samedi 8 juillet 2017

Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa (+film).




Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope,  j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour un nouvel article ! Après avoir parlé du monde enchanteur de Blanche-Neige, je vous invite à rester dans le domaine du septième art avec un nouvel article pour le Challenge LEAF du Manège de Psylook, qui consiste à présenter des livres ayant été adaptés au cinéma. Cette fois, c’est un roman japonais, Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa, que nous allons découvrir. En espérant que cette chronique vous plaise ! :)

Quelques mots sur Durian Sukegawa :
Aujourd’hui, c’est l’auteur japonais Durian Sukegawa qui nous intéresse. Je dois avouer avoir trouvé assez peu d’informations à son sujet, à l’exception de sa fiche de présentation sur Babelio. Né à Tokyo en 1962, Durian Sukegawa est aujourd’hui principalement connu pour son activité d’auteur grâce aux Délices de Tokyo (An, en version originale, qui correspond aux noms de la pâte aux haricots confectionnée pour farcir les doriyakis) et plus récemment Le rêve de Ryôsuke. Mais au-delà de cette activité d’écrivain, Durian Sukegawa est également poète ou encore animateur radio. L’adaptation des Délices de Tokyo en 2916 a permis à l’auteur de se faire connaître hors du Japon et d’acquérir une reconnaissance dans le monde littéraire.

Les délices de Tokyo:
Résumé:
Chaque jour, Sentaro, la quarantaine, accomplit les mêmes rituels: l'ouverture de son échoppe, la réalisation de petits ronds de pâte qui cuisent, la confection des dorayakis, pâtisserie japonaise typique. Il n'est pas très bavard, pas très avenant, et fait le minimum pour faire tourner sa petite entreprise, fréquenté notamment par beaucoup de lycéennes. Un jour, il accepte la proposition d'une dame âgée, Tokue, qui souhaite prépare la pâte "an", les haricots rouges confits qui servent à garnir les dorayakis. A son contact, la vie de Sentaro va prendre un tournant inattendu... 

An, gastronomie:
Le titre français nous l'indique tout de suite: Les délices de Tokyo parlera gastronomie. C'est aussi le cas du titre original, "an", qui évoque de façon plus précise encore la pâte aux haricots rouges qui garnit les dorayakis. 
Une bonne partie du roman se concentre sur l'activité culinaire de Sentaro et Tokue. C'est par l'évolution de la pâte "an" telle que la conçoit Sentaro que le personnage, en parallèle, avance et progresse. L'intrigue démarre alors qu'il se contente d'utiliser une pâte industrielle qu'il change juste d'un jour à l'autre. Autant le dire, il ne met pas vraiment de coeur à l'ouvrage, il fait le strict nécessaire. On le sent attaché à son travail mais dans le sens le plus négatif du terme: attaché, comme emprisonné. 



Sa rencontre avec Tokue et sa découverte de la fabrication artisanale de la pâte changent sa façon non seulement de voir la cuisine mais aussi son activité. Il se prend à faire des tests, des tentatives, à essayer plusieurs haricots, de nouvelles recettes de pâte...
Une troisième étape sera de prendre son envol et de faire, à son tour, sa pâte an sans Tokue.

An, héritage:
Le livre se penche sur trois personnages, représentant chacun une génération différente, avec des envies et perceptions du monde uniques.
Tokue, la plus âgée, est le témoin d'un passé douloureux et qui peut encore se manifester. Elle représente une force poussée à la solitude mais qui cherche à en sortir. La cuisine s'avère être son moyen de transgresser les frontières et les a priori.
Sentaro, lui, représente l'entre-deux, celui qui a quitté la jeunesse et se trouve au seuil de la vieillesse. Un entre-deux qui se remarque aussi dans les autres aspects de sa vie: il est coincé dans son métier et en même temps ne veut pas en sortir. Coincé par une propriétaire qu'il cherche tout de même à combattre. Et encore une fois, la cuisine lui sert, comme à Tokue, d'éclairage sur la vie.
Enfin, nous avons le personnage de Wakane. Jeune fille très calme, surtout en comparaison de ses camarades bruyantes, Wakane est solitaire, ne s'entend pas avec sa mère et trouve dans la petite échoppe de Sentaro un refuge bienvenu. Avec toujours, en fil rouge, servant de liaison entre ses trois générations: la cuisine, la pâte an.

Et le film alors?
Si je vous parle des Délices de Tokyo dans le cadre du Challenge LEAF, c'est pour une bonne raison: en effet, le roman a été adapté en un film sorti en 2015, que je vous propose de découvrir à présent.
Les délices de Tokyo (An, en version originale, et Sweet Bean pour la traduction anglaise) a été réalisé par Naomi Kawase, une auteure et cinéaste japonaise née en 1969. Après des études d'arts visuels à Osaka, Naomi Kawase s'est vite tournée vers la réalisation. Son travail est vaste: on y trouve du documentaire ou de la fiction. Elle parle par exemple de sa propre expérience et de la famille, un thème qui l'inspire beaucoup (elle a été abandonnée par ses parents et élevée par des proches). Ses oeuvres sont souvent récompensées dans des festivals comme le festival de Cannes et parmi ses films les plus célèbres, on retrouve Still the water, Suzaku ou encore La forêt de Mogari.
Le casting se compose de Kirin Kiki dans le rôle de Tokue et de sa petite-fille, Kyara Uchida, dans celui de Wakane. L'acteur Masatoshi Nagase, né en 1966, joue Sentaro. On a pu le voir récemment dans le film Paterson de Jim Jarmusch.
Je vous laisse ci-dessous la bande-annonce du film, si ça vous intéresse!



Ce que j'ai pensé du livre:
Voilà longtemps que Les délices de Tokyo me fait de l'oeil: après en avoir entendu parler sur pas mal de blogs et après avoir vu l'adaptation cinématographique (que j'ai beaucoup aimée, mais j'en reparle un peu plus loin), j'étais vraiment curieuse de me plonger enfin dans ce roman. J'en attendais beaucoup et je n'ai pas été déçue: c'était le voyage que j'espérais. 

Mon premier coup de coeur va à l'histoire. C'est l'histoire émouvante, touchante et belle de générations qui se croisent et s'unissent. Il y a un côté très contemplatif dans cette histoire, avec des descriptions assez longues, notamment des processus culinaires, mais elles donnent à l'intrigue une saveur particulière. C'est une recette réussie, entre émotions, douceur et un peu d'amertume.

Les personnages constituent le coeur du roman. J'aime énormément la relation qui s'installe entre Tokue et Sentaro, leur personnalité, leur humanité, aussi. On les découvre petit à petit, on apprend à les connaître. Mon seul petit regret, c'est que Wakane ne soit pas très présente. Elle l'est un peu plus dans le film, ce que je trouve être une bonne idée car elle apporte un dynamisme supplémentaire.

J'ai également beaucoup apprécié le style de Durian Sukegawa, que je ne connaissais pas. Les descriptions sont particulièrement réussies selon moi, car elles parviennent à aller au-delà de la simple présentation de faits ou de scènes. J'ai du coup très envie de découvrir le reste de son travail, déjà séduite par ce roman!

Quant au film, j'avais également été chamboulée par le travail de Naomi Kawase. Il faudrait que je le revois, maintenant que j'ai le livre en tête, mais de mes souvenirs il me parait très fidèle en terme d'adaptation. L'histoire est bien respectée, tout comme les personnages. Les acteurs proposent une interprétation tout en simplicité et efficacité, transmettant beaucoup d'émotions au spectateur. Les images sont très belles, une jolie découverte!

En bref, que ce soit le film ou le livre, j'ai été séduite par Les délices de Tokyo, deux belles surprises que je recommande si vous cherchez à vous évader un peu cet été!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que ce petit article mêlant cinéma et lecture vous plait, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire! Je vous réponds toujours avec plaisir. On se retrouve très vite pour une nouvelle chronique, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup! :)

AnGee. 

6 commentaires:

  1. Une pépite ce livre ! Vraiment un gros coup de cœur <3
    Le film m'a énormément plu également.

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    1. Je me souviens avoir lu ta chronique et ça m'avait remotivé à me plonger dedans! :)

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  2. bonjour Angee
    lorsque j'ai vu que tu allais "attaquer" ;-) les délices de Tokyo l'émotion m'a gagné j'ai beaucoup aimé le film le scénarion est fidel au livre tousles personnages m'ont touché Sentaro et son pas trainant , Tokué et ses mimiques , tu met dans ta chronique tout ce que j'ai ressenti sans pouvoir le dire oui je suis émue j'ai encore la vison du sanatorium les gens blessés par la maladie merci

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  3. J'ai adoré ce roman et comme toi, j'ai trouvé le film (que j'ai vu après ma lecture) très fidèle Cependant je l'ai trouvé moins réussi car toute la dimension philosophique présente dans le livre apparaît très peu dans l'adaptation cinématographique. J'ai lu récemment le dernier roman de Sukegawa et je l'ai apprécié aussi mais moins que Les délices de Tokyo.

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    Réponses
    1. Je pensais lire le dernier roman de Sukegawa prochainement! :)

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