se lança dans l'écriture: son premier roman, Wideacre, fut publié en 1987. Philippa Gregory écrit principalement de la fiction historique, et a consacré une partie de ses romans à la dynastie des Tudors avec The Other Boleyn Girl en 2001, ou The Virgin's Lover en 2004. Elle a également publié des livres pour enfants et participe fréquemment à des émissions de radio pour parler des Tudors.

Si vous souhaitez en savoir plus sur elle, je vous conseille d'aller visiter son site internet, dont le lien est posté ci-dessous!



The Other Boleyn Girl:
Résumé:


Nous voilà en pleine époque des Tudors. Henry VIII gouverne sur l'Angleterre avec son épouse Catherine d'Aragon. Mais la reine est incapable de lui donner un fils. Perturbé à l'idée de laisser le pays sans descendance, le roi commence à tourner son regard vers des jeunes filles qui pourraient combler ses attentes... C'est alors qu'il croise le chemin de Mary Boleyn, une jeune fille déjà mariée mais dont la beauté attire le roi. Dans l'ombre, les Boleyn enchaînent les manipulations pour faire tomber le roi dans les filets de la jeune fille, dont la soeur ainée, Anne, n'est jamais très loin....


Anne Boleyn
Pour la petite Histoire...
Avec The Other Boleyn Girl, Philippa Gregory nous livre un roman historique autour d'un roi assez mythique: Henry VIII! Ce roi, dont l'Histoire a été remise à la mode par la série en quatre saisons The Tudors, est réputé pour ses multiples mariages, dont certains ont très mal fini, et il est même parfois surnommé Barbe-Bleue, en parallèle avec le conte du même nom.
Mais l'auteure choisit ici de nous faire découvrir non pas le roi lui même, mais plutôt deux femmes qui l'ont côtoyé: Mary et Anne Boleyn. La seconde est probablement la plus connue, puisqu'elle épousa Henry, renversant au passage le pouvoir catholique en Angleterre (le pape refusait de reconnaitre le divorce entre Henry et sa précédente épouse, l'empêchant de se marier avec Anne). Elle donna naissance à l'une des souveraines les plus célèbres du royaume, Elizabeth. Malheureusement, son destin fut plutôt tragique puisqu'elle finit décapitée sur ordre du roi, accusée de tout un tas de choses, dont, notamment, d'inceste. 
Anne est plutôt mise au second plan dans The Other Boleyn Girl, pour laisser davantage de place à, justement, l'autre fille Boleyn, que l'on connait moins: Mary. Il est reconnu que Mary fut également maîtresse du roi, même si elle ne devint jamais son épouse ou sa reine, mais elle est restée dans l'ombre de sa soeur pendant des siècles. Avec une version romancée des faits et de sa vie, Philippa Gregory la remet en avant dans son roman...

Anne et Mary, une relation complexe:
Dès le titre (qu'il soit anglais ou français, d'ailleurs) le lecteur est introduit à l'un des éléments phares du livre: la relation entre les deux soeurs, et plus particulièrement la jalousie entre elle. 
Mary et Anne sont décrites comme étant physiquement très différentes l'une de l'autre, différences reprises dans le film. Anne est brune, Mary est blonde. Les différences se poursuivent dans leurs façons de comporter, l'une étant extravertie, l'autre plus réservée. La première est ambitieuse, la seconde est attachée à la campagne et à la nature. Néanmoins, malgré ces différences, elles semblent entretenir une relation très forte, relation que l'on retrouve également avec le frère, George, puisqu'ils forment une trio que tout le monde connait. 



Si une jalousie existe depuis toujours, comme dans de nombreuses fratries (on peut citer East of Eden, ou même la Bible en exemple), elle s'accentue avec les années, lorsque Mary se marie puis lorsqu'elle attire l'attention du roi. Anne ne veut pas être en reste, Anne ne veut pas être derrière. Anne ne veut pas être "l'autre soeur Boleyn". 
Une jalousie augmentée par les manipulations familiales. L'oncle et le père des deux soeurs complotent, calculent, manipulent dans le dessein de conduire le roi dans le lit des filles. Ce n'est pas l'argent, le titre ou la terre qui amène ici à la reconnaissance, c'est le sexe qui apporte les titres et une ascension dans la société. D'où le rôle capital des deux soeurs...
  
Ce que j'ai pensé du livre:
Grâce à mes études, j'ai pu étudier à plusieurs reprises la monarchie britannique, et c'est vraiment un aspect de l'Histoire qui me passionne. Et si il y a bien une dynastie qui me fascine plus que tout, c'est bien celle des Tudors. Avec des monarques comme Elizabeth, ou Henry VIII, l'Histoire de cette famille a de quoi être intéressante! Je n'hésite pas à lire et regarder tout ce qui touche aux Tudors, comme la série éponyme, et du coup The Other Boleyn Girl avait tout pour attirer mon attention! Qu'ai-je donc pensé de ce livre après l'avoir terminé? Et bien The Other Boleyn Girl fut pour moi une bonne lecture, même si ce n'est pas un coup de coeur.

Commençons par les points positifs, et ils sont nombreux! Le premier point que j'ai trouvé intéressant concerne la narration: en effet, Philippa Gregory choisit de faire non pas d'Anne, la soeur Boleyn que tout le monde connait, mais de Mary la narratrice. Il est vrai que l'Histoire a surtout retenu Anne, c'est elle qui est mise en avant par la plupart des livres et des adaptations, et j'ai donc été ravie d'avoir Mary comme narratrice: cela me donne envie de me pencher davantage sur elle, cette femme que je connais très peu, et sur son histoire.

La narration m'entraîne sur un deuxième aspect du livre: les personnages. C'est franchement un des éléments que je préfère ici, car l'auteure parvient à tous les rendre intéressants, sans exception! Chacun a sa personnalité, son caractère, ses bons et mauvais côtés, et j'ai beaucoup aimé le développement de certains d'entre eux. En ce qui concerne le duo principal, Anne et Mary, elles fascinent par la relation complexe qu'elles entretiennent et par leurs visions différentes des choses. J'ai également un petit coup de coeur pour William Stafford, en raison de son petit côté chevaleresque.

L'intrigue est aussi très bien menée, avec beaucoup de rebondissements: même si on connait l'issue finale de l'histoire, ce qui était mon cas, il reste quand même pas mal de retournements de situation. J'ai aussi été captivée par le côté "manipulation", tout est calculé au poil près, c'est incroyable! Mon seul petit bémol, et qui fait que le livre n'est pas totalement un coup de coeur, c'est qu'il est quand même pas mal long et contient des longueurs. Dans l'ensemble, rien de bien dramatique, mais il y a quelques passages un peu lassants.

Beaucoup de thématiques sont développées dans ce roman, ce qui le rend encore plus intéressant. Comme le montre le titre, nous avons évidemment comme fil rouge le thème de la jalousie entre les deux sœurs, une jalousie qui évolue à travers les pages et qui entre plusieurs fois en conflit avec l’affection qu’elles ressentent l’une pour l’autre. J’ai trouvé passionnant l’aspect « manipulation », tout est calculé, étudié… La question de la succession est aussi abordée, à travers Henry VIII et son besoin d’avoir un héritier mâle, mais aussi à travers les deux sœurs et leur descendance. L’homosexualité, à travers le personnage de George Boleyn, la religion, la vie à la cour et à la campagne, voilà encore différents thèmes que l’auteure aborde dans son livre.

En somme, The Other Boleyn Girl est une lecture que je ne regrette pas, et je pense que je relirai le livre de temps en temps dans les années à venir ! Il me donne vraiment envie de me pencher davantage sur Mary Boleyn, que l’Histoire a mis de côté par rapport à sa sœur, et aussi de me replonger dans la série The Tudors ! Si vous aimez cette période historique, n’hésitez pas à jeter un œil à ce livre, je pense m’intéresser à ce que Philippa Gregory a écrit d’autre J

The Other Boleyn Girl, le film:
Quelques informations sur le film:



A présent, je vous propose de passer à la seconde partie de l’article, celle consacrée à l’adaptation de The Other Boleyn Girl. Sortie en 2008, elle a été réalisée par Justin Chadwick, réalisateur connu entre autres pour avoir travaillé sur le biopic sur Mandela sorti l'an passé.  Le film nous propose un casting assez impressionnant, même si certains des acteurs qu’on retrouve dans The Other Boleyn Girl n’étaient pas aussi célèbres à l’époque qu’ils le sont maintenant. Pour le duo principal, nous retrouvons Natalie Portman (Black Swan, Star Wars) dans le rôle de Anne Boleyn ; Mary est quant à elle jouée par Scarlett Johansson. Eric Bana interprète Henry VIII, et on retrouve un jeune Benedict Cumberbatch dans la délicate position de l’époux de Mary. Enfin, William Stafford est lui joué par le non moins tout jeune Eddie Redmayne, un acteur que j’aime également beaucoup.
Le budget du film fut de 35 millions, et il rapporta plus de 75 millions en salles, ce qui en fit un joli succès.
Je vous laisse ici avec la bande-annonce du film !



Mon avis sur le film:
Depuis très longtemps, je m’intéresse à l’Histoire du Royaume-Uni, et j’aime beaucoup voir les films, séries ou lire les livres qui s’y rapportent. J’avais donc vu une première fois The Other Boleyn Girl (en français, Deux sœurs pour un roi) il y a pas mal d’années, et j’en avais gardé un assez bon souvenir. J’ai revu le film pour préparer cette chronique, mais je dois dire que mon avis est un peu plus mitigé que lorsque je l’avais vu la première fois.

Commençons par l’intrigue. Grosso modo, elle suit dans les grandes lignes celle du roman ainsi que l’Histoire. Néanmoins, on peut noter qu’il y a de nombreux passages du livre qui sont ici omis. Même si je peux comprendre que ce soit le cas, étant donné la longueur du matériau de base et la difficulté au cinéma « tout public » de sortir des films qui durent plus de 2h30, j’ai trouvé qu’il manquait des aspects essentiels du roman : par exemple, Philippa Gregory nous rappelle fréquemment le bonheur que Mary ressent lorsqu’elle est à la campagne, loin de la cour, et ici cet aspect est totalement balayé. On a l’impression que le film, au contraire du roman, se focalise davantage sur Anne que sur Mary. Dommage !

Ensuite, toujours concernant l’intrigue, je dois avouer que le film manque pas mal de repères. On a l’impression que l’histoire se passe sur quelques mois, ou un ou deux ans, alors qu’en réalité elle s’étend sur une plus longue durée : aucune date n’est donnée (contrairement au livre, encore une fois), les personnages ne vieillissent pas vraiment physiquement. Le résultat, c’est que ça casse un peu certains moments : par exemple, je n’ai pas vraiment ressenti la frustration des personnages qui attendent des années et des années pour se marier, ou pour arriver au trône. Alors que c’est l’un des moteurs de l’histoire !

Il y a aussi des éléments qui sont étrangement traités dans le film : le pauvre William Carey, mari de Mary, disparaît comme ça, pouf, on ne sait pas ce qui lui arrive, et c’est la même chose pour son enfant, qu’on n’évoque plus une fois sa naissance passée.

Enfin, mon dernier point négatif va au casting, et plus particulièrement à deux acteurs : Natalie Portman et Eric Bana. Je ne les trouve absolument pas convaincants dans la peau d’Anne Boleyn et d’Henry VIII. Eric Bana joue ici un Henry VIII que je trouve extrêmement lisse, avec une palette d’émotions très limitées. Et Natalie Portman, que pourtant j’aime beaucoup, ne parvient pas à me donner la sensation qu’elle est la femme sensuelle, manipulatrice, ambitieuse qu’est supposée être Anne Boleyn dans ce film. Elle a quelques scènes qui rendent le personnage un peu plus intense, mais à part ça… Je trouve Jonathan Rhys Meyer et Natalie Dormer mille fois plus efficaces et convaincants dans les mêmes rôles !

Même si je me montre assez négative ici, je dois quand même souligner quelques points agréables dans ce film. Tout d’abord, en ce qui concerne les décors et les costumes : j’ai trouvé qu’ils étaient réussis, en particulier les costumes, qui montrent bien les différences entre Anne et sa sœur, notamment au niveau des couleurs. La musique me plait aussi beaucoup, ainsi que certains choix de lumière: par exemple, la lumière dans les scènes où Mary apparaît est très souvent dorée, comme pour refléter son caractère. Un choix que j’ai aimé.

Le reste du casting est aussi plutôt réussi et convaincant : j’ai été contente de retrouver Benedict Cumberbatch et Eddie Redmayne, et j’ai trouvé Scarlett Johansson assez bonne. Ma préférence va à Kristin Scott Thomas, dont je connais pourtant très peu le travail, assez peu présente dans le film mais dont les expressions faciales sont terribles.

Pour conclure, je pense que The Other Boleyn Girl est un film sympathique, qui tient quand même la route et que j’ai été contente de regarder, mais certains aspects me semblent quand même trop bancals à mon goût.

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cet article vous a plu, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire ! On se retrouve très vite pour un nouvel article qui sera consacré à un manga (ouaaaais !). En attendant prenez soin de vous J

AnGee Ersatz.




vendredi 5 septembre 2014

Challenge Tous Risques #1: De l'eau pour les éléphants, de Sara Gruen.




Bonjour à tous et à toutes!

J'espère que vous allez bien et que vous passez une bonne semaine! C'est avec un grand plaisir que je vous retrouve aujourd'hui pour une toute nouvelle chronique, par laquelle je vais inaugurer un Challenge tout beau tout neuf auquel je me suis inscrite récemment. Depuis quelques temps, je n'avais pas eu l'occasion de m'inscrire à de nouveaux challenges, tout simplement parce que j'ai déjà bien du mal à gérer ceux auxquels je participe ainsi que mes défis personnels, mais un nouveau challenge a su attirer mon attention: il s'agit du Challenge Tous Risques, que je vais vous présenter d'ici quelques instants. Et pour ma première participation à ce Challenge, j'ai lu un livre dont j'avais beaucoup entendu parler, à savoir De l'eau pour les éléphants, de Sara Gruen! Je vous souhaite une bonne lecture de cet article, en espérant qu'il vous plaise :).


Le Challenge Tous Risques, qu'est-ce que c'est?
Histoire de commencer cet article dans les formes, je vous propose de tout d'abord découvrir un peu plus en détails ce qu'est ce fameux Challenge Tous Risques.
Ce Challenge a été crée par la talentueuse blogueuse Aaliz (dont je vous conseille fortement le blog: elle a des lectures très enrichissantes et présente des livres qu'on ne voit pas partout) il y a quelques semaines. Le but de ce Challenge est de sortir un peu de notre zone de confort et de prendre un risque littéraire. En effet, avec ce Challenge, les participants doivent à chaque session (qui dure environ un trimestre) trouver en bibliothèque ou en librairie un livre d'un auteur qu'ils ne connaissement pas encore. Personnellement, j'ai remarqué que j'ai tendance à me diriger souvent vers les mêmes auteurs ou du moins des auteurs que je connais déjà, ce qui laisse peu de place aux découvertes. Du coup ce Challenge est l'opportunité de découvrir des auteurs nouveaux et de faire peut-être de bonnes découvertes!

Si vous souhaitez en savoir plus sur ce Challenge, je vous conseille de suivre le lien suivant qui vous permettra de découvrir les modalités et chroniques des autres participants!


Qui est Sara Gruen?
Il est à présent temps de nous pencher sur le roman du jour, De l'eau pour les éléphants, et pour commencer en beauté je vous propose de découvrir d'un peu plus près son auteur, à savoir Sara Gruen!
Née en 1969 à Vancouver, elle grandit au Canada entre l'Ontario et Ottawa. Après des études en littératures, elle déménagea aux Etats-Unis. Peu de temps après, elle commence à écrire des oeuvres de fiction où les animaux, dont elle est une vraie passionnée, tiennent un rôle très important.
Elle a pour l'instant publié quatre romans: les deux premiers, La Leçon d'équitation et Parcours sans faute, tournent autour de l'univers de l'équitation. Le dernier date de 2010 et s'intitule La maison des singes. Le plus connu est De l'eau pour les éléphants, sorti en 2006.
Si vous voulez en savoir plus sur elle, je vous laisse découvrir son site internet ci-dessous!




De l'eau pour les éléphants:
Résumé:
De l'eau pour les éléphants nous transporte dans les Etats-Unis des années 1930, en pleine période de la prohibition. Jacob Jankowski est un jeune homme qui étudie pour devenir vétérinaire. Mais juste avant de passer son examen final, il apprend la mort subite de ses parents: complètement désorienté, Jacob se retrouve par hasard dans le train d'un cirque ambulant, le cirque des Frères Benzini, également appelé "Le plus grand spectacle du monde". Grâce à ses connaissances vétérinaires, il parvient à se faire embaucher, et plonge alors dans un univers à part: celui du cirque. Entre découvertes spectaculaires, désillusions et coup de coeur naissant, Jacob va aller d'expérience en expérience...

Bienvenue dans le monde du cirque!
Comme je l'ai mentionné plus haut, Sara Gruen est une vraie passionnée des animaux, qu'elle met à l'honneur dans ses différents romans. Dans De l'eau pour les éléphants, c'est encore une fois le cas puisqu'elle nous emmène dans un univers où les animaux sont très importants: le cirque!



La majeure partie de l'intrigue se déroule dans le cirque des Frères Benzini où notre héros, Jacob, atterrit un peu par hasard. Les animaux sont au coeur du roman, comme le montre tout d'abord le titre, mais aussi la fonction que Jacob occupe au sein du cirque: il devient en effet le vétérinaire du cirque, soignant les animaux et gérant les problèmes de santé de chacun d'eux. Dans un cirque, les animaux sont très importants puisqu'ils constituent l'un des attraits pour le public: il y a les animaux d'espèces rares, ou encore les spectaculaires numéros de dressage. Dans De l'eau pour les éléphants, nous avons droit aux deux. L'éléphant Rosie est acheté en raison de sa rareté, tandis que Marlène assure des numéros de dressage exceptionnels que beaucoup admirent.

Mais le cirque, ce n'est pas uniquement des animaux, et c'est ce que le roman nous montre. Jacob, en travaillant chez les Frères Benzini, rencontre des clowns, des danseuses orientales, la femme la plus grosse du monde... Des numéros exotiques et spectaculaires! C'est également l'occasion de découvrir les coulisses, beaucoup moins glorieuses que le glamour et les paillettes du show: il y aussi ceux qui s'occupent de la sécurité, du montage du chapiteau, et c'est un monde où alcool, crasse, et violence se mêlent...

A noter que dans le roman, on trouve régulièrement des photos en noir et blanc de cirque d'époque!

Jacob et Marlène:
De l'eau pour les éléphants n'est uniquement un livre sur le cirque ou sur les animaux, c'est aussi un roman qui nous raconte une histoire d'amour. Jacob, comme il le répète souvent au début du roman, est un jeune homme qui n'a pas franchement une grande expérience des femmes: il est vierge, et contrairement à certains de ses camarades de classe il a décidé de ne pas recourir aux services d'une prostituée. 



Lorsqu'il arrive dans le cirque, son attention est directement attirée par une femme en particulier: la belle Marlène, une blonde jeune femme spécialisée dans le dressage de chevaux. Elle y est très attachée, et partage donc avec Jacob un fort amour des animaux. Les deux personnages nouent une forte relation, mais très vite un obstacle de taille se dresse entre eux. Cet obstacle, c'est le mari de Marlène, August, également membre du cirque. Marlène a quitté sa famille pour lui, et August semble très amoureux d'elle. Il est également très jaloux, et a un caractère loin d'être simple à vivre, comme Jacob va le découvrir en le côtoyant... 


L'adaptation cinématographique:



Après la publication du livre en 2006 et le succès qu'il rencontra, il fut décidé de l'adapter en film. C'est en 2011 qu'il sortit sur les écrans. Il fut réalisé par Francis Lawrence, qui s'occupe actuellement de la réalisation de la saga Hunger Games. D'une durée de deux heures, il fut tourné entre Mai et Août 2010. Il connut un joli succès en salles, rapportant plus de 115 millions de dollars pour un budget initial de 38 millions. Il fut nominé plusieurs fois dans des cérémonies de prix, notamment aux People's Choice Awards où il reçut le prix du meilleur film dramatique. 
Au niveau du casting, on retrouve Robert Pattinson dans le rôle de Jacob. Reese Witherspoon interprète Marlène, et Christoph Waltz joue August. 

N'ayant pas vu l'adaptation pour l'instant, je ne peux pas vous donner un avis dessus. Néanmoins, je vous laisse tout de même avec la bande-annonce!



Ce que j'ai pensé du livre:
En m'inscrivant au Challenge d'Aaliz, j'étais extrêmement motivée à l'idée de découvrir de nouveaux auteurs (j'ai toujours cette motivation, je vous rassure!). Mais lorsqu'est venu le moment, à la bibliothèque, de choisir un auteur que je n'avais encore jamais lu, j'ai réalisé que j'allais avoir du mal à choisir: même si j'avais décidé de me focaliser sur les romans, il y avait tout de même un paquet d'auteurs, de livres, et je ne savais pas par quel bout commencer. Du coup j'ai utilisé une technique ancestrale: j'ai fermé les yeux, et j'ai pris à tâtons le premier livre que mes doigts ont rencontré. Ce livre, c'était De l'eau pour les éléphants, et ça tombait bien, parce que j'en avais beaucoup entendu parler. Bilan d'après lecture? Et bien malheureusement ce fut une lecture en demi-teinte pour moi...


Commençons par les points positifs. Le premier concerne l'originalité du livre, et plus particulièrement le choix de placer l'intrigue dans un cirque: personnellement, j'ai toujours été fascinée par le cirque(même si, je l'admets, c'est plus pour le côté "glauque", à la American Horror Story. Je me prépare mentalement à pleurer de peur dans quelques semaines), du coup la perspective de lire un roman se déroulant dans ce milieu me tentait beaucoup. Sara Gruen parvient à brosser un portrait du cirque qui n'est ni tout blanc, ni tout noir, et j'ai trouvé ça réussi. Petit plus à noter pour les photos!

Ensuite, j'ai dans l'ensemble apprécié les personnages que Sara Gruen nous présente. Par exemple, j'ai vraiment adoré Jacob, le héros, que j'ai trouvé à la fois très touchant et humain. Il a une volonté d'aider ceux qui l'entourent, humains ou animaux. C'est un héros qui me plait beaucoup! Marlène aussi est touchante en raison de son histoire et de ce qu'elle traverse, et j'ai trouvé que les personnages étaient tous hauts en couleur et intéressants. Encore un bon point donc!

Là où le livre n'a pas su me convaincre par contre, c'est dans son histoire et dans sa narration. J'ai vraiment trouvé que le livre était long, malgré un début prometteur. J'ai honnêtement eu du mal à m'accrocher, et j'ai parfois songé à laisser tomber le roman... Il y a des rebondissements et des passages intéressants, mais aussi beaucoup de longueurs à mes yeux. Par exemple, j'ai eu du mal à m'intéresser aux passages consacrés à Jacob-vieux (je n'ai pas mentionné ça plus haut, mais la narration se découpe entre des passages dans le cirque avec Jacob lorsqu'il est jeune, et d'autres dans la maison de retraite où il vit, alors qu'il est vieux): ils cassaient le rythme de l'intrigue et n'apportaient pas grand chose selon moi... 

Du coup, c'est vraiment péniblement que je suis parvenue à la fin. Je me suis vraiment accrochée jusqu'au bout, et du coup je ressors de De l'eau pour les éléphants avec une impression mitigée. Je suis contente de l'avoir lu, parce qu'il me tentait depuis longtemps, mais malgré quelques points intéressants je reste un peu déçue. Dommage! 

J'attends donc avec impatience le prochain "round" du Challenge Tous Risques, pour découvrir une fois de plus un nouvel auteur! Cette première expérience était très intéressante, surtout pour le moment du choix. N'hésitez pas à aller vous inscrire au Challenge, en attendant le prochain round on se retrouve d'ici quelques jours pour une nouvelle chronique! Prenez soin de vous ;)

AnGee Ersatz*



mardi 2 septembre 2014

Rentrée Littéraire: Pétronille, d'Amélie Nothomb.





Bonjour à tous et à toutes!

Bienvenue sur le Livroscope! Je suis ravie de vous retrouver aujourd'hui pour une toute nouvelle chronique! Et nous y voilà, les vacances sont finies (pour beaucoup en tout cas), et vous êtes nombreux à avoir repris le chemin de l'école. Mais rassurez vous, je suis là pour vous soutenir: en ce mois de Septembre, je vous propose un programme varié, que ce soit sur le blog ou sur le chaîne, et j'espère qu'il vous plaira! Et pour commencer en beauté, j'ai décidé de rester dans la thématique de la rentrée, en vous parlant de la rentrée littéraire: si vous suivez un peu l'actualité littéraire, vous savez que la période Août-Septembre est chargée en sorties. Il est difficile de parler de tout, aussi ai-je choisi de me plonger dans un roman que j'attendaiss avec impatience de lire: Pétronille d'Amélie Nothomb! Je vous souhaite une très bonne lecture de cet article :)

Qui est Amélie Nothomb?
Vous le savez si vous connaissez un peu le blog, je commence la plupart de mes articles par une présentation de l'auteur du jour! Et pour aujourd'hui, nous allons nous pencher sur un nom bien connu de la littérature francophone, Amélie Nothomb, qui publie chaque année avec une régularité exemplaire son nouveau roman. Etant donné que j'avais déjà consacré un article à Amélie Nothomb il y a plus d'un an lorsque j'avais parlé de Ni d'Eve Ni d'Adam, je vous propose, plutôt que de me répéter ici, de suivre le lien ci-dessous qui vous permettra d'en découvrir davantage sur elle :)





Pétronille:
Résumé:
Amélie Nothomb, narratrice, aime le champagne. Elle a sa façon de le boire, de le déguster, et est plutôt exigeante en ce qui concerne cette boisson alcoolisée. Son but: trouver LA personne parfaite avec laquelle boire du champagne. Une quête plus difficile qu'il n'y paraît... Jusqu'au jour où elle rencontre Pétronille, une jeune femme assez particulière, spécialisée en théâtre élisabéthain, qui s'avère être la compagne parfaite pour boire du champagne! A travers les flutes et les pages, c'est un peu de Pétronille, un peu plus de sa relation avec la narratrice, que l'on découvre...

Un livre sur le champagne:
Lorsque l'on commence Pétronille, les premières pages nous introduisent à l'un des sujets phares du roman: le champagne! J'ai pu voir que de nombreux articles et critiques s'étaient attardés sur cet aspect, et c'est vrai qu'il est véritablement incontournable lorsqu'on se plonge dans Pétronille!



Incontournable, car le champagne s'avère être comme un fil rouge dans la narration: le livre s'ouvre sur une description des habitudes de la narratrice concernant le champagne, sa façon de le boire, une sorte d'analyse de ses préférences, et elle se penche également sur ce qu'elle n'aime pas et sur les comportements des autres buveurs. Sa quête initiale est de trouver avec qui partager des moments de dégustations, d'ivresse légère, personne qu'elle trouve en Pétronille. Le roman se focalise donc principalement sur les flutes que les deux personnages partagent, les bouteilles qu'elles ouvrent, et c'est à travers ces instants que d'autres thématiques et horizons apparaissent.

Alcool et littérature ne sont pas un mélange récent: nombreux sont les auteurs à avoir une relation avec l'alcool, qu'elle soit personnelle (certains d'auteurs, comme Edgar Allan Poe, sont connus pour avoir été alcooliques, par exemple) ou comme utilisation dans leurs livres. On peut mentionner par exemple Apollinaire qui a choisi pour l'un de ses recueils le titre Alcools, ou Emile Zola qui fera de certains de ses personnages, comme Gervaise dans l'Assommoir, des personnages alcooliques. Plus récemment, des auteurs comme Frédéric Beigbeder renforcent cette utilisation de la dépendance, accompagnée parfois de drogue et de sexe. La plupart du temps, comme vous l'aurez compris, l'alcool apparait sous un jour plutôt néfaste, synonyme d'excès et entraînant dépendance, malaise et autres éléments négatifs.

Néanmoins, Amélie Nothomb choisit ici de partir sur un ton plus léger, plus positif: le champagne est ici vu sous l'angle du goût, de la saveur et de la dégustation, entraînant une ivresse légère. Le champagne est dans Pétronille synonyme de partage, d'échange et de bons moments, plutôt que d'alcoolisme aggravé. Alors évidemment, ça ne veut pas dire que l'alcool n'est pas dangereux, ne l'oublions pas, mais c'est dans un univers plus festif qu'Amélie Nothomb nous entraîne!


De la correspondance à la rencontre physique:
Pour conclure ma petite présentation de Pétronille, je tenais à parler d'un autre point qui est, selon moi, assez intéressant dans le roman (même si on passe assez vite sur cet aspect): la correspondance. En effet, comme on l'apprend au début du livre, Pétronille est à la base une lectrice correspondante d'Amélie Nothomb. Il faut le savoir, Amélie Nothomb est réputée pour répondre au courrier qu'elle reçoit de la part de ses lecteurs (ce que je peux confirmer: elle avait répondu à ma lettre et je pense prochainement lui en envoyer une seconde). 

Et ce qui est intéressant, c'est un petit passage sur le fait de passer du papier à la rencontre physique. Une appréhension tout à fait naturelle, parce que la personne peut être totalement différente de celle qu'on imaginait ou qui transparaissait sur le papier. Le résultat peut être surprenant, dans le bon comme dans le mauvais sens! J'ai été interpellée par ce moment où elle rencontre Pétronille, car j'ai vécu ce moment aussi, de deux façons différentes: tout d'abord, en dédicaces, en rencontrant des auteurs que je connaissais uniquement par leur plume, ou en ayant déjà vu leur tête en photo ou à la télévision. Si je n'ai jamais été déçue pour l'instant, c'est tout de même une expérience super bizarre à vivre en ce qui me concerne! Ensuite, j'ai aussi eu l'opportunité de rencontrer ma correspondante: Clélia de BrodyBooks! Là aussi, c'était génial et j'ai hâte de la revoir! Tout ça pour vous dire que je me suis un peu reconnue dans ce roman :)



Mon avis sur ce livre:
Si je me penche un peu sur l'histoire de ma vie littéraire, qui a encore du chemin à parcourir, je réalise que c'est à l'adolescence que j'ai fait la plupart des grandes découvertes littéraires qui ont forgé mes attentes et mes goûts (même si évidemment ils sont amenés à évoluer avec les années). J'ai découvert les classiques, la littérature victorienne, la science-fiction, ou encore Amélie Nothomb. Après avoir lu l'un de ses romans, j'ai dévoré le reste, et depuis j'attends chaque année sa nouvelle sortie. Certains de ses livres me plaisent moins que d'autres, mais c'est un petit rituel de rentrée que j'aime faire. L'an passé, j'avais adoré la Nostalgie Heureuse et j'avais hâte de me plonger dans Pétronille! Verdict: et bien j'ai beaucoup aimé le cru Nothomb 2014.

Commençons par ce qui me plait le plus: la narration! En général, j'aime chez Amélie Nothomb les livres où elle s'utilise comme narratrice. Au-delà du petit côté autobiographique que ça donne au livre (même si nous restons dans un roman, donc dans de la fiction: néanmoins on peut noter que l'oeuvre d'Amélie Nothomb contient des éléments autobiographiques, comme dans ses romans sur le Japon), c'est surtout parce que je trouve Amélie Nothomb-narratrice hilarante et originale. On reconnait à chaque fois sa plume particulière et sa personnalité unique! J'étais donc contente de la retrouver ici.

Ce qui m'amène au deuxième élément que j'ai aimé dans le livre: le style d'Amélie Nothomb, encore une fois reconnaissable entre tous. Avec Pétronille, elle nous offre un livre plein de fraîcheur, d'humour, on rit, et c'est un livre qui nous met dans un état aussi léger que le champagne dont l'auteure nous parle tant. C'est un livre qui m'a fait du bien et que j'ai apprécié lire!

Quant à l'histoire, je l'ai aussi beaucoup appréciée. J'ai aimé les enchaînements de situation, et encore une fois Amélie Nothomb nous propose des moments cocasses et savoureux, comme l'épisode se déroulant en Angleterre et qui est vraiment hilarant. Il se passe beaucoup de choses et je n'ai pas réussi à lâcher le livre avant de l'avoir fini: je l'ai dévoré d'une traite! 

Je voulais parler des personnages, mais je vais surtout me focaliser sur Pétronille, qui donne son nom au roman. Le nombre de personnages est assez réduit et j'ai déjà mentionné plus haut ce que je pensais que la narratrice. Pétronille est un personnage haut en couleur, très intéressant, et que j'ai eu plaisir à découvrir: son attitude me plait beaucoup, elle est à la fois fascinante et très mystérieuse. Elle contribue vraiment à l'intérêt du livre.

Mon seul petit bémol, qui n'est pas un énorme reproche, c'est que le livre se termine de façon un peu trop "raide", un peu trop rapidement à mon goût. C'est un truc assez récurrent chez Amélie Nothomb et qui ici n'est pas excessivement gênant, mais je tenais à le mentionner quand même!

En bref, j'ai passé un bon moment avec Pétronille et j'ai déjà hâte de découvrir le prochain roman d'Amélie Nothomb! Si vous cherchez une lecture rafraichissante en ce début de rentrée, et que vous appréciez Amélie Nothomb, n'hésitez pas à y jeter un oeil!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que ce premier article de Septembre vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire,  je me fais un plaisir d'y répondre. Le prochain article arrive rapidement et sera consacré à un manga que j'ai lu récemment. En attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup :)

AnGee Ersatz*




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