vendredi 31 octobre 2014

Wanted, de Mark Millar, J.G Jones et Paul Mounts (Psychic TV).




Ecrit par Mark Millar
Dessiné et colorisé par J.G Jones et Paul Mounts
Edité en 2008, éditions Delcourt


Alors que je cherchais un nouveau comics attisant ma curiosité pour de futurs articles (et j'en ai trouvés), j'ai trouvé dans une médiathèque un comics à la lecture dont la couverture m'intriguait : Wanted.
Je pensais alors tout de suite au film sorti en salles avec Angelina Jolie avec le trip de l'assassin qui peut tirer au pistolet en faisant dévier les balles sur des centaines de mètres. Et de ce que j'avais pu voir des bandes annonces / extraits, ça n'avait pas trop l'air « fantastique » dans le sens « Présence-de-super-héros-et-trucs-complètement-surréalistes ».
Oui, j'ai pas vu le film, et ça se verra pour la suite de ma review.
Par ailleurs, le comics m'a fait beaucoup penser à Kick-Ass, et j'y reviendrai également.
J'annonce déjà que ce comics est plutôt pour un public adulte, c'est cru, vulgaire, très sanglant et que je vous déconseille de le lire si cela vous gêne. Et je citerai sans censure les termes du comic, et je m'en excuse d'avance.

Wanted, est un comic se déroulant à notre époque, à New York. On y suit les aventures de Wesley, un homme approchant les 30 ans, qui vit une existence morose : Vie avec sa copine qui le trompe avec son meilleur ami, métro boulot dodo, une patronne qui l'exploite. Aucun but dans la vie, l'être le plus vide et lambda qu'on peut imaginer. Il n'a rien pour lui, à part une ressemblance à Marshall Mathers à mon goût.
Pendant ce temps, dans un penthouse décadent du Centre-Ville, l'un des plus grands « assassins », appelé « Le Killer » est abattu d'un tir en pleine tête tiré à longue distance. L'assassin du Killer est inconnu mais l'heure est à la succession : Le Killer était un coureur de jupons mais possède néanmoins un fils caché, en la personne de....Wesley.
Retrouvé par les membres de « La Fraternité », l'agence secrète dont relevait le Killer, Wesley est recueilli par Fox, une mercenaire d'élite, qui le plonge dans une société secrète où les super-vilains existent bel et bien, tel un conglomérat de criminels dirigeant le monde et agissant en toute impunité (le logo de la fraternité évoque à peine la Franc-Maçonnerie, ndlr).
Wesley fera le choix d'accepter son héritage de tireur d'élite, et acceptera cette nouvelle existence faite de violence (plus ou moins) gratuite, de sang, et de liberté, tout en cherchant à découvrir qui est l'assassin de son père.

L'histoire, qui peut paraître assez « banale », m'a surprise. La maigre image que j'avais de Wanted n'était pas du tout celle-ci. Là, on tombe dans une histoire où le héros est un faible, un soumis, qui est cocu, humilié, réduit à néant. Et on lui offre l'occasion d'être libre, sans conséquences, de tout envoyer péter.

Et le « Allez tous vous faire enculer » annonce la couleur : Wesley va revivre, devenir une machine à tuer prenant sa revanche sur le monde, tout en sombrant dans les activités d'une société secrète habituée aux mondes parallèles et aux super-pouvoirs. Ce à quoi, personnellement, je ne m'attendais PAS DU TOUT. Du genre le truc qui te fait dire « Euuuh....WTF ? »
Outre cela, qu'il s'agisse des titres de chapitres ayant des consonnances sexuelles, des insultes et de la violence qui abonde de manière gratuite et courante (ce qui peut devenir un peu lourd, expliquant alors mon avertissement en début d'article), Wanted se révèle être assez intéressant en milieu d'histoire, au moment où un twist scénaristique et de l'action « héroïque » viendront pimenter les péripéties de Wesley.
Oui, de l'héroïsme. Ca peut sembler ironique quand La Fraternité a assassiné quasiment tous les super-héros des univers existants, mais je persiste, ce déclic mettra fin à des exactions qui pourront sembler un peu futiles au lecteur.

Au niveau du dessin, le style est très correct et accentue parfait le côté violent. Tout ne fait pas lisse et cartoonesque, mais bien réaliste. Et ça se voit bien quand les balles traversent les têtes et transforment les antagonistes en passoires d'hémoglobine.
J'ai vraiment aucun problème avec la violence, mais il n'en est pas de même pour tous. Elle est comparable à celle visible dans Kick-Ass. Viscérale, crue, primaire, sans fard. Ca défouraille, qu'importe si ça éclabousse ou si des innocents meurent. Vous êtes au pays des connards avec un grand C, et cette pointe de vulgarité est gentille par rapport à l'histoire.



En ce qui concerne mon parallèle avec Kick-Ass...Disons que j'ai eu l'impression de lire un anti Kick-Ass. Alors autant Dave et Wesley semblent partager des points communs, dès qu'il s'agit d'être héroïque / vilain, ils sont diamétralement opposés.
Alors que Dave est un ado geek avec des amis fidèles qui vit de sa passion et « apprécie » relativement sa vie (même s'il déplore le manque de super-héros en vrai), Wesley est un nihiliste total trompé, utilisé, sans but, une coquille vide. Mais on part du concept du mec lambda sans pouvoir particulier.
Et dès que la fibre « super-héroïque / Super-Vilain » apparaît, l'un dit « J'ai la volonté et le courage pour être super-héros, je veux faire le bien en agissant bien pour tous », l'autre dit « Fuck le bien et ces conneries moroses, je vais tuer, me défouler, dire merde à cette masse de moutons et vivre réellement sans contraintes ».



La différence entre les deux est que l'un va se dire « Ouais bon, je peux pas tout résoudre tous les problèmes de la vie par la violence et mes actions... » et dire peu de temps après « Bien sûr que je me fous de ta gueule. Tirons nous d'ici, je vais aller voir à quoi ressemblent 10 millions de Dollars ». Je vous laisse deviner de qui il s'agit.

En bref, pour une histoire où l'on suit un des plus gros enfoirés qui aime être un enfoiré tout en sortant des grossièretés et ses pensées personnelles dont je ne ferai pas citation ici, une histoire de super-méchants qui se révèle certes un peu manichéenne dans un milieu de personnages 100% méchants...J'ai été bluffé.
Et ce coup de cœur, je pense l'acquérir pour ma bibliothèque personnelle. Car je vous assure qu'un comic qui se conclut par la phrase « Et ça, c'est la tête que je fais quand je t'encule à sec », j'en ai pas vu beaucoup. Tout comme un comic qui retourne complètement les archétypes de l'héroïsme pour leur mettre une grande baffe.



Psychic TV.

mercredi 29 octobre 2014

Hello Halloween #9: Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire, de Lemony Snicket (+adaptation de 2004).




Bonjour à tous et à toutes!

Bienvenue sur le Livroscope! J'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique! En ce Mercredi, alors que nous approchons de plus en plus d'Halloween, j'ai décidé de vous proposer un article un peu spécial, puisque nous allons revenir sur l'une de mes sagas préférées, une saga jeunesse que j'ai découverte alors que j'avais environ dix ans: les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire! Cette saga, en treize tomes, a su me marquer par son originalité, ses héros attachants et ses aventures surprenantes, et je considère aujourd'hui qu'elle a été l'un des éléments qui m'ont poussée à adorer la lecture. Je tenais donc à rendre un petit hommage à cette saga, et à Lemony Snicket  dont le talent d'invention et d'écriture a su me transporter depuis plus de dix ans. Bonne lecture à tous :)

Qui est Lemony Snicket?
Pour commencer, je vous propose de nous pencher un peu sur une figure un peu particulière, celle de Lemony Snicket, l'auteur de la saga.
Lemony Snicket est en réalité un pseudonyme utilisé par Daniel Handler, né en 1970 à San Francisco, et qui alterne entre les casquettes d'auteur, scénariste et accordéoniste. Marié et père d'un petit garçon,  il a écrit plusieurs romans sous son nom propre, ainsi que les treize tomes de la saga des Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire sous celui de Lemony Snicket (ainsi que d'autres livres liés à l'univers de la saga). Lamons Snicket a un statut un peu spécial, puisqu'il est à la fois auteur, narrateur et personnage de la saga, dont on découvre petit à petit l'histoire et notamment sa relation au VDC, LA grande organisation de la saga, et une certaine Beatrice. On le retrouve dans le film, joué par Jude Law. Dan Handler continue sa carrière d'écrivain, tout en poursuivant la musique, l'une de ses passions.


Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire:
Quelques mots sur la saga:



A présent, attaquons nous au coeur de cette chronique: la saga! Démarrée en 1999 sous le titre de A Series of Unfortunate Events en version originale, elle comprend treize tomes dont le dernier fut publié en 2006. On y suit trois enfants, Violette, Klaus et Prunille Baudelaire, à partir du moment où ils perdent leurs parents dans un tragique incendie. Ils sont alors confiés à un étrange personnage, le comte Olaf, qui devient leur tuteur mais qui n'a qu'un seul but: s'emparer de la fortune des enfants Baudelaire. Petit à petit, alors que les enfants cherchent à lui échapper, ils découvrent l'existence d'une curieuse association secrète, baptisée VDC, et qui pourrait leur apporter des réponses sur la mort de leurs parents...
Chaque tome de la saga se déroule dans un nouveau lieu, soit chez un nouveau tuteur, soit dans un endroit où les enfants cherchent à se cacher. Voici les treize titres de la saga!

1) Tout commence mal.
2) Le Laboratoire aux serpents.
3) Ouragan sur le Lac.
4) Cauchemar à la scierie.
5) Piège au collège.
6) Ascenseur pour la peur (mon préféré!).
7) L'arbre aux corbeaux.
8) Panique à la clinique.
9) La Fête féroce.
10) La Pente glissante.
11) La Grotte Gorgone.
12) Le Pénultième Péril.
13) La Fin.

Petit plus à savoir: toute la saga est illustrée par le talentueux Brett Helquist, né en 1966, et qui avait également travaillé sur un autre livre que j'adore (L'Enigme Vermeer).



Petite présentation des héros...
Comme l'indique le titre français de la saga, nous suivons au cours des tomes les aventures des orphelins Baudelaire. Mais qui sont-ils? Et bien il s'agit d'une fratrie de trois enfants: Violette, Klaus, et Prunille.
Commençons par l'aînée, Violette (Violet en version originale). Âgée de 14 ans, elle est passionnée depuis son plus jeune âge pour les inventions. Dotée d'une imagination sans pareille, elle est un peu le MacGyver de la saga: avec trois clous rouillés et un bout de corde, elle est capable de réaliser une arme redoutable et parvient ainsi à sortir son frère et sa soeur de beaucoup de situations. Très protectrice, elle considère comme capitale la protection de la fratrie. Violette a toujours avec elle un petit ruban qu'elle utilise pour attacher ses cheveux lorsqu'elle réfléchit à de nouvelles inventions.
Vient ensuite Klaus, jeune garçon de 12 ans. Il porte en permanence des lunettes, qui lui sont extrêmement utiles pour vaquer à son occupation majeure: la lecture. Klaus lit, énormément, et chaque livre qui lui tombe sous la main est dévoré. Klaus lit de tout, et est surtout capable de tout retenir. Il est très intelligent et sa grande mémoire lui permet de toujours trouver à temps l'information qu'il faut.
Pour finir, nous avons la petite dernière, Prunille (Sunny en version originale). Prunelle est un bébé lorsque commence l'histoire. Elle est beaucoup plus jeune que ses aînés, ne sait pas encore parler mais ne croyez pas que c'est un faible enfant sans défense! Car Prunille a elle aussi une capacité un peu spéciale, celle d'avoir des dents extrêmement aiguisées! Alors dit comme ça, ça ne vend pas spécialement du rêve, mais en pratique ça peut avoir son utilité...

Des enfants face à un redoutable méchant:
Nos héros sont des adolescents/enfants, et doivent très jeunes faire face non seulement au décès soudain de leurs parents, qu'ils aimaient plus que tout et dont ils étaient très proches, mais ils doivent également affronter l'ignoble comte Olaf, leur premier nouveau tuteur.



Le comte Olaf n'a, à priori, pas grand chose pour lui. Son apparence n'est pas très avenante: il ne se lave pas beaucoup, est mal coiffé, a de grands ongles noirs, et il a également un tatouage en forme d'oeil sur la cheville. Il a un caractère déplorable, et traite les enfants comme des moins que rien. Néanmoins, Olaf réussit à s'entourer au fur et à mesure d'une cour de fidèles tous plus étranges les uns que les autres, qui lui sont dévoués jusqu'à la mort.
Dans une saga destinée à la jeunesse, on pourrait s'attendre à ce que les pièges du méchant soit un peu ridicules, et que les enfants s'en tirent pas trop mal. Cependant, d'une aventure à l'autre, Olaf met en place des plans de plus en plus dangereux et machiavéliques pour parvenir à ses fins, et les enfants sont poursuivi, menacés de mort, kidnappés, maltraités... Bref, ils sont loin d'en sortir indemnes!

L'adaptation de 2004:
Quelques informations:



Au début des années 2000, il était très à la mode (et c'est toujours un peu le cas, avec Hunger Games, Divergent ou plus récemment The Maze Runner) d'adapter au cinéma des romans orientés vers un public jeune: Harry Potter et Narnia en sont deux très bons exemples. La saga des Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire rencontrant elle aussi un certain succès, il fut décidé de l'adapter au cinéma. En 2004 sortit donc le seul et unique film tiré de la saga, un film compilant les trois premiers romans (Tout commence mal, le Laboratoire aux serpents, et Ouragan sur le Lac).
Le film a été réalisé par Brad Silberling, réalisateur américain. Financé par Nickelodeon, le film sorti pour Noël 2004 et fut un assez bon succès en salles, rentabilisant son budget de 140 millions de dollars.
Au niveau du casting, on retrouve dans les rôles principaux Emily Browning (Violette), Liam Aiken (Klaus), Kara et Shelby Hoffman (Prunille), Jim Carrey (Olaf), ainsi que Jude Law (Lemony Snicket) et Meryl Streep. Le scénario a pris le parti de garder un narrateur et de l'introduire comme fil rouge au film. Si vous avez envie de voir à quoi ressemble le film, je vous laisse jeter un oeil à la bande-annonce!



Ce que j'en ai pensé:
Pour la première fois, j'ai tout récemment regardé l'adaptation des Orphelins Baudelaire en film. Pourquoi ai-je attendu si longtemps? J'avoue que j'appréhendais pas mal de m'y plonger: j'avais toujours entendu dire que c'était un échec total, que si il n'y avait pas eu de suite, c'était parce que ça avait été un bide en salles (ce qui est relatif: le film était rentable!). De plus, j'ai toujours eu une image traies précise de l'univers de la saga dans ma tête, j'avais peur de ne pas la retrouver ainsi, et enfin je voyais difficilement comment il était possible d'adapter les trois premiers tomes en un seul film. Bref, j'avais peur de tomber sur un mauvais film et une mauvaise adaptation.

Au final, après mon visionnage du film, mon avis est plus nuancé. Commençons par les points positifs. Tout d'abord, j'ai trouvé judicieux de placer le personnage/narrateur Lemony Snicket dans le film: le rendu est plutôt réussi, surtout que comme l'original, son identité reste dissimulée grâce à des jeux d'ombres et de lumières. Il sert de fil rouge et nous guide à travers le film, avec un ton assez proche de celui des romans. Ensuite, visuellement, cette adaptation est superbe: il y a un gros travail sur les décors, les costumes, les maquillages, mes rétines ont ronronné de bonheur! J'ai trouvé le film magnifique, et honnêtement c'est ce que j'attendais d'une adaptation de ma saga préférée. 



Là où ça pêche, en revanche, c'est au niveau du casting et du scénario. Adapter trois livres (donc trois intrigues) en un seul film, même s'il dure presque deux heures, c'est assez compliqué: même si l'histoire se tient, on sent quand même que ça va vite, très vite. Le Laboratoire aux serpents passe en vingt minutes à peine, tout comme Ouragan sur le Lac. Si d'un côté, on ne s'ennuie pas parce qu'il y a beaucoup d'actions et d'événements, de l'autre j'ai trouvé que beaucoup d'éléments des livres passaient à la trappe, ce qui est dommage. Enfin, concernant le casting, je dois avouer être un peu déçue à ce niveau là, même si j'ai adoré Meryl Streep (cette actrice est absolument géniale quelques soient les circonstances). Les acteurs principaux (Emily Browning et Liam Aiken) ont l'air de s'ennuyer tout au long du film et je n'ai pas ressenti pour eux la sympathie que j'avais pour les personnages dans les romans. En ce qui concerne Jim Carrey... J'aime bien cet acteur, il sait faire le show, mais ici il rend le personnage du comte Olaf non pas effrayant, comme je l'imaginais, mais plutôt ridicule. Il est quand même extrêmement flippant de base, et là... Non, moi je ne vois que Jim Carrey qui fait des imitations. Dommage.
En bref, le film n'est pas un échec total, il est divertissant et assez bien pensé, mais certains aspects restent trop décevants pour en faire une réussite. Si vous l'avez vu, n'hésitez pas à me le faire savoir! 

Pourquoi lire les Orphelins Baudelaire?
Revenons à présent à la saga en elle-même. Si j'ai décidé d'y consacrer un article aujourd'hui, c'est pour essayer de vous donner envie de la lire, parce que je trouve qu'elle mérite plus de reconnaissance.

Les Orphelins Baudelaire est une saga en treize tomes qui réussit à nous tenir en haleine du début à la fin. Nous allons de rebondissements en rebondissements, et chaque tome apporte son lot de réponses mais le mystère s'épaissit aussi un peu plus à chaque fois. Ce n'est pas chose facile de tenir les lecteurs en haleine sur autant de livres, surtout pour une saga jeunesse, cependant Lemony Snicket y parvient. La toute fin peut dérouter, être détestée ou surprendre!
Ce que j'adore le plus, c'est que chaque livre nous entraîne dans un univers complètement différent: un cirque, un laboratoire, un immeuble hype, une école un peu étrange, l'imagination de l'auteur est sans limite! Les héros semblent tomber dans des endroits de plus en plus improbables au fur et à mesure que l'histoire avance, et chaque livre, si il reste dans la continuité du précédent et sert aussi à amener le reste de la saga, a sa propre intrigue qui doit être résolue. J'ai énormément relu la saga et j'ai l'impression, à chaque fois que je la recommence, que chaque tome est mon préféré: si je devais faire un top t3, je choisirais Tout commence mal, Piège au collège et (mon absolu préféré) Ascenseur pour la peur.
Un autre point fort de la saga: les personnages. J'aime chacun des trois héros, sans préférence particulière. Violette, Klaus et Prunille ont tous leur intérêt, et j'apprécie particulièrement le fait qu'ils se soutiennent du début à la fin. Ils sont unis quoi qu'il arrive, la famille avant tout. Je pense m'être beaucoup attachée à eux parce que je suis moi-même issue d'une fratrie de trois enfants assez similaires (je suis l'aînée, puis viennent mon frère et ma soeur, qui a un important écart d'âge avec mon frère et moi), et quand je lisais la saga plus jeune je m'identifiais un peu à eux. On s'inquiète pour eux, on les soutient, on a peur... Les personnages secondaires valent aussi le détour: j'ai parlé plus haut du comte Olaf et de sa tribu de méchants (croyez-moi, certains sont spéciaux), mais on pourrait aussi parler du stupide Monsieur Poe, ou des triplés Beauxdraps (attachants au possible), ainsi que des différents tuteurs chez qui les enfants passent. Je tiens aussi à mentionner un truc qui peut paraître anecdotique: je trouvais très cool, petite, que Violette soit l'inventrice, et que Klaus soit le lecteur car habituellement c'était plutôt l'inverse.




J'adorais aussi le côté un peu "gothique", sombre de l'univers des Orphelins Baudelaire, un gothique teinté de cynisme et d'humour. Les livres étaient illustrés avec soin et élégance par Brett Helquist, qui a vraiment un talent incroyable (j'adore sa façon de dessiner), et la plume de Lemony Snicket est géniale: il enchaîne les tons, et c'est une saga à la saveur particulière qu'il nous offre.


En bref, petits ou grands, foncez sur cette saga. Son univers est unique, et je ne peux que la recommander!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cet article vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire! On se retrouve dans très peu de temps pour une nouvelle chronique, en attendant prenez soin de vous :)

AnGee Ersatz*



dimanche 26 octobre 2014

Hello Halloween #8: Cornes, de Joe Hill (LC).




Bonjour à tous et à toutes!

Bienvenue sur le Livroscope! Je suis ravie de vous retrouver en ce Dimanche matin pour une toute nouvelle chronique, toujours placée sous le signe d'Halloween! Après quelques jours de repos (mon foyer est actuellement envahi par Psychic, mon amoureux), j'ai choisi de vous présenter aujourd'hui une de mes dernières lectures, effectuée dans le cadre d'une Lecture Commune. Cette Lecture Commune (ou LC) a été organisée via Livraddict par cribeyre, et porte sur un roman très récemment porté à l'écran: Horns, ou Cornes en français, de Joe Hill! Ayant beaucoup entendu parler de l'adaptation dans laquelle le héros est interprété par Daniel Radcliffe, j'ai eu envie de me plonger dedans, donc lorsque je l'ai trouvé en bibliothèque, j'ai décidé de rejoindre les participants de la LC sans hésitation! Je vous souhaite une bonne lecture de cet article, à la découverte d'un héros très... cornu! :)

La Lecture Commune:
L'intérêt d'une lecture commune, c'est de pouvoir découvrir plusieurs avis différents sur un même livre. Et comme plusieurs avis éclairés valent mieux qu'un, je vous laisse suivre le lien ci-dessous pour pouvoir lire les opinions des autres participants à la LC: il vous mènera vers le topic Livraddict où seront recensées les différentes chroniques!


Joe Hill, c'est qui?
Avant d'aller plus loin, je vous propose de faire un petit point sur notre auteur du jour, le dénommé Joe Hill!

Né en 1972 dans le Maine, Joe Hill a pour véritable nom Joe Hillstrom King. Il n'est autre que le fils du ultra célèbre Stephen King, dont j'ai déjà parlé de multiples fois sur le blog. Tout comme son père, l'écriture le passionne, et il commence par écrire des nouvelles. Il choisit cependant de changer de nom, afin de se faire connaitre par lui-même. Il sort son premier roman en 2008, baptisé Le Costume du Mort. Cornes, son deuxième roman, voit le jour en 2010. Le dernier en date  est paru en 2014, et il est déjà en train de préparer le suivant pour l'an prochain! Bref, on a pas fini d'entendre parler de lui, d'autant plus que son travail reçoit fréquemment des prix... Un auteur à surveiller, donc!






Cornes:
Résumé:



Voilà un réveil bien difficile pour Ignatius Perrish, surnommé Ig. Ce jeune homme, fils d'un musicien reconnu, se lève avec une affreuse gueule de bois, une mémoire vacillante, et... des cornes. Des cornes, semblables à celles d'un démon. Un attribut étrange, qui lui donne un pouvoir inattendu: en effet, toutes les personnes qu'il rencontre lui dévoilent leurs pensées les plus secrètes. C'est l'occasion pour Ig d'en apprendre plus sur son entourage, mais surtout de percer le mystère de la mort de Merrin, son amour de toujours, brutalement violée et assassinée un an auparavant, un horrible crime dont tout le monde le croit coupable sans vraiment lui avouer. Quel avenir Ig a t'il avec ses cornes? Va t'il percer le mystère de la mort de Merrin? 

Des cornes bien étranges:
Comme l'indique le titre du livre, qu'il soit français ou anglais (Horns signifiant cornes), les cornes sont un élément très important de l'intrigue, qui commence à l'instant même où le héros découvre ces attributs sur sa tête. Une transformation étonnante, surnaturel, démoniaque même, et complètement inattendue. Ce qui est encore plus étrange, c'est que ces cornes lui attribuent des pouvoirs improbables: d'abord, la capacité de faire dire aux personnes qu'il rencontre le fond de leurs pensées. Plus d'hypocrisie dans le monde de Ig, tout le monde dit ce qu'il pense vraiment, sans forcément s'en souvenir après. L'utilité de ce pouvoir s'impose très vite à Ig, lorsqu'il découvre à quel point ses proches sont persuadés qu'il a tué Merrin. D'autres pouvoirs apparaissent petit à petit, mais je vous laisse les découvrir en lisant le roman.

Ce qui est intéressant avec les cornes de Ig, c'est que les gens ne semblent pas être surpris de les voir sur sa tête, et que surtout ils semblent les avoir oubliées dès qu'ils quittent notre héros. Ainsi, les événements qui se déroulent en présence de Ig sont perçus par les autres personnages comme des rêves, ou des moments de flou.
Les cornes apportent une symbolique particulière à l'intrigue. Dans l'esprit de tous, les cornes sont le plus souvent associées à des créatures démoniaques, au diable. Ig serait-il devenu le diable? L'aspect religieux est très important dans l'intrigue de Cornes: le héros pense d'abord que les cornes ont poussé en guise de représailles car il a uriné sur des symboles religieux. A l'inverse, le personnage de Merrin est souvent représenté par un objet très précis: sa croix, grâce à laquelle tout a commencé entre elle et Ig, lorsqu'il était adolescent. La croix est un peu le fil rouge de l'histoire. Il y a également des personnages religieux, comme le père Mould, ou la mère de Merrin, mais on se rend compte que la religion est corrompue dans l'univers de Cornes: la croix de Merrin se brise sans arrêt, et les religieux ne sont pas aussi pieux que ce qu'on imagine....

Un meurtre affreux et des non-dits:
Sitôt passé le moment déroutant de la découverte des cornes, l'histoire se recentre sur un autre point très important: le meurtre de Merrin. Merrin était la petite amie de longue date de Ig, une fille dont il était véritablement fou amoureux et dont la perte, violente, fut un traumatisme évident. La mort de Merrin, que tout le monde adorait, fut particulièrement brutale: la jeune femme fut retrouvée dans un bois, violée et sauvagement étranglée, un acte témoignant d'une colère violente. 
Mais ce qui est encore plus traumatisant pour notre héros, c'est que tout le monde est persuadé, sans forcément lui avouer clairement, qu'il se cache derrière la mort de Merrin. Ig, en raison de sa proximité avec la victime, fut longtemps soupçonné de l'avoir tuée, mais rien ne fut jamais prouvé, par manque de preuves. Il a beau se défendre et expliquer qu'il n'y est pour rien, beaucoup d'éléments jouent en sa défaveur. Ig sent bien qu'il y a des tensions autour de lui, mais il est loin d'en soupçonner la profondeur... 

L'adaptation du livre:



A présent, penchons nous quelques instants sur l'adaptation de Cornes, sortie il y a quelques semaines en France sous le titre de Horns. Réalisé par Alexandre Aja, un français connu pour son travail sur Haute Tension ou Piranha 3D, le film dure environ deux heures. On retrouve, en ce qui concerne le casting, Daniel Radcliffe (LE célèbre Harry Potter) dans le rôle-titre, Juno Temple dans celui de Merrin, Max Minghella (The Social Network) dans celui de Lee, le meilleur ami de Ig, ou encore Kelli Garner dans le rôle de Glenna. N'ayant pas encore eu le temps de voir le film, je ne peux pas vous donner un avis dessus. Je vous laisse néanmoins la bande-annonce ci-dessous. Je dois avouer qu'elle me laisse un peu sceptique, mais je pense quand même voir le film dès que l'occasion se présentera!




Ce que j'en ai pensé:
Avant de m'inscrire à la lecture commune, je savais très peu de choses sur Cornes, son auteur, son univers ou son histoire. J'avais seulement beaucoup entendu parler du film, qui m'intriguait beaucoup (en tant que fan hardcore d'Harry Potter, je suis toujours contente de voir Daniel Radcliffe à l'écran et développer sa carrière), mais j'avais envie de lire le roman en premier, histoire de voir ce qui serait fait au niveau adaptation. Au final, Cornes fut une excellente lecture, un mini coup de coeur pour moi (même si quelques bémols sont à noter)!


Commençons par l'intrigue. Comme je l'ai dit à l'instant, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, et Cornes s'est révélé être un mélange d'histoire surnaturelle, d'enquête policière, d'histoire d'amour, un mélange un peu surprenant dit comme ça mais qui s'avère être homogène et bien ficelé. J'ai particulièrement trouvé judicieux le système de narration employé par Joe Hill: on démarre sans aucun background, pour nous présenter Ig et sa découverte de ses cornes. Ce n'est que petit à petit que nous découvrons l'histoire de Ig, de Merrin et tout ce qui s'est passé auparavant, avec les flashbacks et les souvenirs du héros. Il y a vraiment un déroulement intéressant, avec de nouveaux éléments qui changent sans arrêt notre perspective des choses. Joe Hill nous propose beaucoup de rebondissements, il est difficile de s'ennuyer et j'ai vraiment été captivée par le roman! Un bon point, donc!

En ce qui concerne les personnages, j'ai énormément aimé le héros, Ig. Et pourtant, ce n'était pas gagné: en effet, au départ Ig nous est présenté sous un jour pas très glorieux, alors qu'il est ivre mort, qu'il ne se souvient quasiment pas de ce qu'il a fait la nuit précédente, et qu'il n'a pas l'air très fréquentable. Néanmoins, plus on avance dans le roman (tout comme le déroulement de l'intrigue en fait), plus on découvre d'autres facettes d'Ig, et le personnage devient plus complexe, plus touchant, et j'ai vraiment eu de la sympathie pour lui. En fait, la façon dont on perçoit les personnages changent sans cesse, car la première image que l'on a d'eux se métamorphose grâce à ce que l'on apprend avec les cornes d'Ig. Je trouve que dans l'ensemble les personnages sont tous intéressants, en particulier le trio de tête formé par Ig, Merrin et Lee.


Joe Hill nous propose un livre où s'entremêle de nombreuses thématiques: la culpabilité, la religion, la manipulation, le sexe, l'amour, la maladie, l'hypocrisie, le mensonge... C'est un livre avec beaucoup d'aspects différents, et j'ai apprécié sa façon de les traiter. J'ai mentionné plus haut le parallèle entre les cornes de démon et la religion, mais j'aurais pu parler aussi de beaucoup d'autres éléments. Le résultat, c'est qu'on a un livre où les sentiments sont très importants: personnellement (je ne sais pas si c'est parce que je suis une grosse sensible), mais j'ai été plusieurs fois HORRIFIEE de découvrir la violence de ce que les gens pensent de Ig, et j'ai même fondu comme une madeleine face à certains rebondissements. Je n'avais pas pleuré sur un livre depuis longtemps! 


Le style de Joe Hill est assez plaisant, et franchement j'ai beaucoup aimé découvrir son univers. C'est fluide, ça se lit bien, et j'ai très envie de découvrir ses autres romans, ce que je pense faire très vite. J'ignorais qu'il était le fils de Stephen King, et franchement j'ai préféré Cornes à tous les livres de Stephen King que j'ai lus récemment. Si Joe Hill continue comme ça, il risque de devenir un auteur réputé d'ici quelques années!

J'ai quand même noté un ou deux petits bémols, rien de bien grave, mais je tenais à les mentionner. Tout d'abord, j'ai trouvé que c'était quand même assez simple de deviner ce qui était arrivé à Merrin, on le comprend vers la moitié du roman. C'est un peu dommage, je trouve! Mon autre petit souci (que je retrouve également dans les romans de King parfois, ça doit être de famille) c'est que le livre a quand même ses petites longueurs, notamment au début. Mais ça reste des points minoritaires par rapport à ce que j'ai pensé du reste!

Au final, Cornes a été une bonne découverte pour moi, je ne regrette absolument pas d'avoir lu ce roman et j'ai hâte de lire d'autres oeuvres de Joe Hill! 

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette chronique vous plu, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire! On se retrouve dès demain pour un nouvel article, en attendant prenez soin de vous et vérifiez que vous n'avez pas de cornes en vous réveillant demain matin!

AnGee Ersatz*




dimanche 19 octobre 2014

Halloween #7: Vampires et Bayous: Sexe, Sang et Décadence, la Résurrection du Mythe en Louisiane, de Morgane Caussarieu.




Bonjour à tous et à toutes!

Bienvenue sur le Livroscope! J'espère que vous allez bien et que vous avez passé un bon week-end! C'est avec plaisir que je vous retrouve en ce dimanche pour une nouvelle escale dans notre parcours Halloween. Pour cette septième chronique, j'ai décidé de vous parler une fois de plus de vampires, qui sont décidément les créatures emblématiques du mois. Souvenez-vous: il y a quelques semaines, je vous parlais du Salon du Vampire, événement lyonnais auquel je me suis rendue. J'y avais rencontré Morgane Caussarieu, et j'étais repartie avec un exemplaire dédicacé de Vampires et Bayous, l'un de ses livres. Un livre un peu spécial, puisqu'il ne s'agit pas d'un roman ou d'un recueil de nouvelles, comme ce que je chronique habituellement, mais d'un essai autour de la figure du vampire en Louisiane. Je me suis aperçue que depuis quelques temps, les vampires qui m'intéressent viennent de Louisiane: je me suis mise à True Blood et à la saga La Communauté du Sud de Charlaine Harris, j'ai adoré le film Entretien avec un Vampire, et je suis assidument la diffusion de The Originals dont la saison deux vient de commencer. Toutes ces oeuvres ont pour points communs les vampires et la Louisiane, je ne pouvais donc pas passer à côté d'un livre autour de cette thématique! C'est parti pour Vampires et Bayous! :)

Cette chronique compte également en tant que deuxième lecture pour le Challenge Chasse aux Vampires de Leelys!

Morgane Caussarieu, c'est qui?



Commençons, si vous le voulez bien, par une petite présentation de notre auteure du jour: Morgane Caussarieu! Si vous connaissez déjà un peu le blog, ce nom vous dit peut-être quelque chose: en effet,  j'avais déjà brièvement parlé de Morgane Caussarieu lors d'un article consacré au recueil Nouvelles Peaux, des éditions Luciférines, dans lequel on peut retrouver sa nouvelle "Le masque de la mort lente", que j'avais adorée! Histoire d'éviter de me répéter, je vous laisse suivre les liens ci-dessous qui vous mèneront vers l'article sur Nouvelles Peaux, et vers le site de Morgane Caussarieu, extrêmement fourni!



Vampires et Bayous:
Quatrième de couverture:
Anne Rice, Poppy Z. Brite, True Blood: la légende s'écrit désormais en Louisiane!
Si vous pensez que les vampires sont de vieux aristocrates ringards coincés dans un château des Carpates, vous faites erreur. Si vous pensez qu'un essai est toujours ennuyeux et assommant, là encore vous vous trompez. Morgane Caussarieu nous donne sa vision acérée et brillante d'un mythe qui règne en maître sur le fantastique de ces trente dernières années. Tour à tour esclavagiste dans les Plantations, soldat confédéré ou marginal sexuellement décadent, le vampire sudiste - popularisé par Entretien avec un vampire d'Anne Rice, repris par Poppy Z. Brite et la série True Blood - est une créature complexe qui s'amuse à briser les tabous de la puritaine Amérique. Cet essai qui mélange histoire, gender studies et pop culture offre un voyage fascinant dans le passé traumatisant et sensuel de la Nouvelle-Orléans. Une approche documentée, originale et inédite du vampire écrite dans un style percutant.
Ça va saigner. Et cette fois vous êtes prévenus.

Bienvenue en Louisiane!
Comme vous l'aurez compris grâce au début de l'article et à la quatrième de couverture, Morgane Caussarieu nous emmène en voyage, direction la Louisiane!



Commençons donc par un petit point historique et géographique: la Louisiane est un état situé au Sud des Etats-Unis, qui tire son nom d'origine française du Cavelier de la Salle, explorateur qui décida de ce nom pour rendre hommage au souverain Louis XIV. En raison de son climat et de la présence du Mississippi, la Louisiane devint un état esclavagiste réputé pour ses plantations. Au moment de la Guerre de Sécession, qui opposa les états confédérés et l'Union (ou, de façon simplifiée, les états du Sud esclavagistes et les états du Nord abolitionnistes), la Louisiane prit le parti de la Confédération. Le conflit se solda par la victoire de l'Union et l'abolition de l'esclavage.
La Louisiane a une identité très complexe et à part: c'est un mélange de cultures, une histoire douloureuse, et une géographie particulière, avec ses bayous boueux et eaux stagnantes. La ville la plus connue de Louisiane est probablement la Nouvelle-Orléans, avec son architecture unique. Aujourd'hui, la Louisiane a un statut d'état assez pauvre, notamment après le passage de l'ouragan Katrina, mais cet état est également une source d'inspiration inépuisable pour les auteurs et scénaristes qui puisent dans son folklore des personnages et histoires très particuliers: on peut citer évidemment Entretien avec un vampire, True Blood, ou encore la troisième saison d'American Horror Story (Coven). Mais ce qui nous intéresse ici, c'est le vampire!


Une nouvelle image du vampire:
Dans cet essai, Morgane Caussarieu se penche donc sur la figure du vampire, cette créature emblématique de la littérature, du cinéma et des séries télévisées, en relation avec cet état si particulier qu'est la Louisiane.
En littérature, les premiers vampires furent Européens, venant plus particulièrement de l'Est. Les plus connus sont évidemment Dracula et Carmilla, rendus immortels par Bram Stoker et Joseph Sheridan le Fanu. Comme on l'apprend dans Vampires et Bayous, les vampires "traditionnels" sont très différents des vampires que l'on retrouve aux Etats-Unis et plus particulièrement en Louisiane. Et ces différences s'expliquent en partie par le cadre dans lequel ils évoluent: les vampires traditionnels sont des créatures de château, au physique parfois pas très avenant, et dont les caractéristiques ont aujourd'hui pris un coup de vieux. Les vampires des années 2000 ne dorment plus vraiment dans des cercueils et ne se transforment plus en chauve-souris! Aujourd'hui, les vampires, particulièrement en Louisiane, sont sexys, sexués, et ne sont pas aussi poussiéreux que leurs ancêtres.
Ce qui est intéressant, ce que cette image du vampire est attachée à la Louisiane: Morgane Caussarieu le montre explicitement en comparant les vampires de Twilight, saga du Nord, avec ceux de True Blood, saga du Sud. Edward Cullen et sa famille sont des vampires "froids", décidés à s'intégrer à la population locale; Edward refuse toute relation sexuelle avec Bella avant le mariage, et répugne à se nourrir de son sang. A l'inverse, les vampires de True Blood, même si certains, comme Bill, tentent d'avoir des relations avec la communauté des humains, ont leur monde à part, symbolisé par Fangtasia, le bar à vampires: le sexe est un élément important dans l'univers de True Blood, et est souvent lié à l'action de boire du sang, qu'il soit d'humain ou de vampire.
L'identité du vampire en Louisiane est certes plus ouvertement décadente, mais reste parfois complexe, comme le montre Louis, d'Entretien avec un vampire, dont les réflexions et la quête de ses origines montrent une image plus complexe du vampire.

Une foule de thèmes abordés:
Pour parler de la relation vampire-Louisiane, Morgane Caussarieu a choisi de l'aborder sous différents angles, nous offrant un recueil varié. On a de l'histoire, avec par exemple le passé esclavagiste de la Louisiane, de l'histoire littéraire avec l'évolution du vampire en littérature, on parle cinéma, séries télévisées, culture populaire... Bref, on ressort de ce livre avec une quantité incroyable de références à découvrir.



Parmi les thématiques abordées dans Vampires et Bayous, certaines montrent la complexité du vampire comme de la Louisiane. Certains chapitres parlent par exemple du sexe: j'ai mentionné plus haut la grande présence du sexe dans True Blood, mais c'est aussi le cas dans d'autres oeuvres, que ce soit par la métaphore de boire du sang comme acte sexuel (on peut citer Lestat se nourrissant de la poitrine d'une jeune femme), ou tout simplement par l'acte sexuel en lui-même. Le sexe est également présenté sous le jour de la question de l'homosexualité, de l'identité sexuelle et de la quête de celle-ci. Là où ça devient complexe, c'est que la Louisiane est également un état où le culte est très présent, que ce soit par la religion, le vaudou, l'exorcisme... Le vampire est-il une créature de Dieu? Une créature damnée? A t'il encore une âme? Voilà des questions souvent utilisées dans les oeuvres vampiriques, et qui contrastent avec l'univers de débauche ambiante. J'ai particulièrement aimé la façon dont Morgane Caussarieu parlait de ces thèmes en s'appuyant sur le générique de la série True Blood, qui combine milieu hostile, religion, sexe, sang et débauche, et que je vous laisse regarder ici.


Ce que j'ai pensé du livre:
En jettant un oeil à mes lectures, il est facile de se rendre compte que ce que je lis est principalement du roman, de la nouvelle, de la BD, du comics, quelques mangas et de temps en temps des livres sur l'Histoire (des biographies pour la plupart). Il est donc très rare que je lise des essais, à l'exception de lectures scolaires. Il me semble même que c'est la première fois que je présente un essai sur le blog! J'ai décidé de lire Vampires et Bayous car les vampires m'intéressent, et parce que je me passionne depuis quelques temps pour la Louisiane. J'étais curieuse de voir ce que cet essai allait donner. Au final, Vampires et Bayous est une lecture passionnante, un coup de coeur pour moi!

Vampires et Bayous est un essai captivant, où religion, Histoire, pop culture et littérature se mélangent à la perfection. Morgane Caussarieu parvient à nous proposer une étude variée, où de très nombreux thèmes et sujets sont abordés: j'ai mentionné plus haut le sexe et la religion, mais on peut également parler de la nature présente en Louisiane, avec les marécages et les bayous, l'impact de la Guerre de Sécession et de l'esclavage, ainsi que la relation de grands noms de la littérature vampirique avec ces différents thèmes. Par exemple, elle parle de la relation complexe qu'Anne Rice entretient avec la religion, et comment celle-ci a un impact sur son oeuvre. On trouve énormément de choses dans cet essai, et en ce qui me concerne j'ai beaucoup appris au cours de ma lecture, qui s'est avérée très enrichissante.



Autre point que j'ai adoré: la richesse des références. Personnellement, je pense m'y connaitre un peu en vampires, même si je suis loin d'être une experte. Du coup, je suis toujours partante pour découvrir de nouveaux livres, films, séries autour de ces créatures, et c'est exactement ce que ce livre nous propose: j'ai terminé Vampires et Bayous avec une liste impressionnante de références à découvrir, pour mon plus grand bonheur. Si les vampires vous intéressent, ce livre est fait pour vous! On sent que l'auteure a fait un gros travail de documentation et c'est agréable. C'est également un moyen de replacer certaines oeuvres dans un contexte historique, littéraire et géographique particulier: j'ai trouvé intéressante la comparaison entre Twilight de Stephenie Meyer et La Communauté du Sud de Charlaine Harris, qui est pour moi un bon exemple de cette contextualisation.

La Louisiane, une région qui a du coeur.
Morgane Caussarieu a une plume vraiment agréable, l'essai se lit bien, et honnêtement ce qui est dit en quatrième de couverture est vrai: on est loin de l'image de l'essai ennuyeux, elle conjugue lecture enrichissante et plaisante, un bon point! Il serait temps que je me plonge dans un de ses romans!

J'ai également apprécié la présence de nombreuses photos et images, qui apportent un plus au livre. Les essais sont souvent denses en raison du grand nombre d'informations que l'on y trouve, donc j'ai trouvé que les images aéraient un peu l'ensemble, et encore une fois apportent un plus! L'univers des vampires est souvent visuel, de plus.  

En bref, Vampires et Bayous est un essai que je recommande aux fans de vampires, qui ont envie de découvrir ces créatures d'une façon un peu différente. Personnellement, je ne regrette pas ma lecture!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cet article vous a plu, on se retrouve prochainement pour une huitième chronique Halloween! En attendant, n'hésitez pas à me laisser vos avis et suggestions, je me fais un plaisir de vous répondre! Prenez soin de vous :)

AnGee Ersatz*



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