Affichage des articles dont le libellé est Contemporain. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Contemporain. Afficher tous les articles

dimanche 25 mars 2018

Masse Critique Babelio: Un bon parti de Curtis Sittenfeld.



Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique ! Et voilà, j’ai enfin repris mes bonnes habitudes après des semaines passées la main dans le plâtre et je suis heureuse de vous retrouver aujourd’hui pour un article qu’il me tardait d’écrire : ma présentation du roman Un bon parti, de Curtis Sittenfeld. Ce livre, que j’ai pu recevoir grâce à l’une des opérations Masse Critique de Babelio, se présente comme une nouvelle réécriture d’un roman terriblement célèbre, à savoir Pride & Prejudice de Jane Austen. Passionnée par cette autrice depuis longtemps, j’ai déjà eu plus d’une fois l’occasion de vous parler de son œuvre sur le blog et notamment de Pride & Prejudice, qui se révèle être une source inépuisable d’inspiration pour les réécritures et adaptations. J’étais donc curieuse de voir ce qu’Un bon parti pouvait bien donner… En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une excellente lecture ! :)

Les Masse Critiques de Babelio :
Comme mentionné un peu plus haut, j'ai reçu le roman Un bon parti grâce à une Masse Critique organisée par le site Babelio. Je pense que vous êtes nombreux à déjà connaître ce rendez-vous et ce site, mais pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas, Babelio est un site communautaire destiné aux amoureux de la lecture. Avis et découvertes s'y échangent sur le site ainsi que sur le forum. Très régulièrement (environ une fois par mois), Babelio organise une Masse Critique: en échange d'une critique postée sur le site, il est possible de recevoir gratuitement un livre. Je vous laisse ci dessous le lien vers le site de Babelio pour que vous puissiez y jeter un oeil! 


Qui est Curtis Sittenfeld ?
Ne changeons pas les bonnes habitudes et commençons cette chronique par une petite présentation de notre autrice du jour, Curtis Sittenfeld. Oui, ne vous laissez pas avoir par ce prénom plutôt masculin, Curtis Sittenfeld est bien une femme. Née Elizabeth Sittenfeld, elle prend pour sa carrière d’écrivaine le nom de Curtis, qui se trouve être le nom de famille de sa mère. Elle voit le jour en 1975 dans une famille comptant plusieurs enfants. Elle se passionne très tôt pour la lecture et l’écriture. Une passion qui se déclare non seulement tôt mais qui porte rapidement ses fruits : en effet, Curtis Sittenfeld se fait remarquer dès le lycée en remportant un concours d’écriture organisé par le magazine Seventeen, une revue phare chez les adolescentes américaines. En 2005, elle publie son premier roman : Prep, suivi à rythme régulier d’autres romans et nouvelles. Sa dernière parution en date est Eligible, traduit en français sous le titre Un bon parti, en 2016. Si vous avez envie d’en apprendre davantage à son sujet, je vous invite à suivre le lien ci-dessous, qui vous guidera à son site internet !


Un bon parti :
Quatrième de couverture :
La tension est palpable chez toutes les mères de Cincinnati : Chip Bingley, beau médecin, célèbre participant d'une émission de téléréalité, vient de s'installer en ville et... c'est un cœur à prendre. Elizabeth, de passage pour aider sa mère après l'accident de son père, se fiche bien de tous cette agitation, d'autant que Chip est toujours accompagné de son insupportable et suffisant collègue, Fitzwilliam Darcy. Elle tente de redresser les finances familiales en dépit d'une mère qui utilise le shopping en ligne comme psychothérapie et de ses trois sœurs qui vivent encore au crochet de leurs parents dans une maison qui part à vau-l'eau. Mais elle doit aussi veiller sur son père, qui préférerait s'enfiler un bon steak plutôt que de respecter les recommandations du médecin, et sur sa sœur Jane, en train de succomber au charme, ennuyeux mais certain, de Chip.
  
Une modernisation de Pride & Prejudice :
Lorsqu’on s’intéresse à Jane Austen et à ses œuvres, il est difficile de passer à côté des nombreuses réalisations qui en sont inspirées. Vous avez les classiques ré-éditions de ses livres agrémentées de notes toujours plus fournies ou de couvertures colorées, des versions illustrées par des artistes d’horizons variés, ou encore les incontournables adaptations cinématographiques ou télévisuelles. Mais depuis une dizaine d’années environ, le phénomène à la mode pour les classiques, dont ceux écrits par Jane Austen, c’est la réécriture. On en trouve de toutes sortes : des très sérieuses, des plus loufoques sur fond de parodie, des versions comics, modernes, ou même des crossovers mettant en scène plusieurs classiques en un.



Pride & Prejudice a fait plus d’une fois l’objet d’une réécriture, l’exemple le plus marquant de ces dernières années étant le fameux Pride & Prejudice & Zombies (que j’ai personnellement détesté) décliné sous la forme d’un roman, d’un comics et même d’un film. 
Avec Eligible, Curtis Sittenfeld reste dans cette thématique très populaire de la réécriture, mais choisit pour sa version non pas d’intégrer des créatures monstrueuses. Non, elle choisit de moderniser l’intrigue de Jane Austen pour l’adapter à notre monde actuel. Alors évidemment, vous faire toute l’analyse des éléments modernisés de ce roman ne serait pas très pertinent pour deux raisons, d’abord parce que ça me prendrait longtemps et ensuite parce que ça vous spoilerait pas mal d’éléments, mais voici tout de même quelques points pour vous donner une petite idée. 
Tout d’abord, l’âge des sœurs Bennet a été avancé. Jane et Elizabeth frôlent toutes les deux la quarantaine, là où dans le roman original elles se situaient dans la vingtaine. Cette décision, qui peut surprendre de prime abord, se révèle en réalité plutôt cohérente. Car pour l’époque de Jane Austen, l’âge de Jane et Elizabeth était considérée comme tardif pour le mariage. Aujourd’hui, dans les mœurs (même si personnellement je m’en fiche royalement), c’est la quarantaine qui parait être un âge inquiétant. 
Le caractère des sœurs a été adapté au monde contemporain. La fougue et la volonté d’indépendance de Lizzie se transcrivent par son emploi comme journaliste dans un magazine féminin où elle réalise apparemment des interviews pointues sur la condition des femmes. La douceur de Jane s’exprime à travers du yoga et de la méditation. Kitty et Lydia, décrites comme superficielles dans le roman de Jane Austen, se passionnent pour le crossfit, les régimes à la mode et le vernis à ongles. Enfin Mary, la plus isolée des sœurs Bennet, devient ici une sorte de recluse qui enchaîne les diplômes sur internet et passe son temps à étudier.
Tout en gardant des thèmes similaires à l’œuvre originale comme la question du mariage et de la position sociale, Curtis Sittenfeld introduit également des éléments plus modernes, comme la téléréalité, la question de la sexualité et de l’identité sexuelle, par exemple. Le but : explorer l’orgueil et les préjugés dans le monde des années 2010 !

Ce que j’ai pensé du livre :
Je pense que ce n’est un secret pour personne : j’adore Jane Austen. Il s’agit d’une de mes autrices de classiques préférées, et ce depuis longtemps. Il est tout naturel alors que son œuvre soit régulièrement mise à l’honneur sur le blog. Et j’aime aussi beaucoup découvrir les ré-écritures de ses ouvrages, car j’aime voir comment une même œuvre peut être explorée par des films, séries ou livres. Pour ce qui est de Pride & Prejudice, il y a du très bon (The Lizzie Bennet Diairies, par exemple, une web série très chouette disponible sur YouTube et que je vous recommande de voir sans attendre) et du moins bon (je ne vais pas revenir sur Pride & Prejudice & Zombies, je pense que vous avez compris l’idée). Quand j’ai eu l’occasion de découvrir Un bon parti, j’étais très intriguée par cet ouvrage, me demandant comment Curtis Sittenfield avait pu innover sur ce roman. Voici ce que j’en ai pensé.

Pour résumer simplement mes impressions sur Un bon parti, elles sont dans l’ensemble plutôt bonnes, mais avec tout de même quelques points qui me laissent mitigée. S’il y a des choses que j’ai bien aimées, il y en a également qui me laissent assez dubitative. Je vais donc tenter de vous expliquer tout cela de façon aussi claire que possible, en commençant par l’intrigue.

Ma première interrogation, en ce qui concernait l’intrigue, avant de commencer Un bon parti était de savoir si on allait bel et bien retrouver l’univers de Jane Austen. Si on se focalise sur l’histoire, effectivement, on la retrouve bien dans les grandes lignes. La famille Bennet, les problèmes financiers des parents, l’histoire d’amour entre Jane et Bingley, celle d’Elizabeth et de Darcy, ainsi que d’autres importants jalons de l’intrigue répondent présents. A ce niveau-là, je n’ai rien à redire : les quelques changements (et je ne parle ici de ce qu’elle a fait en terme de modernisation) opérés par Curtis Sittenfield sont plutôt mineurs et ne changent rien par rapport à ce qu’on connait de Jane Austen.

L’intrigue a un côté très divertissant avec un univers qui se veut entre Sex & the City et Bridget Jones (en tout cas, c’est comme ça que je l’ai ressenti) dans l’humour et les univers dans lesquels évoluent les personnages. Il y a pas mal d’action, de retournements de situation, ce qui contribue à ce côté divertissant. Cependant, je tiens tout de même à noter que j’ai trouvé que le livre souffrait de nombreuses longueurs qui font un peu patiner le déroulement de l’intrigue. Certains passages (qui concernent surtout des intrigues secondaires, comme le grand nettoyage opéré par Lizzie dans la maison de ses parents ou la téléréalité) paraissent un peu interminables, si bien qu’on a hâte de passer à autre chose. C’est un peu dommage.

Quand on lit une réécriture, on espère et on s’attend également à retrouver les personnages qu’on affectionne dans l’œuvre originale. C’est ici globalement le cas, si ce n’est que les traits des personnages ont été pas mal forcis : Lizzie ne jure que par son statut de journaliste, Jane est à fond dans la méditation, et la pauvre Mary, douce et calme dans l’œuvre originale, apparait ici comme une asociale qui ne jure que par ses diplômes. Mme Bennet est encore pire que dans le livre de Jane Austen. D’un côté, tout cela contribue à donner parfois un peu plus de comique à l’intrigue. Mais de l’autre, je trouve parfois que certains personnages sont ou dénaturés ou trop peu crédibles. Je suis donc assez mitigée par le résultat final. J’ai plutôt bien aimé Jane ainsi que Mr. Bennet. En revanche, j’ai trouvé que Darcy manquait beaucoup de charisme.

J’aimerais à présent me concentrer sur la partie modernisation de l’univers de Jane Austen. Clairement, de ce côté, il y a plutôt du bon et du moins bon. Dans le positif, j’ai trouvé par exemple très cohérent de vieillir les héroïnes et d’adapter leurs centres d’intérêt au monde actuel. Que Jane fasse du yoga est une bonne idée selon moi, tout comme le fait qu’elle et sa sœur arrivent à la quarantaine. L’idée de mettre de la téléréalité avec une version fictionnelle du Bachelor n’est pas mauvaise non plus, c’est assez rigolo même si ça lasse un peu sur la fin. J’ai été plutôt séduite par ces aspects-là. En revanche, Curtis Sittenfield a également fait le choix d’aborder des sujets sérieux d’une manière malheureusement un peu bancale. Je pense principalement au fait que l’un des personnages soit trans, ou que deux personnages secondaires soient lesbiennes, ou encore à la question des couples mixtes : ce sont des sujets importants et si d’un côté j’ai trouvé ça bien d’en parler et d’incorporer ces éléments à l’intrigue, le fait que ces personnages soient surtout vus au travers du regard homophobe/transphobe/raciste de Mrs Bennet me fait me poser des questions sur le message que Curtis Sittenfield a essayé de transmettre… C’est très maladroit.

Pour conclure, Un bon parti est un roman que j’ai trouvé dans l’ensemble sympathique et divertissant. Il ne s’agit pas d’une mauvaise réécriture de Pride & Prejudice et il y a des éléments très plaisants dans cette œuvre, mais quelques petits bémols sont pour moi à noter. Je vous encourage à lire le livre pour vous faire votre propre avis, et n’hésitez pas à m’en faire part en commentaire ! :)

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cette chronique vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire ! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup !

AnGee. 

dimanche 21 janvier 2018

The Disaster Artist de Greg Sister & Tom Bissell.



Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique ! Aujourd’hui on se retrouve pour un article qui combine deux de mes passions : le cinéma et la littérature ! Il y a quelques années (en 2012, pour être précise), j’ai découvert le film The Room, incroyable nanar devenu absolument culte depuis sa sortie en 2003. Et comme beaucoup, je me suis intéressée à l’histoire de ce film improbable. Alors que le film The Disaster Artist, récompensé récemment aux Golden Globes (au passage : si les accusations d’agressions sexuelles à l’encontre de James Franco se révèlent vraies, ce type est un immonde connard), devrait sortir en mars 2018 chez nous, j’ai eu envie de me plonger d’abord dans le livre éponyme co-écrit par Greg Sestero et Tom Bissell. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une excellente lecture ! :)

The Room, un film so bad it’s good :
Avant de parler plus en détails de The Disaster Artist, je vous propose de nous pencher d’abord sur The Room, film de 2003. The Room est le bébé de Tommy Wiseau, un homme à l’histoire mystérieuse et plutôt riche, dont on connait au final très peu de choses. Après des années à tenter de percer sans succès dans le monde du cinéma, il décide de réaliser son film. Il écrit, produit, réalise et joue même dans The Room, entraînant avec lui son meilleur ami, Greg Sestero, une équipe technique et un casting qui se demanderont plus d’une fois ce qu’ils sont venus faire là. 
The Room raconte l’histoire de Johnny (Tommy Wiseau), banquier de San Francisco à la vie paisible. Alors qu’il doit prochainement épouser Lisa (Juliette Danielle), celle-ci se met à le tromper avec Mark (Greg Sestero) qui n’est autre que le meilleur ami de Johnny. Une histoire de triangle amoureux plutôt banale, comme on en voit dans tous les films du monde. Mais là où The Room devient incroyable, c’est dans ce qu’il est : les acteurs (Tommy en tête) sont le plus souvent à côté de la plaque, probablement parce que les dialogues tiennent à peine debout ; la réalisation ne fait aucun sens, les effets spéciaux sont terrifiants de nullité, et le montage nous laisse parfois béat tellement certaines scènes ne servent à rien.
Depuis sa sortie en 2003, The Room a acquis un statut de film culte, notamment grâce aux reviews sur internet, mais aussi grâce à un cercle de spectateurs fans de la première heure qui ont contribué à faire connaître le film. Suite à la publication de The Disaster Artist, plusieurs projets en rapport avec The Room ont pu se mettre en place : la réalisation d’un film The Disaster Artist mais aussi d’un autre long-métrage, Best F(r)iends, avec Tommy Wiseau et Greg Sestero.
Je vous laisse ci-dessous quelques images de The Room pour que vous puissiez avoir une idée de ce à quoi le film ressemble !



Greg Sestero et Tom Bissell, qui sont-ils ?
The Disaster Artist est un livre paru en 2013 et co-écrit par Greg Sestero et Tom Bissell.
Né en 1978, Greg Sestero a par sa mère des origines européennes (siciliennes et françaises). Il grandit en Californie et tombe rapidement amoureux du cinéma : Greg le sait, il veut devenir acteur. Malgré le peu de soutien de sa mère, qui aimerait qu’il se concentre sur des professions plus accessibles, il se lance à l’adolescence dans le mannequinat puis fait ses premiers pas en tant que figurant dans des séries et films. Il décroche plusieurs petits rôles et enchaîne les auditions, tout en prenant des cours de théâtre et de comédie. C’est ainsi qu’il rencontre en 1998 Tommy Wiseau : malgré les mystères qui entourent cet homme énigmatique, ils deviennent rapidement amis. Tommy loue même un appartement à Greg à Los Angeles afin qu’il puisse plus facilement faire ses auditions. Mais la réalité rattrape Greg et il commence alors à travailler dans la vente, sans abandonner ses rêves de cinéma. Il se retrouve malgré lui attiré dans le projet The Room de Tommy, un tournage épuisant soldé par un échec incroyable.
Tom Bissell, quant à lui, est né dans le Michigan  en 1974. Il y a fait ses études et s’est ensuite tourné vers le journalisme. Tom Bissell a plusieurs cordes à son arc, puisqu’il est aussi bien journaliste cinéma que politique. Il a aussi couvert des opérations militaires américaines. C’est probablement son expertise dans le milieu cinématographique ainsi que l’article qu’il avait écrit sur The Room qui ont fait qu’il s’est retrouvé sur le projet d’écriture de The Disaster Artist.
Après sa parution, le livre a été nominé dans plusieurs prix et connait, avec la sortie du film qui s’en inspire, un renouveau commercial.

The Disaster Artist:
Résumé:
2003. Sur quelques écrans de salles de Los Angeles sort le film The Room de Tommy Wiseau. Les premières séances suffisent à enterrer le film comme une catastrophe cinématographique. Un échec à la fois critique et commercial pour ce film au budget de 6 millions de dollars (une énorme somme !) mais qui deviendra avec les années un long-métrage culte. Greg Sestero nous propose de faire un voyage dans le passé, à la découverte des origines de The Room, en deux temps : d’un côté nous suivons les débuts de l’amitié étrange qui lie le jeune Greg Sestero et le surprenant Tommy Wiseau, entre passion, incompréhension et influence ; et de l’autre nous avons le récit du processus hallucinant de tournage d’un des longs-métrages les plus improbables de l’histoire du cinéma. Un livre sur l’amitié, la passion, témoignage de première main d’un naufrage cinématographique.

Greg et Tommy à l’assaut d’Hollywood:
The Disaster Artist est un livre conçu de la manière suivante : un chapitre porte sur le tournage de The Room, le suivant se focalise sur l’histoire entre Greg et Tommy, puis encore un chapitre sur The Room et ainsi de suite. Si le tournage de The Room est aujourd'hui assez connu, le reste de l'histoire ne l'est pas autant.
Nous suivons donc le jeune Greg Sestero dès son adolescence, alors qu’il commence à se passionner pour le cinéma. Il est déterminé à percer dans ce milieu, et ce coûte que coûte. Il nous raconte alors ses différentes expériences dans le mannequinat, ses castings, les quelques tournages auxquels il participe et comment ses espoirs sont tantôt au plus bas, tantôt ravivés.
En 1998, alors qu’il prend depuis quelques temps des cours de comédie à San Francisco, il rencontre Tommy Wiseau, un drôle d’oiseau : peu importe la scène qu’il interprète, il se distingue par son interprétation loufoque et incompréhensible. Greg ressent pour cet étrange personne une forte attraction et les deux hommes deviennent alors, malgré leurs caractères différents, de vrais amis. Ils ont le même rêve : percer à Hollywood et dans l’industrie du cinéma. Mais malgré tout, l’attitude de Tommy, qui se comporte parfois de façon oppressante et possessive avec son ami, complique parfois leurs rapports…

Ce que j’ai pensé du livre :
Après avoir découvert The Room en 2012, j’ai vu et revu ce film de très nombreuses fois. Il est, à mes yeux, terriblement drôle et je ris toujours autant lorsque je le regarde. Alors forcément, j’étais très excitée à l’idée de savoir que Greg Sestero, accompagné de Tom Bissell, avait écrit un livre pour parler de son expérience sur le tournage de ce film. Je tenais donc absolument à le lire avant de voir (peut-être) The Disaster Artist au cinéma. Allais-je apprendre de nouvelles choses sur The Room ? Mon avis sur ce film allait-il changer ? J’attendais beaucoup de ma lecture. Au final, j’ai passé un super moment avec ce livre, probablement l’un de mes coups de cœur de ce début d’années 2018.

Je ne vous cache pas qu’en commençant ma lecture de The Disaster Artist, j’étais un peu perplexe. En effet, je me suis vite rendue compte que le livre suivant un découpage qu’habituellement je n’aime pas beaucoup : la fameuse alternance de chapitre. C’est-à-dire qu’un chapitre est consacré à la tentative de Greg Sestero de devenir un acteur, le chapitre suivant porte sur le tournage de The Room, un sur Greg, un sur The Room et ainsi de suite. En général, je ne suis pas fan de ce procédé parce qu’on se retrouve souvent avec un livre avec des chapitres forts et des chapitres moins intéressants, créant un effet un peu bancal pendant la lecture. Au final, ici, on échappe à ce problème, car je me suis autant intéressée à l’histoire de Greg à l’assaut d’Hollywood qu’au déroulé catastrophique du tournage de The Room. 



La lecture de The Disaster Artist est donc très homogène. Les chapitres portant sur l’histoire de Greg et son amitié avec Tommy sont aussi importants que le reste car ils nous donnent un vrai background pour mieux comprendre ce duo si mal assorti. J’ai trouvé absolument passionnant leur rencontre, l’arrivée de Greg à Los Angeles et la façon dont leur passion pour le cinéma (et notamment James Dean) les unit.

Si ces chapitres sont aussi intéressants, c’est probablement en raison de de la personnalité de Greg Sestero. Dans le livre, il apparait comme une personne très gentille, très loyale, prête à tout pour aider son ami mais aussi pour vivre sa passion. C’est quelqu’un pour qui j’ai énormément de sympathie : il suffit de le voir en interview pour se rendre compte de sa simplicité et de sa gentillesse. C’est quelqu’un qui a vraiment l’air sympa, et ça transpire dans son livre. Il a aussi beaucoup d’humour et n’hésite pas à faire des petites remarques qui piquent quand il faut. Il a toujours un mot gentil pour ses collègues de The Room, et j’ai trouvé son personnage attachant dans le livre, on a plaisir à le suivre du début à la fin.

Tommy Wiseau, quant à lui, est fidèle à ce que j’imaginais de lui. C’est quelqu’un qui est sur sa propre planète et qui est très mystérieux. Le livre nous donne quelques pistes pour tenter de voir plus clairement qui il est et d’où il vient, mais tout cela est à prendre avec des pincettes : Tommy Wiseau n’a jamais donné la même version ou les mêmes informations concernant sa vie. Il reste donc un vrai mystère. Ce que j’ai trouvé intéressant dans ce livre, c’est le côté ambivalent de Tommy Wiseau. D’un côté, il se montre possessif voir tyrannique avec son entourage : le tournage de The Room en est un bon témoignage. Mais d’un autre côté, il apparait aussi comme quelqu’un de très seul, qui semble ne pas avoir les mêmes repères que les autres, voire un peu en souffrance. Qui est le vrai Tommy ? On ne le saura probablement jamais.

Passons au sujet qui m’intriguait le plus en commençant ma lecture : le tournage de The Room. J’avais déjà vu des interviews dans lesquelles les acteurs racontaient les changements de casting à la dernière minute, les démissions des équipes techniques… Et bien lire The Disaster Artist m’a montré que le tournage avait été encore plus hallucinant que ce que j’avais imaginé. Le premier acteur censé joué Mark viré au dernier moment n’importe comment, les salaires qui ne tombent pas, le matériel qui n’a aucun sens, le budget ridicule alloué aux costumes, les shoots et reshoots, Tommy arrivant plusieurs heures en retard par jour, ses volontés de réalisation qui n’avaient ni queue ni tête… C’est purement impressionnant. Dès le début du tournage, ça sentait la catastrophe.

En plus de nous parler de choses très passionnantes, The Room est un livre qui possède de nombreux qualités. Déjà, je le trouve très bien écrit. Je ne sais pas exactement dans quelles proportions Greg et Tom Bissell sont responsables du produit fini, mais dans tous les cas c’est un livre qui se lit très bien, avec une plume très agréable à lire. Il y a beaucoup d’humour dans ce livre, et du coup ça donne quelque chose de très divertissant et drôle. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et j’étais même un peu triste de ne pas avoir quelques chapitres supplémentaires !

En bref, j’ai été séduite par ma lecture de The Disaster Artist. Je suis vraiment contente d’avoir pu lire ce livre, encore plus passionnant que ce que j’imaginais. Si The Room vous intéresse, je vous le recommande fortement !

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cette chronique mi-cinéma mi-littérature vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire ! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup ! :)

AnGee.

dimanche 31 décembre 2017

England, England de Julian Barnes.





Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique ! Après Miss Pettigrew et Agatha Christie, il va une fois de plus être question de mon pays préféré aujourd’hui : l’Angleterre ! Si vous connaissez le blog, vous connaissez mon amour pour ce pays et surtout pour l’une de ses régions : la petite mais superbe Île de Wight, située au sud de l’Angleterre. Cette île, où j’ai eu l’occasion de vivre, a inspiré l’auteur Julian Barnes pour son roman England, England. Intriguée par la quatrième de couverture qui mêlait île de Wight, personnages hauts en couleur et Angleterre miniature, je n’ai pas pu résister à l’envie de me pencher dessus et de vous le présenter. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une très bonne lecture ! :)

Qui est Julian Barnes :
Afin de commencer cette chronique du bon pied, j’ai décidé de vous parler un peu de Julian Barnes, auteur d’England, England, notre roman du jour. Julian Barnes est un auteur anglais, né juste après la Seconde Guerre Mondiale, en 1946, à Leicester. Il grandit dans cette ville située en plein cœur de l’Angleterre avant de suivre une éducation exemplaire, sortant diplômé d’Oxford. Ses premières années après l’obtention de son diplôme, il les passe à travailler pour le Oxford English Dictionary, puis dans plusieurs journaux. Son premier roman, publié en 1980, est Metroland. Rapidement, il acquiert une réputation dans le milieu littéraire et est rapidement considéré comme l’un des auteurs les plus importants de la littérature britannique contemporaine. Que ce soit pour ses romans ou sa carrière dans son ensemble, Julian Barnes a souvent été récompensé par des titres et autres médailles. England, England, le livre qui nous intéresse aujourd’hui, a été publié en 1998 et a fait partie de la sélection retenue pour le célèbre Booker Prize. Barnes continue toujours d’écrire et son prochain roman est prévu pour 2018. Je vous invite, si vous souhaitez en apprendre davantage sur lui, à suivre le lien ci-dessous qui vous mènera à son site internet !


England, England : 
Résumé :
Faisons une petite expérience : pensez à l’Angleterre et réfléchissez à ses symboles les plus forts. Il  est grandement probable qu’apparaissent dans vos pensées des monuments comme Big Ben ou Buckingham Palace, des personnalités comme la Reine d’Angleterre ou les Beatles, ou encore de la nourriture comme le Fish & Chips ou les scones. Sir Jack, entrepreneur un peu fou, décide de se lancer dans une campagne improbable : créer une version miniature de l’Angleterre et de tout ce qu’elle contient de spécialités pour en faire un lieu de loisirs haut de gamme, sur l’Île de Wight. Martha, Paul et leurs collègues doivent mettre en application tous leurs talents pour concrétiser ce projet titanesque et unique en son genre.

L’Angleterre en miniature :
Le postulat de départ d’England, England est pour le moins original et surprenant: reconstituer sur une petite partie du territoire anglais une version miniature de tout le pays ! Un projet ambitieux à plus d’un titre, et bien plus vaste qu’il n’y parait.
Sir Jack ne veut pas juste faire construire sur l’Île de Wight quelques reproductions des célèbres bâtiments qui contribuent à la célébrité de Londres comme Big Ben ou Westminster, mais il veut au contraire proposer un aperçu aussi complet que possible de la culture anglaise pour séduire le plus possible les touristes (et leur argent). Tout, absolument tout, doit être représenté sur cette version à petite échelle de l’Angleterre. L’architecture et les monuments incontournables sont bien sûr au rendez-vous, mais aussi la cuisine : les spécialités régionales les plus emblématiques sont soigneusement sélectionnées, tout comme les boissons. L’Histoire avec un grand H ne doit pas manquer des attractions proposées aux visiteurs ; ainsi, des castings pour trouver des Robins des Bois, Lady Godiva ou encore sosies de la famille royale sont organisés pour proposer une expérience d’immersion totale. Si vous avez envie de voir ce que Sir Jack veut de plus sur son île, il vous faudra lire le roman !

Isle of Wight, I love you :
Lorsque je me suis penchée sur la quatrième de couverture d’England, England, j’ai non seulement trouvé l’idée de l’intrigue très originale, mais j’ai aussi été interpellée par la présence d’une île chère à mon cœur : l’île de Wight !
Pour ceux qui me suivent depuis peu ou qui tombent sur mon blog avec cette chronique, j’ai eu l’opportunité, l’année dernière, de passer plusieurs mois sur cette île un peu méconnue pour un stage professionnel. J’ai travaillé sur l’un des musées de l’île et j’ai adoré cette expérience, tant sur le plan professionnel que sur le plan humain. J’ai appris beaucoup de choses qui me sont encore très utiles aujourd’hui et je suis heureuse d’avoir pu y passer un peu de temps.
J’ai pu remarquer, en parlant de mon expérience là-bas, qu’assez peu de monde connait l’Île de Wight. Et pourtant, on y trouve énormément de choses !



L’Île de Wight, située au sud de Southampton, est un lieu connu des festivaliers pour son Isle of Wight Festival, lancé en 1968 et où des stars passées et actuelles sont venus interpréter leurs tubes : Jimi Hendrix, The Doors et de nombreux groupes sont par exemple venus enflammer ce festival. Un autre festival très connu, le Bestival, s’est tenu jusqu’en 2016 sur l’Île de Wight, avant d’être délocalisé ailleurs.
Le patrimoine historique de l’Île est très riche : l’Angleterre, ancienne colonie romaine, fourmille de vestiges de ce passé antique. On retrouve à Newport et Brading des villas romaines ouvertes au public. Pour les passionnés de Moyen-Âge, c’est le mythique Carisbrooke Castle (que je connais bien, puisque c’est dans le musée hébergé dans le château que j’ai travaillé) qui attirera les regards : ce superbe château possède une histoire passionnante, ayant notamment abrité le tristement célèbre Charles I. Beatrice, fille de Victoria et Albert, se prendra de passion pour ce château.
En parlant de Victoria, elle et Albert ont fait de l’Île de Wight leur lieu de villégiature de prédilection en construisant l’imposante et sublime Osbourne House, dont j’avais déjà parlé sur le blog dans une précédente chronique. S’étalant sur plusieurs bâtiments, son jardin et sa plage, ce lieu fait partie des choses à voir si vous allez sur l’Île de Wight !

Ce que j’ai pensé du livre:
Pour une raison qui m’échappe encore, j’étais persuadée, en commençant England, England, que j’avais déjà eu l’occasion de lire des romans de Julian Barnes. En réalité, je l’ai confondu avec un autre Julian britannique, Julian Fellowes, connu pour son travail sur la célèbre série Downton Abbey. C’était donc ma première découverte de l’univers de Julian Barnes et je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Le résumé m’intriguait, tout comme le fait que ça se déroulait (en grande partie) sur l’Île de Wight. Je me suis plongée dans ce roman pleine de curiosité… Et j’ai plutôt bien apprécié ma lecture d’England, England. Voici quelques points que je tenais à mentionner !

Ma plus belle découverte avec ce roman est sans aucun doute le style de Julian Barnes. Comme je viens de le préciser, je n’avais pas encore eu l’occasion de lire quoi que ce soit de sa main : je ne connaissais pas du tout son style. En préparant cette chronique, j’ai appris qu’il avait reçu de nombreux hommages pour son travail et que ses romans étaient fréquemment récompensés. Ce qui me parait très cohérent, car Julian Barnes a une façon d’écrire qui lui est propre et se distingue des autres. J’aime particulièrement sa façon de présenter les personnages et de réaliser des descriptions. England, England est un livre que j’ai énormément apprécié pour son style et ça me donne envie de me pencher davantage sur le travail de Julian Barnes.

Je suis en revanche un peu plus mitigée pour ce qui est de l’intrigue de ce roman. J’adorais le postulat de base en lisant la quatrième de couverture et c’est ce qui m’a plu aussi pendant ma lecture : tout ce qui tourne autour de la réalisation du projet d’Angleterre miniature pour vacanciers argentés était passionnant et prenant. Julian Barnes arrive à conjuguer cette histoire folle avec un ton qui jongle entre le sarcasme, le cynique et le sérieux. L’élaboration de ce projet et sa mise en œuvre, voilà le gros point fort du roman selon moi. 

Cependant, je dois avouer avoir moins accroché aux intrigues secondaires. Même si elles avaient en général toutes un lien avec le cœur du récit, je n’ai pas été autant séduite par ces petits détours. Je ne sais pas vraiment si c’est parce qu’elles étaient vraiment moins palpitantes ou si c’est parce qu’elles m’intéressaient tout simplement moins. J’ai même parfois trouvé qu’il y avait des longueurs et je lisais certains paragraphes un peu en diagonale en attendant de retomber sur quelque chose d’un peu plus prenant.


Les personnages de ce roman sont, et c’est rien de le dire, hauts en couleur. Sir Jack est sans aucun doute le plus mémorable de tous. Ses lubies et son côté un peu mégalo sautent aux yeux et il est difficile de ne pas le trouver tour à tour complétement fou, stupide ou aberrant. Et pourtant, c’est lui le boss ! J’ai beaucoup aimé le personnage de Martha, et surtout le duo qu’elle forme avec Paul. Ce sont vraiment les trois personnages centraux de ce livre, mais les personnages secondaires (surtout ceux qui travaillent sur l’île) valent aussi leur pesant d’or ! Des personnages très mémorables, à voir si ceux des autres romans de Julian Barnes le sont autant !

England, England est un livre qui intriguera sans doute tous les amoureux de l’Angleterre, dont je fais partie. Si vous aimez ou/et connaissez bien ce pays, vous risquez d’être amusés en découvrant la conception du projet de Sir Jack : comment lui est venu l’idée, les différentes étapes de conception, que choisir, que garder, les animations proposées aux visiteurs, les travaux de construction… Il y a des choses très drôles dans ce roman et qui nous montrent une version très clichée de l’Angleterre. Une pépite très drôle à découvrir, donc.

Au final, j’ai passé un très bon moment avec England, England, malgré quelques petits bémols. C’est un roman que je recommande aux amateurs de littérature anglaise contemporaine ainsi que, plus généralement, à celles et ceux qui adorent l’Angleterre et ont envie de lire un livre où elle y est centrale. De mon côté, je vais m’intéresser de plus près à Julian Barnes !

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cette petite chronique vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire : je vous réponds toujours avec plaisir et j’aime échanger avec vous ! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup ! :)

AnGee.

samedi 18 novembre 2017

Une femme simple et honnête de Robert Goolrick.




Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique ! Vous le savez peut-être mais il n’est pas rare que je prépare des mois à thème, c’est-à-dire des mois au cours desquels mes chroniques sont consacrées à un sujet particulier. Pour ce mois de Novembre, je n’avais rien de prévu si ce n’est l’envie de parler de lectures variées et pas forcément dans le cadre de Challenges (je me suis un peu laissée emporter par les Challenges et défis ces derniers mois, j’avais un peu envie de souffler ^^). Pourtant, tous mes articles se retrouvent à tourner autour d’un même sujet : les femmes. Et ce sera une fois de plus le cas aujourd’hui. J’ai en effet décidé de me pencher sur un roman qui me faisait envie depuis un petit moment, à savoir Une femme simple et honnête de Robert Goolrick, dont le titre seul évoque ce fil rouge de Novembre. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une excellente lecture ! :)

Qui est Robert Goolrick ?
Pour commencer cette chronique, penchons-nous un peu sur la figure de Robert Goolrick. J’ai assez peu trouvé d’informations le concernant, mais voici quelques éléments. Robert Goolrick est un auteur américain, né en 1948 en Virginie. C’est en 2009 que parait son premier roman : A reliable wife, traduit en français sous le titre d’Une femme simple et honnête. Un projet de film aurait été un temps en développement mais semble pour l’instant être passé à la trappe. Il connait un joli succès, particulièrement en France, avec ses romans suivants. Certains reçoivent d’ailleurs des prix, comme La chute des princes. Après l’incendie, son dernier ouvrage, date de 2017.

Une femme simple et honnête :
Résumé :
Wisconsin, tournant du 20ème siècle. Ralph Truitt vit seul depuis longtemps avec ses serviteurs, après le décès de sa femme survenu plusieurs années auparavant. Ce riche veuf n’a avec la population locale, qui lui voue un étrange mélange de mépris et de pitié, aucun lien, aucun contact. Après une longue période de solitude, il décide de se marier à nouveau, utilisant pour cela une petite annonce dans un journal. Annonce à laquelle a répondu Catherine Land, une jeune femme se décrivant comme « simple et honnête ». Mais lorsqu’elle descend du train attendu par Truitt, ce dernier se rend compte qu’elle n’est pas vraiment celle qu’elle disait être… Quels autres secrets cache Catherine ? Quelles sont les véritables motivations de Ralph pour se remarier ? Les deux étrangers finiront-ils par se lier ?

Ce que j’ai pensé de ce roman :
C’est en surfant, comme souvent, sur des blogs littéraires que je suis tombée sur plusieurs chroniques présentant Une femme simple et honnête. Le résumé du roman, ainsi que plusieurs avis très enthousiastes, m’ont donnée envie de me pencher dessus. Je suis tombée dessus pendant la foire du livre de Belfort (the place to be pour moi) et j’ai donc décidé de me l’offrir afin de voir ce qu’il pouvait donner. Après ma lecture, lorsque j’ai reposé le livre, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à deux choses. Tout d’abord : « et bien, je ne m’attendais pas à ça ! ». Puis « la vache, qu’est-ce que c’était bien ! ». Car oui, j’ai adoré ce roman. Voici, en détails, pourquoi j’ai été séduite par la plume de Robert Goolrick.

Ce que je préfère indéniablement dans ce roman, c’est son intrigue, que je trouve particulièrement prenante. C’est d’autant plus surprenant lorsqu’on sait qu’il s’agit d’un premier roman : l’imagination de l’auteur est prodigieuse. Robert Goolrick nous entraîne dans une histoire pleine de secrets de famille, d’histoires amoureuses torturées et torturantes, de complots… Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et je n’ai cessé d’être surprise pendant ma lecture. On va de rebondissements en rebondissements, de surprise en surprise. Si certaines événements sont assez convenus, on fait cependant vite l’impasse dessus tant le reste du roman est étonnant.

Il y a un rythme très soutenu, mis en place dès les premières pages par l’auteur. On commence directement sur le quai d’une gare, alors que Ralph attend Catherine. On démarre « in medias res », en plein cœur de l’action, et ça nous place tout de suite dans une situation intéressante car non seulement nous découvrons Catherine petit à petit, mais aussi Ralph, puisque Robert Goolrick ne nous le présente que vaguement au début du livre.

J’ai eu énormément de mal à lâcher le roman (l’horreur quand il faut reprendre le travail après la pause déjeuner mais qu’on se trouve dans un passage plein de suspens) non seulement pour cette histoire captivante, mais aussi pour l’ambiance. Ma lecture d’Une femme simple et honnête m’a fait penser à d’autres romans que j’aime beaucoup, comme Wuthering Heights, malgré un cadre très différent. C’est une ambiance noire, où les émotions sont reflétées par le monde alentour. J’ai bien aimé les descriptions tant de la demeure de Ralph que de la ville où se rend Catherine. Des descriptions très sensorielles, ce que j’aime.

Penchons-nous maintenant sur les personnages de ce roman. Catherine est, à mes yeux, la plus intéressante, non seulement à cause du mystère qui l’entoure au début du roman et qui se décortique petit à petit, au fil des pages, mais aussi parce qu’elle a beaucoup de « densité ». C’est un personnage que je trouve assez complexe, elle n’est pas unidimensionnelle du tout. Tout comme Ralph, qui fait preuve lui aussi d’une certaine profondeur qu’on ne lui soupçonnait pas forcément au début du roman. Le duo qu’ils forment est passionnant à suivre car chacun laisse tomber petit à petit des barrières, réelles ou inventées, jusqu’au dénouement final.

En revanche, j’ai moins été séduite par le personnage de Tony. A l’inverse de Ralph et Catherine, ses motivations apparaissent comme claires dès son apparition, et je le trouve trop « plat », malgré le fait qu’il soit décrit comme fougueux. Il ne connait pas vraiment d’évolution, en comparaison de autres personnages. Ce que j’ai trouvé un peu dommage. Pour ce qui est des autres personnages secondaires, je n’ai pas grand-chose à redire : ils contribuent à peindre la toile de fond sur laquelle évoluent Catherine et Ralph. 

Vous l’aurez compris, ma découverte d’Une femme simple et honnête est on ne peut plus

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cette chronique vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire ! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup ! :) 

AnGee.

samedi 4 novembre 2017

La rentrée littéraire de PriceMinister: David Bowie n'est pas mort de Sonia David.


Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique ! Nous voilà en Novembre, Noël et la fin de l’année sont presque là, mais avant cela il nous reste beaucoup de choses à découvrir ! Et pour commencer ce nouveau mois en beauté, quoi de mieux qu’un rendez-vous très attendu : celui de la rentrée littéraire organisé par PriceMinister ? Une fois de plus, j’ai eu la chance de participer à cet événement que j’aime beaucoup et qui permet de découvrir les romans de la très célèbre rentrée littéraire française. En ce qui me concerne, j’ai pu recevoir un livre qui m’intriguait beaucoup : David Bowie n’est pas mort de Sonia David. Pourquoi m’intriguait-il ? Car il se trouve que j’ai baigné dès ma naissance dans l’univers de cet artiste complet et qui a su marqué plusieurs générations. Qu’ai-je pensé de ce livre ? Je vous laisse découvrir mon avis avec cette chronique, en espérant qu’elle vous plaise ! :)

La rentrée littéraire de PriceMinister :
Depuis plusieurs années maintenant, le site PriceMinister organise régulièrement des événements littéraires. La Rentrée Littéraire en est un, et chaque année une grande liste de livres est proposée. Le but est simple: en échange d'un livre de la rentrée littéraire, il faut proposer une chronique. Si pendant longtemps seuls les blogs étaient autorisés, il est désormais possible de présenter le livre sur d'autres plateformes, comme les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, YouTube...). Ayant déjà eu l'occasion de participer au cours des années précédentes, je vous invite à suivre les liens ci-dessous: mes précédentes chroniques et le site de PriceMinister.


Qui est Sonia David ?
Démarrons cette chronique dans les formes, avec une présentation de Sonia David. Je dois avouer avoir été bien en peine pour trouver des informations la concernant, car même en utilisant son véritable nom, Sonia Rachline, je ne suis tombée que sur quelques éléments, à savoir qu’elle travaille aussi dans le journalisme, avec une spécialisation dans les magazines de mode type Vogue. David Bowie est son second roman : le premier, nommé Les petits succès sont un désastre, est sorti en 2012. En dehors de ça, je n’ai pas trouvé grand-chose d’autre à son sujet… 

David Bowie n’est pas mort :
Résumé :
Anne, Emilie et Hélène sont trois sœurs proches en âge mais pas forcément dans la vie. Elles ont cependant un point commun, malgré des trajectoires divergentes : celui d’éprouver un fort ressentiment à l’égard de leur mère, la critiquant souvent. Lorsque celle-ci décède, les trois sœurs se retrouvent à devoir gérer un enterrement et tous les à-côtés auxquels on ne pense pas forcément. Quelques mois plus tard, c’est au tour de leur père, avec lequel elles entretiennent une relation encore différente, de mourir. Entre leurs deux parents, c’est le célèbre David Bowie qui s’éteint. Trois décès, trois réflexions sur la mort et le deuil. Voilà ce que nous propose de découvrir Sonia David dans son second roman.

Ce que j’ai pensé du livre :
Si vous êtes des habitués du blog (bonjour à vous ! Et même bonjour à ceux qui découvriraient le Livroscope par hasard, j’espère que ça va !), vous connaissez mes chroniques qui sont parfois à rallonge. C’est un truc qu’on me reproche parfois mais que personnellement j’aime bien, parce que j’aime parler en long, en large et en travers de littérature. Cependant, cette fois, j’ai préféré ne pas trop m’étendre avant de vous donner mon avis, tout simplement parce que je n’avais déjà pas grand-chose à raconter mais aussi parce que je voulais surtout me concentrer là-dessus. En choisissant David Bowie n’est pas mort dans la belle sélection proposée par PriceMinister, j’avoue que j’en attendais beaucoup. Principalement parce que je suis une grande fan de David Bowie (mon prénom/pseudo vient de là, pour commencer) et que donc voir son nom dans un titre de roman, forcément, ça m’intrigue. Mais au final j’ai été pas mal déçue par ma lecture, même si j’en retire quelques points positifs.

J’ai un peu du mal à organiser mes pensées en écrivant cette chronique car il y a tellement de points qui m’ennuient que je ne sais pas par où commencer. Tout d’abord, j’ai énormément, énormément eu de mal avec l’héroïne de ce roman, Hélène. Je n’ai absolument pas réussi à ressentir un attachement quelconque pour ce personnage qui est vraiment à des années lumières de moi et je l’ai de surcroit trouvée extrêmement irritante. Sa façon de parler de ses sœurs et plus encore de sa mère m’agace profondément. Personne ne semble trouver grâce à ses yeux et elle ne peut s’empêcher de critiquer tout le monde pour tout. Difficile de l’apprécier en ce qui me concerne, donc.

J’ai été particulièrement frappée par la façon dont elle parlait de sa mère. Elle la qualifie de « connasse », lui voue un mépris visible et en même temps une sorte de fascination. Elle la critique, s’en moque. Si l’héroïne était une adolescente en plein conflit familial, je ne dis pas, mais là c’est une femme d’une cinquantaine d’année. Je comprends qu’on puisse ne pas aimer ses parents voire les détester mais sa réaction me parait tellement infantile que je ne la trouve pas crédible une seconde. C’est bien dommage…

Point positif cependant : le style de Sonia David. Le livre a vraiment sa patte personnelle, son style bien particulier. Je n’ai pas lu son premier roman et je la découvre ainsi avec ce livre. Contrairement à beaucoup de journalistes qui s’improvisent auteurs de fiction et qui gardent cependant un plume trop journalistique, on ne retrouve pas cet aspect là chez elle et c’est tant mieux. Le livre est plutôt bien écrit : on a l’impression de suivre le flot de pensées d’Hélène, comme elles viennent, ce qui fait que parfois on saute un peu du coq à l’âne, mais c’est une idée que je trouve intéressante. A creuser, donc !

L’intrigue me séduit moins cependant. J’ai trouvé qu’il y avait pas mal de longueurs, voire qu’il ne se passait tout simplement pas grand-chose. Je n’ai rien contre les romans plus « contemplatifs », mais là c’est définitivement trop plat pour moi. Le livre n’est pas très long (moins de 200 pages) mais j’ai tout de même eu du mal à rester accrochée tant ça traînait. J’ai poursuivi ma lecture parce que je me demandais quand et comment David Bowie allait intervenir, et oh boy…

Et c’est là qu’est mon véritable problème avec ce livre : l’utilisation qui est faite de David Bowie. Si vous surfez un peu sur YouTube, vous connaissez sûrement cette fameuse mode du « clickbait » qui a explosé depuis plusieurs mois. Cette pratique est simple : on utilise un titre accrocheur pour faire cliquer les gens sur la vidéo, et le contenu n’a souvent pas ou rien à voir avec le titre. C’est exactement ce à quoi ce livre me fait penser. Les 140 premières pages du livres (qui en fait 170 environ) ne font pas mention du chanteur, qui n’apparait que dans les dernières pages. Et là ce n’est pas même un hommage ou une comparaison véritable avec le décès des parents d’Hélène. Non c’est « tiens, j’aimais bien David Bowie quand j’étais jeune, il est mort entre mes parents ». Voilà. Point. Ce chapitre consacré à Bowie sort de nulle part, comme un cheveu au milieu de la soupe.

Et personnellement, ça m’agace fortement. J’ai l’impression de m’être un peu fait avoir avec ce livre. Alors oui, évidemment, je ne m’attendais pas à un hommage larmoyant au chanteur sur 500 pages, mais mince, 30 pages rapides expéditives à la fin d’un roman qui n’en parle absolument pas… A part pour surfer sur la vague Bowie qui fonctionne bien depuis son décès, je ne comprends pas.

Au final, j’ai donc été déçue par ce roman qui ne correspondait pas du tout à ce que j’espérais. J’ai pu lire quelques avis similaires au mien sur Babelio ou d’autres sites de lecteurs. En fait, si vous lisez ce livre à cause ou pour Bowie, vous risquez d’être vous aussi désappointés. En revanche, si vous aimez les histoires de famille, je pense que vous serez, comme d’autres l’ont été, séduits par ce roman. Dans tous les cas, je vous invite donc à vous faire votre propre avis !

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cette petite chronique vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire ! Si jamais vous avez participé à cette rentrée littéraire de PriceMinister, parlez-moi du livre que vous avez lu ! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup ! :)

AnGee.

Si vous avez aimé...

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...