jeudi 11 avril 2013

Les Rougon-Macquart #9: Nana.





Bonjour à tous et à toutes!

C'est un grand jour aujourd'hui: en effet, après trois mois de pause, voici le retour de la saga des Rougon-Macquart! Si vous me suivez depuis un moment, vous savez que je me suis lancée un Challenge personnel voilà presque un an, celui de lire les vingt tomes de l'immense saga des Rougon-Macquart d'Emile Zola. Je vous avoue que ce Challenge est compliqué: il y a des fois où je suis hyper motivée, prête à lire trois romans coup sur coup, et d'autres moments où je dois me booster pour en ouvrir un. D'où l'absence d'article consacré à la saga ces derniers mois... Mais les Rougon-Macquart sont de retour pour vous jouer un mauvais tour! Ce mois-ci, on attaque l'un des romans les plus connus de la série: Nana, publié en 1880. Une excellente blogueuse, Wolf's Rain (que je vous conseille de découvrir si vous ne la connaissez pas!) a également lu ce roman, donc je vous mettrai le lien de sa chronique, si elle en fait une! En attendant, c'est parti!

La chronique de Wolf's Rain.


Pour vous aider:
Cette fois-ci, pas d'arbre généalogique, Nana étant le seul personnage de la famille présent dans ce livre (avec son fils Louis). Souvenez-vous tout simplement que Nana est la fille de Gervaise, l'héroïne de l'Assommoir.

Nana:



Résumé de l'histoire:

Nous avions quitté Nana adolescente dans l'Assommoir, nous la retrouvons ici femme.

Le roman s'ouvre sur une représentation, dans un théâtre, d'une pièce musicale intitulée la Blonde Vénus. Nana y joue le rôle de Vénus: mais malgré son manque de talent évident, elle enchante toute la salle grâce à sa fraîcheur et (il faut le dire) son corps de rêve qui fait naître de nombreux fantasmes chez les hommes. D'ailleurs, Nana se fait entretenir par les hommes, jusqu'au jour où elle rencontre le comte Muffat, qui tombe littéralement à ses pieds et lui offre tout ce qu'elle veut.





Mais Nana en a marre de tout cela: elle décide de se mettre en ménage avec Fontan, un autre comédien, s'isolant pour ne pas être poursuivie par les hommes et les créanciers. Si au début tout se passe bien, Fonton finit par dévoiler son vrai visage, battant Nana chaque jour que Dieu fait. Nana prend son destin en main, et retourne dans les bras de Muffat. Commence alors pour la jeune femme une incroyable ascension sociale...

Les grands thèmes abordés:
Si Une Page d'Amour abordait assez peu de thèmes différents, Nana est beaucoup plus riche. Voici donc certains des thèmes que le lecteur peut découvrir dans ce roman:

-L'ascension sociale: ce thème est récurrent dans la saga, et abordé de façons diverses et variées. Ici, on s'intéresse à celle d'une femme, tout comme dans l'Assommoir, mais d'une façon différente: l'ascension de Gervaise se fait par l'argent, par l'acquisition de son propre magasin, alors que celle de Nana se fait par ses charmes. Le roman tout entier présente l'image de la courtisane, personnifiée par Nana. Beaucoup de scènes montrent le pouvoir de Nana sur les hommes, sa façon de séduire. Ce qui est intéressant, c'est qu'elle n'est pas non plus réduite à son corps: certes, Nana séduit les hommes avec ce corps, et en partie parce qu'elle n'a pas la pudeur des dames du monde, mais elle a aussi un talent certain pour la "manipulation psychologique". Elle arrive toujours à ses fins, sauf avec Fontan, qu'elle est le seul à aimer différemment.

(Jeune fille coiffant ses cheveux de Renoir)



-L'amour, bien évidemment, est très présent dans un roman pareil. On a un grand nombre de relations unilatérales: Nana aime Fontan, mais Fontan la bat et la maltraite; Muffat aime Nana, mais Nana ne l'aime pas vraiment. L'amour est malheureux, se cache sous de fausses apparences: ce côté "vernis" se retrouve dès les premières pages du roman, avec la représentation théâtrale qui montre des personnages mythologiques se disputant les faveurs de Vénus. Zola aborde aussi le thème de l'amour lesbien, entre Nana et le personnage de Satin, qui joue un rôle assez important dans l'histoire. Le seul vrai amour de Nana, c'est son fils, surnommé Louiset. Sa dévotion pour lui rappelle un peu celle d'Hélène pour Jeanne dans Une Page d'Amour, dans une moindre mesure.



-Ceci nous amène (oui, transition de dingue) au thème de l'hérédité. De temps à autre, dans le roman, Nana se remémore ses souvenirs de petites filles, et ce qui est le plus frappant, c'est que la fin du roman rappelle étrangement celle de l'Assommoir. Je ne dis rien de plus pour ne pas tout spoiler, mais si vous lisez ces livres, vous le constaterez par vous-mêmes.

Le personnage de Nana:



Parlons un peu plus en détails de l'héroïne, Nana. Jusqu'à maintenant, si j'appréciais globalement tous les personnages de Zola, je n'avais pas eu de vrai coup de coeur pour l'un d'eux: c'est maintenant chose faite, car j'ai tout simplement adoré Nana.

On la découvre sous toutes ses facettes: courtisane, femme amoureuse, puissante ou soumise, mais aussi et surtout mère. Tous ces rôles, très différents, sont guidés par une passion très forte: Nana est un personnage plein d'émotions, qui ne laisse pas indifférent. 

Je trouve que, jusqu'à maintenant, Nana est le personnage féminin le plus complet de la saga: il s'agit bien entendu de mon avis, mais c'est vraiment un sentiment que j'ai eu en lisant ce roman.


En bref, Nana est un roman que j'ai vraiment beaucoup aimé, et qui me réconcilie avec les Rougon-Macquart, qui me lassaient un peu ces derniers temps. L'héroïne y est pour beaucoup, et je pense reprendre avec plus de régularité cette saga. N'hésitez pas à me laisser votre avis sur ce roman, si vous l'avez lu! On se retrouve très vite!

AnGee Ersatz*



lundi 8 avril 2013

Ma petite maladie littéraire: la Malzieuélite.






Hello à vous Livroscopiens!

Aujourd'hui, l'heure est grave. Il est temps que je vous parle d'une maladie avec laquelle je vis depuis maintenant quatre ans: la Malzieuélite. C'est une maladie que l'on attrape en lisant les livres de Mathias Malzieu, et qui vous rend dépendant à son univers littéraire. Rassurez-vous, cette maladie, même si elle est incurable, est assez agréable à vivre! Bref, vous l'aurez compris, aujourd'hui, je vais vous parler de l'un de mes auteurs préférés: Mathias Malzieu. Je parle souvent de lui sur le blog ou sur Facebook, en disant à quel point je l'adore et à quel point ses livres sont formidables. Il y a quelques semaines, son dernier roman, Le plus petit baiser jamais recensé, est sorti dans les librairies, et j'ai donc décidé de consacrer un article à Mathias Malzieu et à ses livres, pour vous expliquer un peu plus ce qui fait de lui l'un de mes écrivains fétiches. Je vous souhaite une très bonne lecture!


Quelques petites informations:


Avant tout, commençons par dresser un portrait rapide de Mathias Malzieu.

Né le 16 Avril 1974, à Montpellier, on le connait d'abord comme chanteur du groupe Dionysos, fondé en 1993. La carrière du groupe est assez longue, et certaines chansons, comme Song for a Jedi, sont devenues incontournables. Beaucoup de gens, dont je fais partie, ont découvert Dionysos avec l'album la Mécanique du Coeur dont je reparlerai plus loin.

(Song for a Jedi)


Mathias collabore aussi avec Olivia Ruiz, avec laquelle il vivra une histoire d'amour pendant plusieurs années, ou Cali.

Entre deux concerts, il trouve le temps d'écrire, tout d'abord un recueil de nouvelles, puis quatre romans qui rencontrent un beau succès auprès du public mais aussi auprès de la critique. Le dernier en date: Le plus petit baiser jamais recensé, sorti le 20 Mars dernier.

Vous pouvez aller visiter son site internet ici.


Ses livres:

Mathias Malzieu a écrit pour l'instant cinq livres: un recueil de nouvelles et quatre romans, que je vous propose de découvrir.

38 Mini-westerns (avec des fantômes):




Voilà le tout premier livre de Mathias, publié en 2003. Il s'agit d'un recueil de nouvelles, assez courtes, à l'univers original, parfois inspirées de faits réels. Plein de poésie et d'imagination, ce recueil se lit vite. J'ai toujours du mal à résumer les recueils de nouvelles, donc la meilleure chose que je puisse vous conseiller, c'est de le lire!


Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi:




Mathias, le héros, a une trentaine d'années, lorsqu'il perd sa mère. Un événement tragique, pour cet homme qui est toujours quelque part un enfant. Ce roman met en scène d'une façon très poétique le deuil, à travers la figure de Giant Jack (le prénom Jack est récurrent chez Mathias Malzieu), un géant très particulier, qui va aider le héros à surmonter la perte de sa mère.


Ce roman me parle tout particulièrement, ayant moi-même perdu quelqu'un qui m'était très proche (mon arrière-grand-mère), quand j'étais adolescente. Je me suis donc un peu retrouvée dans cette histoire publiée en 2005, que je trouve très forte au niveau émotionnel. 








La Mécanique du Coeur:



Voilà le roman le plus connu de Mathias, publié en 2007. Véritable succès en librairie et auprès des critiques, ce livre s'accompagne d'un album de Dionysos, qui porte le même nom, et qui est riche en collaborations (Grand Corps Malade, Olivia Ruiz, Alain Bashung, Arthur H...). 

(L'homme sans trucage)


Le roman raconte l'histoire de Jack (et oui, encore!), qui nait le jour le plus froid du monde. Son coeur, gelé, est remplacé par une horloge par Madeleine, une doctoresse un peu étrange, qui adopte le petit garçon et l'éduque. Un jour, Jack tombe amoureux d'une jolie danseuse andalouse, qu'il se met à suivre. Une histoire d'amour poétique, où Jack expérimente le bonheur, la jalousie, la tristesse, le manque...

L'univers de la Mécanique du Coeur est d'une poésie incroyable, empli de métaphores qui touchent. Un livre que je ne peux que conseiller mille fois.


Métamorphose en bord de ciel:


Tom Cloudman est un accro à l'adrénaline, aux sensations fortes. Il aime faire des cascades, mais Tom est le plus mauvais cascadeur du monde ("et de la galaxie"). Un jour, on lui annonce qu'il doit faire un looong séjour à l'hôpital: il est atteint d'une maladie incurable... C'est alors qu'il rencontre une étrange femme-oiseau qui, pour le sauver, lui propose un pacte très particulier.

Ce roman, que j'ai un peu moins aimé que les autres, nous fait découvrir un personnage attachant et hors du commun, aux allures de créature burtonnienne. Sur l'album Bird'n'Roll, plusieurs chansons évoquent cette histoire, dont le single Cloudman (que j'adore!).








Le plus petit baiser jamais recensé:




Dernier livre de Mathias Malzieu en date, on nous entraîne cette fois dans une histoire pleine de sentiments. Après une rupture douloureuse, le narrateur rencontre une demoiselle qui disparaît quand on l'embrasse... Une rencontre qui le chamboule. Aidé de sa pharmacienne et d'un détective à la retraite, armé d'un perroquet capable de reproduire des sons tous plus complexes les uns que les autres, il se met à la recherche de cette mystérieuse jeune femme, fabriquant des chocolats qui imitent le goût d'un baiser...

J'ai dévoré ce livre, et je dois dire qu'il est devenu mon préféré! J'ai pleuré comme une madeleine au cours des cinquante dernières pages. Là encore, même si le livre a un côté plus réaliste que les autres, la poésie est toujours au rendez-vous. A savoir que des chocolats sur mesure basés sur ceux que l'on découvre dans le livre existent!

(les fameux chocolats!)



Comment j'ai découvert Mathias Malzieu et pourquoi j'aime tant son univers:


(dessin de Benjamin Lacombe)


La première fois que j'ai lu du Mathias Malzieu, j'avais environ 16 ans. Mon "amoureux" de l'époque m'avait offert la Mécanique du Coeur, et je l'en remercie encore, car la découverte a juste été magnifique.

Je ne connaissais Mathias que de loin, comme chanteur de Dionysos, un groupe que j'écoutais de temps à autre. Cette découverte littéraire a chamboulé ma vie. J'ai tout de suite accroché au style de Mathias Malzieu, et son univers a des points communs avec celui de Tim Burton, que j'aime énormément aussi. Depuis, j'ai acheté tous ses livres, et j'attends les nouvelles sorties avec impatience. 

Je me retrouve aussi dans la plupart de ses livres: dans le deuil, mais aussi dans les histoires d'amour qu'il propose. Je ne m'étendrais pas là-dessus, mais je suis actuellement dans la même phase que le héros du Plus petit baiser jamais recensé. 

La force des romans de Mathias Malzieu vient peut être du fait qu'il s'inspire de ses propres sentiments, de sa vie, mais en tous cas, ils savent me toucher à chaque fois.

Si je devais vous conseiller l'un de ses livres, j'hésiterais vraiment entre la Mécanique du Coeur et Le plus petit baiser, qui sont pour moi très représentatifs de son travail. N'hésitez pas à me laisser vos impressions sur ces livres si vous les avez lus!

Pour terminer, j'ai une petite proposition à vous faire. Depuis la création du blog, j'essaie, tant bien que mal, de créer une vraie connection avec vous, de vous faire participer d'une façon ou d'une autre à ce que je fais. Pour cela, je vous propose de me parler de votre auteur préféré, à vous: si vous avez un blog, n'hésitez pas à écrire un article; si vous n'en avez pas, laissez-moi un commentaire, ou tout simplement participer à l'album Un Auteur, par... sur la page facebook du Livroscope. Cela me ferait très plaisir si vous participiez, d'une façon ou d'une autre, à cet échange littéraire!

On se retrouve très vite pour un nouvel article!

AnGee Ersatz*


jeudi 4 avril 2013

Marathon Steampunk and A Cup Of Tea #1: Sans Âme, de Gail Carriger.





Bonjour à tous et à toutes!



Si vous suivez le blog depuis plusieurs mois, vous savez que je suis une grande des Challenges organisés sur Livraddict. Je suis actuellement inscrite à trois d'entre eux: United Kingdom, Destins de Femmes, et Lesen Sie Deutsch?. Mais comme si cela ne suffisait pas, j'ai décidé de participer à un Marathon: le principe est le même que celui d'un Challenge (lire un maximum de livres sur un thème particulier), à la différence que le Marathon est bien plus limité dans le temps. J'ai donc choisi celui crée par Nessa sur Livraddict, et qui porte le nom de Steampunk and a Cup of Tea. Il se déroulera d'Avril à Juin. Si jamais vous souhaitez  rejoindre le club des participants, voici le lien du groupe facebook:


Personnellement, je ne suis pas du tout une connaisseuse du Steampunk, bien au contraire, même si je trouve l'esthétique de ce mouvement magnifique. En revanche, cela faisait un moment que je cherchais une bonne occasion de m'y mettre, et ce Marathon est donc tombé à pic. J'ai donc fait pas mal de recherches sur ce genre, à la fois sur internet et dans les librairies, et j'ai vu tellement de définitions différentes que j'ai essayé d'en formuler une qui soit la plus simple possible: pour moi, un roman Steampunk se passe à l'époque victorienne en Angleterre, et l'histoire doit comprendre des éléments typiques de l'uchronie. J'ai trouvé à plusieurs reprises une citation de Douglas Fetherling, qui définit le Steampunk comme un genre qui présente "jusqu'à quel point le passé aurait pu être différent si le futur était arrivé plus tôt". Bien entendu, si vous avez une autre définition ou un autre avis sur la question, n'hésitez pas à me la laisser en commentaire! (Ma libraire, par exemple, a une vision plus futuriste du Steampunk). 

(photo trouvée sur le net)


Pour ma première lecture, je me suis inspirée des conseils et suggestions d'autres participants du Marathon, et je me suis lancée dans le premier tome de la saga Le Protectorat de l'Ombrelle, de Gail Carriger, intitulé Sans Âme, un livre qui semble plaire à beaucoup de lecteurs, et que j'hésitais à lire depuis longtemps... C'est parti!

Gail Carriger et le Protectorat de l'Ombrelle.

(franchement, elle a l'air hyper sympa!)


Commençons par parler deux minutes de notre auteure, Gail Carriger, et de sa saga.

J'ai trouvé assez peu d'informations concernant Gail Carriger, malgré son grand succès auprès des lecteurs: née en Californie, elle est majoritairement connue pour sa saga le Protectorat de l'Ombrelle, en anglais Parasol Protectorate (chouette, non?), et, depuis 2013, une autre série baptisée Finishing School. 

(la nouvelle série de l'auteure)


Si vous souhaitez découvrir un peu plus cette dame, je vous conseille d'aller faire un tour sur son site internet, que je trouve très joli et complet. 


Quant au Protectorat de l'Ombrelle, il compte cinq tomes, et commence à être publié en format poche. 


Sans Âme, le premier tome.




Résumé de l'histoire:

L'histoire se déroule dans une Angleterre victorienne où les vampires et loups-garous sont acceptés de tous et vivent avec les humains. 

Alexia Tarabotti, jeune fille de bonne famille, désespère son entourage pour plusieurs raisons: déjà, à 25 ans, elle n'est toujours pas mariée! En plus, elle se passionne pour la science (non mais franchement, où va t'on?), et a un comportement souvent "bordeline" lors des soirées. Heureusement pour elle, sa famille ignore cependant son plus grand secret: Alexia est une paranaturelle, une Sans Âme, possédant le pouvoir de faire perdre leurs canines ou leurs poils aux créatures qui la touche. 

Un soir, alors qu'elle participe à une soirée, Alexia tue un vampire qui cherchait à la dévorer. Lord Maccon, un loup-garou et membre du BUR (la police surnaturelle, en gros), avec lequel elle entretient une relation conflictuelle, se charge de l'affaire, et très vite découvre que ce vampire n'était affilié à aucune meute, ce qui est contre les règles. La vie d'Alexia va devenir très compliquée, entre les rendez-vous nocturnes avec des vampires et cet étrange homme de cire qui la poursuit... Heureusement, elle peut compter sur un allié insoupçonné: Lord Maccon.

Les éléments Steampunk.




Avant de vous donner mon avis sur le livre en lui-même, voici quelques uns des éléments "Steampunk" relevés dans l'histoire:

-L'ambiance victorienne: Grande fan du Royaume-Uni, j'aime beaucoup les histoires qui se déroule à l'époque victorienne. Ici Gail Carriger a choisi ce cadre pour son histoire, et on y découvre une "bonne" société très attachée aux moeurs et à la tradition, aux apparences et aux belles-robes. J'ai trouvé l'ambiance globalement réussie, même si j'ai tiqué une ou deux fois sur certaines choses (j'avoue avoir du mal à imaginer une jeune fille de la bonne société employer le mot "truc" par exemple, mais c'est un détail). La reine fait même une apparition dans le livre. D'ailleurs, ça me fait toujours sourire cette façon dont la Reine Victoria apparaît dans les histoires, comme dans Black Butler, par exemple. 

-La science: plusieurs éléments de modernité sont présents dans les aventures d'Alexia. La science en elle-même joue un rôle très important, que ce soit à travers les connaissances d'Alexia, ou par le personnage de MacDougall, un scientifique américain qui a une discussion passionné avec notre héroïne sur les avancées de la science. On trouve également de nombreux objets nés de l'inspiration de Gail Carriger ou inspirés d'autres inventions, notamment sur le professeur Lyall, le Bêta de Lord Maccon, un loup-garou dont la veste est pleine d'objets plus fous les uns que les autres. Je ne dévoilerai pas plus de choses sur l'intrigue pour ne pas vous spoiler, mais l'importance de la science est réellement énorme.

Mon avis.
Lorsque j'ai choisi ce roman, j'étais toute excitée: j'avais vu de nombreux avis très enthousiastes de beaucoup de lecteurs, et j'avais donc hâte de me faire ma propre opinion. 

Personnellement, je n'ai pas beaucoup aimé ce roman. Je suis même pas mal déçue, et ce pour plusieurs raisons:

-Tout d'abord, j'ai trouvé le début extrêmement long. Pourtant, l'histoire débute illico presto, avec Alexia dans une bibliothèque (y a t'il un meilleur cadre pour un début d'histoire?) qui tue un vampire avec une épingle: une idée que je trouve vraiment géniale. Mais ensuite, le livre manque vraiment de rebondissements et d'événements. Heureusement, la fin est beaucoup plus active!

-Il y a pas mal d'éléments brouillons: Alexia est une paranaturelle, elle est au courant depuis qu'elle est toute petite, mais sa mère, elle, ne sait rien. Cela veut dire que des gens sont venus parler à Alexia, et sa mère ne s'est pas posée la question de savoir pourquoi. Ensuite, le BUR: pourquoi ce nom, BUR? ça vient d'où? Pourquoi? A moins d'avoir sauté un passage explicatif sur ce nom étrange, je n'ai pas compris. Enfin bref, beaucoup de choses me semblent un peu vagues dans ce roman. 

-Ensuite, j'ai plus eu l'impression que l'argument Steampunk sert plus ici à nous servir l'histoire d'amour entre Lord Maccon et Alexia. Je ne sais pas si j'ai un radar pour détecter ce genre de choses, mais en tous cas, dès les premières pages, j'ai tout de suite compris qu'il allait se passer quelque chose entre ces deux personnages. Et mon instinct ne m'a pas trompée: une large partie du livre sert à nous raconter leur histoire d'amour, et plus précisément leur histoire de sexe. Parce que oui, vous qui aimez les belles histoires de Jane Austen où les gens se tiennent la main et se tournent autour, dans Sans Âme, les personnages ne tournent pas autour du pot. Honnêtement je ne m'attendais pas du tout à ça: plutôt qu'un roman Steampunk, j'ai plus eu l'impression de lire une histoire de Bit-Lit. Du coup, je pense que ma déception vient en partie de cela: si je m'étais attendue à une romance, j'aurais plus apprécié le livre. 

Cependant, il y a quand même de bons éléments dans ce roman:

-Le style de Gail Carriger est agréable. Sa plume me plait beaucoup, et c'est ce qui m'a aidée à tenir jusqu'à la fin de l'histoire. 

-Les personnages sont vraiment géniaux: Alexia, même si elle a une tendance à m'énerver, est une héroïne intéressante et bien travaillée, tout comme Lord Maccon. Les personnages secondaires sont aussi très sympathiques: la mère d'Alexia est un vrai phénomène de foire, et les échanges entre mère et fille font sourire; le professeur Lyall a un petit côté loyal et savant que j'ai apprécié; enfin, le personnage de cire réussit à nous faire peur. L'auteure nous propose de découvrir des personnages variés, un gros plus. 

Je ne pense pas que je lirais la suite du Protectorat de l'Ombrelle, car je n'ai pas été séduite par l'histoire. En revanche, la nouvelle série de Gail Carriger, Finishing School, me parle plus, et comme j'ai malgré tout aimé son style, je pense me tourner celle-ci. Je tiens à préciser que ce n'est pas parce que je n'ai pas aimé ce livre que vous ne l'aimerez pas non plus: beaucoup de blogueurs l'ont aimé, je vous conseille donc de vous faire votre propre avis!

Le principe du Marathon étant de proposer un maximum de lectures en un temps limité, je vous présenterai très prochainement de nouveaux livres pour celui-ci! En attendant, on se retrouve bientôt pour de nouveaux articles. N'hésitez pas à me faire vos suggestions de titres pour ce Marathon ou pour mes autres Challenges!

Portez vous bien,

AnGee Ersatz*

lundi 1 avril 2013

Partenariat éditions Folio et Livraddict: Voodoo Land de Nick Stone.

(un partenariat avec Folio)



Bonjour à tous et à toutes!

Après un mois de Mars grisâtre, Avril démarre enfin! Espérons que le temps sera plus clément, pour ce mois qui promet d'être intense autant dans ma vie (concours, voyage, partiels) que sur le blog, car j'ai un grand nombre d'articles à vous présenter, entre les lectures communes, les Challenges, les partenariats, et d'autres sujets, sans oublier l'anniversaire du Livroscope (et oui, déjà!). J'espère que ce mois vous plaira! Pour commencer, je vous propose de découvrir un roman que j'ai lu en partenariat avec Livraddict et les éditions Folio, que je remercie d'organiser de tels événements. Pour cet article, je vais procéder de la même façon que pour les Lumières de Haven, le premier partenariat que j'avais fait via Livraddict. Il s'agit de Voodoo Land, de Nick Stone, un roman original, mais à ne pas mettre entre les mains des âmes sensibles... Let's go to Miami!


PS: sur le côté droit du blog, j'ai mis en place un sondage pour choisir le prochain sujet du Mois à Thème... N'hésitez pas à voter!


Pourquoi j'ai choisi ce livre:



Lors de mon premier partenariat avec Livraddict, j'avais porté mon choix sur un livre jeunesse, les Lumières de Haven. Là, j'ai décidé de me tourner vers un style complètement différent avec Voodoo Land, puisque ce roman, policier ambiance thriller glauque, s'adresse davantage à un public plus âgé, aux fans de policiers badass et de meurtres plutôt spéciaux. 

J'ai tout de suite été attirée par la couverture de Voodoo Land, une couverture qui capte l'oeil immédiatement avec son personnage au visage maquillé façon jour des morts mexicain. La couverture est assez importante pour moi, quelque soit le livre: déjà en librairie Voodoo Land attirait mon regard. 

Ensuite, j'avais vraiment envie de lire quelque chose d'un peu différent: ces derniers temps, je n'avais pas trouvé de bons thrillers ou de bons livres policiers à me mettre sous la dent, donc j'ai sauté sur l'occasion!

L'aspect "vaudou" du titre me parlait aussi, car c'est un sujet qui m'intéresse même si je ne suis pas trop au point.


(bon, moi, à part les poupées, le vaudou, je n'y connais rien)



Quelques infos sur Nick Stone:

(Nick Stone)


Personnellement, avant ce partenariat, je ne connaissais pas du tout Nick Stone. J'ai donc fait quelques recherches, comme j'en ai l'habitude lorsque je "rencontre" un nouvel auteur.

Nick Stone est un auteur né en 1966, anglais par son père, et haïtien par sa mère (des racines que l'on retrouve dans ses livres). Après des études à Cambridge, il travaille, avant de se mettre à écrire: il a pour l'instant à son actif trois romans, qui forment une trilogie qui porte le nom de Max Mingus Trilogy, le héros de ces trois romans étant le policier Max Mingus.

Son premier roman, Tonton Clarinette, est sorti en 2006, et a tout de suite rencontré un certain succès auprès des critiques, lui permettant de recevoir plusieurs prix. Il a ensuite publié Voodoo Land en 2007 (sorti en France seulement en 2011...), et en 2011 Cuba Libre qui vient d'arriver chez nous. 

Les romans de Nick Stone sont centrés autour du personnage de Max Mingus (dont je vous parlerai en détails un peu plus loin), et se déroulent entre Haïti, les Etats-Unis, Cuba. 


Et Voodoo Land alors?

(la trilogie sauce VO)


Pour commencer, je vous propose de découvrir le résumé que l'on peut trouver sur la quatrième de couverture:

Au début des années 1980, Miami, l'une des villes les plus violentes et les plus corrompues des Etats-Unis, est le théâtre sanglant du trafic de drogue. Deux flics d'élite, Max Mingus et Joe Liston, sont envoyés au zoo, dans la cage des singes, pour récupérer le cadavre d'un homme. Sa bouche et son nez ont été cousus, il a une carte de tarot dans l'estomac... Mingus et Liston plongent dans la communauté haïtienne, un monde de magie noire, de sacrifices rituels et de sorcellerie vaudous, à la poursuite de l'énigmatique Salomon Boukman. 

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce résumé vous met vraiment dans l'ambiance!

Mon petit résumé de l'histoire:

(à votre avis: Dunkerque ou Miami?-photo trouvée sur le net)


Miami. 1980.
Max Mingus, ancien boxer devenu policier, est l'image même du flic torturé: cigarette au coin des lèvres, avec une grosse tendance à la boisson, il se retrouve avec son coéquipier de longue date, Joe Liston, à enquêter sur de sombres affaires de meurtres dans la communauté haïtienne. Le premier, dans un zoo, ressemble fort à un meurtre vaudou, et conduit à un véritable massacre de toute une famille...

Ils décident de se lancer dans une enquête dans le dos d'Eldon, leur supérieur, qui applique parfois une "politique" assez particulière. Sur leur route, Joe et Max tomberont sur un nombre incroyable de cadavres, de prostituées, sur un fond de trafic de drogue, et surtout sur l'ombre de Salomon Boukman, un homme sans visage...

Dans le même temps, on suit également Carmine Desamours, un mac, ainsi que sa mère, Eva, cartomancienne, aux pratiques on ne peut plus étranges...


Les personnages principaux:
L'un des gros points forts du roman: les personnages! Nick Stone joue en effet beaucoup sur ses héros pour renforcer au maximum son histoire. Petite présentation de quelques uns de ces personnages...

Max Mingus: comme l'indique le nom de la trilogie de Nick Stone, Max Mingus est le personnage principal de l'histoire. Max Mingus est une sorte de flic maudit, hanté par les souvenirs d'anciennes affaires. Son aspect de gros dur est une façade: il est d'une loyauté à toute épreuve, en particulier envers Joe, son ami de longue date, et il ne peut envisager de laisser un crime impuni, quitte à rendre justice lui-même... On le découvre aussi romantique lorsqu'il rencontre Sandra, une belle demoiselle qui lui fait tourner la tête. 

Joe Liston: Joe est le coéquipier de Max, et contrairement à lui, il représente davantage de le flic sérieux, aux très fortes valeurs morales, même si il n'hésite pas à mettre les mains dans la boue pour son ami. J'ai beaucoup aimé ce personnage, que j'ai même préféré à Max. 

Eldon: Eldon est le supérieur de Max et Joe, et dès le début, je n'ai pas pu m'empêcher de le trouver très antipathique, une impression qui s'est confirmée à travers le roman. Eldon est un peu (beaucoup) raciste, pourri, magouilleur. 

Carmine: dépeint comme un beau gosse séducteur ultime, capable d'attirer toutes les femmes dans son filet, Carmine est un mac bien organisé qui répartit ses prostituées en "cartes" selon leur beauté et sex appeal. Mais en parallèle, il est aussi un gosse terrorisé par sa mère. 

Un constat s'impose: la majorité des personnages du roman sont des hommes, même si Eva, la cartomancienne, joue un rôle très important. Véritable tyran avec son fils, elle est un très bon contrepoids face aux fortes personnalités masculines du roman. 


Les grands thèmes du roman:
Le roman aborde plusieurs thèmes très intéressants. En voici quelques-uns:

-le vaudou: le titre du livre le montre d'emblée, le vaudou a une place très importante dans l'histoire. La mère de Nick Stone est haïtienne, et on sent que cette origine a influencé l'auteur. Le vaudou est présent tout d'abord à travers les meurtres "rituels", mais aussi les zombies (écrits "zombis" dans le livre, une orthographe que je ne connaissais pas...), les cartomanciennes... Ce thème est bien exploité et renforce le côté "original" de l'histoire. Personnellement, je ne suis pas une experte du vaudou, mais j'ai beaucoup aimé!


-Miami dans les années 80: là encore, je ne suis pas une spécialiste de Miami (hein, pour moi, Miami, c'est des palmiers. C'est assez réducteur, on est d'accord!). Mais j'ai découvert pas mal de choses sur cette ville via le roman: Miami en tant que ville où tout un tas de cultures cohabitent, parfois dans la douleur; la drogue et la prostitution sont de vrais fléaux, qui sévissent dans les rues. Bien entendu, le portrait brossé est celui d'un roman, donc un peu "extrême": néanmoins, j'ai eu envie de découvrir Miami par moi-même.

Mon avis:
Passons à présent à mon avis sur ce roman. 
Il y a beaucoup de choses que j'ai bien aimé dans Voodoo Land: tout d'abord, j'ai été séduite dès les premières pages par l'ambiance noire et particulière de l'histoire. Fan de séries policières, j'aime les histoires où les meurtres sont un peu décalés, étranges, et Voodoo Land le fait parfaitement. Les personnages sont aussi très réussis: Joe et Max forment un très bon duo, efficace, et bien équilibré; Eva me fout littéralement les jetons et Salomon, dans son rôle de personnage un peu mystique, me plait beaucoup aussi. J'ai beaucoup aimé le style de Nick Stone en général, un style fluide et percutant. Certaines répliques sont d'ailleurs très réussies, rejoignant mon panthéon des citations!

Par contre, certaines choses m'ont un peu dérangées aussi: j'ai trouvé certains passages un peu superflus et trèèès longs (je n'ai pas vraiment compris pourquoi Nick Stone insistait autant sur Carmine...), alourdissants inutilement (toujours selon moi) l'intrigue. J'ai aussi été choquée par une énorme faute dans le texte, qui ne vient pas de Nick Stone mais de la traduction: "il n'a jamais était interrogé" (p.503). Etudiant la traduction, je sais que c'est un exercice difficile, mais une faute pareille pique les yeux...

Globalement, j'ai vraiment apprécié ce livre, j'ai passé un bon moment avec, et je pense lire le reste de la  trilogie très prochainement. Si vous aimez le suspens, les thrillers, les meurtres et les ambiances glauques, Voodoo Land est fait pour vous! En revanche, si vous êtes un peu sensibles, tournez vous vers quelque chose d'autre. 


Pour accompagner votre lecture:

En lisant ce livre, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à un film que j'aime beaucoup, Angel Heart, avec Mickey Rourke et Robert de Niro. Si l'histoire n'est pas la même, j'ai trouvé que les ambiances se ressemblaient, et que Max Mingus est assez proche du personnage interprété par Mickey Rourke.

(Angel Heart, un très chouette film)


J'ai aussi beaucoup écouté le groupe Dead Man's Bones en lisant Voodoo Land, et je trouve que la musique de ce groupe allait très bien avec l'histoire. (Je préviens à l'avance, Ryan Gosling est un des membres du groupe. Donc voilà, si vous avez une tendance à vous enflammer pour Ryan Gosling, attention à vous). 




Et voilà, une chouette découverte grâce à ce partenariat avec Folio, je ne peux que vous conseiller de tenter, si vous avez un blog, votre chance pour pouvoir découvrir vous aussi de nouveaux auteurs! Je vous retrouve très vite pour de nouveaux articles, en attendant porter vous bien!

AnGee Ersatz*



Si vous avez aimé...

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