lundi 10 juin 2013

Hors-Série Histoire #3: La Baronne Meurt à Cinq Heures, de Frédéric Lenormand.






















(Logo par Wolf's Rain)



Bonjour à tous!

Bienvenue pour ce troisième numéro de notre hors-série consacré à la littérature historique. Après The Age Of Innocence et Richard Coeur de Lion, je vous propose enfin un roman de littérature historique français, un roman très connu et qui a reçu plusieurs prix, dont le prix Historia du roman policier historique en 2011. Il s'agit de la Baronne Meurt à Cinq Heures, de Frédéric Lenormand. Ma mère, qui est la spécialiste des policiers/polars/thrillers et autres, en avait déjà parlé il y a exactement un an, et je suis ravie de vous présenter mon avis à mon tour. Je n'étais pas spécialement motivée pour lire ce livre au départ, mais j'ai changé d'avis en voyant la vidéo de Clélia. Pour ceux qui ne la connaissent pas, Clélia est ma correspondante rencontrée via Livraddict. Elle partage sa passion de la lecture non pas sur un blog, mais sur YouTube, sur sa chaîne Brody Books. Vous pourrez découvrir son avis à la fin de l'article! Bonne lecture à tous!


Bon, c'est qui Frédéric Lenormand?

Comme toujours sur le blog, j'ai fait quelques recherches pour vous présenter notre auteur du jour. 

Il s'agit de Frédéric Lenormand, né en 1964 à Paris (oui, pour une fois, je ne vous présente pas un auteur anglais/mort). Après ses études, il se lance dans l'écriture, avec succès, puisqu'il remporte un prix pour l'un de ses premiers livres, intitulé le Songe d'Ursule. 

La particularité de Frédéric Lenormand, c'est que son dada, c'est la littérature historique. Il a écrit un grand nombre de romans: en faisant mes recherches, j'ai pu constater qu'il traite surtout de la période de la fin de la royauté en France, de la révolution, de la période des Lumières (il s'intéresse beaucoup à Voltaire). Il compte plusieurs séries à son actif: l'Orphelin de la Bastille, les Nouvelles Enquêtes du juge Ti, ou encore Voltaire mène l'enquête, dont est tiré le livre dont on va parler aujourd'hui!



La Baronne meurt à cinq heures:
Résumé:



1733. Depuis deux ans, Voltaire, le grand philosophe, vit depuis deux ans avec la Baronne de Fontaine-Barteul, une vieille femme qui lui sert de mécène. Ils s'entendent bien, ils reçoivent du monde, bref, c'est le bonheur! Mais une nuit, la vieille baronne se fait assassiner dans son sommeil... Assassinée, et plutôt deux fois qu'une! Poignardée, étouffée? Un lourd mystère entoure cette mort, d'autant plus qu'une foule d'héritières se présentent à la porte de la maison.
Voltaire se retrouve officieusement en charge de l'enquête autour de la mort de la baronne, mais il trouve très vite un soutien auprès de la jeune Emilie du Châtelet. Cette jeune demoiselle, enceinte jusqu'aux yeux, est passionnée de sciences, et après sa rencontre avec le philosphe, elle se décide à l'aider. Les deux détectives amateurs partent donc à ensemble à la quête aux indices!



Le travail de recherche de l'auteur:

Comme vous vous en doutez sûrement après lecture du résumé, ce livre est profondément ancré dans l'histoire.
Le héros est tout simplement Voltaire, l'un des grands philosophes des Lumières, connu pour Candide ou encore pour Zadig. Frédéric Lenormand, on le sent, a beaucoup travaillé ce personnage, pour le rendre aussi crédible que possible. Plusieurs épisodes de sa vie sont mentionnés: la Bastille, les difficultés de la censure, l'écriture des Lettres Philosophiques,... D'ailleurs, on peut noter que les titres de chapitre du roman ressemblent à ceux que l'on peut trouver dans les livres de Voltaire!
Frédéric Lenormand nous présente aussi Paris telle que la capitale l'était à l'époque, et les difficultés de la police à faire régner l'ordre.
La compagne de Voltaire dans ce roman, Emilie du Châtelet, n'est pas une invention, bien au contraire! Il s'agit d'une personne tout à fait réelle: en effet, elle fut l'une des maîtresses du philosophe, partageant sa vie pendant plusieurs années. Dans le roman, elle est présentée comme une femme de sciences, cultivée et très intéressante: cet aspect est encore une fois inspirée de la réalité, comme le montrent certains témoignages.
Ce qui est très intéressant, c'est que Frédéric Lenormand a pensé à créer un petit fascicule à la fin du roman, qui contient une frise chronologique et plusieurs extraits de ses sources, afin de nous montrer son travail de recherches. Un point que j'ai particulièrement apprécié!


Mon avis:
Avant de lire ce livre, j'ai eu l'occasion d'entendre deux avis sur celui-ci. D'abord, celui de ma mère, qui a lu le livre l'année passée. Ma mère dévore beaucoup de policiers ou de thrillers, et je me souviens qu'elle avait trouvé ce roman assez original et décalé. J'avais également en tête l'avis de Clélia (patiente, vous le verrez dans quelques lignes!). J'ai essayé au maximum de me débarrasser de leurs avis, car j'aime bien me forger ma propre opinion sur ce que je lis.

Globalement, ce roman est une assez bonne surprise. Frédéric Lenormand nous propose une enquête originale en plein coeur du 18ème siècle: ses "détectives" sont très différents de ceux que nous avons l'habitude de voir à la télévision ou dans les romans aujourd'hui (d'ailleurs, Richard Castle, si tu passes par là, je t'attends!), et j'ai trouvé ça assez appréciable d'avoir une enquête entièrement basée sur les méninges et pas sur une pléiade d'outils technologiques de folie. Oui, avec la Baronne, on est loin des Experts Miami!

(les deux héros du roman!)

L'intrigue est assez bien ficelée: personnellement, je ne suis pas une grosse amatrice de policiers (même si curieusement j'adore les séries policières...), donc j'ai apprécié les quelques rebondissements que l'auteur met en place. Je pense cependant que quelqu'un qui lit beaucoup de policiers trouvera assez facilement le dénouement et le coupable!
Au niveau du style, j'ai assez bien accroché à l'écriture de Frédéric Lenormand: le livre est bourré d'humour! Je sais que Clélia n'avait pas spécialement apprécié cet aspect, et je la rejoins sur le fait que le livre est plein, mais alors plein de petites piques et blagues. Dans mon cas, j'ai bien aimé (la vanne, ça me connait: j'adore les Grosses Têtes), mais si vous avez envie un peu de sérieux, attention!

Quelques bémols cependant: j'ai trouvé qu'il y avait certaines longueurs qui selon moi ne sont pas indispensables. J'ai un peu passé rapidement sur ces passages qui parfois m'ennuyaient, même si ils étaient assez rares au final.
L'autre souci de ce livre: Voltaire. Autant j'ai adoré Emilie du Châtelet, qui l'accompagne, autant lui... Il m'a prodigieusement énervée! Déjà, à la base, Voltaire me rappelle mon année de première à étudier Candide, et mes années de philo en prépa: j'ai donc ce personnage en horreur. Et mon opinion n'a pas changé. Dans ce roman, il est juste agaçant au possible, obsédé par sa personne (moi moi moi moi et re-moi), toujours à parler de ses incroyables livres... Bref, j'ai vraiment eu du mal à le supporter. Quel dommage, vu que tout le roman tourne autour de ce personnage!

En bref, si vous avez envie de lire quelque chose de décalé, je vous conseille ce livre! Personnellement, je pense lire la suite à l'occasion.


L'avis de Clélia:

J'ai péniblement tenté d'ajouter la vidéo au blog, mais IMPOSSIBLE. Du coup, voici le lien de sa vidéo:

L'avis de Clélia.


J'espère que vous avez aimé cet article! N'hésitez pas, comme toujours, à laisser votre avis ou vos suggestions en commentaire, c'est toujours un plaisir pour moi de vous lire. A l'heure où j'écris cet article, Clélia et moi avons prévu de vous proposer quelque chose sur le thème de la littérature historique. Je me frotte les mains avec un air mystérieux, mais je peux vous dire que ça va être super chouette :D

AnGee Ersatz*

mercredi 5 juin 2013

Hors-Série Histoire #2/Challenge United Kingdom #8: Richard Coeur de Lion (ou le Talisman) de Walter Scott.






















(logo par Wolf's Rain)


Hello, Livroscopians!

J'espère que vous êtes en forme aujourd'hui, car nous allons effectuer un voyage littéraire dans le temps et l'espace, parfait pour nous dépayser! Comme vous le savez, Juin est consacré à la littérature historique, mais pour ne pas prendre de retard, j'essaie autant que possible de trouver des livres sur les thèmes que j'aborde qui correspondant aussi aux Challenges auxquels je participe. J'ai donc réfléchi, et pour le Challenge United Kingdom, la réponse est venue assez naturellement: voilà trois ans qu'on me répète que Walter Scott est un auteur non seulement classique mais aussi féru d'Histoire, qu'il utilise dans bon nombre de ses romans. N'ayant jamais eu l'occasion de lire du Walter Scott, je me suis dit qu'il était temps de combler cette lacune, et de vous proposer un article sur l'un de ses romans historiques, Richard Coeur de Lion, connu aussi sous le nom de Talisman. Bonne lecture!


Quelques mots sur Walter Scott:



L'auteur du jour est un Ecossais né en 1771 à Edimbourg. Walter Scott est probablement l'un des auteurs les plus connus du Royaume-Uni, une sorte de Victor Hugo sauce écossaise. 

Il nait dans une famille nombreuse (douze enfants, wow) qui connait plusieurs tragédies (plusieurs de ses frères et soeurs mourront dans l'enfance). Walter souffrira d'ailleurs de maladies alors qu'il n'est encore qu'un bébé, mais survivra miraculeusement. Alors qu'il est malade et passe donc du temps dans sa famille à la campagne, Walter développe le goût de l'histoire, d'abord celle de sa propre famille, puis celui de l'Histoire avec un grand H. En parallèle, il se passionne aussi pour la littérature, notamment Shakespeare. Il s'oriente vers des études de droits, très à la mode à l'époque. Malgré tout, il se met à écrire, d'abord de la poésie, puis il s'attaque aux romans: il est d'ailleurs surnommé "le Romancier de l'Ecosse" car il écrit majoritairement des romans consacrés à des événements arrivés en Ecosse. Il trouve le temps de se marier et d'avoir quatre enfants!




Il connait un assez grand succès de son vivant et sera même anobli en 1820. Il meurt 12 ans plus tard, très endetté, et très malade.

Aujourd'hui, il est surtout connu pour son cycle des Waverley Novels, ses romans et essais historiques, mais aussi et surtout pour Ivanhoe, son roman le plus célèbre publié en 1819.


Richard Coeur de Lion:
Problème de titre:



Avant de vous présenter le livre, je tiens à souligner un point assez important: selon les éditions, le roman n'a pas le même nom. Quand je l'ai emprunté à la bibliothèque, c'était sous le nom de Richard Coeur de Lion. Mais en faisant des recherches, j'ai été surprise de ne trouver aucune information sur ce roman.
En fait, la raison en est toute simple: le roman a été publié sous le titre de Le Talisman, et selon les éditions, on trouve soit l'un, soit l'autre. Donc si vous souhaitez lire ce livre, n'hésitez pas à chercher sous ses deux titres. 

Résumé:
Le Talisman est le deuxième et dernier tome des Récits des Croisés, publié en 1825.

Il raconte l'histoire de Kenneth, jeune chevalier d'origine écossaise, qui arrive en Palestine pour soutenir le roi Richard, Richard Coeur de Lion, dans sa croisade pour récupérer Jérusalem. Mais Kenneth est écossais: un problème, quand on sait que l'Angleterre et l'Ecosse ne sont pas les meilleurs amis du monde à l'époque. 



Kenneth doit donc prouver sa valeur: pas facile, car Richard est gravement malade, et cohabite de plus en plus difficilement avec le roi Philippe le Bel et les Templiers (parce qu'on le sait, les Français sont des fourbes!). A son arrivée au camp, le jeune chevalier est accompagné d'un médecin qui parvient à guérir le roi. Une vraie bénédiction! Mais des événements imprévus vont vite inverser la tendance et mettre en danger Kenneth...

Dans le même temps nous suivons les difficultés de Richard, confronté aux autres dirigeants qui l'ont suivi dans cette croisade et qui ne partagent pas son point de vue sur la façon dont ils doivent agir avec Saladdin.






Quels rapports avec l'histoire?
Ce qui est très intéressant dans ce roman, c'est la façon dont Walter Scott a décidé de traiter les événements historiques pour mettre en valeur son intrigue.
Je ne suis pas experte des croisades, mais je trouve que l'ambiance et l'histoire sont assez bien respectées: par exemple, au début, Kenneth rencontre un soldat musulman avec lequel il partage un repas. Beaucoup de détails nous sont donnés sur la façon dont un repas est composé, sur la façon dont ils doivent manger... La scène est rendue très réaliste et en même temps nous apprend des choses. On sent que Walter Scott a fait un vrai travail de recherches.



La croisade est évidemment au coeur de son intrigue, et il nous présente toutes les difficultés d'entente entre les pays: il ne faut pas être un génie pour savoir que l'Angleterre et la France ne faisaient pas tourner les serviettes (pardon pour cette référence assez moyenne à Patrick Sébastien, mais je n'avais pas de meilleure image sous le coude), et on a l'impression d'y être.
Les difficultés entre l'Ecosse et l'Angleterre sont aussi très largement exploitées: le héros est évidemment un Ecossais, et nous sommes abreuvés de détails sur cette mésentente.
Mais malgré ses éléments historiques, il ne faut pas oublier qu'il s'agit tout d'une oeuvre de fiction!


Mon avis:
Je l'avoue, j'étais très impatiente de découvrir ENFIN du Walter Scott: j'ai passé mes trois années de licence à entendre dire que les romans de Walter Scott étaient fantastiques et bourrés d'Histoire, mais je n'avais jamais eu le temps de m'attaquer à son oeuvre et Ivanhoe me faisait un peu peur. Richard Coeur de Lion était donc le livre idéal pour commencer: ni trop long ni trop court, et en plus, le sujet m'intéressait. Si je pouvais vivre dans une forêt avec un arc et des flèches et m'appeler Robin des Bois, je le ferais! 

J'ai, globalement, bien aimé ce roman qui nous fait voyager au temps des croisades. Les descriptions, à la fois du cadre mais aussi des personnages et des coutumes nous donnent l'impression d'y être et de manger du lard avec Kenneth (oui, carrément). L'histoire de ce chevalier est intéressante, on suit ses aventures d'un oeil passionné. Le style de Walter Scott est aussi plaisant et moins pompeux que je l'imaginais au départ. En revanche, j'ai été assez surprise de la façon dont Richard Coeur de Lion est présenté: dans l'imaginaire collectif, il est perçu comme un roi généreux, bon,... Comme dans le Disney (oui, comme dans le Disney). Mais dans le livre de Walter Scott, c'est plutôt un prince colérique, trop fier, énervé, que l'on découvre. Une image que j'ai trouvé surprenante, mais qui est nécessaire au bon déroulement de l'histoire.
Le seul vrai bémol à dire sur ce livre: la fin très prévisible et les ficelles un peu grosses du développement. Personnellement, je pense que je suis habituée à ce genre d'histoire et que du coup je n'ai pas été surprise. Malgré tout, le style et les personnages sont tellement plaisants que ce bémol est un peu passé au second plan.


En bref, je suis ravie d'avoir enfin découvert Walter Scott, et je pense me mettre (sûrement pendant les grandes vacances) à Ivanhoe. Je ne sais pas encore ce que je vous présenterai pour le prochain United Kingdom, mais je suis sûre que je trouverai une idée très vite! On se retrouve bientôt sur le blog, et en attendant portez-vous bien!

AnGee Ersatz*




lundi 3 juin 2013

Hors-Sujet Histoire #1: The Age Of Innocence (Edith Wharton/Martin Scorsese)





















(le superbe logo réalisé par Wolf's Rain)



Bonjour à tous et à toutes!

Je suis ravie de vous retrouver pour un nouveau mois qui, je l'espère, sera ensoleillé, et surtout pour une nouvelle série d'articles à thèmes! Après les contes en Mars dernier, je vous propose de découvrir un peu la littérature historique autour de sept articles consacrés à des livres/adaptations. J'espère que ce sujet vous plait! Avant de vous présenter le premier livre dont nous allons parler, je tiens à faire plusieurs petites annonces:

-Tout d'abord, si vous souhaitez écrire un article/faire une vidéo ou participer d'une façon ou d'une autre à ce thème, n'hésitez pas! C'est toujours un plaisir de partager ce que je fais avec vous. Je tiens à remercier Parthenia, qui a déjà préparé un très bel article sur le film la Princesse de Montpensier (cliquez sur le titre du film pour accéder à son article), et qui est toujours la première à se porter volontaire! Merci aussi à Wolf's Rain, des Lectures de Wolf's Rain, qui a réalisé le superbe logo qui accompagnera les différents articles de notre Mois à Thème. Elle a fait un travail fantastique, et j'espère que ce logo vous plait autant qu'à moi!

-Comme je publie dix articles par mois depuis Janvier, vous pourrez également trouver trois articles qui n'auront rien à voir avec la littérature historique. J'ai décidé de ne pas écrire mes dix articles uniquement sur ce sujet, car j'ai envie de varier les plaisirs :).

-Pour finir, concours sera organisé à la fin du mois pour remporter un lot composé d'un dvd de The Age of Innocence, d'un exemplaire de l'un des livres dont je parlerai ce mois-ci, d'un marque-page et de chocolat. Je vous annoncerai les règles du concours le moment venu! 

Après cette longue introduction, je vous propose d'attaquer! Aujourd'hui, nous allons parler d'un livre, devenu un vrai classique de la littérature américaine qui a fait l'objet d'une brillante adaptation par Martin Scorsese, The Age Of Innocence (ou le Temps de l'Innocence en français) d'Edith Wharton. J'ai eu la chance d'étudier ce film en cours, et j'ai eu envie de vous le faire découvrir. Bonne lecture à vous!


Quelques mots sur Edith Wharton.




Commençons par présenter notre auteure du jour. Il s'agit d'Edith Wharton, une américaine née en 1962  à New York, dans une famille de la bonne société new-yorkaise, milieu qui l'inspirera plus tard. 

Enfant, elle passe ses jours en Europe, puis dans les bals et dîners des bonnes familles de sa ville natale. Edith montre très jeune un talent et un penchant pour l'écriture, elle rédige notamment des nouvelles. Elle se marie avec un certain Teddy Wharton, bien plus âgé qu'elle, et duquel elle finira par se séparer, l'entente n'étant pas au beau fixe.




Mais son mariage ne l'empêche pas d'écrire, et elle connaît très vite un certain succès, notamment avec l'un de ses ouvrages les plus célèbres, The House of Mirth (en français Chez les heureux du monde). Edith Wharton se sent à l'étroit à New York, un sentiment que l'on pourra retrouver dans son oeuvre, et préfère partir en Europe, où elle voyage avant de s'installer de façon plus définitive. Devenue parisienne, elle jouera un certain rôle dans la Première Guerre Mondiale, rôle qui lui vaudra la Légion d'Honneur. Elle publie en 1920 The Age Of Innocence pour lequel elle gagne le prix Pulitzer, un prix très prestigieux de littérature.

En 1937, Edith Wharton s'éteint d'une crise cardiaque, et est enterrée à Versailles. Aujourd'hui elle est considérée comme l'une des auteures américaines les plus connues et prolifiques avec plus d'une vingtaine d'ouvrages à son actif. 




The Age Of Innocence:




Résumé:
New York, au coeur des années 1870. Newland Archer est un jeune homme de la bonne société new-yorkaise, une société qui s'inspire des vieilles moeurs européennes. Il s'apprête à annonce son mariage avec May Welland, une très belle jeune demoiselle à la pureté indéniable, lorsque Ellen Olenska, la cousine de sa fiancée, revient d'Europe. Ce retour ne passe pas inaperçu: Ellen ne rentre pas dans le moule des exigences de New York, et en plus elle souhaite divorcer! Cette volonté de liberté et cette nouveauté attirent Newland qui tombe amoureux d'Ellen. Mais qui va t'il choisir: sa fiancée, May, qui représente la perfection telle que son entourage l'imagine, ou Ellen, l'incarnation de la liberté? 

Une page d'histoire...




Edith Wharton nous livre dans ce roman une très belle histoire d'amour, intemporelle. Mais ce qui est particulièrement intéressant, c'est le tableau qu'elle dresse de la société new-yorkaise (je vous le dis, taper "new-yorkaise", c'est insupportable!). Rappelons-nous: les Etats-Unis sont en 1870 un pays très très jeune, et il s'inspire grandement de l'Europe tout en cherchant à s'en détacher. New York en est le centre nerveux, là où tout se passe, une sorte de microcosme où tout se joue et où le moindre événement, la moindre tenue est scrutée à la loupe. Edith Wharton s'est servie de sa propre histoire pour écrire ce roman et le rendre aussi réaliste que possible, comme le montre également le film de Martin Scorsese.

L'adaptation de Martin Scorsese:





Quelques mots sur Martin Scorsese:




Comme nous l'avons fait pour Edith Wharton, nous allons présenter ce grand réalisateur qu'est Martin Scorsese.

Né en 1942 à New York, Martin Scorsese a été élevé dans une famille originaire de Sicile, une influence très importante sur son travail et sa façon de voir les choses, mais aussi sur son destin. En effet, avant de devenir le réalisateur que l'on connait aujourd'hui, il se destinait à devenir prêtre. Ce projet avorte, et Matin Scorsese ira, à la place, étudier à la Tisch  School, une école réputée qui forma de nombreux réalisateurs comme Woody Allen ou Ang Lee. 

Il s'attaque donc à la réalisation de films, et fait une rencontre déterminante pour sa carrière, une rencontre avec Robert de Niro, qui deviendra l'un de ses acteurs fétiches (on le retrouve notamment dans Raging Bull, Taxi Driver, New York New York...). En parlant de New York, cette ville l'inspire profondément, on la retrouve au coeur de beaucoup de ses films.

(Robert de Niro et Martin Scorsese)


Sa notoriété est grandissante, il devient très vite l'un des grands noms du métier. Il est assez fidèle à ses acteurs, comme Robert de Niro, Daniel Day-Lewis, ou encore Leonardo DiCaprio. 

Il a gagné de très nombreux prix pour ses films, notamment plusieurs Oscars, et continue de mener avec régularité des projets cinématographiques. Son prochain film, The Wolf of Wall Street, avec Leonardo DiCaprio et Jean Dujardin, devrait sortir fin 2013.

(Martin et deux de ses acteurs fétiches)


Le casting de The Age Of Innocence:


Daniel Day-Lewis: Newland Archer.
Michelle Pfeiffer: Ellen Olenska.
Winona Ryder: May Welland.


Pourquoi The Age Of Innocence?


(le trailer du film)


Une chose que l'on peut dire sur Martin Scorsese, c'est qu'il est terriblement pointilleux. La grande qualité de ses films en témoignent. Aujourd'hui, cela paraît surprenant que le réalisateur de Shutter Island, Raging Bull ou encore Gangs of New York ait pu s'intéresser à un roman d'amour. En fait, ce choix est assez logique: Martin Scorsese voue une vraie passion à New York, où il a vécu et grandi. Hors, la quasi-totalité de l'action de The Age Of Innocence se déroule dans cette ville, qu'il connaît bien. 


Le travail de restitution:


J'ai pu le voir en cours, Martin Scorsese et son équipe ont énormément travaillé pour réussir au mieux ce film. Tout d'abord, le roman d'Edith Wharton a vraiment servi de base première au réalisateur: la ressemblance est frappante, et de mémoire il ne semble pas avoir repéré des changements de fous ou injustifiés. Ce qui n'est pas le cas de toutes les adaptations! De plus, certains passages du livre sont lus en voix off, une voix off qui accompagne le spectateur et qui nous donne l'impression qu'Edith Wharton fait partie du film. 

Ensuite, l'équipe a beaucoup étudié des documents de l'époque pour réaliser les costumes (très beaux d'ailleurs), mais aussi les décors intérieurs, les repas qui sont particulièrement importants. Au cours du film, de nombreux plans de caméra se focalisent sur des détails qui peuvent sembler inintéressants au départ, mais qui sont en fait des témoignages de la qualité du travail de l'équipe: plus qu'une histoire, c'est aussi un peu l'Histoire avec un grand H que Scorsese cherche à montrer dans son film. 

La palme de la restitution revient à Daniel Day-Lewis: l'acteur qui a remporté l'Oscar pour Lincoln a tout fait pour entrer dans son rôle! Sa meilleure idée: porter le costume de Newland Archer en permanence avant le tournage pour ne pas se contenter de jouer Newland mais être Newland.



Mon avis sur le livre et le film:
J'ai lu le livre il y a un sacré moment, en préparation du cours. J'avais beaucoup aimé la plume de Wharton, qui raconte, parfois avec une certaine ironie mais aussi amertume la vie de la bonne société de New York, une vie dictée par les apparences et la bienséance. J'ai particulièrement aimé la présentation des différents personnages, hauts en couleur. Pour moi, ce livre est un classique américain, et j'ai eu un coup de coeur pour Edith Wharton, même si je n'ai pas encore eu l'occasion de lire un autre de ses romans. Après ma lecture, j'étais tout particulièrement attachée au personnage de May, la fiancée de Newland: j'avais beaucoup de peine pour elle, et je trouvais Newland odieux de se comporter ainsi avec elle. Je détestais vraiment Madame Olenska!
Mais le film m'a fait changer d'avis. Tout d'abord, j'ai beaucoup aimé ce film, que j'ai trouvé bien réalisé: je dois l'avouer, je ne suis pas une grande experte de Martin Scorsese, et The Age Of Innocence m'a donnée envie de voir d'autres films de ce réalisateur. Les détails sont soignés, un vrai régal! Ce que j'ai préféré, c'est la façon dont Madame Olenska est présentée: c'est une victime, car elle ne comprend pas ce qu'on attend d'elle, et surtout s'y refuse. Je pense que cet aspect là était présent dans le livre, mais je l'ai trouvé plus développé dans le film. J'ai beaucoup aimé la performance de Michelle Pfeiffer, que j'adore, et de Winona Ryder. En revanche, Newland est un personnage que je n'aime pas trop, car je le trouve très... énervant ^^. Je n'aime pas l'indécision, et je trouve que c'est son trait principal.

En bref, The Age Of Innocence est un livre que je recommande à tous, car il cumule à la fois une belle histoire d'amour qui fera vibrer la fibre romantique en nous et une description passionnante des moeurs de l'époque. Le film de Scorsese est pour moi un peu trop méconnu, malgré sa belle réalisation et tout le travail qui a été fait derrière. C'est la raison pour laquelle j'ai décidé d'inclure dans mon lot du concours un DVD de ce film. J'espère que cet article vous a plu, on se retrouve très vite pour de nouvelles aventures, et en attendant portez-vous bien!

AnGee Ersatz*



mercredi 29 mai 2013

Challenge Pretty Little Liars #2: Flawless, de Sara Shepard.




Bonjour à tous et à toutes!

Et voilà, le mois de Mai se termine, et je suis ravie de vous annoncer que le mois de Juin sera un mois à thème, consacré à la littérature historique. Sur la dizaine d'articles que j'écrirai, sept seront dédiés à ce genre très particulier et que j'aime beaucoup. J'espère donc vous retrouver nombreux en Juin, et n'oubliez pas, si vous avez un blog/une chaîne youtube, ou autres et que vous souhaitez participer en présentant un livre, film ou série en lien avec le thème, je suis preneuse! Mais en attendant, je vous propose de retrouver les quatre héroïnes de la saga Pretty Little Liars, Hanna, Aria, Emily, et Spencer. En effet, après mon article pour le Challenge Destins de Femmes, j'ai décidé de pousser plus loin ma découverte de la saga en continuant la lecture des livres. Voici donc mon avis sur le deuxième roman, intitulé Flawless. Bonne lecture de cet article!



Ce qui s'est passé au tome précédent...



Après la disparition de leur amie Alison, Spencer, Aria, Hanna et Emily se sont perdues de vue. Mais quelques années après cette disparition, les quatre jeunes filles, qui vivent dans le petite ville parfaite de Rosewood, reçoivent des sms et messages d'une personne qui porte le nom de -A. Des messages qui portent sur des secrets qu'elles tiennent absolument à garder secrets: Spencer est amoureuse du fiancé de sa soeur, Hanna a mystérieusement perdu du poids, Aria a un faible pour son prof de littérature, et Emily est homosexuelle. Toutes pensent qu'Alison se cache derrière ses messages, mais leurs certitudes s'effondrent lorsque le corps d'Alison est retrouvé, et que les messages continuent de tomber... 


Flawless:





Résumé:


Toujours menacées par -A, les filles tentent péniblement de se remettre du choc de la mort d'Alison tout en affrontant leurs problèmes personnels.
Spencer est rejetée par sa famille après la découverte de sa relation avec Wren, le fiancé de sa soeur. Aventure qui complique grandement sa vie. 
Emily tente de comprendre la nature de ses sentiments pour Maya, tout en étant constamment agressée par Ben, son ancien petit ami qui ne lui pardonne pas de l'avoir laissé tomber.
Aria, après sa dispute avec monsieur Fitz, découvre que son père est retombé dans les bras de son ex maîtresse. 
Hanna a beaucoup de mal à surmonter sa rupture avec Sean, d'autant plus que celui-ci se rapproche dangereusement d'Aria.
Mais ce qui perturbe le plus les filles, c'est le retour en ville de Toby, Toby qui détient l'un de leur plus gros secrets... Et si Toby était -A?



Les différences et ressemblances avec la série.



Comme vous le savez peut-être, Pretty Little Liars est adapté en série télévisée (actuellement diffusée sur D17 en France) dont la quatrième saison arrive bientôt aux Etats-Unis bientôt. Je n'ai pas pu m'empêcher de comparer les deux pour voir les ressemblances et les différences!

Tout d'abord, on constate que globalement, la série reprend bien l'intrigue du livre: le retour de Toby, l'histoire de Jenna, la soirée où elles se rendent à la fin, etc. Je ne me suis pas sentie perdue ou déstabilisée.

En revanche, il y a pas mal de choses qui changent entre le livre et la série. Par exemple, il me semble pas que l'histoire d'amour entre Spencer et Wren soit aussi développée dans la série: Spencer rencontre assez vite un autre garçon, Alex, qui ne se trouve pas (pour l'instant?) dans les romans, et qui sert de remplaçant à Wren. Au niveau du coeur également, il y a d'autres histoires dans le livre que l'on ne trouve pas dans la série: Aria et Sean, par exemple, se rapprochent beaucoup, au point de commencer une relation, alors que dans la série, Aria est omnibulée par Ezra, son professeur. Ben, l'ex d'Emilie, ne la harcèle pas autant que dans le livre, où il est à la limite de l'agression sexuelle (quoique). 

(Toby, joué par Keegan Allen et Emily, joué par Shay Mitchell).

Ensuite, je trouve que Sara Shepard exploite beaucoup l'aspect "financier" et luxueux des héroïnes et de  Rosewood, alors que dans la série, même si les filles sont habillées avec des super fringues et qu'on se doute qu'elles ne vivent pas dans la pauvreté, on joue plus sur les apparences de familles modèles que sur l'argent. 

Les quatre filles sont aussi loin d'être proches, contrairement à la version télévisée: dans la série, elles se serrent les coudes, elles s'organisent contre -A. Dans le roman, elles semblent plus se détester qu'autre chose. 



Dernière chose, et pas des moindres: la fin du roman est très différente de la série. Je ne spoilerai pas la fin pour ceux qui n'ont pas vu la série et qui souhaitent lire le livre, vous verrez la différence par vous-mêmes. 


Mon avis:
Globalement, j'ai bien aimé ce second livre. Sara Shepard exploite très bien ses quatre héroïnes en alternant les chapitres et les aventures, du coup il se passe quand même beaucoup de choses en un seul roman. On a déjà une première hypothèse sur l'identité de -A, et l'histoire ne se concentre pas que sur les amourettes des héroïnes, et heureusement, car ce n'est pas l'aspect que je préfère. 

J'ai beaucoup aimé les personnages d'Hanna et de Spencer qui sont aussi ceux que j'aime le plus dans la série. Ce sont celles dont je suis le plus proche. Aria en revanche me plait moins que dans la série, je la trouve assez énervante. J'ai hâte de lire la suite!

Et voilà, j'espère que cet article vous a plu, on se retrouve très vite pour de nouvelles aventures! 

AnGee Ersatz*

Si vous avez aimé...

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