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mardi 31 décembre 2013

Challenge Rougon-Macquart #20: Le Docteur Pascal de Zola.




Bonjour à tous, chers Livroscopiens!

Et bien voilà, nous y sommes: ceci est le dernier article de Décembre, et le dernier article de 2013! Et comme le dit l'adage "jamais deux sans trois", c'est aussi le dernier article d'un looong Challenge qui alimente le blog depuis plus d'un an, le Challenge Rougon-Macquart. Oui, c'est la fin, avec ce vingtième article qui est donc consacré au Docteur Pascal, livre dont j'avais très envie de vous parler depuis le début... Je vous souhaite une très bonne lecture de cet article!

Pour vous aider:
Après plusieurs mois sans en avoir besoin, je vous propose de reprendre aujourd'hui les arbres généalogiques de la famille! Car si, comme le titre l'indique, l'histoire tourne autour du Docteur Pascal, on retrouve aussi d'autres personnages, dont certains nous sont familiers: on peut citer la grand-mère Félicité dont les ambitions éclataient dans la Fortune des Rougon; Antoine, l'oncle alcoolique père de Gervaise; ou encore Clotilde, la fille de Saccard, l'homme aux bonnes combines de la saga. Bien d'autres membres de la famille sont mentionnés, le livre fait aussi office de clôture de tous les autres.


Le Docteur Pascal:
Résumé:
Âgé de presque 60 ans, Pascal a consacré la moitié de sa vie à un long et minutieux travail autour de l'hérédité, prenant pour exemple sa propre famille. Mais cette étude n'est pas vraiment du goût de sa mère, Félicité, dont le seul but est de préserver l'honneur familial qui risquerait d'être entaché par les découvertes peu reluisantes de son fils. Elle tente donc de convaincre Clotilde, la nièce de Pascal qui vit avec lui depuis plusieurs années, de détruire ses dossiers. Mais la jeune fille et le docteur tombent amoureux et vivent un vrai bonheur. Pour un temps...

La peur de l'hérédité:
Au-delà d'une histoire d'amour qui dérange, le livre nous présente surtout l'histoire d'un travail de trente ans. Dès le début, Zola nous fait découvrir l'oeuvre de Pascal qui se passionne pour l'hérédité et pour ses manifestations dans sa famille. Rappelons-le, la Tante Dide, celle par qui les deux branches de la famille sont nées, est devenue folle. L'alcoolisme, tout comme la violence, sont également courants. Le travail de Pascal est de comprendre comment ces éléments se transmettent, à quelle fréquence, de tenir l'arbre généalogique, et de classer, ranger, annoter. C'est un exercice d'une grande précision, qui requiert toute son attention et celle de Clotilde qui l'aide. 

Le lecteur pourra donc redécouvrir, en version très accélérée, l'histoire des différents membres de la famille ainsi que le devenir de certains (Jean qui s'est remarié, ou encore Etienne qui est parti à Nouméa). Néanmoins ça ne dispense pas de lire la saga ;). 

Et si Pascal s'acharne sur ce sujet, c'est parce qu'il veut aussi trouver un remède à l'hérédité, pour trouver une façon de soigner l'homme de ses travers. Alors dit comme ça, ça fait penser à l'eugénisme, et cette idée vient chez Pascal de sa peur de l'hérédité: il veut y échapper, il a peur à l'idée de se faire rattraper par les maladies et les faiblesses de la famille.



Quelque part on peut faire le lien entre notre héros et notre auteur, Zola: car oui, Zola, avec sa saga, a lui même fait ce travail de l'hérédité. C'est le but des Rougon-Macquart, d'analyser l'histoire d'une famille, de génération en génération. Zola s'est-il inspiré de lui-même pour écrire ce roman? C'est possible, étant donné qu'il a lui-même travaillé plus de 20 ans sur sa saga...

Mon avis:
Avant de me lancer à corps perdu (oui, carrément) dans la lecture de la saga, j'avais lu plusieurs tomes de façon indépendante au collège et au lycée, dont le Docteur Pascal. Ma première lecture remonte à plusieurs années (je devais avoir 15 ou 16 ans), mais je me souviens avoir déjà beaucoup aimé à l'époque. Et c'est également le cas avec ma relecture.

Ce que j'aime dans ce livre, c'est le juste dosage entre l'histoire d'amour de Clotilde et Pascal (par ailleurs très touchante, une bouffée d'air frais dans une saga parfois morose) et le travail de recherche de Pascal. Les deux sont intimement liés, et on va de l'un à l'autre sans problème: du coup, ils sont bien travaillés, importants sans être lourds, bref, un bon point pour moi. Je me suis passionnée autant pour l'histoire d'amour que pour le thème de l'hérédité.

En parlant de ce thème, j'ai été ravie de le retrouver dans ce dernier volume: je pense que c'est une très bonne façon de conclure la saga, d'autant plus qu'on a droit à un retour sur tout ce qui s'est passé. Si cela donne du sens au travail de Pascal, j'ai trouvé ça agréable de pouvoir replacer les choses dans l'ordre de la saga, ayant lu tous les tomes. Même si on peut évidemment les lire de façon indépendante, ce roman assure ici le lien entre tous, ce que j'apprécie particulièrement.

J'ai aussi eu un coup de coeur pour le personnage de Pascal: jusqu'à présent, mes personnages préférés des Rougon-Macquart étaient majoritairement des femmes, même si certains, comme Octave Mouret, ont su me séduire. J'ai trouvé Pascal très touchant, très humain, et son côté "dévoué à son travail"... Bref, il rejoint le club de mes personnages préférés! En ce qui concerne les personnages secondaires, rien à redire, la terrible grand-mère Félicité est décidément incroyable...

En bref, je n'ai pas grand-chose à relever de de négatif dans ce livre, il est, pour moi, un très bon roman et surtout une très bonne conclusion à la saga. J'ai passé un bon moment de lecture, qui se termine "à la Zola", et je le recommande chaudement!

Bilan du Challenge:
Avant de conclure, j'aimerais revenir sur l'intégralité de la saga, maintenant que je l'ai terminée. Tout d'abord, je suis ravie d'en être venue à bout, c'est vraiment super de se dire que j'ai lu tous ces romans, et aussi que c'est fini: mine de rien, il y a des mois où j'étais moins motivée que d'autres!



J'ai commencé ce Challenge personnel en Août 2012: j'avais en ma possession cette saga depuis plusieurs années, et je trouvais ça dommage de la laisser moisir dans un carton. J'avais déjà lu certains tomes, comme l'Assommoir ou Au Bonheur des Dames, que j'avais bien aimés. Ayant toujours apprécié les classiques de la langue française, j'ai eu envie de les mettre en avant sur mon blog, et quoi de mieux que cette saga pour cela?

En Janvier 2013, j'ai décidé de me fixer comme limite Décembre de la même année, histoire de ne pas trop m'éparpiller et surtout d'arriver à la lire sans laisser tomber. En Août, j'ai lancé via le blog et Livraddict un Challenge Rougon-Macquart pour faire participer d'autres lecteurs à l'aventure: je remercie ceux qui se sont inscris et qui ont déjà présenté des chroniques, vous pouvez les retrouver sur l'onglet Rougon-Macquart du blog.

Maintenant que j'ai tout lu, que dire de cette saga? Et bien qu'elle est très riche: elle traite de sujets variés, d'une quantité folle de sujets et de personnages, tout en gardant une certaine continuité avec des branches de la famille qui ont droit à plusieurs tomes. J'ai été particulièrement marquée par le Ventre de Paris, l'Assommoir (encore), Pot-Bouille, l'Oeuvre, la Bête Humaine et le Docteur Pascal, qui sont les romans que j'ai le plus adorés dans cette saga. Bien entendu, certains livres me plaisent moins, comme Son Excellence Eugène Rougon, la Débâcle, et l'Argent, mais globalement j'ai passé un très bon moment avec cette saga et je ne regrette pas de m'être jetée dedans!

Vous pourrez retrouver l'intégralité de mes avis sur la page Facebook ou sur l'onglet du Challenge (il me faudra quelques jours pour trouver le temps de tous les répertorier). Je ferme donc le chapitre Zola, mais si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez toujours consulter les avis des participants au Challenge!

Et voilà, c'est tout... pour cette année! Je tenais à tous vous remercier pour cette formidable année, vous avez été extrêmement nombreux à me lire, à commenter et à échanger sur le blog, mais aussi sur la page Facebook. Je vous souhaite d'avance une très bonne année, en espérant vous retrouver tous très vite pour Janvier, consacré au Japon... 

A très bientôt, et bonne année à tous!

AnGee Ersatz*


vendredi 27 décembre 2013

Rougon-Macquart #19: La Débâcle, de Zola.




Bonjour à tous!

Et oui, me revoilà déjà! Je suis ravie de vous retrouver sur le blog: il me reste trois articles (celui-ci compris) pour boucler le mois, donc attendez-vous à avoir des mises à jour dans les jours qui viennent! Aujourd'hui, je vous propose de partir à la découverte du 19ème et avant-dernier tome de la saga des Rougon-Macquart, à savoir la Débâcle. Et oui, je touche au but (vous n'imaginez pas comme cette sensation est géniale ^^). Ce roman traite d'un sujet qui a déjà été mentionné dans les livres précédents, sans non plus être utilisé de manière aussi frontale, à savoir la guerre. Je vous souhaite donc une très bonne lecture de cet article :)

Pour vous aider:
Là encore (décidément, ils ne m'auront pas beaucoup servi), pas besoin d'arbres généalogiques pour ce tome: le seul personnage issu de la famille est Jean Macquart. Ce nom vous dit quelque chose? C'est tout à fait normal, Jean est un personnage "fil rouge" de la saga: on le trouvait déjà dans le premier roman, la Fortune des Rougon, ainsi que de façon plus importante dans la Terre, livre assez horrible dont je vous ai parlé il y a quelques mois. 


La Débâcle:
Résumé:
Après la mort de sa femme, Jean est retourné servir dans l'armée de l'empereur en pleine guerre contre les Prussiens. Dans la 106ème où il est caporal, Jean se lie d'amitié avec ses hommes, notamment avec Weiss et Maurice. Mais à Sedan, l'armée française se fait mettre en pièces par leurs ennemis... C'est le début pour Jean d'une convalescence qui va lui permettre de rencontrer Henriette, la soeur de Maurice, dont il tombe amoureux. Cependant, la débâcle ne fait que commencer...

Une histoire basée sur l'Histoire...
Encore une fois, avec la Débâcle, Zola se montre fidèle à lui-même en nous proposant un roman profondément ancré dans son époque. Le livre, publié en 1892, traite de deux événements historiques survenus seulement vingt ans plus tôt.

Le premier, c'est la défaite de Sedan. La défaite de Sedan, c'est quoi? Il s'agit d'une bataille qui se déroula en 1870 au cours de la guerre entre les empires français et prussiens, et au cours de laquelle l'armée française fut violemment écrasée. L'empereur Napoléon III (présent dans le roman) fut grandement critiqué suite à cette défaite, qui causa de grandes pertes humaines. Une grande partie de la Débâcle est donc consacrée à cette catastrophe encore présente dans toutes les mémoires: nous pouvons découvrir l'armée française, la vie difficile des soldats qui marchent longtemps et mangent très peu, la convalescence, la mort, les blessés, et les méthodes médicales de l'époque. Zola choisit de donner aussi son avis sur la raison de la défaite, donc si cela vous intéresse, n'hésitez pas à le lire!

Autre événement historique choisi par Zola: la Commune de Paris. Cet événement est un peu moins connu aujourd'hui mais fut d'importance. Suite aux échecs répétitifs de l'empereur, les Parisiens se soulevèrent et renversèrent le régime, et installent la Commune en 1871. Certains grands noms de l'époque jouèrent un rôle important: on peut citer par exemple Gustave Courbet, qui en a beaucoup souffert puisqu'il fut par la suite forcé à l'exil en Suisse. 

Courbet et la Commune, une longue histoire...


Mon avis sur ce livre:
Ce mois de Décembre, on peut le dire, est un moment que j'attendais depuis le début de l'année. Pas pour Noël, non, ni pour Nouvel An. Mais pour quoi alors? vous demandez-vous sûrement. Et bien tout simplement parce qu'en Janvier, je m'étais fixée Décembre 2013 comme limite pour terminer la saga des Rougon-Macquart! Et avec ce 19ème tome (et le 20ème dans lequel je me lance cette semaine!) je m'en rapproche! Bref, passons aux choses sérieuses: qu'ai-je pensé de la Débâcle?


Pour être honnête, je n'ai pas vraiment été emballée par ce livre autant que je l'espérais. Je savais, d'après le résumé, que le livre traitait du sujet de la guerre, et du coup j'appréhendais un peu. Non pas que ce thème ne m'intéresse pas, au contraire: mais ce qui me passionne, dans la guerre, c'est surtout la vie au front et à l'arrière, et tout ce qui est médecine. Malheureusement, une grande partie du livre est consacrée à un aspect qui me parle un peu moins, le combat en lui même. Du coup, j'ai eu vraiment beaucoup de mal à me plonger dedans, le début a été pour moi plutôt laborieux.



Mais après m'être accrochée pendant environ 200 pages (dans mon édition), j'ai fini par entrer dans l'intrigue: j'ai beaucoup aimé les passages concernant les opérations, le deuil, les prisonniers... Et j'ai vraiment énormément apprécié la fin, qui n'est pas sans rappeler celle de la Terre, autre livre dans lequel on retrouve Jean.

En parlant de Jean, Zola nous présente des personnages intéressants, avec le triptyque Jean-Maurice-Henriette. Jean est un peu le fil rouge de la saga (et si j'ai bien compris on le retrouve aussi dans le tout dernier tome, le Docteur Pascal), on commence à le connaître, et personnellement j'étais contente de le retrouver. Henriette et Maurice sont des personnages attachants, surtout dans leurs interactions avec Jean.

Néanmoins j'ai vraiment, vraiment eu du mal à me plonger dans ce livre, j'ai même dû "couper" avec d'autres lectures, ce que je fais assez rarement. Je pense que le livre, cependant, a son intérêt dans la saga, puisque Zola, encore une fois, a cherché à inclure dans celle-ci toutes les thématiques de son époque, et je ne regrette pas de l'avoir lu!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que l'article vous a plu, n'hésitez pas à me laisser vos suggestions, avis et autres en commentaire, je vous réponds avec plaisir! On se retrouve très vite, d'ici quelques jours, avec les deux derniers articles, qui seront consacrés au Docteur Pascal et à Vercoquin et le Plancton de Boris Vian... En attendant, prenez soin de vous!

AnGee Ersatz*


mardi 26 novembre 2013

Challenge Rougon-Macquart #18: L'Argent, d'Emile Zola.


























Bonjour à tous et à toutes!

Me revoilà enfin, après plusieurs jours de retard dans mon planning... Et oui, la fin de Novembre a été plutôt tendue côté organisation (devoirs, devoirs, devoirs et devoirs...), du coup j'ai eu du mal à tenir le rythme en ce qui concerne le blog. Mais je vous rassure, chers lecteurs adorés, je vais malgré tout réussir à atteindre l'objectif de dix articles (objectif tenu depuis Janvier 2013, ce serait dommage de se rater maintenant ^^). Au menu de la semaine donc: trois articles! Et on va commencer en beauté avec une nouvelle chronique consacrée aux Rougon-Macquart: aujourd'hui, je vous présente le 18ème tome de la saga culte de Zola, intitulé l'Argent. Je vous souhaite une très bonne lecture!

A savoir: suite à une excellente suggestion de la part de Parthenia, je recenserai tous mes liens autour de la saga dans l'onglet consacré au Challenge que j'ai organisé en Décembre, lorsque j'aurai terminé la saga! Ce sera plus simple pour accéder à toutes les chroniques.

Petite information!
Cette fois, nous allons nous passer d'arbre généalogique. L'intrigue de l'Argent tourne autour d'un seul personnage de la famille, à savoir Aristide Saccard. Si ce nom vous dit quelque chose, ce n'est pas pour rien! En effet, il était déjà présent au tout début de la saga, dans la Curée: si vous voulez en savoir plus sur ce tome, voici mon article à ce sujet. Petite précision aussi: si vous avez l'attention de lire l'Argent, je vous conseille de commencer par la Curée, histoire de ne pas être trop perdus (il y a plusieurs allusions à ce qui se passe dans le précédent roman autour d'Aristide Saccard).




L'Argent:
Résumé:
Nous avions quitté Aristide Saccard, frère du politicien à succès Eugène Rougon, complètement fauché à la fin de la Curée, suite à des placements financiers foireux. Mais loin de se laisser abattre, Aristide guette la moindre occasion de se refaire. Et l'occasion va se présenter sous la forme d'une frère et d'une soeur, Catherine, qui lui prêtent main forte pour monter une nouvelle affaire, baptisée la Banque Universelle, qui connait rapidement un succès fou! On se précipite pour acheter des actions, celles-ci montent en flèche. Mais entre magouilles et passé envahissant, le chemin est loin d'être simple pour Aristide...

Quelques thèmes importants:
Un nouvel univers: la Bourse.
L'avantage avec Zola, c'est que (presque) chaque tome nous propose de découvrir un univers différent, inspiré de l'époque où il vivait.Après la mine, la politique, les commerçants et les ouvriers, nous voilà plongés dans le monde de la finance! Notre héros, Aristide Saccard, a une passion: l'argent. A l'époque où Zola écrivait, la Bourse connaissait une véritable expansion, attirant de plus en plus de personnes prêtes à acheter des titres dans l'espoir de faire fortune. Mais qui dit Bourse dit aussi scandale (ça n'a pas beaucoup changé aujourd'hui, au final): Zola fut inspiré par plusieurs drames financiers qui se jouèrent à l'époque, le plus évident étant celui concernant le percement du canal de Panama (Aristide monte une affaire similaire). Beaucoup de noms de la politique, de la banque et d'autres domaines ont été écornés par ces scandales...
Comme l'ami Emile cherche à "capturer" l'essence de son temps, il était normal de consacrer un roman à ce monde très particulier.

Aristide Saccard, un sacré personnage.
Une fois n'est pas coutume, parlons un peu de notre "héros", personnage assez particulier. Personnage secondaire dans la Curée, le voilà passé au rang de personnage principal dans l'Argent! Et si Zola a décidé de l'inclure dans deux romans, ce n'est pas pour rien.



Aristide est un homme qui a énormément d'ambition, tout comme son frère Eugène Rougon (héros de Son Excellence Eugène Rougon), mais si celui-ci a choisi la voie de la politique, Aristide est bien décidé à acquérir le pouvoir par un autre moyen, l'argent. Déjà dans la Curée, Aristide était dépeint comme un homme fortuné, dont les affaires marchent fort. Il a le sens des combines et sait flairer les bons coups. Mais il sait surtout flairer les bonnes arnaques: car oui, son argent provient surtout de plans crapuleux qu'il organise et qu'il parvient à mener à terme grâce à son incroyable bagout. Si il y a bien quelque chose qu'on ne peut pas lui enlever, c'est sa capacité à séduire les gens, que ce soit ses partenaires en affaire auxquels il peut faire croire n'importe quoi, ou des femmes qui l'intéressent. Et oui, en plus de ça, c'est un vrai coureur de jupons...

Mon avis sur ce livre:
Plus d'un an après avoir commencé ma lecture de la saga des Rougon-Macquart, me voilà enfin au dix-huitième tome! Je ne vous cache pas que je suis assez impatiente de la terminer (plus que deux titres!), mais avant cela, qu'ai-je donc pensé de l'Argent? Et bien dans l'ensemble, je suis pas franchement emballée par ce roman.

Pourquoi? Pour une raison toute simple: le thème majeur de l'Argent, qui s'avère être (comme le titre y fait écho) la finance. Et ce thème ne m'a jamais intéressée. Au lycée, j'ai fait de l'économie pendant trois ans, étant en section ES, et je voyais ça comme de la vraie torture, ça ne passait juste pas et ça ne passe toujours pas. Je n'y comprends pas grand chose, et j'ai vraiment du mal à m'y intéresser. Du coup, malgré les efforts et la plume (fantastique, comme toujours selon moi) de Zola, j'ai eu du mal à m'accrocher à l'intrigue et à la suivre d'un oeil attentif. Globalement, je me suis pas mal ennuyée, j'ai sauté certains passages un peu longs sur la spéculation boursière. Je me suis un peu plus intéressée à d'autres points du roman, comme l'histoire qui surgit de son passé et qui amène un fils caché à Aristide, ou ses relations aux autres personnages. J'ai beaucoup aimé le passage où Aristide se bagarre avec un autre homme au sujet d'une demoiselle (c'était très drôle et divertissant), par exemple.


Dans une saga aussi importante que l'est celle de Zola, je pense qu'il est difficile d'apprécier tous les romans: tout dépend de leur thème, de l'histoire racontée, des personnages... L'Argent fait donc partie, pour moi, de ceux que j'ai le moins appréciés, avec Son Excellence Eugène Rougon, qui m'avait ennuyée en raison, là aussi, de son thème (la politique) qui me parlait un peu moins.

Néanmoins, je pense qu'il s'agit d'un roman intéressant puisque Zola nous parle, comme à son habitude, d'un trait particulier à son époque. Je pense donc que si vous vous intéressez à celle-ci ou tout simplement à la finance, l'Argent vous plaira davantage qu'à moi!

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cet article vous a plu, n'hésitez pas, comme toujours, à me laisser vos commentaires, suggestions, avis, je réponds à tout le monde! On se retrouve dans deux jours avec un nouvel article, consacré au film la Neuvième Porte de Roman Polanski, visionné dans le cadre de mon petit Challenge Johnny Depp! En attendant, prenez soin de vous :)

AnGee Ersatz*


lundi 28 octobre 2013

Challenge Rougon-Macquart #17: la Bête Humaine de Zola.




Bonjour à tous et à toutes!

J'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts à attaquer le mois de Novembre sereinement! Aujourd'hui, petit break avant le dernier article consacré à Halloween: je vous propose de poursuivre le long parcours autour des Rougon-Macquart entamés l'année passée avec au menu le dix-septième roman de la saga, la Bête Humaine! Ce titre m'intriguait depuis des années et je n'avais encore jamais eu l'occasion de le lire auparavant. En passant, si vous souhaitez découvrir d'autres avis sur les romans de Zola, n'hésitez pas à cliquer sur l'onglet "Rougon-Macquart", qui vous mènera à la page consacrée au Challenge que j'ai lancé il y a quelques semaines. Je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que cet article vous plaira!

Pour vous aider:
Dans ce roman de Zola, nous découvrons l'histoire de Jacques Lantier, seul personnage de la famille présent. Encore un Lantier? Et oui: après Lantier le père dans l'Assommoir, Etienne l'aîné dans Germinal et Claude le petit dernier dans l'Oeuvre, nous retrouvons ici le cadet, Jacques. A savoir: Jacques n'était pas pas prévu par Zola dans l'arbre généalogique initial. Dans l'Assommoir, seuls Etienne et Claude sont mentionnés comme étant les enfants du couple Gervaise/Lantier. Le roman ferroviaire devait avoir pour héros Etienne, envoyé par sa mère loin du foyer familial pour travailler dans ce milieu. Cependant, Zola a décidé de remanier son arbre généalogique et d'ajouter un personnage, Jacques, qui est donc le frère d'Etienne et de Claude.





La Bête Humaine:
Résumé:
Jacques Lantier, jeune homme timide, est mécanicien à la Compagnie de l'Ouest. Une nuit, en plein trajet, il assiste à un meurtre: celui du président Grandmorin, tué par le mari de sa filleule Séverine, Roubaud, qui a découvert que le parrain couchait avec celle-ci depuis des années. Jacques décide de garder le silence sur cette histoire et de ne pas les dénoncer. Il devient l'ami de Roubaud, mais surtout l'amant de Séverine, dont il tombe amoureux fou. Mais Jacques souffre depuis des années d'un mal qui le dévore à petit feu: une envie de meurtre, violente, qui le prend dès qu'il s'approche d'un peu trop près d'une femme...










Quelques points importants:
Penchons nous à présent sur quelques-uns des points importants du roman...

La jalousie: 
Commençons par un l'élément déclencheur de l'histoire, la jalousie! Le roman s'ouvre sur une scène idyllique: un couple heureux, qui s'entend bien, en visite à Paris. Jamais un roman de Zola n'a aussi bien commencé! Mais cette image de carte postale se transforme vite en cauchemar à cause de la jalousie et de la colère. Roubaud, en apprenant que sa femme a des relations charnelles depuis plusieurs années (et avant même leur mariage) avec son parrain, passe du docteur Jekyll à Mister Hyde. 

La Bête Humaine, par Jean Renoir.

La jalousie, on a pu la voir à plusieurs reprises dans les romans de Zola: dans Germinal, par exemple, la relation entre Chaval et Catherine est basée sur la jalousie. Cette fois, dans la Bête Humaine, la jalousie commence l'histoire et l'achèvera aussi... On la retrouvera chez d'autres personnages, comme Flore, attristée d'être délaissée par Jacques.


La Bête Humaine de Jean Renoir.
La mort dans la peau:
Alors non, contrairement à ce qu'on pourrait croire, je ne parle pas du film avec Matt Damon, non, mais bien de la Bête Humaine. En effet, dans ce roman, Zola nous propose de découvrir un personnage qui souffre d'un mal bien particulier: Jacques, le héros, fantasme sur la mort, et plus particulièrement sur le fait de la donner. Ce fantasme le hante depuis des années et l'empêche de nouer une vraie relation avec les femmes: c'est pour cela qu'il considère, d'une certaine façon, sa machine comme sa femme, comme son amante.
Les accès de son mal le terrifient et le fascinent en même temps, et surviennent majoritairement lorsqu'il se trouve dans les bras d'une femme. Dans le roman, le lecteur est amené à découvrir une première fois cette souffrance lorsque le jeune homme retrouve la jeune Flore, amie de longue date qu'il cherche à séduire. Alors qu'il la tient enfin, il se surprend à rêver de planter un couteau dans sa gorge.
Ce n'est pas la première fois que Zola écrit sur la violence: dans la Terre, l'un des personnages ne peut s'empêcher de penser à sa belle-soeur, de la vouloir, de la posséder. Le meurtre est également un sujet déjà abordé dans la saga; néanmoins Jacques est un personnage nouveau et original dans la saga. La violence chez Zola peut donc prendre plusieurs formes.

Le monde ferroviaire:
Depuis le début de la saga, l'auteur a cherché à nous présenter non pas seulement une famille, mais aussi une société: celle du Second Empire. Pour cela, il a multiplié les incursions dans différentes classes, différents univers: la politique, le monde ouvrier, les mines, les grands magasins... Il essaie de capturer l'essence d'une société.

Zola et le train, une longue histoire!

Dans la Bête Humaine, il se penche sur un autre univers, celui du monde ferroviaire. Le chemin de fer est en pleine expansion à l'époque, ce moyen de transport se développe énormément. Zola l'a déjà mentionné quelques fois dans ses romans, mais c'est dans celui-ci qu'il s'y attaque pleinement. Tout d'abord, avec les personnages choisis: la plupart travaille en effet dans ce milieu. Evidemment le héros, Jacques, mécanicien, mais aussi Roubaud, Pecqueux qui travaille avec Jacques, ou encore Misard. Il insiste tout particulièrement sur la relation qui lie Jacques à sa machine (une relation presque amoureuse), la hiérarchie dans laquelle la politique joue beaucoup (Roubaud est menacé de renvoi car il est républicain). D'autres thèmes sont abordés, comme les difficultés du travail liées aux problèmes mécaniques et météorologiques.
Zola a donc choisi un cadre en plein dans son époque pour ce roman!

Mon avis sur ce livre:
Voilà un livre qui, en commençant la série, m'intriguait beaucoup! Il faut le dire, le titre interpelle, il attire l'oeil. Pour moi, la Bête Humaine pourrait être le titre de la saga, puisqu'entre les problèmes mentaux, l'alcoolisme, le sexe et les autres thèmes abordés mettent en avant tout ce est effrayant dans la nature humaine. Qu'en ai-je donc pensé? Et bien ce roman est sans conteste l'un de mes préférés de la saga!

Commençons par l'histoire. Je l'ai adoré: Zola nous propose une intrigue sur fond de meurtre et d'envie de meurtre. Une grande tension se dégage donc de l'histoire: Roubaud va t'il être démasqué? Jacques va t'il passer à l'acte? Je me suis posée beaucoup de questions au cours de ma lecture, et j'ai vraiment été emportée par l'histoire, du début à la fin. Il y a de nombreux rebondissements, et j'ai trouvé la fin très réussie! Je ne me suis pas ennuyée en le lisant, loin de là, et j'ai dévoré le livre en à peine quelques heures. Les thèmes y sont pour beaucoup dans l'intérêt que j'ai trouvé à ce livre: le meurtre, la jalousie, la convoitise... Des thèmes que nous connaissons tous et qui sont très utilisés en littérature, au cinéma, dans les séries tv ou ailleurs, mais que Zola sait exploiter.

Fait rare dans un roman de Zola: j'ai apprécié tous les personnages de la Bête Humaine! En commençant par Jacques: au départ j'ai été assez surprise de le voir arriver, étant donné que je croyais que Gervaise et Lantier n'avaient eu que deux enfants, mais je me suis vite intéressée à ce personnage en particulier en raison de son mal, de son combat intérieur. Mais les autres personnages m'ont aussi captivée: j'ai beaucoup aimé la déchéance de Roubaud, la souffrance de Flore, les commérages des habitantes de l'immeuble... J'ai aimé la précision de Zola et le travail fait sur tous les personnages pour les rendre aussi variés que possible. 

En ce qui concerne le monde ferroviaire, j'avoue que j'étais assez mitigée au départ: ce n'est pas un univers qui m'inspire plus que ça, donc j'avais peur de m'ennuyer à cause de ça. Au final, il sert principalement de toile de fond, on a droit à quelques descriptions sur la vie des travailleurs de la Compagnie de l'Ouest, et le train joue un rôle capital à certains moments de l'intrigue sans non plus être trop omniprésent dans l'histoire. Du coup, j'ai plus apprécié ce point que je ne le pensais au départ.

Je n'ai pas vraiment de points négatifs à relever sur la Bête Humaine: j'ai passé un excellent moment de lecture avec ce livre, Zola a su m'emporter dans son univers. Si vous cherchez un Zola à lire, celui-ci risque de vous plaire! Dans mon cas, il fait partie de mes coups de coeur de la saga... A savoir qu'il existe aussi plusieurs adaptations de l'histoire!

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cet article vous a plu, on se retrouve jeudi pour le tout dernier article d'Octobre et du thème Halloween, qui sera dédié à l'un de mes auteurs préférés de tous les temps: Edgar Allan Poe! En attendant, n'hésitez pas à me laisser un petit commentaire pour me donner vos suggestions de lecture ou vos avis, c'est toujours un plaisir de vous lire!

A très vite,

AnGee Ersatz*




vendredi 27 septembre 2013

Les Rougon-Macquart #16: Le Rêve, d'Emile Zola.





Bonjour à tous et à toutes!

Nous voilà de nouveau ensemble pour un nouvel article, le seizième article d'un rendez-vous bien connu du blog, à savoir le Challenge Rougon-Macquart! Après l'Oeuvre et la Terre le mois dernier, nous allons aujourd'hui nous attaquer au Rêve, un roman assez peu connu de Zola, un livre assez différent des deux précédents. On se rapproche de plus en plus de la fin du Challenge, mais rassurez-vous, d'autres lecteurs se sont lancés dans la lecture de la saga (comme vous pouvez le voir dans l'onglet "Rougon-Macquart"). Je vous souhaite une bonne lecture!

Pour vous aider:
Cette fois encore, nous allons nous passer d'un arbre généalogique! En effet, Zola ne parle, comme dans ses derniers romans, que d'un seul personnage de la famille, à savoir Angélique Rougon. Elle est la fille de Sidonie Rougon, et a été abandonnée dès sa naissance par sa mère, qu'elle ne connaîtra et ne reverra jamais. En faisant ce choix de présenter une héroïne abandonnée, Zola expérimente une autre facette de l'hérédité à travers la question suivante: est-ce que coupés de notre famille, nous gardons néanmoins certaines caractéristiques? 

Le Rêve:
Publié en 1888, le Rêve est le 16ème roman de la saga. Il suit la Terre, et précède la Bête Humaine, dont nous parlerons le mois prochain.

Résumé:
Abandonnée par sa mère à sa naissance, Angélique est une enfant de l'Assistance Publique. En plein hiver, elle se sauve de sa famille d'accueil, qui la maltraite, et se réfugie au pied d'une cathédrale d'un village du Val-d'Oise. C'est là que la découvre le couple Hubert, des brodeurs sans enfants qui décident de la recueillir et de l'éduquer. La petite fille apprend donc le métier de brodeuse (ils brodent des vêtements religieux), mais surtout, elle se plonge dans la religion, devenant fascinée par la vie de vierges qu'elle découvre dans un livre, la Légende Dorée. Cette fascination est-elle qu'elle se met à rêver d'avoir leur vie. Et ce rêve prend la forme d'une apparition, celle d'une jeune, nommé Félicien, dont elle tombe folle amoureuse...








Le conte de fées:
Passons à présent aux points importants du roman. Tout d'abord, ce qui est intéressant, c'est que Zola, que l'on connait habituellement pour ses histoires tragiques autour du monde ouvrier, de l'alcool et du sexe, décide ici de nous présenter une histoire qui a un côté plus "conte de fées". La destinée d'Angélique se rapproche de celle de Blanche-Neige ou de Cendrillon. 
Le roman s'ouvre sur l'image d'une petite fille, congelée et seule, qui est recueillie par un couple de gentilles personnes qui n'arrivent pas à avoir d'enfants (dans beaucoup de contes, on a des couples sans enfants qui soudainement en ont un, ou alors recueillent un orphelin). Alors qu'elle était condamnée à une triste vie, de nouvelles opportunités s'offrent à elle: d'abord celle d'avoir une famille, les Hubert s'occupant d'elle malgré son caractère parfois difficile; celle d'apprendre un travail, un travail honnête (par rapport à d'autres héroïnes de Zola qui se retrouvent à vendre leur corps)... Elle découvre la religion et elle découvre l'amour. Alors que son histoire était mal partie!

La religion et l'amour:

Ste Agnès
Deux thèmes importants du roman: l'amour et la religion, qui sont les deux moteurs de l'intrigue.
Dès le début, on comprend que la religion va jouer un rôle important dans la vie de notre héroïne: elle s'abrite sous une cathédrale, admirant les statuts et vitraux des vierges. Par la suite, la religion la guide: si les études ne la passionnent pas vraiment, elle est complètement absorbée par la lecture de Légende Dorée, un livre qui raconte avec beaucoup de détails l'histoire de personnages féminins religieux. C'est le seul livre qui l'intéresse, elle le relit dans les moments de doute et s'inspire de la vie de ses héroïnes pour vivre sa propre vie. On la voit aussi travailler avec beaucoup d'assiduité et de ferveur sur ses broderies religieuses, s'exciter lors de processions... 
L'amour aussi a un rôle important dans le roman, et il est en plus lié à la religion: Félicien, l'amour d'Angélique, arrive dans l'histoire comme une apparition, comme un miracle, petit à petit. 

Mon avis sur ce livre:

Lorsque j'ai commencé ma lecture de la saga, j'étais vraiment impatiente de lire ce roman, en raison de son titre plutôt alléchant. Je me demandais ce que Zola entendait par "rêve", comment il allait l'aborder, quelle serait l'intrigue... Et après ma petite déception du mois dernier (j'avais eu beaucoup, beaucoup de mal à lire la Terre), je dois dire que j'ai adoré le Rêve!

Premier point que j'ai aimé: le choix d'une orpheline pour héroïne. Comme je l'ai mentionné plus haut, ce choix a sûrement été fait par Zola pour tenter quelque chose d'autre sur le thème de l'hérédité, fil rouge de la saga et dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises sur le blog. Ce thème majeur m'intéresse fortement, et j'ai trouvé ce choix plutôt judicieux. J'ai donc beaucoup aimé le début du livre, où les Hubert découvre Angélique sous la cathédrale, et où son chemin (autour de la religion et des vierges) commence à se tracer; la scène est plutôt jolie, bref, j'ai été séduite par le début de l'histoire.

Et par la suite aussi: l'intrigue se suit sans problème, il y a quelques rebondissements intéressants (même si certains sont un peu prévisibles), et j'ai trouvé la fin tout simplement surprenante! Je ne m'y attendais pas, et j'ai dû relire le passage plusieurs fois pour bien réaliser ce qui se passait. Dans un monde où les fins sont de plus en plus prévisibles (à mon humble avis), j'ai été surprise par celle-ci!

Ensuite, j'ai beaucoup, mais alors beaucoup aimé les personnages. Angélique est une héroïne assez particulière, je pense qu'on peut où l'aimer ou la détester. Personnellement (et ce n'est pas parce que je porte le même prénom!), j'ai eu un petit coup de coeur pour cette héroïne un peu naïve, pleine d'espoir et de contradictions. Elle va toujours au bout de ce qu'elle dit, de ce qu'elle commence, et c'est ce qui m'a plu dans ce personnage. J'ai aussi bien aimé Félicien, même si il a un peu un côté "stalker flippant", et j'ai été très touchée par le couple Hubert, à l'histoire plutôt tragique. C'est rare que j'apprécie autant de personnages différents dans un seul roman, donc quand c'est le cas, je le dis!

Les thèmes abordés sont aussi intéressants: Zola s'attaque à des sujets déjà utilisés précédemment dans sa saga, mais d'une façon différente. On avait pu voir la religion dans la Faute de l'Abbé Mouret, où Mouret rejette l'amour pour rester fidèle à la religion; ou dans la Conquête de Plassans, où un religieux devenait la star de tout un village par le pouvoir de la religion. Ici, on se penche sur l'influence de la religion sur une jeune fille un peu fragile, et les passages où Angélique s'absorbe dans la religion, et surtout dans la vie des vierges, m'ont plus. Le thème de l'amour, que Zola utilise souvent dans ses romans aussi, prend ici une forme un peu plus pure et douce que dans la Terre (où tout le monde se grimpait dessus, rappelons-le!). Un peu de douceur ne fait pas de mal!

En bref, je pense que ce roman de Zola m'a permis de me remettre de mes émotions suscitées par le tome précédent, ce qui n'est pas négligeable (même si j'ai peur pour la suite!). Tout comme Au Bonheur des Dames, il fait partie des Zola qui sont les plus accessibles: le Rêve est assez court par rapport aux autres livres de la série, et il est moins dur à lire que Germinal ou l'Assommoir. Donc si vous cherchez un Zola à lire, vous pouvez vous jeter (façon de parler) sur celui-ci!

C'est tout pour aujourd'hui, on se retrouve très vite pour de nouveaux articles et de nouveaux avis! Le mois prochain, nous parlerons de la Bête Humaine, le 17ème roman de la saga (on arrive au bout!!!). Si vous êtes en manque de Zola, n'hésitez pas à consulter l'onglet du Challenge, où plusieurs articles des participants ont déjà été ajoutés! A très vite, et prenez soin de vous!

AnGee Ersatz*


mardi 27 août 2013

Challenge Rougon-Macquart #15: La Terre, de Zola.




Bonjour à vous, les Livroscopiens!

J'espère que vous êtes en forme aujourd'hui! On se retrouve pour un nouvel article, une nouvelle fois dans le cadre du Challenge Rougon-Macquart (oui, j'essaie de m'avancer au maximum pour le finir en Décembre). Après l'Oeuvre et son univers artistique la semaine dernière, je vous propose de découvrir le quinzième tome de la saga, baptisé la Terre, et qui nous entraîne dans un tout autre monde, celui de la campagne et des paysans. N'oubliez pas, pour ceux que ça intéresse, que j'ai lancé un Challenge illimité autour de la saga pour ceux qui souhaitent la découvrir! Je vous souhaite une bonne lecture!


Pour vous aider:
Une nouvelle fois (et oui, encore ^^), pas besoin d'arbre généalogique! Zola ne s'intéresse qu'à un seul membre de la famille, dans la branche Macquart, à savoir Jean Macquart, le frère de Gervaise. Il est d'ailleurs assez peu présent dans le roman.

La Terre:

Résumé:
Nous voilà dans la Beauce, en pleine campagne. Jean Macquart rencontre la jeune Françoise, une adolescente, dont la soeur, Lise, est enceinte et espère se marier. Mais le père de son enfant, Buteau, fait traîner les choses en longueur, que ce soit avec Lise ou avec sa famille: en effet, son père, Fouan, a décidé de partager ses biens de son vivant entre ses enfants, mais le partage ne convient pas à Buteau. Jean devient donc ami avec Lise et Françoise, auxquelles il rend quelques services. Il tombe vite sous le charme de la jeune Françoise, et lorsque Lise se marie enfin avec Buteau, il est bien décidé à épouser le jeune femme (malgré leur écart d'âge). Mais Buteau, fortement attiré par sa belle-soeur, est loin d'être d'accord...

Quelques grands thèmes:
La Terre est un roman assez éloigné du reste de la saga, de par son sujet et son environnement. Je vous propose donc de découvrir quelques-uns des thèmes majeurs du livre.

La campagne:
Pour la première fois depuis le début de la saga, Zola nous entraîne à la campagne. Certes, on la découvrait déjà un peu dans la Faute de l'Abbé Mouret, mais elle disparaissait vite au profit du Paradou. Dans la Terre, la campagne est clairement au centre, et l'auteur nous propose de découvrir cet univers: les personnages sont donc, en grande partie, des paysans, on les voit cultiver la terre, et le roman s'ouvre sur Jean en train de semer. Ils sont grandement occupés par leur travail, même si ils ont toujours du temps pour parler politique (on a droit à quelques disputes de comptoir à ce sujet, autour de l'empereur, de la République...).
La campagne, c'est aussi l'entraide: Jean, par exemple, prête souvent main forte à Lise et Françoise lorsqu'elles en ont besoin. Mais on constate vite que ce qui prime, c'est surtout la jalousie.

La jalousie: 
Et oui, la jalousie est au coeur du roman, et sous deux formes: tout d'abord, la jalousie terrestre. On comprend très vite que les personnages ont une vraie passion de la terre: ils la veulent, elle est comme un membre à part entière de leur famille, et passe même avant elle (la grêle qui menace leurs cultures les détourne de toute autre activité). La religion passe après, la maladie, la vieillesse aussi. Dès les premières pages, on ressent l'attrait de la terre sur les personnages: on peut voir la famille Fouan se déchirer chez le notaire, et encore après pendant plusieurs semaines et même années autour du découpage du terrain. Cette même jalousie est l'un des moteurs des actes de Buteau à la fin du roman.

La jalousie amoureuse est elle aussi très présente dans la Terre, autour du personnage de Françoise: elle attise, sans le vouloir, les convoitises. Jean tombe amoureux d'elle, et Buteau, même si il est marié à sa soeur, rêve de "la posséder". Et il est prêt à tout pour ça. Cette jalousie est surtout montrée au niveau sexuelle: Buteau ne comprend pas pourquoi Françoise se refuse à lui et non pas à Jean. Une incompréhension qui le pousse à recourir à la force. 


Mon avis sur ce livre:
Je l'avais dit dans l'article précédent, j'avais vraiment hâte d'attaquer cette dernière partie de la saga, ne la connaissant absolument pas. J'étais curieuse de découvrir la Terre, son intrigue, ses thèmes, et surtout de me remettre un peu de mes émotions après la lecture de l'Oeuvre. Mais je vous préviens tout de suite,  la Terre est loin d'être mon roman préféré de la saga, et je suis même plutôt déçue.

Commençons par le thème central, la campagne. A la base, j'aime plutôt bien ce thème, et j'avais très envie de voir ce que Zola allait en faire. Je suis une grande fan de la campagne de Pagnol par exemple, que l'on trouve dans Jean de Florette ou Manon des Sources. Et j'ai apprécié certaines choses: la dureté du travail, la passion de la terre, le côté un peu buté des paysans... Mais Zola a aussi énormément accentué l'aspect "sexuel" de la campagne, et ça m'a gênée. Il y a des moments, j'ai trouvé ça assez drôle, par exemple lorsque le curé en peut plus de faire des processions avec des jeunes filles en robe blanche de vierge alors qu'elles sont enceintes. Mais globalement, on a vite l'impression que pour Zola, les paysans passent leur temps à se grimper dessus dès qu'ils ont cinq minutes. Et attention: ce qui me dérange, ce n'est pas que ce soit du sexe, ni l'image renvoyée (il n'épargne pas non plus la ville côté moeurs dans Pot-Bouille ou la Curée). Le problème, c'est que ça devient vite lassant, répétitif (oui, au bout de cinquante pages, on a bien compris que Buteau a envie de Françoise). Du coup, je trouve que l'intrigue en prend en coup: je me suis beaucoup ennuyée entre deux passages intéressants, et j'ai trouvé que l'histoire prenait son envol que trop tard.



En ce qui concerne les personnages, là aussi, j'ai eu du mal. J'ai détesté Lise et Buteau, ces personnages-là sont très réussis: on s'enflamme devant leurs actes, la montée de leurs violences, bref, ils ne nous laissent pas insensibles. Mais à l'inverse, je n'ai pas apprécié plus que ça Jean et Françoise. Forcément, je les ai soutenus, en opposition à leurs détracteurs, mais si Buteau et Lise n'étaient pas là, je les aurais trouvés beaucoup plus fades. Je trouve que Zola a tout misé sur son couple démoniaque!

Néanmoins, il y a quand même des points que j'ai aimé: le dénouement est vraiment terrible, j'en avais presque la nausée devant la cruauté des personnages. J'ai lu sur plusieurs sites que Zola avait voulu mettre en avant le côté bestial de Lise et Buteau, et j'ai trouvé ça particulièrement réussi. Je pense que la grande force de ce roman et ce qui m'a tenue accrochée, c'est ce couple.

En bref, je suis assez déçue par la Terre, qui ne m'a pas captivée plus que ça. Je pense cependant qu'il plaira à certains lecteurs, surtout si vous aimez les personnages forts, et si la cruauté ne vous fait pas peur; par contre, je le déconseille aux lecteurs les plus jeunes et à ceux qui n'ont encore jamais lu de Zola.

On se retrouve très vite pour un nouvel article, qui combinera une Lecture Commune et un Challenge! Le prochain numéro du Rougon-Macquart, ce sera en Septembre avec le Rêve! N'hésitez pas à me laisser votre avis en attendant, et prenez soin de vous :)

AnGee Ersatz*

vendredi 23 août 2013

Les Rougon-Macquart #14: L'Oeuvre, d'Emile Zola.



Bonjour à tous et à toutes!

Je suis ravie de vous retrouver pour un nouveau numéro de notre rendez-vous mensuel consacré à la grande saga des Rougon-Macquart, d'Emile Zola. Aujourd'hui, après l'ambiance ouvrière et dure de Germinal, je vous propose de découvrir le quatorzième roman de la saga, baptisé l'Oeuvre, et qui va nous entraîner dans un tout autre univers: celui de l'art! Comme vous allez pouvoir le constater, l'Oeuvre est un roman très différent de ceux que j'ai lu jusqu'à présent... Bonne lecture à vous :)


Pour vous aider:
Cette fois encore (j'ai l'impression de me répéter tous les mois ^^), pas besoin d'arbre généalogique! En effet, Zola nous propose de découvrir un seul membre de la famille, à savoir Claude Lantier. Lantier est un nom que nous commençons à connaître sur ce blog! Et pour cause: Claude est le frère d'Etienne, le héros de Germinal, et le fils de Gervaise, dont l'histoire tragique est racontée par Zola dans le roman l'Assommoir. L'auteur s'attarde vraiment sur cette partie de la famille!

L'Oeuvre:



Résumé:
Nous voilà à Paris, où nous découvrons Claude Lantier, un peintre qui espère se faire remarquer par son originalité, et révolutionner la peinture. Il est entouré de ses amis d'enfance, Pierre Sandoz, un journaliste qui veut percer, et Dubuche. Ensemble, ils cherchent à faire de leurs rêves une réalité.
Un soir, Claude recueille la jeune Christine, une provinciale qui arrive à Paris et tombe chez lui par hasard. Entre eux nait une belle amitié lorsqu'elle commence à poser pour le peintre en pleine préparation d'un tableau qu'il espère faire accepter au Salon, sans succès. Il y gagne quand même l'amour de Christine, avec laquelle il quitte Paris, sans perdre l'idée d'arriver à peindre son chef d'oeuvre...









L'art au centre du roman:
Jusqu'à présent, Zola a abordé un grand nombre de thèmes dans sa saga, comme l'argent, l'amour, le commerce, la bourgeoisie... Dans l'Oeuvre, il nous propose évidemment de découvrir le monde de l'art. Penchons nous sur l'image qu'il en donne!

Les peintres avant-gardistes:
Zola, à l'époque où il écrit le livre, assiste comme tout le monde à la montée de nouveaux genres artistiques, de nouveaux styles qui entrent en confrontation directe avec ce qui était jusqu'alors considéré comme beau, acceptable. Cézanne, son ami (j'en parlerai plus loin), était l'un de ses peintres avant-gardistes, héritiers de Courbet et de Delacroix (deux noms fréquemment cités dans le roman).

Allez, aujourd'hui, je vous balance du Cézanne!

Dans l'Oeuvre, nous pouvons donc suivre Claude, mais aussi d'autres artistes qui veulent mettre leurs différences en avant. Nous les voyons donc discuter de leurs oeuvres, de leurs idées artistiques, mais on assiste surtout à leurs difficultés à se faire accepter par les autres artistes et en particulier par le Salon. Zola s'inspire de la réalité, avec ses descriptions du Salon, et surtout l'évocation du Salon des Refusés, qui rassemble les oeuvres des artistes rejetés par le Salon.
L'auteur insiste particulièrement sur l'incompréhension mutuelle: celle de Claude, qui a beau tenter tout ce qu'il peut pour faire une grande oeuvre mais qui ne trouve jamais grâce aux yeux des "experts"; et celle du jury du Salon qui ne comprend pas ce que les artistes ont cherché à faire avec leurs oeuvres parfois dérangeantes.

Le jeu cruel du Salon:
Parlons-en du Salon! Claude le voit, comme les autres artistes, comme le lieu d'exposition par excellence. Cette idée ne le quittera jamais, il s'obstine à vouloir se faire exposer par le Salon, à être choisi par le jury, tout en affrontant année après année l'amère déception d'être recalé.

Zola nous propose de découvrir les dessous du Salon dans une scène assez drôle au final (même si en la regardant par rapport au reste du livre, on se sent un peu mal ^^), où les différents membres du jury s'arrachent les cheveux, et se comportent comme des gamins devant les tableaux. On comprend vite que leur jugement est biaisé, chacun ayant une bonne raison de faire accepter tel ou tel tableau (le beau-frère, le fils du copain d'un patron de truc...), ou préférant garder un tableau raté d'un peintre connu plutôt que de prendre le risque de choisir un nouveau venu avec du talent!

L'Oeuvre, Germinal, l'Assommoir:
Comme je vous l'ai dit plus haut, la famille proche de Claude a déjà eu droit à plusieurs romans. Je me suis dit qu'il serait intéressant de comparer Germinal (Etienne), l'Oeuvre (Claude) et l'Assommoir (Gervaise), parce que même si ses livres sont à priori très différents les uns des autres, par leurs sujets (le monde ouvrier, l'art et l'alcool), Zola a comme toile de fond le thème de l'hérédité.

Et effectivement, l'hérédité on la retrouve dans ces trois romans. Tout d'abord par de simples allusions à leur famille: que ce soit dans Germinal ou dans l'Oeuvre, Etienne et Claude pensent au moins une fois à leur mère qu'ils aiment beaucoup et qu'ils semblent voir davantage comme une victime qu'autre chose.



Par la suite, on constate que leur attitude, leur comportement sont assez similaires malgré leurs vies éloignées et là encore différentes: en effet, les trois personnages sont des révoltés, des gens qui veulent se battre. Dans l'Assommoir, Gervaise se bat après le départ de Lantier pour nourrir ses enfants, plutôt que de se laisser à l'abattement. Etienne soulève toute la mine pour lutter contre les difficiles conditions de vie de ses collègues. Et Claude se bat contre le Salon et les dictats de l'art. Chacun a ses armes, son combat, mais tous les trois sont des combattants. Ils connaissent également une fin assez similaire, que je ne vais bien sûr pas vous spoiler, mais j'ai été assez surprise de voir comment se terminait leur combat.

Un roman (presque) autobiographique!
Plus haut, j'ai mentionné le nom de Cézanne, et ce n'était pas par hasard!
Si Zola a su être aussi convaincant et précis dans son roman, si son personnage de peintre est aussi réussi, c'est parce qu'il en connaissait un: Cézanne. Les deux hommes sont en effet des amis d'enfance; avec un troisième compère (que Zola évoque par le personnage de Dubuche), ils ont passé leurs plus jeunes années à faire des rêves de gloire qu'ils cherchèrent à réaliser plus tard en montant à Paris.

Zola, par Cézanne.

Si les deux ont réussi à se faire connaître, le caractère assez colérique de Cézanne a beaucoup fatigué Zola. Il faut le savoir, Cézanne n'était jamais satisfait de ce qu'il faisait, et avait tendance à déchirer ses toiles: Zola a tenté de soutenir son ami, mais rien ne pouvait l'empêcher de se mettre dans des colères noires.
Les deux camarades ont rompu tout lien avec la parution de l'Oeuvre, en 1886: dans ce roman, Zola reprend énormément d'éléments autobiographiques, comme son amitié avec Cézanne, des souvenirs d'enfance, ses moments de doute et de colère... Le peintre se reconnait dans le personnage de Claude, et est très vexé de la façon dont son ami parle de lui, et met fin à leur amitié.
Néanmoins ils resteront très attachés l'un à l'autre, sans toutefois pouvoir se réconcilier: à la mort de Zola en 1902, Cézanne sera très ému de cette perte.

Mon avis sur ce roman:
Après avoir terminé Germinal le mois dernier, j'étais impatiente de découvrir la suite de la saga car, à l'exception du Docteur Pascal (le vingtième et dernier roman), je n'ai encore lu aucun des titres qui me restent à lire. L'Oeuvre m'intriguait fortement, en raison de son sujet, l'art, et de son influence autobiographique. Au final, j'ai un avis assez partagé sur ce roman.

Il y a énormément de choses que j'adore dans l'Oeuvre: le thème, déjà, me parle particulièrement. J'ai toujours beaucoup aimé l'art, même si je ne suis pas une experte dans ce domaine, loin de là! J'ai été passionnée par les scènes où Christine pose, où l'on rencontre d'autres artistes, les discussions... Bref, un gros point fort pour moi! La critique du Salon est ce que j'ai préféré.

Madame Cézanne.
Ensuite les personnages ont su me séduire: ils sont intéressants, touchants, et le couple Christine/Claude me plait énormément. Christine en particulier, par son soutien à son compagnon, son caractère, est un personnage que j'ai apprécié: je ne sais pas si Zola s'est inspiré de la vraie madame Cézanne pour son héroïne, il faudra que je me renseigne!

L'intrigue aussi est passionnante, on suit les péripéties de Claude, on vogue au gré de ses moments de grâce et ses crises existentielles, ses moments de doute intense où il ne sait plus quel est son but, ce qu'il veut faire. Je me suis sentie proche du personnage et j'ai donc suivi avec intérêt son histoire, m'énervant avec lui, m'étonnant devant ses prouesses... Je ne me suis pas ennuyée!

Mais quel est le problème alors? me direz-vous. Et bien la fin. Je me suis juste énervée en lisant la fin. Pourtant, maintenant, je connais un peu Zola, je sais qu'il aime les fins un peu dramatiques ou surprenantes, c'est l'une de ses marques de fabrique. Je ne vais pas vous dire ce qu'il se passe, mais quand je suis arrivée aux dernières pages, j'ai failli lancer le livre par ma fenêtre, j'avais envie de pleurer, bref, j'étais juste dégoutée. Je pense que c'est parce que je me suis vraiment attachée aux personnages, ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps, et que du coup j'ai eu du mal à digérer les derniers événements de l'intrigue.


Je suis néanmoins persuadée que l'Oeuvre est un bon roman de Zola, et je le conseille donc fortement! Quand mes émotions se seront un peu apaisées, je saurai si je l'aime définitivement ou non, je vous tiendrai au courant! On se retrouve très vite pour le quinzième numéro de la saga, la Terre, que je vais vous présenter d'ici quelques jours! En attendant n'hésitez pas à me laisser votre avis sur le livre ou vos suggestions de lecture! A très vite, 

AnGee Ersatz*

Si vous avez aimé...

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