samedi 12 octobre 2013

Hello Halloween #5/ Challenge United Kingdom 13: The Castle Of Otranto, d'Horace Walpole.



Hello to you all, Livroscopians!

Et oui, aujourd'hui, je commence en anglais, car (*roulement de tambour*) nous allons poursuivre ensemble mon parcours consacré au Challenge United Kingdom, organisé par Vashta Nerada via Livraddict, et auquel je participe depuis plusieurs mois. Il y a quelques jours, je vous présentais ma 12ème lecture pour ce Challenge (Carmilla de le Fanu), et c'est donc un doublé que je vous propose avec une 13ème lecture (parfait pour Halloween, non?), The Castle of Otranto d'Horace Walpole! Ce livre, assez méconnu de nos jours, est pourtant très important dans l'histoire de la littérature, puisqu'il lança une mode à sa publication, celle du roman gothique... J'espère que vous êtes prêts, c'est parti!



3ème lecture dans le cadre du Challenge Read In English d'Avalon.



Horace Walpole: quelques informations!
Mais qui est donc cet Horace Walpole? Et bien l'ami Horace est né en 1717 à Londres, dans une famille riche et bien placée, puisque son père, Robert Walpole, fut Premier Ministre. Il bénéficia d'une excellente éducation scolaire: il fut élève à Eton ainsi qu'à Cambridge. Très attristé par la mort de sa mère, survenue lorsqu'il avait 20 ans, il se lance dans une carrière politique mais, comme beaucoup d'intellectuels de l'époque, il possède plusieurs casquettes car il se lance aussi dans l'écriture! Il s'attaque autant aux traités historiques qu'à la fiction, son plus gros succès étant The Castle of Otranto (connu sour le titre du Château d'Otrante en français) publié en 1764.



Il est aussi resté dans l'histoire pour sa demeure à l'architecture originale, créée par ses soins, Strawberry Hill.
Horace Walpole meurt à Londres en 1797. Il ne se sera jamais marié (il était probablement homosexuel d'après certains témoignages de l'époque), mais laisse derrière lui l'héritage du château d'Otrante...

The Castle of Otranto:
Résumé:

Nous voilà en Italie, probablement entre le 11ème et 13ème siècle. Manfred est le prince du château d'Otrante, marié à Hippolita et père de deux enfants, Matilda et Conrad. Ce dernier doit épouser Isabella, fille d'un prince voisin, et ce mariage est fortement motivé par une mystérieuse prophétie qui menace la famille d'extinction...
Mais le jour même du mariage, Conrad meurt, écrasé un énorme casque qui s'abat sur lui. Manfred, paniqué à l'idée de voir sa lignée disparaître, prend une décision folle: celle de se marier à Isabella, alors qu'il est déjà lié à Hippolita...
Qui a tué Conrad? Qui est-ce jeune paysan que tout le monde accuse du meurtre? Le Château d'Otrante va t'il se retrouver sans maître?

L'importance de la préface:
Je l'avoue, habituellement, je suis plutôt du genre à sauter les préfaces: je les trouve plutôt indigestes. Cependant, cette fois, j'ai pris le temps de la lire, et j'ai bien fait! En effet, on y apprend beaucoup de choses sur la publication du roman. A l'époque, Horace Walpole ne l'a pas publié sous son nom: dans la préface de la première édition, il nous est indiqué que le texte aurait été découvert par hasard, qu'il daterait de plusieurs siècles auparavant, et qu'il serait en Italien! 
Bien évidemment, nous le savons aujourd'hui, le texte a été écrit par Horace au 18ème siècle, et en anglais. Alors pourquoi, me direz-vous, se donner toute cette peine d'écrire une préface? Si cette méthode s'est plutôt perdue aujourd'hui, elle fut assez répandue entre le 17 et le 19ème siècle: les auteurs, en s'abstenant de donner leur nom et en inventant de telles histoires sur la façon dont le texte serait apparu, cherchent à renforcer le mystère qui l'entoure, pour donner l'impression que ce qui est raconté est véridique, ce qui est particulièrement important pour une intrigue pareille!

L'un des premiers romans gothiques:
Au 18ème siècle, le Royaume-Uni redécouvre, en tout cas au niveau culturel, toute la période gothique qui s'est principalement illustrée par l'architecture. L'époque médiéval fascine également les intellectuels, les auteurs, les architectes, qui donnent une seconde jeunesse à ce passé de vieilles pierres.
Horace Walpole était particulièrement intrigué par toute ce style (ce qui l'influença dans ses plans pour Strawberry Hill). Il se lance donc dans l'écriture d'un roman qui se passerait dans un univers résolument "gothique" (dans le sens du mouvement architectural et culturel). C'est ainsi qu'il écrit le Château d'Otrante.
Les principales caractéristiques du roman gothique sont les suivantes: une intrigue qui se passe dans un décor sombre et lugubre, du type vieux château en ruine, prison en pierre... Dans ce lieu, les événements sont toujours tragiques et dramatiques. Les fantômes et apparitions sont un point très important. L'idée de malédiction est aussi très présente! 
Beaucoup d'auteurs se sont lancés par la suite dans l'écriture de romans de ce type, en France, en Europe, ainsi qu'à l'étranger.

Une malédiction familiale digne de Shakespeare:
L'histoire du Château d'Otrante est celle d'une lourde malédiction qui pèse sur une famille (avec à la clé, son extinction!). Les malédictions ont toujours été très présentes en littérature, et ce dès le théâtre antique (l'histoire la plus connue est sans nulle doute celle d'Oedipe). Néanmoins, en lisant le Château d'Otrante, on ne peut s'empêcher de penser à un autre auteur anglais, pour ne pas dire THE auteur, à savoir Shakespeare. 



Shakespeare est connu pour ses grandes tragédies où les personnages tombent comme des mouches sous le coup de la folie/destin/pouvoir/amour. Côté "famille maudite", on a du choix! Les plus évidentes sont Macbeth et Hamlet. Dans Macbeth, le personnage éponyme est poussé sur le chemin du meurtre par sa femme, la cultissime Lady Macbeth afin de récupérer la couronne. Hamlet avec ses collants et son crâne, découvre que son père a été tué par une affreuse conspiration de sa mère et de son amant... On retrouve aussi ce problème dans Richard III, ou encore d'une certaine manière dans Roméo et Juliette.
Horace Walpole s'est également inspiré de Shakespeare pour tout ce qui tourne autour des fantômes et apparitions. Dans quelques-unes des pièces mentionnées, les personnages font face à des rencontres avec des spectres, des êtres de l'au-delà qui viennent les mettre en garde, les aider, ou alors tout simplement les accabler (je pense ici à Richard III). 
Ces différents parallèles montrent à quel point Shakespeare est parvenu à traverser les époques et à toujours intéresser des auteurs. 

Mon avis sur ce livre:
Dès la première année de licence, mes professeurs de littérature britannique ont beaucoup parlé de ce roman, considéré comme un classique, un tournant dans l'histoire littéraire, et un must-read pour tout étudiant qui souhaite poursuivre dans cette voie. J'étais donc très décidée à le lire un jour, et le trouvant à la médiathèque lors de mon dernier passage, je me suis jetée dessus! Qu'en-ai je pensé? Verdict.




Commençons par le commencement, à savoir l'histoire. En tant que grande fan d'histoires de fantômes, de malédiction, de mystérieuses identités, j'ai tout simplement adoré celle que nous propose Horace Walpole. Nous sommes plongés dès la première phrase dans l'intrigue, il ne perd pas de temps en bavardages et nous entraîne tout de suite dans l'histoire de Manfred et de sa famille. J'ai aimé cette entrée directe dans l'univers du château, un peu abrupte néanmoins. Le reste de l'intrigue offre plusieurs rebondissements, je crois qu'on apprend des choses à presque toutes les pages. Cependant, Horace Walpole reste centré sur son histoire, tout ce que l'on nous dit est lié avec l'intrigue principale. Un peu comme dans Carmilla: le livre est au final assez court et donc rapide à lire, mais très complet! Un bon point donc pour l'intrigue.

Ensuite, autre point que j'ai énormément aimé, les thèmes! L'auteur s'intéresse à la famille, à l'importance de garder au maximum la lignée en vie, et ce en lui imposant le lourd point d'une malédiction. La famille de Manfred est fragile: ils n'ont que deux ans, et il est dit que Manfred ne cesse de reprocher à sa femme son infertilité (qui serait causé par le fait qu'ils sont de la même famille à la base). J'ai beaucoup aimé voir jusqu'à quel point Manfred était prêt à aller pour prolonger sa lignée, sans se rendre compte qu'il est en train d'aller dans la direction opposée. Si vous aimez tout ce qui tourne autour de la malédiction, de la famille, mais aussi de la quête d'identité (avec le jeune paysan), vous aimerez ce roman!

Parlons à présent des personnages: il y en a quand même un bon nombre, sans en avoir trop ou pas assez. Ils sont assez bien développés et variés: Manfred, la "tête d'affiche" qu'on déteste mais dont la folie est quelque part compréhensible; Matilda la fille mal-aimée; Hippolita la pieuse mère prête à tout pour contenter son mari... On réagit face à leur aventure, on se demande ce qu'il va leur arriver. Personnellement j'ai beaucoup aimé le duo Isabella/Matilda, et de façon plus générale les personnages féminins du roman.

Terminons par THE point, important, celui de l'ambiance. Lorsque j'ai lu Carmilla, j'avais déjà souligné l'ambiance un peu macabre très réussie. Dans le Château d'Otrante, là aussi, c'est très réussi! Je me suis régalée avec l'image du soldat fantôme (le casque géant), les bruits dans le château, l'impression de folie.... Un plaisir!

En bref, vous l'aurez compris, j'ai passé un excellent moment avec ce roman qui, je pense, mériterait d'être un peu plus connu! On peut lui reprocher un petit côté vieillot qui selon moi ne manque pas de charme. Donc si vous cherchez un bon livre pour Halloween, avec une ambiance macabre, et une histoire tragique, jetez-vous sur The Castle of Otranto! Ce sera tout pour aujourd'hui, on se retrouve très vite, n'hésitez pas à laisser une petite trace de votre passage par commentaire!

A très vite!

AnGee Ersatz*


6 commentaires:

  1. Il a l'air excellent ! Merci pour la découverte !

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  2. Oh, j'entends parler du père de l'auteur tout les jours en première année de droit !
    Je vais peut être me laisser tenter ^^ !

    Jolie chronique, en tout cas :).

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    Réponses
    1. Merci beaucoup! Et oui, les Walpole sont partout ;)

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  3. Très belle chronique qui donne envie de lire ce livre! :)

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