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dimanche 7 août 2016

Le Livroscope en Vadrouille: La Maison Louis Pasteur à Arbois.




Bonjour à tous et à toutes!

Je suis AnGee du Livroscope, j'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique! On se retrouve ce week-end pour un petit article Vadrouille! Avec les vacances, j'ai le temps de découvrir de nouveaux endroits sympathiques et, comme le savez peut-être, j'aime partager mes bonnes et moins bonnes visites avec vous. Aujourd'hui, j'ai décidé de vous présenter un lieu un peu particulier que je suis allée visiter en famille il y a quelques jours: la Maison Louis Pasteur, à Arbois. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture! :)

Les articles Vadrouille:
Pour commencer cette chronique, il me faut dire quelques mots sur ce que sont les articles Vadrouille. Lorsque j'ai crée le blog en 2012 (et oui, déjà!), j'avais pour objectif de non seulement vous partager mes coups de coeur et déceptions littéraires, mais aussi de vous présenter de temps à autre des petits moments de Vadrouille: musées, châteaux, villes... Bref, je voulais vous emmener avec moi à la découverte de lieux pour peut-être vous donner envie d'y aller. Si vous avez envie d'en savoir plus sur ces articles, je vous laisse suivre le lien ci-dessous! :)


Qui est Louis Pasteur?
Il est à présent temps de nous pencher sur Louis Pasteur puisque c'est de lui dont il va être question aujourd'hui. Le nom de Pasteur est célèbre non seulement en France mais aussi dans le reste du monde. Né en 1822 à Dole, dans le Jura, Louis Pasteur est le troisième enfant de Jean-Joseph Pasteur, un tanneur. Ce métier pousse la petite famille à déménager à Arbois, où la tannerie est davantage développée. Il fait ses études à Besançon et passe à la fois le baccalauréat littéraire et le baccalauréat scientifique, qu'il rate une première fois. Mais ce premier échec ne l'empêche ni d'obtenir le diplôme par la suite, ni de devenir un brillant scientifique.
Pasteur devient chimiste et se met à travailler sur énormément de sujets. Si on le connait principalement pour son travail sur le vaccin contre la rage ou sur le processus nommé pasteurisation, il est également célèbre pour ses nombreux travaux autour du vin, la fermentation, ou encore l'hygiène. Grâce à tout cela, il a été accepté à l'Académie des sciences, à l'Académie vétérinaire, à l'Académie de médecine ou même à l'Académie française. Louis Pasteur reçoit aussi la légion d'honneur.
Il décède en 1895 et laisse derrière lui un impression héritage scientifique.


La Maison Louis Pasteur:
Petite présentation de la visite:
Il existe deux maisons Louis Pasteur dans le Jura. La première est située à Dole, et il s'agit de la Maison Natale du célèbre chimiste. En ce qui me concerne, je suis allée visiter la seconde, située à Arbois.
Cette Maison Louis Pasteur n'est autre que la maison dans laquelle Louis Pasteur a passé son enfance, à partir de sept ans, et dans laquelle il venait se ressourcer chaque année. C'est une véritable maison familiale. La visite guidée démarre dans le salon familial, et on y découvre une première surprise: toute la maison a été conservée comme elle l'était à l'époque de Pasteur. Le mobilier, les cadres, les objets et même les papiers peints: tout date du 19ème! La maison a en effet été confiée par le petit-fils du chimiste à une association qui a prit soin de la préserver ainsi. Ce premier salon permettait à Pasteur de recevoir les nombreux visiteurs du village et des environs qui venaient lui demander mille et un conseils: il était apparemment très populaire, au point que la fanfare du village venait l'accueillir en musique à la descente du train!
Un salon plus intimiste nous attend ensuite. Avec son billard et ses fauteuils confortables, il est réservé aux proches et aux amis de Pasteur. On y trouve notamment des portraits de son épouse.
La salle à manger, à priori banale, est en fait révélatrice de plusieurs aspects de la vie de Pasteur: on y retrouve des témoignages de ses voyages, comme un coucou suisse, un goût pour la modernité avec le monte plat, ou encore pour l'hygiène avec l'un des premiers sols en lino, très pratique à nettoyer.
A l'étage, on est accueilli par des oeuvres réalisées par Louis Pasteur lui-même. Avant de se tourner vers la chimie, il avait en effet pour projet de se lancer dans une carrière artistique. Il y a également son costume d'académicien.
On aperçoit ensuite une succession de petites pièces et chambres d'enfant avant d'arriver dans la chambre du chimiste. Originalité pour l'époque: la présence d'un cabinet de toilettes directement dans la chambre. Pasteur voulait que chaque chambre soit équipée de son cabinet personnel, un autre témoignage de son obsession pour l'hygiène. Il a été d'ailleurs l'un des premiers à préconiser le lavage des mains lors d'opérations chirurgicales, une méthode testée et approuvée en Angleterre, mais difficilement en France.
La dernière pièce est sans nulle doute la plus impressionnante: il s'agit du laboratoire de Louis Pasteur. Car même s'il venait à Arbois "en vacances", il ne pouvait pas ne pas travailler. Dans cette pièce spacieuse, on retrouve non seulement de nombreux outils scientifiques mais aussi des expériences réalisées par Louis Pasteur. Un final passionnant pour cette visite qui l'est tout autant.



Ce que j'en ai pensé:
Les sciences et moi, ça n'a jamais été une grande histoire d'amour. Je n'étais pas très bonne en physique/chimie au collège et au lycée, et même si j'aime les histoires mettant en scène des personnages de scientifiques/médecins (Frankenstein, Dr. Jekyll & Mr. Hyde), je ne connais pas grand chose dans ces domaines. J'étais donc assez curieuse d'aller visiter la Maison Louis Pasteur, non seulement pour en apprendre plus sur ce personnage célèbre dont je savais au final assez peu de choses mais aussi pour tenter de mieux comprendre ses travaux. 

Si vous passez dans le Jura et que vous vous intéressez à l'histoire locale ou à Louis Pasteur, je vous conseille de vous arrêter à Arbois et de visiter cette maison. J'ai été dans l'ensemble très séduite par cette découverte, et ce pour plusieurs raisons.

Parmi les points positifs, il y a tout d'abord l'accueil: le personnel est très aimable et sympathique, nous avons été très bien pris en charge à notre arrivée. Notre guide était très sympathique et professionnel: nous avons apprécié le fait que ses explications soient claires, détaillées, mais sans se perdre dans un jargon scientifique trop incompréhensible. 

La visite guidée quant à elle était passionnante. J'ai appris beaucoup de choses, que ce soit sur la vie de Pasteur ou sur ses travaux. J'ignorais par exemple qu'il avait souhaité devenir artiste, ou qu'il faisait partie de l'Académie Française. La visite dure environ 45mn, ce qui n'est trop long, ni trop court. Il est aussi possible de faire la visite avec une tablette tactile.

La maison en elle-même vaut le détour: c'est vraiment formidable de voir qu'elle a été conservée telle qu'elle était à l'époque de Pasteur. C'est un lieu unique et ça donne la sensation de voyager dans le temps. 

Les tarifs de visite sont assez abordables: 6.50 euros en tarif plein, gratuit jusqu'à 10 ans et 4 euros pour les enfants de 10 à 18 ans. On nous a aussi donné un Pass pour d'autres musées du Jura, ce qui peut valoir le coup si on reste quelques jours dans la région. En ce qui concerne l'âge des enfants, je pense que les plus petits n'apprécieront pas spécialement la visite: à partir de 6-7 ans, je pense que cela conviendra mieux.

Mon seul bémol est le peu de places de parking à proximité. On a tourné en rond un sacré moment avant de trouver un endroit où se garer, c'est un peu dommage, mais rien de grave.

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette chronique vous plait, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire. On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup!

AnGee.

vendredi 2 octobre 2015

Hello Halloween #1: On a marché sur le crâne de Will Black Mind, Sonia Ligorred et Jean Blasco.



Bonjour à tous et à toutes!

Bienvenue sur le Livroscope! J'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique! Aujourd'hui, c'est avec un bonheur tout particulier que je vous retrouve: en effet, en ce mois d'Octobre va avoir lieu l'un des rendez-vous annuels du blog, à savoir le mois Hello Halloween! Pour la quatrième année consécutive, je vous ai concocté un petit planning 100% Halloween, à base de crânes, créatures effrayantes et autres monstres. Pour commencer, j'ai l'honneur de vous présenter un livre très particulier, qui allie photographies et textes poétiques. Ce livre, c'est On a marché sur le crâne de Will Black Mind. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture! :)

Hello Halloween sur le Livroscope:
Pour commencer cette chronique, je tenais à vous expliquer un peu en quoi consiste ce rendez-vous Hello Halloween. Depuis la création du blog, j'ai décidé de de consacrer chaque mois d'Octobre à une petite sélection de livres, films, séries ou événements autour de ce qui fait peur, des créatures de la nuit, des ambiances glauques et sombres. Cette année, je vous ai concocté un petit planning à base de vampires, de Luciférines, et de zombies. J'espère que ça vous plaira! Si vous voulez voir mes précédentes chroniques autour d'Halloween, je vous laisse suivre le lien ci-dessous!


Will Black Mind, vous le connaissez déjà:
Si vous connaissez déjà un peu le blog, le nom de notre auteur du jour, Will Black Mind, ne vous est peut-être pas inconnu. En effet, nous avons déjà eu l'occasion de le croiser lorsque je vous avais présenté la première publication des Luciférines, à savoir l'essai A la rencontre des gothiques. Ce livre, coécrit avec Chris Vilhelm, présentait de façon très accessible l'univers des gothiques, avec de très nombreuses références notamment pour ce qui du monde musical. 
Pour cet ouvrage, il s'est entouré de Sonia Ligorred et de Jean Blasco, dont les photos accompagnent ses textes. 
Si vous avez envie d'en savoir plus sur Will Black Mind, je vous conseille de faire un petit tour sur ma chronique d'A la rencontre des gothiques, en lien ci-dessous.


On a marché sur le crâne:
Quatrième de couverture:
"On a marché sur le crâne" est le résultat croisé d'un reportage photo réalisé au Musée Testut Latarjet d'anatomie et d'histoire naturelle médicale de Lyon par Jean Blasco et Sonia Ligorred associé aux textes de Will Black Mind, poète et auteur originaire d'Epinal, venu illustrer les images, joli paradoxe pour un spinalien, avec ses textes sombres et profonds, à la fois frappés du sceau de l'imaginaire, de l'observation clinique et concrète des situations, de l'exaltation des sentiments humains, de la mort et du monde d'aujourd'hui.
Le noir et blanc interpelle par sa sobriété, creuse les ombres et invite au recueillement, à l'observation silencieuse, et à une certaine forme de gravité. Loin de toute fascination morbide, c'est avec l'esprit naturaliste du XIXème siècle, que l'ouvrage a été conçu, autour de cette boîte de Pandore, ouverte à tous les vents, qui fascinera tant les poètes, artistes et autres philosophes au cours des âges. De Shakespeare à Holbein, en passant par Andy Warhol, des Jivaros à la phrénologie, notre architecture primitive a toujours été source de fascination, d'études, de superstitions diverses, et de créations artistiques.
L'hommage qui lui est rendu ici, se veut un regard contemporain et une porte ouverte sur l'introspection et la réflexion métaphysique, mais aussi sur l'esthétisme de l'objet en tant que tel, ainsi qu'à la symbolique qui lui est associé. 


Le crâne, un objet scientifique, criminel et artistique:
Comme vous l'aurez compris au titre, On a marché sur le crâne est un recueil de textes et de photographies tournant autour d'un objet très particulier: le crâne. Le crâne a une place assez particulière dans notre environnement: c'est à la fois quelque chose qui fait peur, qui a un aspect effrayant voire démoniaque (par exemple, dans Ghost Rider, le héros fait un pacte avec un démon et se retrouve avec un crâne à la place de la tête), mais c'est aussi un élément qu'on retrouve dans le monde de l'art et de la science.
Commençons par l'art. Il me serait compliqué de vous recenser toutes les utilisations du crâne en peinture, sculpture, cinéma, littérature et autres formes d'art, car la liste serait infinie, cependant voici quelques références importantes. En littérature, le crâne le plus célèbre est sans doute celui que tient Hamlet dans son célèbre monologue "To be or not to be", immortalisé par de nombreux acteurs, comme Laurence Olivier. En peinture, le crâne a une symbolique particulière dans les tableaux qu'on appelle les vanités, rappelant la vacuité de l'existence. Au cinéma, les squelettes sont souvent associés avec l'idée de la mort, ou de l'immortalité, avec des squelettes qui reviennent à la vie oui qui hantent les films d'horreur.
En science, le crâne a aussi son rôle à jouer. Aujourd'hui, comme on le voit dans des séries du type Bones, le squelette humain et notamment le crâne sont particulièrement pour ce qui est de découvrir la ou les causes d'un décès, mais aussi pour apprendre des tas de choses sur la personne à qui ce crâne appartient: son origine, sa qualité de vie, la période à laquelle il vivait... Ces éléments ont par exemple servi à identifier le squelette de Richard III récemment. Mais le crâne était aussi l'outil majeur d'une théorie scientifique du 19ème siècle, la phrénologie (j'étais contente de voir que le livre en parlait, car j'ai travaillé dessus pour mon mémoire), qui consistait à découper le crâne en différentes parties, chacune correspondant à une aptitude ou à un trait de caractère. Le livre contient plusieurs photographies de crânes phrénologiques.
Ces crânes phrénologiques ont notamment eu une résonance particulière au 19ème siècle (et là encore j'ai travaillé là-dessus pour mon mémoire) sur les théories concernant le "criminal man" ou criminel type, des théories qui cherchaient à démontrer l'existence d'un profil reconnaissable de criminel.
Dans On a marché sur le crâne, les mondes de l'art, de la science mais aussi du crime se rejoignent un un seul recueil. 

Une alliance de photographie et de poésie:
On a marché sur le crâne est donc un recueil mêlant photographies et textes poétiques. Les photographies, en noir et blanc, ont été réalisées au musée Testut-Latarjet, situé dans le huitième arrondissement de Lyon. Ce musée est spécialisé en anatomie et contient une collection de crânes et squelettes. Cette collection a servi à de sujet pour les photographies, où les détails apparaissent dans des teintes de blanc, gris, noir. On retrouve des photos de crânes phrénologiques, ou accompagnés de détails expliquant les causes de la mort ou l'identité de son propriétaire. 
A côté de ces photographies réalisées par Sonia Ligorred et Jean Blasco, Will Black Mind nous propose des textes poétiques inspirés par l'univers du crâne, avec des références à certains crânes exposés. On peut noter la richesse des thèmes et des variations poétiques: certains textes sont plus tragiques, d'autres tendent vers l'humour. Il s'inspire notamment de l'histoire et de la science (j'ai mentionné les crânes phrénologiques à plusieurs reprises, mais on peut aussi mentionner la peste noire), ou de la société, par exemple dans un texte sur la violence conjugale. Les textes montrent la richesse de ce que peut inspirer le crâne comme sujets!

Ce que j'ai pensé du livre:
Lorsque j'avais présenté A la rencontre des gothiques, j'avais eu la chance de téléphoner à Chris Vilhelm pour lui poser quelques questions sur le livre, un entretien passionnant. Aussi lorsque Will Black Mind m'a fait la proposition de découvrir un peu plus son univers, j'ai été très intriguée. Le crâne est un objet que je trouve assez fascinant: je me souviens avoir par exemple étudié les crânes de Salvador Dali ou les vanités en cours, et j'ai aussi été marquée par le monologue du crâne dans Hamlet, ma pièce de Shakespeare préférée. 

On a marché sur le crâne est un recueil que j'ai trouvé très original et qui dépoussière la représentation du crâne. Le premier élément que j'ai aimé est l'alliance entre les textes et les photographies. Je ne suis pas du tout une experte en photographie (je m'y connais un poil plus en peinture, et encore) mais j'ai beaucoup aimé l'utilisation du noir et blanc qui donne des photos nuancées, faites d'ombres et de lumières. Ce noir et blanc me rappelle un peu les contrastes qu'on retrouve sur certaines vanités. Je les ai trouvées très belles, même si je dois tout de même soulever le fait que certaines peuvent surprendre voire "choquer" en raison du sujet assez particulier. 

Les textes de Will Black Mind m'ont permis de le découvrir dans un registre différent de celui d'A la rencontre des gothiques, qui était un essai. J'ai beaucoup aimé le fait qu'il arrive à parler d'une grande variété de thèmes différents et à jongler avec différents styles d'écriture. C'est encore une fois une démarche originale et qui me plait beaucoup. On sent qu'il a été inspiré par l'histoire culturelle du crâne pour ses textes. J'ai particulièrement apprécié Mortelle Equité, un texte sur la guillotine, Des ruines de mon corps, mais surtout L'homme à la tête de corbeau, qui fait référence au curieux masque porté par les médecins pendant la période de la peste noire. 

Le gros point fort du recueil est de partir du crâne et d'arriver à montrer une large étendue de ce que cet élément peut représenter. Nous avons non seulement la collision de deux arts, la photographie et l'écriture, mais aussi des rappels à d'autres domaines où le crâne est important: la science, qu'elle soit médicale ou sociale, la société et notre rapport à la mort, l'Histoire avec un grand H... Le crâne est un objet qui fascine, et cette fascination ne s'arrête à aucune frontière, à aucun domaine, et est universelle.



Cette universalité du thème du crâne est d'ailleurs bien représentée dans le cadavre exquis qui clôture le livre: le texte est coécrit par Will Black Mind et Sonia Ligorred, l'auteur et la photographe, en deux langues, et montre bien toute la créativité que le crâne peut inspirer.

En bref, si le crâne vous fascine, si vous aimez l'alliance entre photographie et écriture et que vous cherchez un livre qui combine ces deux points, On a marché sur le crâne est fait pour vous!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette première chronique du mois Halloween vous a plu! N'hésitez pas à me laisser un petit commentaire, j'y réponds toujours avec plaisir. On se retrouve très vite pour une prochaine chronique, en attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup! :)

AnGee.

mercredi 9 septembre 2015

Challenge Chasse aux Vampires #18: Malédiction du sang, Celia Rees.



Bonjour à tous et à toutes!

Je vous souhaite la bienvenue sur le Livroscope! J'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique! On se retrouve aujourd'hui pour l'une de mes dernières chroniques pour le Challenge Chasse aux Vampires organisé par leelys (et oui, on approche de la barre des vingt-et-une lectures!). Le mois dernier, je vous avais présenté le cinquième tome de la saga La Communauté du Sud, et aujourd'hui j'ai choisi de vous parler d'un livre sur lequel je suis tombée un peu par hasard à la bibliothèque où je vais, dans la section jeunesse/ado. Ce livre, c'est Malédiction du sang, de Celia Rees, publié en France en 2011. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture!

Le Challenge Chasse aux Vampires:
Pour commencer, un petit mot sur le Challenge Chasse aux Vampires, pour celles et ceux qui découvriraient mon blog et ne le connaitraient pas. Il s'agit d'un Challenge de lecture mangé par leelys via Livraddict. Le but de ce Challenge, qui est illimité dans le temps, est tout simplement de présenter des livres (romans, mangas, essais, BD...) avec des vampires. Plusieurs paliers sont proposés en fonction du nombre de livres qu'on souhaite lire. En ce qui me concerne, je tente le plus haut palier, maître vampire, avec plus de vingt lectures! Si vous souhaitez avoir plus d'informations sur le Challenge ou (re)lire mes précédentes chroniques, je vous conseille de suivre les liens ci-dessous!



Celia Rees, qui est-ce?
Malédiction du sang, notre roman du jour, est un roman écrit par Celia Rees. Née en Juin 1949 en Angleterre, elle fait des études pour devenir professeur. Pendant plusieurs années, elle sera enseignante, mais très vite l'idée d'écrire lui vient. Son public de prédilection: les adolescentes. Pour pouvoir se concentrer pleinement à sa passion, elle décide d'arrêter d'enseigner à la fin des années 80, et publie ses premiers romans dans les années qui suivent. Depuis plus de vingt ans, elle a écrit une liste impressionnante de romans, dont les plus célèbres sont les romans de sa saga Journal d'une sorcière. Si vous souhaitez en savoir plus sur son travail, n'hésitez pas à visiter son site!


Malédiction du sang:
Résumé:
Ellen Forest est une adolescente au quotidien assez difficile. En effet, depuis plusieurs mois, elle est atteinte d'une étrange maladie qui l'affaiblit énormément, et dont la cause reste mystérieuse pour les médecins. Un jour, alors qu'elle passe quelques jours chez sa grand-mère, elle tombe sur un journal datant de 1878 et appartenant à l'une de ses ancêtres, qui porte elle aussi le prénom d'Ellen. Les coïncidences ne s'arrêtent pas là: en effet, son ancêtre souffrait de la même maladie qu'elle... Quelle est la véritable cause de cette maladie? Que va t'elle découvrir dans le journal de son ancêtre? Qui est le mystérieux comte qui a côtoyé cette dernière?

Une histoire familiale:
Dans Malédiction du sang, Celia Rees nous livre deux histoires en une, deux histoires de deux personnes appartenant à la même famille. Nous avons tout d'abord celle que je vais appeler "Ellen du présent": Ellen est une adolescente qui souffre depuis des années d'un mal mystérieux. Cette maladie que divers médecins tentent (avec plus ou moins de succès) de guérir l'affaiblit énormément, au point qu'elle ne puisse pas suivre un cursus scolaire normal et qu'elle doive rester au lit presque toute la journée. Elle a également perdu l'appétit, ce qui contribue à l'affaiblir encore plus. Ellen ne peut plus aller à l'école, et a donc perdu contact avec ses camarades de classe. C'est une adolescente isolée et menacée par cette étrange maladie.
En même temps qu'"Ellen du présent", nous découvrons un autre personnage, "Ellen du passé", grâce au journal de cette dernière. C'est dans le grenier qu'"Ellen du présent" a retrouvé les carnets de son ancêtre du 19ème siècle, et pour s'occuper, elle a décidé de les lire. Mais elle est loin de se douter que cette lecture va lui apprendre autant! Cette seconde Ellen est la fille d'un médecin expert en maladie du sang. Alors que des amis de son père viennent leur rendre visite, elle se retrouve elle aussi entourée de personnes souffrant d'une maladie similaire à celle d'"Ellen du présent", et va elle aussi devenir malade...


Vampire et maladie:
Un autre point intéressant du roman, c'est que Celia Rees a choisi de lier vampire et maladie. Le monde médical est au coeur du roman: tout d'abord parce que notre héroïne principale, Ellen, est gravement malade. Ensuite, parce que son ancêtre évolue dans un monde médical: son père est médecin, et ils vivent dans un hôpital. 
Là où l'utilisation de la médecine devient encore plus intéressante, c'est dans le fait que le vampirisme est associé à celle-ci. Les vampires que le lecteur découvre dans le roman sont d'abord présentés comme des malades, qui ont souvent des maladies rares et difficiles à soigner: la pâleur de leur peau, leurs attitudes et étrangetés apparaissent donc comme des symptômes de leur maladie. Et leurs victimes se retrouvent elles-aussi malades, affaiblies et anémiées.
En littérature, il n'est pas rare de retrouver cette association entre vampires et monde médical. Déjà dans les classiques comme Dracula et Carmilla, les victimes se retrouvent inexplicablement malades, épuisées, ou pire, comme c'est le cas pour le personnage de Lucy dans Dracula; des personnages de scientifiques ou médecins sont même souvent appelés à la rescousse. 
Plus récemment, cette relation reste présente, mais un peu changée. Par exemple, la saga Twilight nous fait découvrir le personnage de Carlisle Cullen, le patriarche de la famille, qui est devenu médecin malgré sa nature de vampire. Dans True Blood, les humains qui partagent la vie de vampires prennent souvent des comprimés de fer pour rester en forme malgré leur perte de sang. En bref, médecine et vampire sont souvent associés!

Ce que j'ai pensé du livre:
Depuis le phénomène Twilight il y a quelques années, les vampires ont envahi les rayons jeunesse et adolescents des librairies. Certains livres comme celui-ci, pourtant écrits il y a des années (la version originale de Malédiction du sang est sortie dans les années 90), sont même enfin traduits pour surfer sur la vague. En tombant sur ce roman, j'étais un peu curieuse de voir ce qu'il pouvait donner, et je me suis donc plongée dedans assez rapidement. Que dire de Malédiction du sang? Et bien sans être une déception, ce livre a tout de même été pour moi une lecture assez mitigée.

Commençons par l'intrigue. Ou plutôt par les intrigues: en effet, le roman est divisé en deux parties, l'une sur Ellen-du-présent et la seconde sur son ancêtre. Très clairement, j'ai nettement préféré l'histoire de cette dernière. L'histoire de cette ancêtre avait un côté plus sombre, plus menaçant, assez bien réussi: on sent qu'elle est en danger et on a envie de savoir ce qui va lui arriver! J'ai aussi apprécié le fait que l'auteure avait choisi de mettre en forme son histoire comme un journal, car c'est une type de narration que j'apprécie et qui ici met bien l'action en valeur. En revanche, j'ai trouvé l'histoire de l'Ellen-du-présent assez fade en comparaison: j'ai l'impression que l'auteure a davantage travaillé une partie plutôt que l'autre, et je n'ai pas senti autant d'enjeux que dans l'histoire de son ancêtre. 

En ce qui concerne les personnages, je suis un peu plus nuancée cependant. Les deux Ellen me plaisent plutôt bien, elles sont plutôt attachantes et j'aime la relation qu'elles entretiennent avec leur entourage. Cependant, les personnages manquent un peu de profondeur et d'originalité. On devine assez rapidement qui va faire quoi, qui joue quel rôle, et du coup la lecture est un peu prévisible et ne surprend pas vraiment. 

L'auteure propose quelques thèmes sympathiques, et on sent qu'elle a été inspirée par les classiques du genre: le vampire est un personnage étranger qui vient d'Europe de l'Est; le vampire et la médecine; le thème du double ou doppelganger qu'on retrouve souvent dans les histoires de vampire... Au passage, le style de l'auteure est assez simple et clair, il va bien avec le public visé.

En bref, Malédiction du sang est un roman assez sympathique sans être vraiment foufou. Il se lit assez rapidement et sans prise de tête, mais manque un peu d'originalité et de profondeur, malgré quelques bonnes idées.

Et voilà c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette chronique vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir! On se retrouve très vite pour une nouvelle chronique, en attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup!

AnGee.

samedi 7 février 2015

Travelling to Infinity: My Life With Stephen, de Jane Hawking.



Bonjour à tous et à toutes!

Bienvenue sur le Livroscope en ce début de week-end! J'espère que vous allez tous bien et que vous avez tous prévu des trucs super pour les jours à venir! En ce Samedi, je suis heureuse de vous retrouver pour une nouvelle chronique littéraire, pour parler d'un livre un peu particulier, d'un genre que je n'ai pas l'habitude de lire ou de chroniquer: l'autobiographie! En effet, il y a quelques jours, après avoir vu et adoré le film The Theory of Everything, je me suis procurée le livre Travelling to Infinity: My Life With Stephen, de Jane Hawking, livre dans lequel elle raconte son parcours et son mariage au célèbre scientifique Stephen Hawking. Etant donné que je vous avais parlé du film, je me suis dit qu'il était logique que je vous parle également du livre qui l'a inspiré! Je vous souhaite une bonne lecture de cet article en espérant qu'il vous plaise :)

The Theory of Everything:
Juste avant de vous présenter Jane Hawking et le livre, je tiens à vous rappeler qu'il est possible de retrouver mon article sur le film The Theory of Everything en suivant le lien ci-dessous! Si vous avez envie d'en savoir plus sur ce film et de découvrir ce que j'en ai pensé, n'hésitez pas à aller le lire :)



Jane Hawking, qui est-ce?
Commençons par une petite présentation de notre auteure du jour: Jane Hawking! Née en 1944, Jane Wilde (de son nom de jeune fille), est une anglaise qui grandit à St Albans, près de Londres. Passionnée de français et d'espagnol, qu'elle étudie, elle rencontre en 1963 Stephen Hawking, qui lui étudie alors la physique. Malgré la lourde maladie qui handicape de plus en plus le jeune homme, ils se marient en 1965. De leur union naissent trois enfants: Robert, en 1967, Lucy en 1970, et Tim en 1979. Ensemble, le couple fait face aux difficultés croissantes que le handicap de Stephen Hawking apporte au quotidien. Elle parvient tant bien que mal à poursuivre ses études et à obtenir son doctorat. En 1995, le couple divorce, mais reste en bon terme. Jane se marie alors à un ami de longue date, Jonathan Jones. En 1999, elle publie une première version de son autobiographie, intitulée Music to Move the Stars, dans laquelle elle raconte son mariage au scientifique. Elle raconte avoir voulu écrire ce livre pour éviter que plus tard, lorsqu'ils seront morts, n'importe qui raconte n'importe quoi. En 2008, une seconde version révisée rebaptisée Travelling to Infinity. Elle vit aujourd'hui aux côtés de son second mari, et côtoie toujours Stephen Hawking. 

Travelling to Infinity:
Résumé:



On sait tous, plus ou moins, qui est Stephen Hawking, ce célèbre scientifique. Avec son fauteuil roulant, sa voix informatisée, sa maladie et son sens de l'humour, il est fréquemment invité dans des émissions de télévision ou en guest star dans des séries comme The Big Bang Theory. Mais celle qu'on connait moins, c'est sa première épouse, Jane Hawking, restée à ses côtés de leur rencontre en 1963 jusqu'après leur divorce en 1995. Dans ce livre, elle y raconte son parcours scolaire, leur relation, sa vie de mère, les difficultés du quotidien, l'évolution de son mariage... Travelling to Infinity est la dernière version en date. 


Une histoire d'amour...
La différence entre Travelling to Infinity et une autobiographie plus classique, c'est que Jane Hawking a choisi de se focaliser principalement sur sa vie à partir de sa rencontre avec Stephen Hawking. Certes, elle mentionne son enfance et sa vie avant de le rencontrer (ses voyages en Espagne, notamment), mais elle en vient très vite à sa relation avec le scientifique. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est une relation très particulière! Car dès le début, Jane apprend que Stephen est gravement malade, et elle doit faire le choix d'être avec lui et de "subir" les difficultés de la maladie, voire son décès (les médecins ne lui donnent que quelques années à vivre), ou de le quitter malgré l'amour qu'elle ressent pour lui. Très vite, elle fait le choix de rester à ses côtés, et elle nous raconte alors leur mariage, les déménagements, leur installation de couple, leurs enfants, sa relation à sa belle-famille, mais aussi sa rencontre avec Jonathan, qui deviendra par la suite son second époux, ainsi que les difficultés qu'elle vécut en tant que femme. 


... D'obstacles...
L'autre point important du livre: les obstacles que Jane Hawking rencontra dans sa vie. Les obstacles sont multiples, et on les retrouve à tous les niveaux. Il y a d'abord, évidemment, les obstacles nés de la maladie de son mari: elle mentionne à plusieurs reprises sa frustration face aux difficultés des personnes handicapées ne serait-ce que pour circuler (elle nous raconte plusieurs épisodes où elle se retrouve démunie face à des trottoirs, avec le fauteuil roulant et la poussette de son bébé), ou face à des mesures incompréhensibles (les demandes de Stephen Hawking pour obtenir de l'équivalent de la sécurité sociale un fauteuil roulant plus pratique sont par exemple rejetées). Des obstacles qui la poussèrent à militer pour les personnes handicapées et pour leur famille, un engagement qu'elle prit très tôt au début de leur relation. On ressent vraiment sa frustration, ainsi que son agacement face à certains individus qui se montrent presque insultants face à la détresse de la situation, et certains en prennent pour leur grade dans le livre!
Un autre obstacle: celui de ses études et de l'emploi. Jane Hawking tentera tout au long de son mariage de trouver du temps pour ses occupations personnelles, pour son épanouissement, et pour essayer de terminer sa thèse puis de trouver un emploi. Néanmoins, son rôle de mère de famille et l'emploi du temps de son mari, ses besoins croissants pour être aidé, rendent difficile de telles ambitions. 
Elle mentionne également le jugement des autres, qui lui rend la vie encore un peu plus compliquée: elle a du mal à trouver de l'aide à certains moments, même parmi les proches (elle parle par exemple de l'attitude de la famille Hawking, qui semble la dédaigner ou ne pas comprendre les difficultés que rencontrent Stephen et Jane au quotidien). 

... et intellectuelle:
Pour finir, on peut également mentionner la dimension intellectuelle de l'histoire que nous raconte Jane Hawking. Alors attention, cela ne veut pas dire que le livre est compliqué à lire ou à comprendre, non. Cela veut dire que les personnes que nous découvrons au fil des pages sont issues et font partie d'un milieu intellectuel, et du coup on en apprend beaucoup.
D'un côté, nous avons Stephen Hawking, le scientifique, qui travaille avec ses pairs sur la cosmologie et la physique. Nous avons le récit de certaines conférences, théories et rencontres; Jane Hawking nous parle aussi de grandes figures de ces disciplines, pas toujours connues du grand public, et explique de façon simple et accessible certaines grandes idées de son ex-mari. C'est une présentation assez intéressante, surtout si vous découvrez ce monde!
Jane Hawking parle également beaucoup de ses propres études et de son propre travail, autour de la littérature médiévale espagnole notamment. N'étant pas du tout familière avec cet univers ni avec cette langue, j'ai pu découvrir quelques éléments. Elle nous décrit notamment les recherches réalisées pour sa thèse, ses théories et son avancée!

Ce que j'ai pensé du livre:
Je l'ai dit et redis: The Theory of Everything a été pour moi un film coup de coeur, une très belle surprise en ce début d'année. Aussi, en trouvant Travelling to Infinity en magasin, mon hésitation avant de l'acheter a été très brève, et je n'ai pas attendu longtemps avant de me plonger dedans, curieuse de découvrir plus en détails cette histoire, mais aussi de voir si le film avait pris des libertés par rapport à ce que raconte Jane Hawking. Je n'ai pas l'habitude de lire des autobiographies (j'en ai lu très peu dans ma vie, pour être honnête), c'était donc l'occasion d'en lire une! Résultat, qu'ai-je pensé de ce livre? Et bien Travelling to Infinity a été un gros, gros coup de coeur, une lecture passionnante que je ne regrette pas du tout.

Premièrement, j'ai beaucoup aimé l'histoire. Même si j'avais déjà vu le film et que je savais à quoi m'attendre dans les grandes lignes, ce livre m'a permis d'apprendre énormément de choses, non seulement sur Stephen Hawking, mais aussi sur sa femme. Le livre couvre plusieurs années, regorge d'événements, et n'est pas ennuyant une seconde. J'ai trouvé que c'était une lecture intéressante, enrichissante, et passionnante, avec laquelle on apprend beaucoup. Il y a également de nombreux éléments qui ne sont pas dans le film (c'est normal: en 2h, il est difficile de raconter trente ans de vie commune), donc même en l'ayant vu, j'ai tout de même découvert beaucoup de choses sur ces deux individus. 

Jane Hawking et la superbe Felicity Jones.
La lecture était aussi agréable en raison du style de Jane Hawking. Je n'ai pas lu la version originale, à savoir Music to Move The Stars (qui semble impossible à trouver désormais), donc je ne sais pas si son style a évolué entre la première parution et cette seconde version. Néanmoins, j'ai trouvé son style fluide, extrêmement agréable à lire. Elle raconte chaque événement avec précision, beaucoup de détails, et elle retranscrit avec justesse ses émotions pour nous livrer un portrait ni blanc ni noir de sa vie avec Stephen Hawking. 

Autre point intéressant: les thématiques abordées. On retrouve quelques éléments du film, à savoir les études, la relation amoureuses, ou encore le handicap, mais Jane Hawking développe d'autres choses. L'une d'entre elles, c'est son quotidien de maman, et sa relation à ses enfants: elle raconte notamment comment il lui a fallu s'organiser chaque jour pour que tout soit fait dans les temps, ses angoisses (en particulier pour voyager avec toute la petite famille), sa crainte que les enfants ressentent un manque, la question de la loyauté et des choix (partir accompagner son mari en conférence ou rester s'occuper de ses enfants, sachant que chacun d'eux a besoin d'elle). Ses études personnelles, comme je l'ai mentionné plus haut, sont également développées. 

Du coup, après ma lecture du livre, je me rends compte que le film a globalement bien retranscrit certains éléments du livre, notamment l'atmosphère et les difficultés du quotidien. Néanmoins, le livre apporte un plus indéniable si on s'intéresse à Stephen et Jane Hawking, car beaucoup de choses n'ont pas pu être intégrées au film. Si vous avez aimé The Theory of Everything, je ne peux que vous recommander le livre!

Au final, Travelling to Infinity a été pour moi une belle découverte, un coup de coeur qui a su me transporter. A noter également que le livre contient quelques pages de photographies montrant la famille dans son quotidien, un petit plus appréciable!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette chronique vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire! Mon prochain article arrivera d'ici quelques jours, j'y parlerai d'un livre reçu grâce à la Masse Critique de Babelio: Red Fury de George Pelecanos! En attendant prenez soin de vous :)

AnGee Ersatz*



mardi 27 janvier 2015

The Theory of Everything, de James Marsh (film).




Bonjour à tous et à toutes!

Bienvenue sur le Livroscope! J'espère que vous allez bien et que vous passez une bonne semaine! En ce Mardi (où je passe mon tout dernier partiel, croisez les doigts pour moi), je vous propose de faire une petite pause cinéma! En effet, hier, je me suis rendue au cinéma pour voir mon premier film de 2015, et ce film c'est The Theory of Everything, réalisé par James Marsh. Il s'agit d'un film qui fait beaucoup parler de lui, en raison de ses multiples nominations aux Golden Globes, aux Oscars et dans beaucoup d'autres cérémonies. Il raconte l'histoire du célèbre scientifique Stephen Hawking, auteur de plusieurs livres autour de la cosmologie. Je vous souhaite une bonne lecture de cette chronique, en espérant qu'elle vous plaise! :)

Un petit point: qui sont Stephen Hawking et Jane Wilde?
The Theory of Everything, comme beaucoup de films depuis quelques années, est un biopic, autrement dit un film biographique. Il se concentre sur Stephen Hawking et sur sa première épouse, Jane Wilde, avec laquelle il fut marié de 1965 à 1995. 
Commençons par Stephen Hawking. Né en 1942 de deux parents intellectuels, il commença par faire ses études à Oxford dans le domaine de l'astronomie avant de partir à Cambridge où, après avoir obtenu son doctorat, il devint chercheur. Il s'est spécialisé dans les questions relatives aux trous noirs, au Big Bang, et à la création de l'univers. En 1963, néanmoins, alors qu'il était encore étudiant, on lui diagnostique une sclérose latérale amyotrophique, dont les effets détériorent rapidement son état physique. Aujourd'hui, il est presque complètement paralysé et ne peut plus parler. Il peut néanmoins s'exprimer via un ordinateur. Il se maria en 1964 avec Jane, avec laquelle il eut trois enfants, puis en 1995 avec Elaine Mason, dont il divorce dix ans plus tard (leur séparation serait due, apparemment, à de la maltraitance qu'elle exerçait envers lui). Aujourd'hui, Stephen Hawking est toujours actif dans la communauté scientifique, continuant ses recherches. Il a publié plusieurs livres, dont le plus connu est A Brief History of Time, et est devenu assez culte, apparaissant fréquemment dans des séries télévisées comme The Big Bang Theory ou Les Simpson. 
Jane Wilde, quant à elle, est née en 1944. Elle rencontre Stephen Hawking à la fac, où elle étudie la littérature de langues étrangères. Malgré la lourde maladie de son fiancé, elle décide de l'épouser et endosse pendant des années les responsabilités de la situation, gérant sa famille. Après son divorce en 1995, elle épouse un ami de la famille, Jonathan Jones, qui l'a aidée à s'occuper de Stephen. Professeur, elle est néanmoins restée proche de son ancien époux, et a écrit un livre racontant son histoire avec le scientifique dans le livre Travelling to Infinity: My Life With Stephen.

The Theory of Everything:
Quelques informations sur le film:
Penchons nous à présent sur le film en lui-même. Après la parution du livre de Jane Wilde en 1999, il fut plusieurs fois question de l'adapter au cinéma. Néanmoins, ce n'est qu'il y a deux ans que le projet a pu se concrétiser. Il se base sur un scénario de Anthony McCarten, qui s'intéressait apparement à Stephen Hawking depuis des années, et il a été réalisé par James Marsh, notamment connu pour Wisconsin Death Trip. Le tournage démarra en Octobre 2013, au Royaume-Uni et plus particulièrement à Cambridge, où se déroule la majeure partie de l'histoire. Sorti en Novembre 2014 puis le 1er Janvier au Royaume Uni, et enfin en France il y a quelques jours, le film a déjà rentabilisé son budget de 15 millions de dollars, et fait carton plein pour les cérémonies de ce début d'année. Eddie Redmayne a remporté il y a quelques semaines le Golden Globes du meilleur acteur, et le film est annoncé comme l'un des favoris des Oscars.

Le casting comprend beaucoup d'acteurs prometteurs et/ou connus. Dans les deux rôles titres, on retrouve Eddie Redmayne (Les Piliers de la Terre, My Week with Marilyn, Les Misérables), et Felicity Jones (Northanger Abbey, Chéri). Charlie Cox (Stardust) joue Jonathan Jones, et David Thewlis (Remus MOTHERFUCKING Lupin dans Harry Potter. Mon personnage préféré) interprète le professeur et ami de Stephen Hawking, Dennis Sciama, et Harry Lloyd joue Brian, son camarade à Cambridge. 
Pour finir, voici la bande-annonce du film.



Résumé:
1963. Stephen Hawking, étudiant à Cambridge en physique, brille par son intelligence mais pas par sa motivation. Cette année là, cependant, sa vie va changer, du tout au tout, à cause de deux événements. Le premier, c'est sa rencontre avec une étudiante en lettres, Jane Wilde, dont il tombe amoureux. Et le second... est la découverte de sa maladie, la sclérose latérale amyothrophique, qui paralyse ses fonctions motrices. On lui donne deux ans à vivre. Jane décide alors de rester à ses côtés pour affronter la maladie, son évolution, les difficultés qui lui sont liées, au delà des années...

Quelques-unes des thématiques abordées dans le film:
The Theory of Everything est un film racontant l'histoire de Stephen Hawking et de sa femme. Au-delà d'un récit de sa vie, le film aborde plusieurs thèmes importants. 
L'un d'eux est évidemment la science. Lorsque l'histoire commence, nous découvrons Stephen Hawking en jeune étudiant de Cambridge, travailler sur sa thèse, et devenir professeur. Son travail est présenté comme capital dans l'étude des trous noirs et de la création de l'univers, même si ses thèses ne font pas toujours l'unanimité. Je ne suis pas du tout une experte en sciences, donc je ne vais pas trop m'étendre là-dessus, je suis pas sûre de pouvoir l'expliquer correctement. 


Autre thème capital: la maladie. Stephen Hawking est atteint d'une forme puissante de sclérose latérale amyotrophique. Cette maladie a été très médiatisée il y a quelques mois avec la campagne du Ice Bucket Challenge, à laquelle de nombreuses célébrités ont participé. Dans le cas de Stephen Hawking, cette maladie s'est déclarée à l'âge de 21 ans, lui coûta la maitrise de son corps, réduisant progressivement ses capacités de mouvements, de parole. Et au-delà de la maladie, ce qui est très intéressant, et que Jane Wilde avait voulu mettre en avant dans son livre, le film aborde aussi la difficulté au quotidien d'être une personne handicapé ou de vivre avec une personne handicapé. Plusieurs fois, le couple se heurte à des questions pratiques (les escaliers, le déplacement, pouvoir s'exprimer, voyager) mais aussi à des questions plus personnelles: comment soulager une personne handicapée et se soulager soi? Comment se faire aider? Comment vivre cette situation au quotidien?
Enfin, le film aborde évidemment la question des relations amoureuses, à travers le prisme de la maladie. Plusieurs relations sont développées, la centrale étant évidement celle entre Stephen et Jane.


Ce que j'en ai pensé:
Qu'on se le dise, les films biographiques sont loin d'être un phénomène récent. Depuis bien longtemps déjà les spectateurs peuvent découvrir de façon plus ou moins fidèle la vie de tout un tas de personnes ayant réellement existé. Mais depuis une quinzaine d'années, j'ai l'impression que les films biographiques sont de plus en plus nombreux. Il y a eu une vague sur les chanteurs, avec des films comme la Môme, Walk The Line, ou encore Control et les films sur Claude François; une vague sur le cinéma avec un film sur Hitchcock, ou My Week With Marilyn; et plus récemment une vague créateurs de mode, avec deux films sur Yves St Laurent et plusieurs biopics sur la célèbre Coco Chanel. 2015, quant à elle, est une année s'ouvrant sur la science, avec deux biopics consacrés à deux génies: Imitation Game (que je compte aller voir très vite aussi) se penche sur le trop méconnu Alan Turing, dont le rôle au cours de la Seconde Guerre Mondiale a été plus que déterminant, et The Theory of Everything, consacré à Stephen Hawking. J'avais très envie de voir ce dernier depuis très longtemps, alléchée par les belles bandes-annonces, le casting prometteur et la perspective d'en découvrir davantage sur Stephen Hawking, dont je ne connaissais que quelques éléments (sa maladie, son implication dans le monde scientifique...).

Et ce film s'est montré à la hauteur de mes espérances. J'ai passé deux heures, complètement fascinée, au point d'en oublier le paquet de Maltesers acheté pour l'occasion. Commençons par l'histoire: en deux heures, on nous compile plusieurs années de la vie de Stephen Hawking et de son ex-femme Jane, et je ne me suis pas ennuyée un seul instant. Il se passe énormément de choses, c'est assez intense, je n'ai pas vu le temps passer. J'ai beaucoup appris sur leur histoire, sur cette maladie dont je ne connaissais quasiment rien, mais aussi sur la science. Je suis ressortie de la salle avec l'envie de me plonger dans le livre A Brief History of Time de Stephen Hawking pour en découvrir encore plus. 

En parlant de science, The Theory of Everything évite, selon moi, deux gros écueils que j'appréhendais un peu avant de voir le film. Tout d'abord, je craignais qu'il ne soit pas très accessible au niveau scientifique, et que les gros noobs de la science comme moi soient perdus (et dire que mon frère est en fac de physique, shame on me): au final, c'est assez compréhensible, bien expliqué, et on s'y retrouve (l'explication avec la patate et le petit pois est amusante). Mon autre appréhension était de me retrouver face à un film très "cheesy", mais l'histoire d'amour entre Stephen et Jane n'est pas présentée comme idéale ou parfaite. On y sent de la tendresse, de l'amour, mais aussi de la frustration, du sacrifice, de la douleur,... Le film est bien équilibré à ce niveau-là, selon moi. 

L'amour et la science sont deux des thèmes du film, cependant, il y en a d'autres, comme mentionné plus haut. J'ai trouvé que le film exploitait plutôt bien les thématiques abordées, avec beaucoup de finesse et de réflexion. J'ai particulièrement apprécié l'évolution de la relation entre Stephen et Jane, qui se distingue de ce qu'on voit habituellement à l'écran. Un biopic pose aussi, obligatoirement, la question de la fidélité par rapport aux faits réels: j'ai pu voir que le film se basait sur un livre de Jane, et que Stephen Hawking avait apparemment été très ému par le film ainsi que par la performance d'Eddie Redmayne, qui l'interprète. Apparemment, seul le personnage de Brian est un ajout, mais visiblement les personnes représentées dans le film n'ont rien trouvé à redire dessus. 

The Theory of Everything propose aussi une réalisation soignée, notamment en ce qui concerne les couleurs et la lumière; il y a de très jolis plans, des idées intéressantes, et également un travail indéniable au niveau du maquillage, des costumes, et de la musique, vraiment superbe.



Pour conclure, je ne pouvais pas passer à côté du casting. Depuis plusieurs semaines, on ne cesse de parler partout d'Eddie Redmayne, nominé à tout un tas de cérémonie, et honnêtement, je pense que c'est plus que mérité. On sent qu'il y a eu une préparation intense derrière ce rôle, au niveau de l'élocution, du physique, des postures... C'est très impressionnant et spectaculaire. Stephen Hawking a déclaré avoir eu l'impression de se voir, et c'est vrai que la ressemblance est frappante. Néanmoins, on peut également saluer la performance de Felicity Jones, elle aussi fréquemment nommée pour plusieurs prix: elle est très touchante, sobre et juste, bouleversante. C'est une jolie découverte de cette actrice pour moi! Le reste du casting est également très bon, j'ai aimé retrouver David Thewlis, Charlie Cox, et surtout Harry Lloyd (que je trouve incroyablement charismatique, même en restant juste trois secondes à l'écran). 

En bref, The Theory of Everything était un très joli film, touchant, bien foutu, que je vous conseille si vous aimez les biopics. En ce début 2015, c'est un beau moment que j'ai passé. 

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cet article vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire et aussi à me dire si vous avez vu ou allez voir ce film. On se retrouve très vite, pour parler une fois de plus cinéma avec le troisième numéro du cycle consacré à Kirsten Dunst. En attendant, prenez soin de vous!

AnGee Ersatz*



lundi 1 décembre 2014

Cinq classiques sur #1: La science.



Hello, hello, amis lecteurs et amies lectrices!

Bienvenue sur le Livroscope! Le mois de Décembre commence enfin, Noël approche à grands pas (et pourtant il fait toujours un temps plus que radieux chez moi. Logique), et avec lui de nouveaux articles! En ce premier Décembre, je vous retrouve sur le blog pour inaugurer non seulement un nouveau mois, mais aussi un tout nouveau rendez-vous que je prépare depuis un petit moment. Ce rendez-vous (que vous pourrez retrouver tous les deux mois environ) porte le nom de "Cinq classiques", et sera une présentation rapide de cinq classiques autour de thématiques diverses et variées. Pour ce premier numéro, j'ai choisi de vous parler science, c'est parti! Bonne lecture à tous :)


Cinq classiques: petite présentation du rendez-vous.
Avant d'aller plus loin et de commencer la présentation des cinq livres choisis pour ce premier numéro, je tenais à vous expliquer un peu plus en détails le pourquoi du comment de ce rendez-vous. 
Si vous me connaissez un peu, vous savez probablement que j'aime beaucoup lire des classiques. J'en présente assez souvent sur le blog, et j'essaie d'en découvrir toujours plus. 
Cependant, j'ai pu remarquer fréquemment dans les commentaires que je reçois que pas mal de gens ont peur ou ont été dégoutés des classiques, notamment au collège ou au lycée. On me dit souvent "ce livre a l'air super, mais je ne pense pas être capable de le lire", ou "j'ai détesté lire des classiques au lycée, je ne pense pas pouvoir en lire à nouveau". 
Avec ce rendez-vous, mon but sera de vous présenter rapidement et simplement cinq classiques autour de thématiques comme la science, la religion, l'industrie ou que sais-je encore, mais aussi (pourquoi pas) autour d'auteurs ou de mouvements littéraires particuliers, pour peut-être vous permettre de découvrir sous un jour nouveau des classiques.
J'essaierai de faire en sorte que les listes et thématiques soient aussi variées que possible, mais vous êtes bien évidemment invités à laisser en commentaire des suggestions supplémentaires! 

Cinq classiques autour de la science et de la médecine:
Pour cette première édition, j'ai choisi de vous parler de cinq classiques (trois viennent de Grande-Bretagne, deux sont made in France) autour des thématiques de la science. Le classement est tout simplement chronologique: les cinq livres sont tous issus du 19ème siècle, période où la science se développe à vitesse grand V en Europe, devenant un sujet de choix pour les auteurs qui y mêlent des thématiques variées, comme la religion ou l'hérédité. 

1) Frankenstein, ou le Prométhée Moderne de Mary Shelley (1818).
Pour commencer, commençons avec un roman anglais, à savoir Frankenstein de Mary Shelley (1797-1851). Epouse du poète Percy Shelley, elle a écrit de nombreuses oeuvres dont Frankenstein, qu'elle a écrit alors qu'elle n'avait pas encore 20 ans (en 1816), est son plus connu. 

De quoi ça parle?
Frankenstein raconte, à travers des récits enchâssés, l'histoire de Victor Frankenstein. Passionné dès l'enfance par la science, il découvre le moyen de donner la vie grâce à la science et assemble donc lui-même un être qu'il parvient à faire vivre. Cependant, horrifié par sa création, il décide de l'abandonner. La créature se lance alors à sa poursuite, semant la mort sur son passage...

Un petit point rapide: 
Avec Frankenstein, Mary Shelley place la science et le scientifique au coeur de questionnements que l'on retrouve beaucoup au 19ème siècle. L'un de ces questionnements concerne le rapport entre science et religion. Comme l'indique le sous-titre, Frankenstein est une réécriture du mythe de Prométhée, qui défia les dieux. Dans le roman, c'est également ce que fait le héros, qui donne la vie à la place de Dieu par la science. Quelle limite la science doit elle avoir? Si vous vous intéressez au rapport religion-science, le roman peut vous intéresser.
Un autre élément intéressant est l'utilisation de récits enchâssés, qui permettent d'avoir le point de vue de Victor Frankenstein, mais aussi de la créature, qui s'avère être bien plus qu'un tas de chair, puisqu'elle est également un être pensant. 
A savoir qu'il est possible de trouver de nombreuses adaptations plus ou moins fidèles du roman!

2) La recherche de l'absolu, d'Honoré de Balzac (1834).
Notre second roman nous entraîne en France, et est l'oeuvre d'un auteur classique extrêmement célèbre, Honoré de Balzac (1799-1850), connu pour sa Comédie Humaine et ses très nombreux romans, comme le Colonel Chabert, Honorine, ou encore le Lys dans la Vallée. 

De quoi ça parle?
Dans La recherche de l'absolu, nous découvrons une famille flamande bourgeoise, les Claës, une famille heureuse jusqu'au jour où le patriarche, Balthazar, se lance à corps perdu dans des recherches scientifiques et chimiques pour découvrir "l'absolu", pour décomposer la matière. Obnubilé par ses recherches, il va s'éloigner petit à petit de sa famille qui cherche à le tirer d'une spirale infernale et incessante d'essais et d'expériences. 

Un petit point rapide:
La recherche de l'absolu porte merveilleusement bien son nom et résume bien l'intrigue du roman! Ici, nous découvrons le scientifique complètement fasciné, captivé par ses recherches, au point d'être incapable d'en sortir. Tout comme dans le roman de Mary Shelley, La recherche de l'absolu pose la question du lien entre science et religion, puisque le personnage principal en oublie ses devoirs religieux, mais ce qui est surtout intéressant ici, c'est la relation qu'il entretient avec sa famille. Famille qui ne comprend pas son obsession et dont il s'éloigne complètement. La science est pour Balthazar comme une addiction. La question de l'argent est également importante, car le matériel et les recherches coutent de l'argent, beaucoup d'argent. 
Honoré de Balzac a tendance à rebuter les lecteurs par ses longues descriptions. Si le livre en contient, il reste néanmoins assez accessible. Si l'image du scientifique obsessionnel et les relations familiales vous intéressent, peut-être que ce roman vous intéressera!


3) L'étrange cas du Docteur Jekyll et de Mister Hyde, de R.L Stevenson (1886).
Retournons, pour notre troisième lecture, en Grande-Bretagne, chez l'Ecossais Robert Louis Stevenson. Ce célèbre auteur, que l'on connait aussi pour L'Île au trésor, a publié en 1886 la version définitive du Docteur Jekyll et de Mister Hyde, qui fut par la suite adaptée de nombreuses fois au cinéma.

De quoi ça parle?
Mr. Utterson est un notaire londonien, qui se charge des affaires de son ami le Docteur Jekyll. Cependant, il se rend compte que la santé de son ami ne cesse de s'affaiblir, il ne sort quasiment plus et est devenu extrêmement taciturne. Dans le même temps, un étrange personnage du nom de Mister Hyde se fait remarquer pour ses actes violents. Lorsqu'Utterson découvre que Jekyll et Hyde se connaissent, il décide de découvrir ce qui se passe...

Un petit point rapide:
Dans cette nouvelle rapide à lire (moins de cent pages selon les éditions), R.L Stevenson nous propose un récit autour d'un scientifique qui perd le contrôle. Entre querelles entre confrères sur la science et expériences qui tournent mal, Docteur Jekyll et Mister Hyde a pour thématique centrale la lutte entre le bien et le mal, lutte qui remonte à la nuit des temps. Mêlant surnaturel et horreur, la nouvelle pose aussi la question du dédoublement de la personnalité, à travers les personnages de Jekyll et Hyde. 
Encore une fois, la nouvelle est assez courte, se lit vite, et elle est de plus d'un anglais assez accessible pour les amateurs de VO!


4) Le Docteur Pascal, d'Emile Zola (1893).
Après avoir mentionné Balzac plus haut, je vous propose de nous pencher sur une autre figure culte de la littérature française: Emile Zola (1840-1902), auteur prolifique qui a notamment accouché des vingt tomes de la saga des Rougon-Macquart. Le Docteur Pascal en est le vingtième et dernier tome, paru en 1893.

De quoi ça parle?
Pascal Rougon, médecin, travaille depuis plusieurs décennies sur un projet de grande envergure: un immense travail sur l'hérédité et la transmissions de maladies et vices d'une génération à l'autre. Et pour ce travail, quoi de mieux que sa propre famille? Cependant, sa mère ne voit pas ce projet d'un bon oeil et est déterminée à s'en débarrasser coûte que coûte, aidée de Clothilde, la nièce du Docteur, et de la bonne. Néanmoins Pascal veille pour protéger ses précieux travaux.

Un petit point rapide:
Avec ce vingtième tome des Rougon-Macquart, Emile Zola propose une conclusion qui clôture à la fois l'histoire de cette famille et son propre travail d'écriture. Le Docteur Pascal, tout comme l'entièreté de la saga, propose une étude sur la famille, sur la folie, et sur la transmission de cette folie mais aussi de l'alcoolisme, de la violence.. Il est encore tôt à l'époque de Zola pour parler de génétique, mais l'idée est là. Encore une fois, comme dans La recherche de l'absolu, la famille joue un rôle essentiel dans ce livre, en tant qu'objet de recherche, mais aussi en tant qu'élément perturbateur, puisque le héros a peur de finir comme certains de ses membres.
Il n'est pas nécessaire d'avoir lu l'intégralité de la saga pour lire et apprécier ce vingtième tome, chaque livre pouvant être lu indépendamment des autres, et c'est l'un des plus accessibles de la saga selon moi. Si l'hérédité est un thème qui vous intéresse, pourquoi ne pas jeter un oeil à ce roman? :)


5) L'homme invisible de HG. Wells (1897).
Pour terminer notre périple littéraire et scientifique, retournons en Angleterre pour découvrir Herbert George Wells (1866-1946), auteur d'une liste impressionnante, dont La machine à explorer le temps ou L'île du Docteur Moreau. Il est considéré par beaucoup comme l'un des pionniers de la science-fiction. 

De quoi ça parle?
Le petit village d'Iping est secoué par l'arrivée d'un étrange personnage, un scientifique résidant dans l'auberge du coin et qui est très mystérieux: en effet, il cache en permanence l'intégralité de son corps et de son visage, laissant penser qu'il est atteint d'une maladie étrange. Mais les habitants découvrent très vite que Griffin, ce scientifique, est en réalité devenu invisible après une expérience scientifique!

Un petit point rapide:
H.G Wells est ce qu'on peut appeler un pro pour raconter des histoires de scientifiques ou docteurs un peu bizarres. J'aurais pu vous parler par exemple de La Machine à explorer le temps, par exemple, où le héros met au point une incroyable machine pour faire des voyages temporels. L'homme invisible mêle humour et terreur pour raconter la descente aux enfers d'un scientifique ruiné et dont l'invisibilité est à la fois un fardeau et un cadeau. Si le roman est assez court, il propose néanmoins des thématiques intéressantes: l'invisibilité, en elle-même, et les limites et perspectives qu'elle offre. La question de l'argent, également, et avec elle celle du vol, mais aussi et surtout la question des croyances et de l'effet de masse, que l'on découvre avec les habitants d'Iping. A noter que L'homme invisible est assez court et plutôt rapide à lire.

Et voilà, c'est tout pour ce premier numéro de Cinq Classiques! J'espère que ce premier numéro autour de la science vous a plu. Comme vous avez pu le constater, même si la science est au coeur de chacun des livres, ils développent des thématiques et des univers bien particuliers. N'hésitez pas à laisser, en commentaire, vos impressions ou d'autres suggestions de lectures, je suis toujours ravie de vous répondre! A très vite,

AnGee Ersatz*



Si vous avez aimé...

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