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dimanche 21 janvier 2018

The Disaster Artist de Greg Sister & Tom Bissell.



Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique ! Aujourd’hui on se retrouve pour un article qui combine deux de mes passions : le cinéma et la littérature ! Il y a quelques années (en 2012, pour être précise), j’ai découvert le film The Room, incroyable nanar devenu absolument culte depuis sa sortie en 2003. Et comme beaucoup, je me suis intéressée à l’histoire de ce film improbable. Alors que le film The Disaster Artist, récompensé récemment aux Golden Globes (au passage : si les accusations d’agressions sexuelles à l’encontre de James Franco se révèlent vraies, ce type est un immonde connard), devrait sortir en mars 2018 chez nous, j’ai eu envie de me plonger d’abord dans le livre éponyme co-écrit par Greg Sestero et Tom Bissell. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une excellente lecture ! :)

The Room, un film so bad it’s good :
Avant de parler plus en détails de The Disaster Artist, je vous propose de nous pencher d’abord sur The Room, film de 2003. The Room est le bébé de Tommy Wiseau, un homme à l’histoire mystérieuse et plutôt riche, dont on connait au final très peu de choses. Après des années à tenter de percer sans succès dans le monde du cinéma, il décide de réaliser son film. Il écrit, produit, réalise et joue même dans The Room, entraînant avec lui son meilleur ami, Greg Sestero, une équipe technique et un casting qui se demanderont plus d’une fois ce qu’ils sont venus faire là. 
The Room raconte l’histoire de Johnny (Tommy Wiseau), banquier de San Francisco à la vie paisible. Alors qu’il doit prochainement épouser Lisa (Juliette Danielle), celle-ci se met à le tromper avec Mark (Greg Sestero) qui n’est autre que le meilleur ami de Johnny. Une histoire de triangle amoureux plutôt banale, comme on en voit dans tous les films du monde. Mais là où The Room devient incroyable, c’est dans ce qu’il est : les acteurs (Tommy en tête) sont le plus souvent à côté de la plaque, probablement parce que les dialogues tiennent à peine debout ; la réalisation ne fait aucun sens, les effets spéciaux sont terrifiants de nullité, et le montage nous laisse parfois béat tellement certaines scènes ne servent à rien.
Depuis sa sortie en 2003, The Room a acquis un statut de film culte, notamment grâce aux reviews sur internet, mais aussi grâce à un cercle de spectateurs fans de la première heure qui ont contribué à faire connaître le film. Suite à la publication de The Disaster Artist, plusieurs projets en rapport avec The Room ont pu se mettre en place : la réalisation d’un film The Disaster Artist mais aussi d’un autre long-métrage, Best F(r)iends, avec Tommy Wiseau et Greg Sestero.
Je vous laisse ci-dessous quelques images de The Room pour que vous puissiez avoir une idée de ce à quoi le film ressemble !



Greg Sestero et Tom Bissell, qui sont-ils ?
The Disaster Artist est un livre paru en 2013 et co-écrit par Greg Sestero et Tom Bissell.
Né en 1978, Greg Sestero a par sa mère des origines européennes (siciliennes et françaises). Il grandit en Californie et tombe rapidement amoureux du cinéma : Greg le sait, il veut devenir acteur. Malgré le peu de soutien de sa mère, qui aimerait qu’il se concentre sur des professions plus accessibles, il se lance à l’adolescence dans le mannequinat puis fait ses premiers pas en tant que figurant dans des séries et films. Il décroche plusieurs petits rôles et enchaîne les auditions, tout en prenant des cours de théâtre et de comédie. C’est ainsi qu’il rencontre en 1998 Tommy Wiseau : malgré les mystères qui entourent cet homme énigmatique, ils deviennent rapidement amis. Tommy loue même un appartement à Greg à Los Angeles afin qu’il puisse plus facilement faire ses auditions. Mais la réalité rattrape Greg et il commence alors à travailler dans la vente, sans abandonner ses rêves de cinéma. Il se retrouve malgré lui attiré dans le projet The Room de Tommy, un tournage épuisant soldé par un échec incroyable.
Tom Bissell, quant à lui, est né dans le Michigan  en 1974. Il y a fait ses études et s’est ensuite tourné vers le journalisme. Tom Bissell a plusieurs cordes à son arc, puisqu’il est aussi bien journaliste cinéma que politique. Il a aussi couvert des opérations militaires américaines. C’est probablement son expertise dans le milieu cinématographique ainsi que l’article qu’il avait écrit sur The Room qui ont fait qu’il s’est retrouvé sur le projet d’écriture de The Disaster Artist.
Après sa parution, le livre a été nominé dans plusieurs prix et connait, avec la sortie du film qui s’en inspire, un renouveau commercial.

The Disaster Artist:
Résumé:
2003. Sur quelques écrans de salles de Los Angeles sort le film The Room de Tommy Wiseau. Les premières séances suffisent à enterrer le film comme une catastrophe cinématographique. Un échec à la fois critique et commercial pour ce film au budget de 6 millions de dollars (une énorme somme !) mais qui deviendra avec les années un long-métrage culte. Greg Sestero nous propose de faire un voyage dans le passé, à la découverte des origines de The Room, en deux temps : d’un côté nous suivons les débuts de l’amitié étrange qui lie le jeune Greg Sestero et le surprenant Tommy Wiseau, entre passion, incompréhension et influence ; et de l’autre nous avons le récit du processus hallucinant de tournage d’un des longs-métrages les plus improbables de l’histoire du cinéma. Un livre sur l’amitié, la passion, témoignage de première main d’un naufrage cinématographique.

Greg et Tommy à l’assaut d’Hollywood:
The Disaster Artist est un livre conçu de la manière suivante : un chapitre porte sur le tournage de The Room, le suivant se focalise sur l’histoire entre Greg et Tommy, puis encore un chapitre sur The Room et ainsi de suite. Si le tournage de The Room est aujourd'hui assez connu, le reste de l'histoire ne l'est pas autant.
Nous suivons donc le jeune Greg Sestero dès son adolescence, alors qu’il commence à se passionner pour le cinéma. Il est déterminé à percer dans ce milieu, et ce coûte que coûte. Il nous raconte alors ses différentes expériences dans le mannequinat, ses castings, les quelques tournages auxquels il participe et comment ses espoirs sont tantôt au plus bas, tantôt ravivés.
En 1998, alors qu’il prend depuis quelques temps des cours de comédie à San Francisco, il rencontre Tommy Wiseau, un drôle d’oiseau : peu importe la scène qu’il interprète, il se distingue par son interprétation loufoque et incompréhensible. Greg ressent pour cet étrange personne une forte attraction et les deux hommes deviennent alors, malgré leurs caractères différents, de vrais amis. Ils ont le même rêve : percer à Hollywood et dans l’industrie du cinéma. Mais malgré tout, l’attitude de Tommy, qui se comporte parfois de façon oppressante et possessive avec son ami, complique parfois leurs rapports…

Ce que j’ai pensé du livre :
Après avoir découvert The Room en 2012, j’ai vu et revu ce film de très nombreuses fois. Il est, à mes yeux, terriblement drôle et je ris toujours autant lorsque je le regarde. Alors forcément, j’étais très excitée à l’idée de savoir que Greg Sestero, accompagné de Tom Bissell, avait écrit un livre pour parler de son expérience sur le tournage de ce film. Je tenais donc absolument à le lire avant de voir (peut-être) The Disaster Artist au cinéma. Allais-je apprendre de nouvelles choses sur The Room ? Mon avis sur ce film allait-il changer ? J’attendais beaucoup de ma lecture. Au final, j’ai passé un super moment avec ce livre, probablement l’un de mes coups de cœur de ce début d’années 2018.

Je ne vous cache pas qu’en commençant ma lecture de The Disaster Artist, j’étais un peu perplexe. En effet, je me suis vite rendue compte que le livre suivant un découpage qu’habituellement je n’aime pas beaucoup : la fameuse alternance de chapitre. C’est-à-dire qu’un chapitre est consacré à la tentative de Greg Sestero de devenir un acteur, le chapitre suivant porte sur le tournage de The Room, un sur Greg, un sur The Room et ainsi de suite. En général, je ne suis pas fan de ce procédé parce qu’on se retrouve souvent avec un livre avec des chapitres forts et des chapitres moins intéressants, créant un effet un peu bancal pendant la lecture. Au final, ici, on échappe à ce problème, car je me suis autant intéressée à l’histoire de Greg à l’assaut d’Hollywood qu’au déroulé catastrophique du tournage de The Room. 



La lecture de The Disaster Artist est donc très homogène. Les chapitres portant sur l’histoire de Greg et son amitié avec Tommy sont aussi importants que le reste car ils nous donnent un vrai background pour mieux comprendre ce duo si mal assorti. J’ai trouvé absolument passionnant leur rencontre, l’arrivée de Greg à Los Angeles et la façon dont leur passion pour le cinéma (et notamment James Dean) les unit.

Si ces chapitres sont aussi intéressants, c’est probablement en raison de de la personnalité de Greg Sestero. Dans le livre, il apparait comme une personne très gentille, très loyale, prête à tout pour aider son ami mais aussi pour vivre sa passion. C’est quelqu’un pour qui j’ai énormément de sympathie : il suffit de le voir en interview pour se rendre compte de sa simplicité et de sa gentillesse. C’est quelqu’un qui a vraiment l’air sympa, et ça transpire dans son livre. Il a aussi beaucoup d’humour et n’hésite pas à faire des petites remarques qui piquent quand il faut. Il a toujours un mot gentil pour ses collègues de The Room, et j’ai trouvé son personnage attachant dans le livre, on a plaisir à le suivre du début à la fin.

Tommy Wiseau, quant à lui, est fidèle à ce que j’imaginais de lui. C’est quelqu’un qui est sur sa propre planète et qui est très mystérieux. Le livre nous donne quelques pistes pour tenter de voir plus clairement qui il est et d’où il vient, mais tout cela est à prendre avec des pincettes : Tommy Wiseau n’a jamais donné la même version ou les mêmes informations concernant sa vie. Il reste donc un vrai mystère. Ce que j’ai trouvé intéressant dans ce livre, c’est le côté ambivalent de Tommy Wiseau. D’un côté, il se montre possessif voir tyrannique avec son entourage : le tournage de The Room en est un bon témoignage. Mais d’un autre côté, il apparait aussi comme quelqu’un de très seul, qui semble ne pas avoir les mêmes repères que les autres, voire un peu en souffrance. Qui est le vrai Tommy ? On ne le saura probablement jamais.

Passons au sujet qui m’intriguait le plus en commençant ma lecture : le tournage de The Room. J’avais déjà vu des interviews dans lesquelles les acteurs racontaient les changements de casting à la dernière minute, les démissions des équipes techniques… Et bien lire The Disaster Artist m’a montré que le tournage avait été encore plus hallucinant que ce que j’avais imaginé. Le premier acteur censé joué Mark viré au dernier moment n’importe comment, les salaires qui ne tombent pas, le matériel qui n’a aucun sens, le budget ridicule alloué aux costumes, les shoots et reshoots, Tommy arrivant plusieurs heures en retard par jour, ses volontés de réalisation qui n’avaient ni queue ni tête… C’est purement impressionnant. Dès le début du tournage, ça sentait la catastrophe.

En plus de nous parler de choses très passionnantes, The Room est un livre qui possède de nombreux qualités. Déjà, je le trouve très bien écrit. Je ne sais pas exactement dans quelles proportions Greg et Tom Bissell sont responsables du produit fini, mais dans tous les cas c’est un livre qui se lit très bien, avec une plume très agréable à lire. Il y a beaucoup d’humour dans ce livre, et du coup ça donne quelque chose de très divertissant et drôle. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et j’étais même un peu triste de ne pas avoir quelques chapitres supplémentaires !

En bref, j’ai été séduite par ma lecture de The Disaster Artist. Je suis vraiment contente d’avoir pu lire ce livre, encore plus passionnant que ce que j’imaginais. Si The Room vous intéresse, je vous le recommande fortement !

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cette chronique mi-cinéma mi-littérature vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire ! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup ! :)

AnGee.

dimanche 31 décembre 2017

Murder on the Orient Express (2017)



Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique ! Les jours se raccourcissent de plus en plus, l’humidité est présente partout et la neige impose sa présence glaciale avec un peu plus de force chaque jour. Une ambiance hivernale et froide qui colle parfaitement au film que j’ai envie de vous faire découvrir aujourd’hui : Murder on the Orient Express, réalisé par le célèbre Kenneth Branagh et adapté du roman éponyme de la non moins célèbre Agatha Christie. Voilà longtemps qu’Hercule Poirot n’avait pas éclairé nos écrans et le voilà avec l’une de ses plus célèbres aventures. Grande fan du personnage, je n’ai pas résisté longtemps à l’envie de vous en parler un peu sur ce blog. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une très bonne lecture ! :) 

Agatha Christie & Hercule Poirot :
Quand on s’intéresse comme moi à la littérature britannique et à ses figures emblématiques, il est difficile de passer à côté d’Agatha Christie et de son célèbre Hercule Poirot, l’un de ses personnages phares. Avec son élégance travaillée, sa moustache au millimètre et ses fameuses petites cellules grises, Hercule Poirot apparait dans plusieurs romans considérés comme classiques aujourd’hui : Meurtre sur le Nil par exemple, ou bien sûr Le crime de l’Orient Express qui nous intéresse pour cette chronique. J’ai déjà eu plus d’une fois l’occasion de me pencher sur Agatha Christie et son travail et je vais donc éviter de me répéter et vous inviter, à la place, à consulter mes précédents articles à son sujet en suivant le lien ci-dessous !


Murder on the Orient Express :
Résumé:
1934. Hercule Poirot, le célèbre détective belge, vient de résoudre une affaire à Jérusalem et n’aspire qu’à une chose : des vacances, bien méritées. Mais sans avoir le temps de dire ouf, il se retrouve sollicité pour une nouvelle enquête. Il doit rentrer à Londres au plus vite et, grâce à son ami Bouc, obtient une place dans l’Orient Express. Le voyage aurait pu permettre à Poirot d’avoir un peu de répit au milieu des voyageurs, mais l’un d’eux, un certain Ratchett, vendeur d’antiquités au commerce plutôt frauduleux, lui demande sa protection. Une protection que le détective refuse. Or, lorsque Ratchett est retrouvé assassiné dans son lit et que le train est immobilisé par la neige, Poirot n’a pas le choix : il doit mettre ses petites cellules grises en action pour tenter de comprendre ce qu’il a bien pu se passer dans l’Orient Express…

Quelques informations sur le film:
Sorti au début de ce mois de Décembre, Murder on the Orient Express est la quatrième adaptation du roman éponyme d’Agatha Christie. Elle a été réalisée par le célèbre Kenneth Branagh : né en 1960, cet irlandais est connu non seulement pour son travail en tant qu’acteur (je pense que la plupart d’entre vous le connait pour son rôle de Gilderoy Lockhart dans le second volet des Harry Potter), de réalisateur mais aussi de scénariste. Il a travaillé sur de nombreux films, comme une série de films adaptés des pièces de Shakespeare ou, plus récemment, le Cendrillon de 2015 ou le film Thor. Sur Murder on the Orient Express, il endosse plusieurs rôles : celui d’acteur, dans le rôle principal, de réalisateur de producteur. Le reste du casting est composé d’acteurs que l’on peut qualifier de stars. On peut citer tout d’abord la grande Judi Dench, accompagnée d’Olivia Colman dans les rôles de la princesse Dragomiroff et de sa dame de compagne, Michelle Pfeiffer dans celui de la croqueuse d’hommes Mme Hubbard, ou encore Johnny Depp dans celui de Ratchett. Des acteurs dont la carrière est en plein essor sont aussi présents : Daisy Ridley (Rey dans Star Wars) ou encore Manuel Garcia-Rulfo, pour ne citer qu’eux.
Le tournage du film a commencé à la fin de l’année 2016, après un long processus de casting (et ça se comprend quand on voit l’importance des différents personnages !), et s’est terminé au printemps dernier.
Depuis sa sortie, le film récolte des critiques plutôt très positives dans l’ensemble et est bien parti pour être un joli petit succès au box-office. Je vous laisse découvrir, ci-dessous, quelques images avec la bande-annonce de Murder on the Orient Express !



Ce que j’ai pensé du film :
Depuis quelques mois, j’ai 25 ans. Un âge en général associé à une certaine maturité et à un état d’adulte plutôt posé. Et pourtant, malgré cette supposée maturité, je dois bien avouer que mes réactions sont parfois (souvent en fait) dignes d’un enfant de quatre gavé de sucre. Et c’est tout à fait comme cela que je qualifierais mon excitation en découvrant, au fil des mois, de nouvelles informations sur la sortie de Murder on the Orient Express. Enormément de choses dans ce projet me donnaient envie de le voir et rendaient l’attente encore plus difficile : parmi ces choses, on peut citer, pêle-mêle, le fait qu’il s’agisse d’une adaptation d’un roman incroyable, qui plus est par Agatha Christie, ou encore le très élégant casting. J’ai donc foncé le voir quelques jours après sa sortie avec l’espoir de passer un bon moment. Alors, qu’est-ce que ça donne ?

Et bien commençons justement par le casting, qui est vraiment l’une des forces de ce film. D’ailleurs, un grand pan de la promotion de Murder on the Orient Express jouait sur ses acteurs à la fois connus et réputés. Voir, dans un seul film, Kenneth Branagh, Michelle Pfeiffer, Judi Dench ou encore Willem Dafoe, ça fait rêver ! J’ai, dans l’ensemble, trouvé ce casting plutôt très bon. Ce que j’ai bien aimé, en premier lieu, c’est le mélange des générations : j’ai mentionné juste avant des acteurs considérés comme des pointures, mais ce film nous propose aussi de retrouver des acteurs dont la carrière est plein essor, comme Leslie Odom Jr., surtout connu au théâtre (et que j’ai trouvé particulièrement bon), ou Daisy Ridley. Elle gagne en confiance à chacun de ses rôles et ça se voit. Gros coup de cœur pour Judi Dench et surtout ma chérie, Michelle Pfeiffer, éclatante comme toujours.

Pour ce qui est de Kenneth Branagh en Hercule Poirot… J’avoue ne pas trop savoir quoi penser. C’est un acteur et réalisateur que je respecte beaucoup, avec énormément de talent et un amour pour le goût du détail qui transpire à l’écran. Si sa performance est plus qu’honorable et respecte plutôt bien le Hercule Poirot des romans d’Agatha Christie, je dois cependant admettre avoir eu du mal à ne pas penser à David Suchet, l’acteur que beaucoup (dont moi) considèrent comme LE Hercule Poirot. De 1989 à 2013, il a incarné le célèbre détective à la télévision et est devenu le visage d’Hercule Poirot. Un visage dont j’ai eu du mal à me détacher !

Intéressons-nous à l’intrigue : par rapport au roman d’Agatha Christie, Kenneth Branagh a pris la décision de rester très près de la structure initiale. Pas de folie ni de gros changements en perspective, même si quelques détails sont modifiés ou ajoutés si on compare le film au texte original. Une bonne chose car j’aime énormément le roman d’Agatha Christie et je ne suis pas sûre que j’aurais apprécié qu’il soit modifié. Si vous connaissez déjà l’intrigue du roman, vous n’aurez donc pas de grosses surprises. Pour les autres… Et bien vous verrez !

Avec une histoire aussi connue, le Challenge est donc de proposer un moyen intéressant, voire innovant, de la raconter. Kenneth Branagh n’en est pas à son coup d’essai en terme de réalisation : depuis 1988, il a réalisé de nombreux films, dont plusieurs adaptations de Shakespeare et des blockbusters (Thor, Cinderella). Ici il propose une réalisation soignée et sobre, avec quelques bonnes idées en terme de cadrage. Par exemple, la scène de la découverte du corps est présentée en vue du dessous, tandis que les interrogations des différents personnages privilégient un cadrage serré.

Il y a aussi un travail visible sur les couleurs, dans des tons plutôt froids, à l’exception de l’ouverture du film. Pour ce qui est des costumes, s’ils sont superbes, ils restent cependant très sobres, loin du clinquant que l’on peut trouver parfois dans ce genre de film. Les personnages ont un look réaliste et c’est quelque chose que j’ai apprécié. Les paysages enneigés sont superbes, la musique l’est aussi. Beaucoup de positif, donc !

Mon seul petit bémol concerne les quelques longueurs dont souffrent parfois le film : rien de bien dramatique, heureusement. Je trouve aussi que, même si très fidèle et bien réalisée, cette adaptation reste très sage et manque un peu de piquant ou d’enjeu. Ce qui n’empêche d’être Murder on the Orient Express d’être un film que je vous conseille si vous avez envie de voir Hercule Poirot sur grand écran !

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cette petite chronique vous plait, n’hésitez pas à me laisser un petit commentaire avec vos impressions ! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup ! :)

AnGee.

lundi 16 octobre 2017

Livroscope's Villains #4: IT, tome 1 de Stephen King (+film de 2017).



Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique placée sous le signe de la peur ! Pour notre nouvelle chronique consacrée aux Villains, je vous invite à nous pencher sur un clown terrifiant que l’on a vu absolument partout ces dernières semaines : Pennywise, du film IT, inspiré des romans éponymes de Stephen King. IT a été (et est toujours) un énorme carton au cinéma et je suis non seulement allée voir le film mais j’ai aussi décidé de me plonger dans les deux tomes du roman. Pour commencer, je vous propose de découvrir le premier d’entre eux, ainsi que mon avis sur le film. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une très bonne lecture ! :)

Livroscope’s Villains :
Pour démarrer sur de bonnes bases, voici quelques informations concernant ce rendez-vous du mois. Depuis la création du blog, j’ai décidé de mettre Halloween à l’honneur chaque mois d’Octobre. Il s’agit de ma période préférée de l’année, alors pour la célébrer, je mets les petits plats dans les grands. Au programme, je vous proposerai dix chroniques consacrées cette année aux méchants, aux villains, aux bad guys. Il y aura de tout : du méchant culte, du livre, de la série télévisée, du cinéma… Bref, beaucoup de surprises sont à venir ! Je vous invite à découvrir mes précédents articles Halloween en suivant le lien ci-dessous !


Stephen King, c’est qui ?
Si vous connaissez le blog, vous êtes sûrement familiers avec le fonctionnement de mes articles : j’aime les commencer en vous présentant les auteurs avant de vous parler de leur livre. Dans le cas de Stephen King, cependant, nous sommes face à quelqu’un dont j’ai déjà eu l’occasion de parler lors de précédentes chroniques. Pour une ancienne édition de mon mois Halloween, j’avais en effet lu un de ses romans les plus connus, Carrie, dont je vous avais parlé sur ce blog. Je vais donc éviter de me répéter et, à la place, je vous invite à suivre le lien ci-dessous pour en découvrir plus sur le célèbre monsieur King !

IT, book 1 :
Résumé :
1958. La petite ville de Derry est sujette à une impressionnante vague de disparitions et décès, touchant notamment les enfants. Beverly, Stan, Bill, Richie, Mike et Eddie, jeunes adolescents, expérimentent d'étranges phénomènes (hallucinations terrifiantes) et parviennent à se débarrasser de "Ça", la créature responsable de tous ces événements. 27 ans plus tard, alors qu'ils ont tous grandi et évolué, ils se retrouvent à revenir à Derry, la menace frappant à nouveau... 

Welcome to Derry !
L'intrigue de IT se déroule en très grande partie à Derry. Derry est en apparence une petite ville américaine tout ce qu'il y a de plus banale. Des petits quartiers, des magasins, une école... Et pourtant,  Derry est loin d'être une ville sereine. Tous les 27 ans, une étrange vague de violence s'abat sur la population. Disparitions, meurtres et agressions s'enchaînent pendant des mois. Les principaux concernés: les enfants. 
Et même entre ces cycles, la violence sévit à Derry. Comment expliquer cela? Qui se cache derrière tout cela? Aucune enquête ne semble jamais pouvoir aboutir, les témoignages parlent tous d'un étrange clown apparaissant sur les scènes de crime. Mais comment un clown pourrait commettre tout cela? 



Ce que j’ai pensé de ce premier tome :
C'est après être allée au cinéma voir la nouvelle adaptation de IT que j'ai décidé de me plonger dans les romans de Stephen King. Les 800 pages du premier tome ne m'ont pas fait peur et je me suis jetée dans les aventures du Club des ratés avec beaucoup d'intérêt. Au final, j'ai plutôt bien aimé ce premier tome, même s'il ne s'agit pas de mon Stephen King préféré.

Je suis loin d'être une experte de Stephen King, n'ayant lu qu'une dizaine de ses romans (sachant qu'il en a pondu environ un milliard) mais j'ai toujours, en général, beaucoup aimé la façon dont il raconte ses histoires.
C'est aussi ici le cas avec une narration que j'ai trouvée intéressante: nous enchainons plusieurs points de vue à travers les différents personnages adultes, qui se souviennent d'épisodes de leur enfance. C'est un moyen réussi de justifier leurs retrouvailles tout en revenant sur les événements traumatisants de l'année 1958. Ainsi, il se passe pas mal de choses, et ça prépare la suite de l'intrigue.

J'ai cependant un petit problème à soulever vis à vis de la narration: j'ai trouvé qu'il y avait pas mal de longueurs. Comme je l'ai mentionné plus haut, le livre fait environ 800 pages (en poche), ce qui est déjà pas mal long même si on a l'habitude des pavés comme moi. J'ai eu le sentiment que l'intrigue partait parfois dans des sous histoires pleines de détails dont on n'a pas vraiment besoin, qu'on se perdait dans des éléments pas forcément judicieux. Un peu comme si, pour aller d'un point A à un point B, on faisait tout un tas de petits détours. J'ai tout de même terminé le livre et j'ai apprécié dans l'ensemble l'histoire, mais ces longueurs me pesaient un peu.

Pour ce qui est des personnages, Stephen King parvient à nous proposer plusieurs personnages principaux et à trouver un équilibre avec chacun d'eux. J'ai la sensation qu'ils sont vraiment tous sur le même pied, qu'ils ont tous leur importance et j'ai beaucoup aimé retrouver chacun d'entre eux à travers les pages. J'ai particulièrement aimé Richie et Beverly, ainsi que Ben. En revanche, j'ai un peu moins accroché à Bill (j'ai été assez surprise d'ailleurs, je m'attendais à ce qu'il soit mon personnage favori).

Il y a non seulement un équilibre dans leur temps de narration (on passa régulièrement d'un personnage à l'autre) mais il y a aussi un bon équilibre entre ce qu'ils sont individuellement et leur façon de fonctionner en tant que groupe. Je pense que ce sera davantage exploré dans le tome suivant, et j'ai hâte de voir ce que ça donnera!

Concernant l'intrigue, à l'exception des longueurs mentionnées plus haut, je ne me suis globalement pas ennuyée. Il se passe énormément de choses dans ce livre, que ce soit en 1958 ou 27 ans plus tard, lorsque nous retrouvons le Club des Ratés. Beaucoup d'événements surprenants, variés, qui font de Derry un endroit bien inquiétant.

Cependant, je n'ai pas franchement eu très peur pendant ma lecture. Je m'attendais à avoir un peu la chair de poule, comme cela m'arrive souvent en lisant du Stephen King et pourtant je n'ai pas été globalement choquée. Peut-être parce que j'avais déjà vu le téléfilm et l'adaptation récente et que du coup une partie de l'effet de surprise n'était plus là. J'ai surtout ressenti une impression de malaise face à ce qu'il se passait. Mais comme Stephen King est doué pour les retournements de situation, le tome 2 risque peut-être de me surprendre! Ce tome sert peut-être à "builder" l'inquiétude pour ce qui reste à venir...

Au final j'ai plutôt bien aimé ce premier tome. Ce n'était pas un coup de coeur pour moi, mais j'étais ravie de retrouver la plume de Stephen King que j'aime beaucoup et j'ai hâte de me plonger dans la suite pour voir ce qu'il va se passer à Derry. En tout cas, je vous en reparle très très vite!

Quelques informations sur le film :
C'est en 1986 que Stephen King publie IT. Comme énormément de romans de l'auteur, l'oeuvre fait rapidement l'objet d'une adaptation, un téléfilm en deux parties diffusé en 1990 et devenu culte grâce à la présence de Tim Curry dans le rôle de Pennywise. 
Stephen King n'a jamais quitté la télévision ou le cinéma mais il fait depuis quelques années un retour assez fracassant sur nos écrans: Under the Dome, Carrie, ou plus récemment The Dark Tower, il est sur tous les fronts. 
Proposer une nouvelle adaptation de IT n'a pas été un projet facile, bien au contraire. L'idée de faire revivre le terrible clown Pennywise remonte à 2009 et plusieurs réalisateurs se succéderont. C'est au final l'argentin Andy Muschietti, déjà connu dans le milieu du film-qui-fait-peur pour Mama, qui se sera choisi pour réaliser IT. 
Autre grosse difficulté pour le film: caster Pennywise. De nombreux acteurs passent des castings, et c'est au final Bill Skarsgard, d'Hemlock Grove, qui est choisi. Pour le reste du casting, on retrouve Jaden Lieberher dans le rôle de Bill, Wyatt Oleff dans celui de Stan, Jeremy Ray Taylor dans celui de Ben, Sophia Lillis dans celui de Beverly, Finn Wolfhard dans celui de Richie, Chosen Jacobs dans celui de Mike et Jack Dylan Grazer dans celui d'Eddie. 
Le film est déjà un énooooorme carton non seulement aux Etats-Unis mais aussi dans le monde entier, et une suite est prévue pour 2019. 
Je vous laisse regarder la bande-annonce pour voir ce que ça donne!



Mon avis sur le long-métrage :
S'il y a bien un film dont tout le monde et son chien ont entendu parler cette année, c'est IT! Sorti dans les salles obscures en Septembre, le film a bénéficié d'une promo assez monstrueuse et s'est rapidement transformé en énorme carton. En ce qui me concerne, j'avais très, très envie de voir ce film, malgré ma peur des clowns (impossible pour moi de m'approcher d'un cirque, c'est beaucoup trop d'angoisse). Alors lorsque j'ai pu aller le voir, je n'ai pas hésité... Et j'ai été assez déçue. Mais avant de me jeter des pierres, laissez-moi vous expliquer pourquoi

Il suffit de regarder les premières minutes de IT pour se rendre compte que le film a été pensé et réalisé avec énormément de soin. C'est loin, très loin d'être un film bâclé, bien au contraire. J'ai aimé énormément d'aspects de ce long-métrage et je tiens à en parler avant de me pencher sur ce que je n'ai pas apprécié.

Le casting est déjà, dans son ensemble, très bon. J'ai en général du mal à regarder des films avec des jeunes acteurs car parfois leur jeu manque de crédibilité mais ici nous avons droit à de jeunes acteurs prometteurs et plutôt talentueux. Mes coups de coeur: Jack Dylan Grazer, qui joue Eddie, Sophia Lillis et bien sûr Fini Wolfhard de Stranger Things (une série qui mériterait son article sur le blog, à l'occasion). Quant à Bill Skarsgard, il est vraiment super. Je ne suis absolument pas objective en ce qui le concerne, mais je trouve formidable. Il est investi dans son rôle et il aurait mérité bien plus de temps à l'écran.

J'apprécie également l'effort très visible qui a été fait pour créer une vraie identité et une ambiance particulière au film. La réalisation est soignée, avec des plans judicieusement cadrés. On utilise les couleurs, l'environnement (l'eau, la forêt) et les espaces clos avec intelligence pour créer une identité assez forte. C'est montré notamment dans le nombre de références faites non seulement au roman mais aussi à l'oeuvre de Stephen King en général.  Le film est visuellement beau, et c'est un bon point.

J'en arrive à présent à un premier point qui me laisse une impression mitigée. L'intrigue. Maintenant que j'ai lu le premier tome, je peux vous dire que ce qu'il se passe dans le film est globalement assez fidèle au roman, avec tout de même des changements et des scènes coupées (ce qui est normal: adapter un livre de 800 pages de façon fidèle relève du défi). Il se passe pas mal de choses mais je n'ai pas pu m'empêcher de trouver le film assez ennuyant et longuet par moment. Il y avait pas mal de scènes que je trouvais ou superflues ou beaucoup trop longues.

Et ce que je trouve le plus décevant dans le film, c'est que je n'ai absolument pas eu peur du tout. Et pourtant, je suis une grosse chochotte. Les trailers m'avaient terrifiée et je ne peux pas m'empêcher de ressentir un fort malaise quand je suis à proximité de clowns. Et pourtant, IT ne m'a pas fait peur une seule fois. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cela: déjà, le fait que je me trouvais dans une salle pleine à craquer avec en majeure partie des ados bruyants qui discutaient ou envoyaient des SMS. Pour se mettre dans l'ambiance, c'est moyen. Ensuite, le film joue pas mal sur la fameuse technique du jumpscare, très à la mode ces dernières années et qui ne marche pas très bien sur moi.

Deux autres points peuvent expliquer mon manque de réaction face au film: contrairement au livre, où adultes se mêlent aux enfants, le film se concentre vraiment sur les jeunes ados avec lesquels j'ai eu du mal à m'identifier. La scène finale m'a fait penser à un épisode de Scooby-Doo... Enfin, j'ai trouvé qu'il y avait un vrai problème avec le clown: on voit tout de suite qu'il est méchant. Comparé au clown du téléfilm, qui ressemble à un clown qu'on pourrait voir dans n'importe quel cirque, celui-ci est tellement travaillé dans son costume et son maquillage qu'on comprend immédiatement qu'il est méchant. Je trouve que ça enlève une grosse partie de la tension qu'on pourrait ressentir.

IT est un film bien fait et bien réalisé avec un beau casting, mais qui n'a pas réussi à me provoquer le sentiment de peur que j'attendais. J'en suis sortie un peu déçue. Je sais que beaucoup de monde a adoré ce film, donc ne vous fiez pas forcément à mon avis et n'hésitez pas à aller le voir par vous même :)

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! Mais je n’en ai pas fini avec IT, j’ai bien l’intention de vous présenter prochainement le second tome, toujours pour ce mois Villains. J’espère que cette chronique vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire, je me fais toujours un plaisir de vous répondre. On se retrouve très vite avec un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup ! :)

AnGee.

jeudi 28 septembre 2017

The Beguiled de Thomas Cullinan.



Bonjour à tous et à toutes,

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique ! On se retrouve une fois de plus pour parler non seulement livre mais aussi cinéma, avec une lecture réalisée dans le cadre du Challenge LEAF du Manège de Pyslook. C’est un film sorti tout récemment que je vous propose de découvrir aujourd’hui, ainsi que le roman qui l’a inspiré. Il s’agit de The Beguiled (Les proies en version française), écrit par Thomas Cullinan et réalisé par Sofia Coppola. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une excellente lecture ! :)

Le challenge LEAF :
Pour commencer cette chronique, j’avais envie de vous parler un peu du Challenge LEAF qui pourrait intéresser certains d’entre vous. Ce Challenge a été lancé il y a déjà un petit moment par Psylook du Manège de Psylook. Illimité dans le temps, ce Challenge est simple : il suffit de chroniquer des livres qui ont été adaptés en films ! Et quand on voit le nombre d’adaptations qui sortent chaque année, il y a de quoi se faire plaisir. Si vous avez envie d’en savoir plus sur ce Challenge ou de découvrir les livres que j’ai déjà chroniqués, je vous laisse suivre les liens ci-dessous !


Quelques mots sur Sofia Coppola et Thomas Cullinan : 
Comme notre article touche non seulement à la littérature mais aussi au cinéma, je vous propose de nous focaliser à présent sur Thomas Cullinan, l’auteur de The Beguiled, et sur Sofia Coppola, qui s’est chargée de son adaptation récente.
Thomas Cullinan est un auteur américain né dans l’Ohio en 1919. Après ses études, au cours desquelles il s’intéresse déjà à la littérature et, plus précisément, au théâtre, il mène en parallèle une carrière de scénariste pour la télévision et un travail en tant qu’auteur. The Beguiled, paru en 1966, est le premier de ses quatre romans. Il se trouve aussi être son œuvre la plus connue, notamment grâce à une adaptation au cinéma en 1971 par Don Siegel (réalisateur à la filmographie impressionnante) avec, dans le rôle de John McBurney, le célèbre Clint Eastwood. Thomas Cullinan décède en 1995.
Née en 1971, Sofia Coppola vient d’une famille où le cinéma est extrêmement important : son père n’est autre que Francis Ford Coppola, mondialement connu pour entre autres pour la trilogie Le Parrain. Elle est aussi la sœur de Roman Coppola, réalisateur et scénariste, et cousine des acteurs Jason Schwartzman et Nicolas Cage. Après un début de carrière d’actrice pas vraiment réussi, elle se tourne un temps vers la mode avant de revenir au cinéma par la réalisation. En 1999, son premier long-métrage, Virgin Suicides, la fait connaître du grand public et lui apporte une reconnaissance critique. A ce jour, elle a réalisé six films, dont Marie-Antoinette et The Beguiled, son petit dernier. Mariée, elle est aussi maman de deux enfants.

The Beguiled :
Quelques informations sur le film :
Sorti il y a quelques semaines en France, The Beguiled de Sofia Coppola est donc la seconde adaptation du roman de Thomas Cullinan. Sofia Coppola n’en est pas à son coup d’essai en matière d’adaptation, comme en témoigne par exemple son travail sur Virgin Suicides. Avec un petit budget de 10 millions de dollars (petit quand on compare aux autres productions actuelles), le tournage du film s’est déroulé pendant la fin de l’année 2016 avant d’être présenté, avec succès, au festival de Cannes. Je dis avec succès car Sofia Coppola a remporté un prix pour la réalisation du film lors du festival. Le film est porté par un casting de stars, dont certaines sont des habituées de la réalisatrice : Edwina Morrow est par exemple jouée par Kirsten Dunst, qui a déjà collaboré de nombreuses fois avec Sofia Coppola, tout comme Elle Fanning, qui interprète ici Alicia. On retrouve aussi Colin Farrell dans le rôle de John McBurney, et Nicole Kidman dans celui de Miss Martha. Je vous invite à jeter un œil ci-dessous à la bande-annonce, pour vous faire une idée de ce à quoi le film peut ressembler ! :)

L’intrigue : 
1864. Virginie. La guerre de Sécession, qui oppose les sudistes et les nordistes, fait rage près de l’école pour jeunes filles de Miss Martha. L’établissement est déserté et ne compte plus que quelques occupantes. Un jour, en allant cueillir des champignons, la jeune Amélia tombe sur John McBurney, soldat nordiste gravement blessé. Malgré leurs appréhensions, les demoiselles de l’école décident de recueillir et de soigner le soldat avant de décider quoi faire. Petit à petit, John gagne le cœur d’Edwina Morrow, mais séduit aussi une à une les autres pensionnaires… 

Un huis clos sur fond de guerre :
Le roman de Thomas Cullinan, tout comme le film, se déroule en 1864, en Virginie. Le lieu et la date de l’intrigue sont particulièrement importants car, comme on le comprend dès les premières minutes/pages de ces œuvres, la guerre est omniprésente. Quelle guerre, me demanderez-vous ? La guerre de Sécession. 
La guerre de Sécession n’est pas forcément un conflit que nous connaissons bien en France car il est vraiment spécifique aux Etats-Unis. A l’époque, le pays est loin d’être celui que nous connaissons aujourd’hui et n’est pas composé d’autant d’états. En 1861, un conflit éclate entre ce qu’on appelle l’Union, constituée d’états principalement situés dans le Nord du pays et menée par Abraham Lincoln, et les « Confederates », à savoir les états du Sud. Appelée « Civil War » là-bas, le terme « sécession » fait référence à la volonté des états confédérés de se séparer du reste du pays en raison de divergences sur la question esclavagiste. Abraham Lincoln est opposé à l’esclavage et souhaite son abolition, une décision à laquelle les états sudistes sont opposés : leur économie repose en très large partie sur cette main d’œuvre d’esclaves qui peuplent non seulement les champs mais aussi les demeures.
Lorsque le conflit démarre, les soldats sont d’abord embauchés pour de courtes périodes (quelques mois en général) car on pense que les batailles ne dureront pas. Mais comme souvent, la guerre s’éternise et se prolonge jusqu’en 1865. Elle s’achève par une victoire nordiste. 
La Virginie est un état sudiste, esclavagiste. Les pensionnaires de l’école de Miss Martha sont imprégnées par cette culture, et on retrouve aussi un personnage d’esclave, Mathilda, qui sert de cuisinière dans la maison mais se charge aussi de tout ce qui est jardin et de toutes les activités domestiques. A l’opposé, on retrouve donc John McBurney, lui un soldat de l’Union. Son arrivée risque de causer plus d’un trouble…

Ce que j’ai pensé du livre et du film :

C’est jeune adolescente que j’ai découvert le cinéma de Sofia Coppola. J’ai tout de suite adhéré à son travail et je suis devenue une fan quasi inconditionnelle (certains de ses films me parlent moins que d’autres, évidemment). J’ai donc attendu la sortie de The Beguiled avec impatience, en espérant être aussi séduite par ce long-métrage que par les autres. Il m’a aussi permis de découvrir l’existence du roman de Thomas Cullinan, que je ne connaissais pas, que je me suis offert après être allée au cinéma. Qu’ai-je donc pensé du roman et de son adaptation ? 

Commençons par le film, puisque c’est lui que j’ai vu en premier. Mon avis global sur ce long-métrage est plutôt positif, même si j’ai une ou deux petites réserves. Commençons par ce qui est selon moi le gros, gros point fort du film : le casting. J’étais déjà presque conquise avant même de voir le film car j’adore deux des acteurs présents dans le film : Kirsten Dunst, à qui j’ai consacré un cycle cinéma il y a environ un siècle, et Colin Farrell, my forever crush. Je connaissais un peu moins bien les autres acteurs, et j’ai un rapport assez compliqué à Nicole Kidman. Dans ce film, cependant, j’ai trouvé chacun des acteurs très convaincants. Ils portent tous à leur manière le film et on sent toutes les tensions, toutes les émotions avec beaucoup de force. 

Mon autre coup de cœur du film est sans nul doute le travail de Sofia Coppola. Alors on aime ou on n’aime pas, mais en ce qui me concerne, c’est une réussite. The Beguiled est un film avec une identité visuelle bien marquée : que ce soit les costumes, les décors, les couleurs, on sent que tout est soigneusement pensé et conçu. J’ai particulièrement aimé le travail sur la lumière, que ce soit celle naturelle de l’extérieur ou celle plus intimiste des petites pièces de la demeure. C’est visuellement un joli film. 

Pour ce qui est du reste, je suis en revanche un peu plus sceptique. Par reste, j’entends personnages et intrigue. J’ai mentionné le très bon travail des acteurs et je reste sur ma position : ils sont effectivement très bons. C’est plutôt dans la conception des personnages qu’il manque quelque chose : je trouve qu’ils ne sont pas assez développés et qu’on a au final assez peu d’informations les concernant et qui pourraient nous aider à comprendre davantage leurs motivations. D’un côté, ça laisse une ouverture au spectateur qui peut ainsi imaginer ce qu’il souhaite, mais je n’ai jamais été une grande fan de cette technique.

L’intrigue me donne une impression similaire car si j’ai beaucoup aimé le début, j’ai trouvé que le film souffrait ensuite de pas mal de longueurs. Je n’étais pas trop inquiète au départ car Sofia Coppola a toujours eu un côté assez contemplatif dans ses films, mais j’attendais tout de même un twist final plus « dramatique », plus intense que celui auquel on a eu droit. Je reste un peu sur ma faim, donc.

Passons au roman. Je ne connaissais pas du tout Thomas Cullinan avant de me plonger dans ce livre, et j’ai tout d’abord beaucoup aimé sa façon d’écrire. Ce n’est pas tant le style, au final assez discret, qui me plait, que son habilité à nous mettre dans la peau des personnages. Il parvient avec brio à créer des héroïnes vives, aux caractères et motivations bien définis.

Les personnages, plus nombreux que dans le film, sont aussi très différents. Ils complètent non seulement ce qu’on trouve dans le film, mais apportent aussi un éclairage qui montre ce que Sofia Coppola a pu apporter de différent à l’intrigue. J’ai particulièrement aimé le personnage d’Edwina, que je trouve très complexe. J’ai également trouvé judicieux le fait que John McBurney ne soit vu qu’à travers les yeux des jeunes filles. Cela crée une distance intéressante avec ce personnage !

Il se passe également davantage de choses dans ce livre : il y a davantage de péripéties et de sous intrigues tournant non seulement autour des relations entre John et les pensionnaires, mais aussi autour de Miss Martha. Chaque personnage a son lot de choses à cacher et/ou à régler. Il y a également des thèmes qu’on ne retrouve pas dans le film : l’esclavage, l’alcoolisme, l’argent…

Au final, si j’ai beaucoup aimé le film de Sofia Coppola, j’ai également énormément aimé le roman de Thomas Cullinan. Ils sont très intéressants pour les deux et ça me donne envie de me plonger davantage dans le travail de Thomas Cullinan. J’avais également envie de me lancer dans un Challenge personnel sur la guerre de Sécession, il y a quelques temps, et ça motive à m’y remettre ! En tout cas, si vous jetez un œil à l’un ou à l’autre, n’hésitez pas à me le faire savoir avec un petit commentaire ! J

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cette chronique vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir avec un petit commentaire, je vous réponds toujours avec plaisir ! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup ! :)

AnGee.

vendredi 8 septembre 2017

Disney Graphics de Marc Aumont & Bunka.





Bonjour à tous et à toutes!

Je suis AnGee du Livroscope, j'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique! Si vous me suivez sur le blog ou sur les réseaux sociaux, vous connaissez déjà très probablement ma passion pour Disney, ses films et son parc d'attractions français. Je consacre régulièrement des chroniques à cet univers, et aujourd'hui je vous propose de nous pencher sur un livre que j'ai lu récemment et qui risque d'intéresser les fans de notre cher Walt: Disney Graphics, publié chez Hachette. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une très bonne lecture! :)


Marc Aumont et Bunka: qui sont-ils?
Derrière Disney Graphics se cachent deux personnes: Marc Aumont et Bunka. Mais qui sont-ils? Marc Aumont, pour commencer, s'est chargé d'écrire le texte de ce Disney Graphics. J'ai trouvé relativement peu de choses le concernant, si ce n'est qu'il a déjà travaillé sur des ouvrages similaires, comme L'encyclopédie des garçons ou sur Les grands classiques Disney en infographies, qui sortira prochainement. Bunka, quant à lui, est le nom utilisé par Yann le Nevé, graphiste et illustrateur connu notamment pour ses Chaos Monkeys ou son travail sur Star Wars Graphics, un livre similaire à celui que je vous présente aujourd'hui. Je vous laisse le lien de son site internet ci-dessous!


Disney Graphics:

Résumé:
Tout le monde connait le monde enchanteur de Disney: un univers qui comprend des centaines de films, plusieurs parcs d'attractions et qui brasse chaque année une véritable fortune. Marc Aumont et Bunka nous proposent de nous pencher sur ce monde qu'on pense tous connaître par le biais de l'infographie: statistiques, présentation de personnages, historique de la compagnie... Tout y passe! Un livre plein de sidekicks, de citations et d'anecdotes variées sur les films cultes venus de chez la plus célèbre souris du monde!


Ce qu'on trouve dans ce livre:
Alors, que trouve-t'on précisément dans Disney Graphics? Et bien, un peu de tout mon capitaine!
Le livre se présente comme une encyclopédie un peu particulière autour de l'univers Disney: au lieu d'enchaîner les faits ou de proposer une liste d'éléments de façon très classique (par ordre alphabétique, par exemple), c'est l'infographie qui est privilégiée: à travers les pages, l'histoire et de nombreuses anecdotes sur les célèbres studios sont proposées avec des statistiques et des illustrations ludiques et colorées.
Le livre se découpe en plusieurs parties, présentant par exemple l'histoire, la vie de Walt Disney, ou bien les personnages, les schémas narratifs, les side-kicks et les méchants. La durée des films est analysée, le nombre de Picsou magazines compté, les arbres généalogiques détaillés... Une petite mine d'or!


Un concept qui s'étend:
Avec son concept original de présenter l'univers Disney à l'aide d'infographies, Disney Graphics semble avoir séduit. C'est donc sans grande surprise que l'idée s'est développée pour d'autres thématiques. Il existe par exemple des livres "graphics" pour d'autres univers: en tête, on retrouve Marvel, avec une présentation des héros, des villains, des films...  Une autre version, c'est celle autour de Star Wars, s'intéressant à la célèbre saga de George Lucas. 
Disney est un filon prometteur, puisqu'en plus de cet ouvrage, des produits dérivés existent déjà: un calendrier, par exemple, mais aussi une boite de jeu type quizz autour de Disney. En faisant mes recherches sur ce livre, je me également aperçue qu'un livre spécial Grands classiques Disney allait prochainement sortir. Une bonne nouvelle pour les fans! 


Ce que j'ai pensé du livre:
C'est dans les rayons des librairies que j'ai d'abord vu pour la première fois Disney Graphics. Grande passionnée de Disney, j'ai tout de suite été intriguée par la couverture colorée et les personnages à la silhouette distinctive. Après avoir beaucoup hésité à me l'offrir, j'ai fini par craquer. Au final, j'ai beaucoup aimé Disney Graphics, même si je ne le recommanderais pas à tout le monde.

Commençons par le gros point fort du livre: son originalité. Je trouve le concept de proposer une présentation de Disney par de l'infographie très sympathique, c'est une idée vraiment originale et qui me plait beaucoup. J'ai vu que le Star Wars Graphics existe aussi, tout comme la version Marvel. Pourquoi ne pas étendre encore plus cette idée? Une petite collection complète serait chouette!

A cette idée originale s'ajoute aussi un design unique et très coloré. Je ne connaissais pas du tout le travail de Bunka avant de me plonger dans ce livre et je dois dire que le rendu me plait énormément: les lignes droites, les figures géométriques, les couleurs vives et qui correspondent bien aux personnages... C'est un vrai beau livre!

Le livre est, comme je l'ai mentionné un peu plus haut, divisé en catégories. C'est une bonne idée, qui permet ainsi de couvrir un large éventail de thématiques et d'explorer Disney de A à Z. On parle aussi bien des Silly Symphonies que des Pixar les plus récents, des princesses et magiciens. Tout, ou presque, est présenté!

En revanche, j'ai tout de même deux petits bémols à relever: mon premier problème réside dans le choix de l'écriture. La police en elle-même est très bien, mais les couleurs sélectionnées et la taille du texte font qu'il n'est pas toujours facile de lire ce qui est écrit. C'est écrit très, très petit, et la couleur des mots est parfois si proche de celle de la page qu'il faut plisser les yeux de toutes ses forces pour voir quoi que ce soit...



Mon second petit bémol, c'est qu'en fait on apprend pas vraiment grand chose avec ce livre. J'aime énormément Disney et je pense connaître pas mal de choses sur cet univers, mais je suis loin d'avoir une connaissance encyclopédique. Je pensais donc découvrir quelques trucs en lisant ce livre, mais à part une ou deux anecdotes, ou des faits un peu marrants, je reste un peu sur ma faim. 

Cela m'entraîne vers mon point suivant: je pense que ce livre est vraiment à réserver aux fanas de Disney. Si vous adorez les films Disney, vous apprécierez ce livre comme moi je l'ai apprécié. Par contre, si vous cherchez juste un livre pour apprendre des choses sur Disney, vous risquez d'être un peu déçus. 

En ce qui me concerne, j'ai donc plutôt bien aimé ma lecture, et je pense me pencher sur la version Star Wars, qui m'intrigue beaucoup, ainsi que sur le livre consacré aux classiques qui sortira prochainement. Peut-être que je vous en parlerai sur le blog! :)

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette chronique vous plait, n'hésitez pas à me le faire savoir par commentaire, je vous réponds toujours avec plaisir! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup! :)

AnGee.

Si vous avez aimé...

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