jeudi 28 septembre 2017

The Beguiled de Thomas Cullinan.



Bonjour à tous et à toutes,

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique ! On se retrouve une fois de plus pour parler non seulement livre mais aussi cinéma, avec une lecture réalisée dans le cadre du Challenge LEAF du Manège de Pyslook. C’est un film sorti tout récemment que je vous propose de découvrir aujourd’hui, ainsi que le roman qui l’a inspiré. Il s’agit de The Beguiled (Les proies en version française), écrit par Thomas Cullinan et réalisé par Sofia Coppola. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une excellente lecture ! :)

Le challenge LEAF :
Pour commencer cette chronique, j’avais envie de vous parler un peu du Challenge LEAF qui pourrait intéresser certains d’entre vous. Ce Challenge a été lancé il y a déjà un petit moment par Psylook du Manège de Psylook. Illimité dans le temps, ce Challenge est simple : il suffit de chroniquer des livres qui ont été adaptés en films ! Et quand on voit le nombre d’adaptations qui sortent chaque année, il y a de quoi se faire plaisir. Si vous avez envie d’en savoir plus sur ce Challenge ou de découvrir les livres que j’ai déjà chroniqués, je vous laisse suivre les liens ci-dessous !


Quelques mots sur Sofia Coppola et Thomas Cullinan : 
Comme notre article touche non seulement à la littérature mais aussi au cinéma, je vous propose de nous focaliser à présent sur Thomas Cullinan, l’auteur de The Beguiled, et sur Sofia Coppola, qui s’est chargée de son adaptation récente.
Thomas Cullinan est un auteur américain né dans l’Ohio en 1919. Après ses études, au cours desquelles il s’intéresse déjà à la littérature et, plus précisément, au théâtre, il mène en parallèle une carrière de scénariste pour la télévision et un travail en tant qu’auteur. The Beguiled, paru en 1966, est le premier de ses quatre romans. Il se trouve aussi être son œuvre la plus connue, notamment grâce à une adaptation au cinéma en 1971 par Don Siegel (réalisateur à la filmographie impressionnante) avec, dans le rôle de John McBurney, le célèbre Clint Eastwood. Thomas Cullinan décède en 1995.
Née en 1971, Sofia Coppola vient d’une famille où le cinéma est extrêmement important : son père n’est autre que Francis Ford Coppola, mondialement connu pour entre autres pour la trilogie Le Parrain. Elle est aussi la sœur de Roman Coppola, réalisateur et scénariste, et cousine des acteurs Jason Schwartzman et Nicolas Cage. Après un début de carrière d’actrice pas vraiment réussi, elle se tourne un temps vers la mode avant de revenir au cinéma par la réalisation. En 1999, son premier long-métrage, Virgin Suicides, la fait connaître du grand public et lui apporte une reconnaissance critique. A ce jour, elle a réalisé six films, dont Marie-Antoinette et The Beguiled, son petit dernier. Mariée, elle est aussi maman de deux enfants.

The Beguiled :
Quelques informations sur le film :
Sorti il y a quelques semaines en France, The Beguiled de Sofia Coppola est donc la seconde adaptation du roman de Thomas Cullinan. Sofia Coppola n’en est pas à son coup d’essai en matière d’adaptation, comme en témoigne par exemple son travail sur Virgin Suicides. Avec un petit budget de 10 millions de dollars (petit quand on compare aux autres productions actuelles), le tournage du film s’est déroulé pendant la fin de l’année 2016 avant d’être présenté, avec succès, au festival de Cannes. Je dis avec succès car Sofia Coppola a remporté un prix pour la réalisation du film lors du festival. Le film est porté par un casting de stars, dont certaines sont des habituées de la réalisatrice : Edwina Morrow est par exemple jouée par Kirsten Dunst, qui a déjà collaboré de nombreuses fois avec Sofia Coppola, tout comme Elle Fanning, qui interprète ici Alicia. On retrouve aussi Colin Farrell dans le rôle de John McBurney, et Nicole Kidman dans celui de Miss Martha. Je vous invite à jeter un œil ci-dessous à la bande-annonce, pour vous faire une idée de ce à quoi le film peut ressembler ! :)

L’intrigue : 
1864. Virginie. La guerre de Sécession, qui oppose les sudistes et les nordistes, fait rage près de l’école pour jeunes filles de Miss Martha. L’établissement est déserté et ne compte plus que quelques occupantes. Un jour, en allant cueillir des champignons, la jeune Amélia tombe sur John McBurney, soldat nordiste gravement blessé. Malgré leurs appréhensions, les demoiselles de l’école décident de recueillir et de soigner le soldat avant de décider quoi faire. Petit à petit, John gagne le cœur d’Edwina Morrow, mais séduit aussi une à une les autres pensionnaires… 

Un huis clos sur fond de guerre :
Le roman de Thomas Cullinan, tout comme le film, se déroule en 1864, en Virginie. Le lieu et la date de l’intrigue sont particulièrement importants car, comme on le comprend dès les premières minutes/pages de ces œuvres, la guerre est omniprésente. Quelle guerre, me demanderez-vous ? La guerre de Sécession. 
La guerre de Sécession n’est pas forcément un conflit que nous connaissons bien en France car il est vraiment spécifique aux Etats-Unis. A l’époque, le pays est loin d’être celui que nous connaissons aujourd’hui et n’est pas composé d’autant d’états. En 1861, un conflit éclate entre ce qu’on appelle l’Union, constituée d’états principalement situés dans le Nord du pays et menée par Abraham Lincoln, et les « Confederates », à savoir les états du Sud. Appelée « Civil War » là-bas, le terme « sécession » fait référence à la volonté des états confédérés de se séparer du reste du pays en raison de divergences sur la question esclavagiste. Abraham Lincoln est opposé à l’esclavage et souhaite son abolition, une décision à laquelle les états sudistes sont opposés : leur économie repose en très large partie sur cette main d’œuvre d’esclaves qui peuplent non seulement les champs mais aussi les demeures.
Lorsque le conflit démarre, les soldats sont d’abord embauchés pour de courtes périodes (quelques mois en général) car on pense que les batailles ne dureront pas. Mais comme souvent, la guerre s’éternise et se prolonge jusqu’en 1865. Elle s’achève par une victoire nordiste. 
La Virginie est un état sudiste, esclavagiste. Les pensionnaires de l’école de Miss Martha sont imprégnées par cette culture, et on retrouve aussi un personnage d’esclave, Mathilda, qui sert de cuisinière dans la maison mais se charge aussi de tout ce qui est jardin et de toutes les activités domestiques. A l’opposé, on retrouve donc John McBurney, lui un soldat de l’Union. Son arrivée risque de causer plus d’un trouble…

Ce que j’ai pensé du livre et du film :

C’est jeune adolescente que j’ai découvert le cinéma de Sofia Coppola. J’ai tout de suite adhéré à son travail et je suis devenue une fan quasi inconditionnelle (certains de ses films me parlent moins que d’autres, évidemment). J’ai donc attendu la sortie de The Beguiled avec impatience, en espérant être aussi séduite par ce long-métrage que par les autres. Il m’a aussi permis de découvrir l’existence du roman de Thomas Cullinan, que je ne connaissais pas, que je me suis offert après être allée au cinéma. Qu’ai-je donc pensé du roman et de son adaptation ? 

Commençons par le film, puisque c’est lui que j’ai vu en premier. Mon avis global sur ce long-métrage est plutôt positif, même si j’ai une ou deux petites réserves. Commençons par ce qui est selon moi le gros, gros point fort du film : le casting. J’étais déjà presque conquise avant même de voir le film car j’adore deux des acteurs présents dans le film : Kirsten Dunst, à qui j’ai consacré un cycle cinéma il y a environ un siècle, et Colin Farrell, my forever crush. Je connaissais un peu moins bien les autres acteurs, et j’ai un rapport assez compliqué à Nicole Kidman. Dans ce film, cependant, j’ai trouvé chacun des acteurs très convaincants. Ils portent tous à leur manière le film et on sent toutes les tensions, toutes les émotions avec beaucoup de force. 

Mon autre coup de cœur du film est sans nul doute le travail de Sofia Coppola. Alors on aime ou on n’aime pas, mais en ce qui me concerne, c’est une réussite. The Beguiled est un film avec une identité visuelle bien marquée : que ce soit les costumes, les décors, les couleurs, on sent que tout est soigneusement pensé et conçu. J’ai particulièrement aimé le travail sur la lumière, que ce soit celle naturelle de l’extérieur ou celle plus intimiste des petites pièces de la demeure. C’est visuellement un joli film. 

Pour ce qui est du reste, je suis en revanche un peu plus sceptique. Par reste, j’entends personnages et intrigue. J’ai mentionné le très bon travail des acteurs et je reste sur ma position : ils sont effectivement très bons. C’est plutôt dans la conception des personnages qu’il manque quelque chose : je trouve qu’ils ne sont pas assez développés et qu’on a au final assez peu d’informations les concernant et qui pourraient nous aider à comprendre davantage leurs motivations. D’un côté, ça laisse une ouverture au spectateur qui peut ainsi imaginer ce qu’il souhaite, mais je n’ai jamais été une grande fan de cette technique.

L’intrigue me donne une impression similaire car si j’ai beaucoup aimé le début, j’ai trouvé que le film souffrait ensuite de pas mal de longueurs. Je n’étais pas trop inquiète au départ car Sofia Coppola a toujours eu un côté assez contemplatif dans ses films, mais j’attendais tout de même un twist final plus « dramatique », plus intense que celui auquel on a eu droit. Je reste un peu sur ma faim, donc.

Passons au roman. Je ne connaissais pas du tout Thomas Cullinan avant de me plonger dans ce livre, et j’ai tout d’abord beaucoup aimé sa façon d’écrire. Ce n’est pas tant le style, au final assez discret, qui me plait, que son habilité à nous mettre dans la peau des personnages. Il parvient avec brio à créer des héroïnes vives, aux caractères et motivations bien définis.

Les personnages, plus nombreux que dans le film, sont aussi très différents. Ils complètent non seulement ce qu’on trouve dans le film, mais apportent aussi un éclairage qui montre ce que Sofia Coppola a pu apporter de différent à l’intrigue. J’ai particulièrement aimé le personnage d’Edwina, que je trouve très complexe. J’ai également trouvé judicieux le fait que John McBurney ne soit vu qu’à travers les yeux des jeunes filles. Cela crée une distance intéressante avec ce personnage !

Il se passe également davantage de choses dans ce livre : il y a davantage de péripéties et de sous intrigues tournant non seulement autour des relations entre John et les pensionnaires, mais aussi autour de Miss Martha. Chaque personnage a son lot de choses à cacher et/ou à régler. Il y a également des thèmes qu’on ne retrouve pas dans le film : l’esclavage, l’alcoolisme, l’argent…

Au final, si j’ai beaucoup aimé le film de Sofia Coppola, j’ai également énormément aimé le roman de Thomas Cullinan. Ils sont très intéressants pour les deux et ça me donne envie de me plonger davantage dans le travail de Thomas Cullinan. J’avais également envie de me lancer dans un Challenge personnel sur la guerre de Sécession, il y a quelques temps, et ça motive à m’y remettre ! En tout cas, si vous jetez un œil à l’un ou à l’autre, n’hésitez pas à me le faire savoir avec un petit commentaire ! J

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cette chronique vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir avec un petit commentaire, je vous réponds toujours avec plaisir ! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup ! :)

AnGee.

2 commentaires:

  1. Ce challenge est typiquement ce que j'aime car le cinéma s'inspire énormément de la littérature ! Pour ce qui est du livre, j'aimerai évidemment le lire, puis voir ce film. J'adore cette réalisatrice :-))

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    Réponses
    1. On est deux! J'espère que ça te plaira :D

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