mercredi 19 juin 2013

Les Rougon-Macquart #11: Au Bonheur des Dames, d'Emile Zola.





Bonjour à tous et à toutes!

Je suis ravie de vous retrouver aujourd'hui pour un nouveau break dans notre mois historique! Cette fois, je vous propose de poursuivre notre parcours à la découverte de la saga culte d'Emile Zola, les Rougon-Macquart. Après Pot-Bouille, que j'ai beaucoup aimé, nous entrons dans la deuxième moitié de la saga, avec ce onzième tome, un tome très connu puisqu'il s'agit d'Au Bonheur des Dames! Je vous l'avoue, je suis tout particulièrement heureuse de vous présenter ce roman, et pour cause: Au Bonheur des Dames est le deuxième livre de Zola que j'ai lu (après l'Assommoir), lorsque j'étais au lycée, et c'est grâce à ce roman que j'ai décidé de découvrir le reste de celui-ci. J'étais donc très excitée à l'idée de le relire, et je vous souhaite à tous une bonne lecture de cet article!


Pour vous aider...
Cette fois encore (décidément!), pas d'arbre généalogique! En effet, comme pour Pot-Bouille, l'action ne fait intervenir qu'un seul personnage de la famille, et comme pour Pot-Bouille, il s'agit d'Octave Mouret (quel succès!). J'étais très heureuse de retrouver ce personnage que j'avais beaucoup apprécié dans le roman précédent!


Une suite de Pot-Bouille!



Comme je viens de le mentionner plus haut, on retrouve également dans ce roman Octave Mouret, le héros de Pot-Bouille, et pour cause: Au Bonheur des Dames en est tout simplement la suite. 
On avait quitté notre héros au sommet de sa gloire: il avait épousé la gérante du magasin Au Bonheur des Dames, et le roman s'ouvre donc sur le succès perdurant d'Octave qui, après la mort de sa femme, est devenu le propriétaire du magasin et l'a fait prospéré. Mais dans ce roman, il est recalé au rang de personnage secondaire, au profit de la jeune Denise.


Au Bonheur des Dames:



Résumé:
Au Bonheur des Dames raconte l'histoire de Denise, une jeune provinciale qui monte à Paris avec ses deux frères après le décès de leur père dans l'espoir d'une vie meilleure chez leur oncle Baudu. Mais celui-ci peine à faire tourner sa boutique, comme les autres commerçants du quartier... Pourquoi? Parce qu'en face, un immense magasin de nouveauté, baptisé Au Bonheur des Dames, fait tourner la tête des clientes avec des stocks incroyables, des affaires de folie, et des prix qui défient la concurrence! Denise décide de se faire embaucher dans ce magasin, découvrant ainsi la dure vie parisienne, la méchanceté des vendeuses, sous l'oeil mi-moqueur mi-charmé d'Octave Mouret, le propriétaire des lieux.






Deux histoires en une:
Ce qui est particulièrement avec Au Bonheur des Dames, c'est que le lecteur a la chance de découvrir non pas une, mais deux histoires dans un seul roman! Je m'explique: l'histoire de base, c'est bien évidemment celle de Denise, de son entrée dans le monde du travail, de son courage face aux méchancetés des autres vendeuses, de sa lente conquête du magasin... Mais comme souvent dans les romans de Zola, cette histoire en cache une autre, qui a l'époque (et même encore aujourd'hui) était d'actualité. 

(le Bon Marché, l'un des premiers grands magasins parisiens)


En effet, Zola s'est intéressé au phénomène, nouveau de son temps, de la naissance des grands magasins. Le roman nous fait découvrir plusieurs aspects de ce phénomène. Tout d'abord, les points positifs, qui sont le grand nombre de personnes embauchées, les prix très accessibles et le large choix pour les clients. A côté, Zola nous montre l'esprit calculateur et ingénieux des propriétaires: dans une scène, notamment, on voit Mouret faire déplacer des rayons entiers, faire aménager l'entrée, de façon à perdre les clientes et à les faire acheter plus! Une scène assez cocasse, mais qui fait aussi réfléchir à la façon dont les vendeurs agissent aujourd'hui. 

Enfin, le dernier aspect de cette seconde histoire, c'est bien entendu la difficulté des petits commerçants à faire face et à affronter cette énooorme machine. La concurrence est telle qu'ils ne savent plus comment s'en sortir, d'autant plus que Mouret n'hésite pas à leur faire des offres dans le but d'étendre encore plus son magasin! J'ai trouvé cette "sous" histoire passionnante, et très intéressante, car elle donne vraiment du corps au roman. 

Denise, la force tranquille.

(tableau de Manet)


Je tenais à vous parler davantage de notre personnage principal, que j'ai particulièrement aimé.
Denise n'est pas le genre d'héroïne que j'apprécie d'habitude: personnellement, j'aime les filles un peu "badass", énervées, qui n'hésitent pas à se battre quand on leur met des bâtons dans les roues, des Lisbeth Salander, par exemple. Denise, elle, est l'opposée de cette image: elle est incroyablement douce, serviable, aimable. Au début du roman, lorsqu'elle commence à travailler Au Bonheur des Dames, les autres vendeuses se montrent affreusement méchantes avec elle, mais elle courbe l'échine, se contente de travailler, avec ardeur. 

Mais cette docilité cache un grand courage, et une grande volonté: on voit Denise travailler tard le soir, se priver d'extras lors des repas pour mettre de l'argent de côté. Elle m'a fait penser au personnage de Gervaise, au début de l'Assommoir, lorsque celle-ci, loin de se laisser abattre par le départ de Lantier, travaille comme une forcenée pour subvenir au besoin de sa famille. Denise, à plusieurs reprises dans le roman, pourrait choisir la facilité, mais préfère se battre, silencieusement, mais avec efficacité. Elle peut paraître un peu "fade" par rapport à d'autres personnages de la saga, cependant son calme cache beaucoup de choses qui font la force du personnage!


Mon avis:
Comme je l'ai expliqué plus haut, j'ai une tendresse particulière pour ce roman, et j'étais impatiente de le relire. 

Ma relecture a été un vrai plaisir: j'ai encore une fois énormément apprécié Au Bonheur des Dames, et ce pour plusieurs raisons.

-Tout d'abord, j'aime beaucoup les personnages de ce roman, qui sont très variés. Je pense que leur grande force, c'est d'appartenir, pour la plupart, au magasin: une vraie ambiance se crée autour d'eux, ce qui donne une force à l'histoire. J'ai particulièrement aimé Denise, son frère Jean (quel menteur!), mais aussi et surtout Octave Mouret, qui est le personnage que je préfère le plus dans la saga.

-L'histoire est aussi un vrai bonheur à lire. L'intrigue est assez "légère", facile à suivre, et sans prise de tête, avec de beaux rebondissements. C'est aussi appréciable de ne pas se prendre la tête avec un récit tragique sauce Assommoir pour une fois.

En bref, j'ai réellement adoré ce roman. Je pense qu'il est idéal pour quelqu'un qui souhaite se lancer dans du Zola mais n'a pas envie de commencer par du lourd, mais qu'il est aussi important, pour apprécier à 100% Au Bonheur des Dames, de lire Pot-Bouille au préalable. Je trouve que ça permet de mieux comprendre le caractère de Mouret, surtout lorsqu'on arrive à la fin. Donc n'hésitez pas à le lire!

Petit bonus: The Paradise!



Pour conclure cet article, je tenais à vous parler d'une adaptation récente du roman (une version assez libre paraît-il) qui m'a été conseillée par Booklimique sur Livraddict (donc merci!!) et que je vais découvrir dans les jours qui viennent. Il s'agit d'une série en 8 épisodes de la BBC, qui porte le nom de The Paradise. Je ne sais pas si une diffusion est prévue en France, je l'espère en tout cas!

En bref, j'ai véritablement apprécié cette relecture d'Au Bonheur des Dames. Pot-Bouille et sa suite sont vraiment une très bonne charnière dans la saga, illuminant l'univers parfois très sombre de Zola. Je suis donc très motivée pour lire la suite, en espérant finir la saga d'ici Décembre 2013. N'hésitez pas à me laisser vos avis et vos suggestions en commentaire. On se retrouve bientôt, et en attendant prenez soin de vous! 


AnGee Ersatz*

5 commentaires:

  1. Très belle chronique ; Bravo !!
    Moi j'en suis au tome 2 de cette saga et quand je lis tes avis pour les tomes suivants j'ai franchement hâte d'y être.
    Bonne semaine livresque à toi :)

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    1. Oh, merci beaucoup, ça me touche! J'espère que les livres te plairont autant qu'ils me plaisent :D

      Bonne semaine à toi aussi!

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  2. Je suis en train de lire la saga des Rougon-Macquart dans l'ordre en participant aux LC de nadou_971 et j'ai hâte de relire ce tome qui m'avait fait découvrir cette fresque zolienne ! Je trouve le roman d'une étonnante modernité. Je l'avais étudié au lycée et ce sont surtout les descriptions très imagées du magasin qui m'avaient marquée... ainsi bien sûr que la formidable abnégation et le courage de Denise qui force l'admiration ! Et c'est tellement jubilatoire de voir Mouret renoncer progressivement à ses principes ! Bref, que du bonheur...:D

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    Réponses
    1. Oh, c'est excellent! Vous en êtes où? :)
      Comme toi, j'ai été très marquée par les descriptions en général, mais c'est vrai que Zola a fait un travail incroyable avec le magasin!

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    2. On vient de finir La Curée, et on doit lire Le Ventre de Paris pour le 30 septembre... On lit un volume tous les deux ou trois mois en fait... ;)

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