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samedi 28 avril 2018

Houdini, magicien et détective, tome 1: Metamorphosis de Vivianne Perret.



Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique ! Aujourd’hui, je vous propose de nous lancer ensemble sur un terrain que j’affectionne particulièrement : celui du roman policier historique. J’ai toujours été passionnée par les enquêtes et les détectives, mais depuis que je suis adolescente ma préférence va sans discuter aux aventures se passant à une autre époque. La faute, sûrement, au Dupin d’Edgar Allan Poe ou encore à ce bon vieux Sherlock Holmes. Alors, lorsqu’en me promenant au milieu des libraires présents aux Quais du Polar 2018 je suis tombée sur une série de romans mettant en scène l’illustre magicien Houdini, je n’ai pas hésité à me lancer dans le premier tome. Intitulé Metamorphosis, il se déroule dans le San Francisco de la toute fin du 19ème siècle… En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une excellente lecture ! :)

Qui est Vivianne Perret ?
Démarrons notre chronique en beauté avec quelques mots sur Vivianne Perret, l’autrice de Metamorphosis que j’ai eue l’occasion de rencontrer lors des Quais du Polar 2018. Née en 1961, Vivianne Perret est une vraie passionnée. Passionnée d’Histoire avec un grand H, d’abord, mais plus généralement de cultures et de langues diverses. Ces différentes passions l’amènent à multiplier les casquettes : elle est, à la fois, écrivaine, historienne, mais aussi scénariste et chroniqueuse à la radio. Ses livres conjuguent ses amours pour l’histoire et l’écriture. Sa bibliographie comprend notamment la série des Houdini, magicien et détective (quatre tomes à ce jour), des ouvrages thématiques sur, par exemple, l’histoire du surnaturel, ou encore une biographie de Louisa May Alcott. Si vous avez envie d’en découvrir davantage à son sujet, je vous invite à faire un petit tour sur son site internet, que je vous laisse en lien ci-dessous !


Houdini, magicien et détective :
Résumé :
1899, San Francisco. Le jeune Jim, petit voleur des rues, croise un jour le chemin d’Harry Houdini, un magicien qui commence à faire parler de lui grâce à ses impressionnants numéros d’évasion. Devenant son assistant, Jim découvre la vie menée par Harry et son épouse, Bess. Mais alors qu’Harry se prépare pour son spectacle, Ong Lin Foon, un riche marchand du quartier chinois, lui demande de l’aide pour retrouver sa nièce, kidnappée alors qu’elle devait le rejoindre depuis la Chine. De peur qu’elle soit revenue pour se prostituer, le marchand compte sur le magicien pour utiliser ses talents afin de la sortir d’un destin tragique. Aidé de son épouse, Houdini se retrouve alors sur un terrain nouveau pour lui : celui de l’enquête !

Houdini, magicien plus que célèbre !
Pour cette série de romans policiers historiques, Viviane Perret a choisi comme héros un célèbre magicien ayant bel et bien existé : Harry Houdini, plus souvent appelé Houdini, tout simplement. Mais qui étaient Houdini et la femme qui partageait sa vie, Bess ?
Né Erik Weisz en 1874, le futur Harry Houdini est, par ses parents (qui lui donneront six frères et sœurs), d’origine austro-hongroise. La petite famille déménage en 1878 aux Etats-Unis et passe quelques années dans le Wisconsin, un tout jeune état dont une forte partie de la population est constituée d’immigrés de pays germaniques. Le père d’Harry s’y établit comme rabbin avant un nouveau déménagement à New York.
La vocation d’Harry pour la scène et pour la magie commence dans son enfance et c’est donc sans surprise qu’il s’oriente vers cet univers en 1891, lançant officiellement sa carrière de magicien. Son nom de scène, Harry Houdini, serait inspiré de deux grands magiciens : Robert-Houdin, magicien français que beaucoup considèrent comme l’un des pionniers en la matière, et Harry Kellar, magicien américain connu pour ses numéros d’illusion grandioses (les plus célèbres consistaient à faire léviter une femme, ou encore à faire flotter sa tête comme s’il avait été décapité). Ses premiers spectacles, il les fait avec l’un de ses frères, puis avec Wilhelmina Rahner, alias Bess, qu’il épouse en 1894. Les deux époux possèdent, en plus d’une ascendance européenne similaire, une passion pour la scène et le spectacle (Bess avait en effet, avant d’épouser Harry, fait plus d’un spectacle de danse et de chant). Bess devient donc l’assistante d’Harry et le couple tournera ensemble pendant plusieurs années.
Les débuts d’Harry et de Bess sont difficiles, mais l’année 1899 marque un tournant pour eux : ils reçoivent un gros coup de pouce du manager Martin Beck, qui leur permet de se faire connaître et de tourner non seulement aux Etats-Unis mais aussi en Europe. Houdini crée la sensation partout où il passe, grâce à ses numéros impressionnants d’illusion et d’évasion. Il se sert habilement, également, de la publicité : il propose aux forces de police des villes qu’il visite de l’attacher avec des menottes. A chaque fois, il s’en sort, renforçant encore son mythe. 
Son activité de magicien ne se limite pas aux spectacles. En effet, il écrit également des articles dédiés à des magiciens célèbres ou au monde de la magie en général ; il sera également la figure de proue de la Society of American Magicians. Il entretiendra une relation complexe au spiritisme : il est à la fois fasciné par l’idée de pouvoir communiquer avec l’au-delà et agacé par les arnaques de faux voyants.
Harry Houdini meurt en 1926. Bess, qui aura été une figure clé de sa vie, organisant et gérant les coulisses de ses spectacles, lui survivra jusqu’en 1943.

La communauté chinoise de San Francisco :
L’un des grands aspects de ce premier tome d’Houdini, magicien et détective est le lieu de l’action : San Francisco, en 1899, et plus particulièrement sa communauté chinoise, ou Chinatown. Loin d’être une experte dans ce domaine avant de me plonger dans le livre, j’ai décidé de faire quelques recherches après ma lecture pour en apprendre davantage.
Le livre de Vivianne Perret nous présente une communauté chinoise assez forte numériquement : l’émigration chinoise à San Francisco s’est développée de façon importante au début de la seconde moitié du 19ème. La Californie est à l’époque en pleine ruée vers l’or, appelée en anglais Gold Rush. Nombreux sont les hommes à tenter leur chance pour trouver des mines. Les premiers immigrants chinois sont presque exclusivement des hommes, qui représentent alors une main d’œuvre considérable. Le quartier de Chinatown se développe rapidement, avec ses commerces, restaurants, mais aussi sa criminalité : Vivianne Perret parle par exemple des Tongs, un gang dangereux qui est notamment connu pour ses assassinats…



Cependant, la criminalité ne touche pas que les hommes. Les chinoises sont aussi concernées : alors qu’elles font petit à petit leur apparition à San Francisco, certaines d’entre elles se retrouvent forcées (certaines se font même enlever) à la prostitution. Entre alors en scène une femme très importante, personnage également présent dans le roman : Donaldina Cameron (1869-1968), presbytérienne en charge d’une mission et qui dévoua son temps à libérer des chinoises forcées à la prostitution. On lui attribue la libération d’environ 3000 d’entre elles, et elle milita pendant des années contre les traitements infligées aux femmes chinoises.
Le développement de la communauté chinoise ne se fit pas sans heurt : San Francisco s’échauffe dans des conflits racistes et en 1882 est promulgué le Chinese Exclusion Act, visant à interdire l’immigration féminine et à restreindre drastiquement l’arrivée des hommes. 
C’est donc dans ce contexte particulièrement tendu que se déroule l’intrigue de Metamorphosis, entre assassins, prostitution, maisons de jeux et trafics en tous genres…

Ce que j’ai pensé de ce livre :
En déambulant dans les allées des Quais du Polar, mon regard flottait d’un titre à l’autre. Comme toujours dans cet événement littéraire lyonnais, les romans étaient nombreux et il y avait de quoi plaire à tout le monde. Je ne cherchais rien de particulier puis, tout à coup, mes yeux sont tombés sur les couvertures colorées de Vivianne Perret, ornées du visage d’Houdini. Rien que dans le titre de la série, on pouvait trouver trois choses que j’adore : Houdini, une figure que je trouve fascinante et qui m’intéresse énormément depuis que j’ai découvert sa relation à Arthur Conan Doyle en travaillant sur mon mémoire de recherche ; la magie (j’ai fini à l’hôpital parce que j’avais avalé une pièce de monnaie quand j’étais petite, en essayant de faire un tour de magie dans mon lit) ; et les détectives. J’adore les enquêtes se passant au 19ème siècle et au début du 20ème siècle, là où les techniques d’investigation moderne n’avaient pas grand-chose à voir avec nos méthodes actuelles. Aussi, je n’ai pas hésité longtemps avant d’offrir puis de me plonger dans ce roman que j’ai beaucoup aimé.

Une des raisons pour lesquelles j’adore les romans historiques, c’est qu’ils me posent souvent à faire des recherches ou à m’intéresser à différents lieux et différentes périodes. C’est exactement ce qu’il s’est produit avec ce roman : on sent la touche d’historienne de Viviane Perret dans ce roman ! Je ne connaissais pas du tout l’histoire de la communauté chinoise à San Francisco à cette époque, avec toutes les implications sociales et culturelles qui l’accompagnait, et j’ai donc beaucoup aimé avoir une porte d’entrée sur cet univers. J’ai, suite à ma lecture, fait quelques recherches sur le sujet et j’ai notamment beaucoup aimé découvrir plus en détails le travail de Donaldina Cameron. J’adore quand un livre me pousse à vouloir en savoir plus ! Un très bon point, donc !

Un autre bon point du livre réside dans les personnages principaux, que j’ai trouvés très attachants ! Houdini et Bess forment une très bonne équipe. Ce sont des personnages très positifs dans leurs interactions, on sent une vraie affection entre eux et c’est quelque chose que j’apprécie énormément. J’ai particulièrement aimé le personnage de Bess. Au départ, j’avais un peu peur que le but de son personnage soit relégué à faire la pom pom girl pour Houdini, mais elle a bien son caractère propre et son rôle à jouer. Houdini est également un héros réussi, qui parvient à combiner charisme et chaleur humaine.

Pour ce qui est des personnages secondaires, Jim est sans aucun doute le plus important. J’espère qu’on le retrouvera dans les tomes à venir car j’ai plutôt bien aimé ce petit héros débrouillard et loyal !

Passons à présent à l’intrigue. Dans l’ensemble, j’ai été plutôt séduite par le récit que nous propose Vivianne Perret. Il y a beaucoup de points positifs : par exemple, j’ai trouvé que le début était très réussi. On nous présente Houdini à travers sa rencontre avec Jim, donc les yeux de ce dernier. Ça m’a fait penser à un film, lorsqu’on découvre le héros pour la première fois. Toujours pour ce qui est du début, j’ai aimé le fait que l’histoire démarre assez rapidement : Vivianne Perret prend le temps de nous présenter les personnages, d’établir un peu qui quoi comment et où, et nous entraine ensuite rapidement dans l’intrigue.

Le rythme est d’ailleurs soutenu. Le livre est assez court (environ 250 pages pour le format poche) mais bien dosé en action. Je ne me suis pas ennuyée au cours de ma lecture, que j’ai trouvée dynamique et intense. L’enquête est rondement menée et notre héros en voit de toutes les couleurs ! 

Mon seul petit bémol en ce qui concerne l’intrigue est le fait qu’on change assez régulièrement de points de vue. On passe d’Houdini à Jim à d’autres personnages, et personnellement ce n’était pas ce que j’ai préféré dans le roman, surtout que les changements pouvaient intervenir au sein d’un même chapitre. Je suis plutôt de ceux qui aiment n’avoir qu’un narrateur bien précis, ou alors que le changement de focus se fasse de façon vraiment clair et identifiable. Ce n’est bien évidemment pas très grave et ça ne m’a pas empêché de passer un très bon moment !

Pour finir, je voudrais saluer le travail de Vivianne Perret qui nous propose avec ce roman quelque chose de vraiment original, tant dans le choix de son personnage que dans l’ambiance de l’intrigue. J’ai l’habitude des romans historiques et j’ai trouvé les personnages, le cadre, l’atmosphère générale différents de ce que je connais. J’ai également bien accroché à son style et je pense que je poursuivrai ma découverte des aventures d’Houdini, magicien et détective !

Et voilà, cette chronique s’achève ici ! J’espère que vous aurez apprécié, comme moi, cette introduction aux aventures d’Houdini, magicien et détective ! On se retrouve très prochainement pour un nouvel article, en attendant comme toujours, prenez soin de vous et lisez beaucoup ! :)

AnGee.

mercredi 10 janvier 2018

Victorian Bakers (BBC).



Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique ! Nous nous retrouvons aujourd’hui pour parler non pas de littérature mais d’Histoire : vous le savez peut-être déjà si vous êtes familiers avec le blog, mais ma période historique préférée est l’ère victorienne. Après l’avoir longtemps étudié à la fac, je continue encore à me pencher régulièrement dessus et à faire des recherches sur de nombreux thèmes concernant cette époque. Depuis plusieurs années, la BBC réalise des documentaires autour de cette période sur différentes thématiques : j’ai déjà eu l’occasion de vous parler de Victorian Farm et de Victorian Pharmacy, deux séries mettant en scène des historiens et professionnels dans la peau de victoriens. Cette fois, c’est Victorian Bakers qui nous intéresse ! En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une très bonne lecture ! :)

Victorian Bakers :
Présentation du documentaire:
Plongeons nous dans le monde des Victorian Bakers avec, pour commencer, une petite présentation de l’émission. Comme c’était déjà le cas pour Victorian Farm et Victorian Pharmacy, il s’agit d’une mini-série documentaire réalisée et diffusée par la BBC. Cette édition comprend quatre épisodes (trois normaux et un épisode spécial Noël, que malheureusement je n’ai pas vu) qui dure environ une heure chacun. Pour animer l’émission, nous retrouvons une équipe de six personnes, composée de deux historiens (Annie Gray et Alex Langlands, qui a déjà participé aux précédents programmes de la BBC sur les Victoriens) et de quatre professionnels de la boulangerie/pâtisserie : John Swift, dont la famille travaille dans la boulangerie depuis cinq générations ; John Foster, industriel ; Harpreet Baura, pâtissière ; et Duncan Glendinning, artisan boulanger.
Le documentaire se découpe de la façon suivante : chaque épisode se focalise, chronologiquement, sur une période du règne de Victoria. A chaque époque est liée une version du métier, comme je vous l’expliquerai plus loin.
A travers ces trois épisodes (plus l’épisode de Noël) sont explorés les défis et challenges que devaient relever les victoriens ainsi que l’évolution du métier de boulanger du début à la fin du règne de Victoria.

La boulangerie à l’ère victorienne :
En 63 ans (la durée du règne de Victoria), l’Angleterre a drastiquement changé. D’un pays principalement rural, elle est devenue une puissance mondiale où la population (qui a énormément augmenté) vit majoritairement dans les villes. L’import de marchandises du monde entier ainsi que son pouvoir colonial font de l’Angleterre une forte économique et politique. Autant le dire, la vie des victoriens n’a pas cessé d’évoluer en plus de soixante ans.

Le premier épisode se focalise sur le milieu rural, campagnard des années 1830s/1840s, représentatif de l’Angleterre de l’époque : en effet, bien avant d’envahir les villes, la population était plutôt concentrée dans les campagnes. On trouvait en général un seul office de baker pour toute une population, ce qui évitait la concurrence : cette occupation prenait de plus tellement de temps dans une journée qu’une production maison était compliquée. Les bakers avaient donc toujours de la clientèle et du travail. La même famille travaillait à la préparation du pain : plusieurs mains étaient nécessaires pour mélanger la pâte, préparée dans un grand baquet, puis pour peser les pains avant de les enfourner dans un fourneau qu’il fallait au préalable allumer. La journée ne s’arrêtait pas à ce long travail épuisant car il fallait aussi parcourir de nombreux kilomètres pour aller apporter le pain aux clients et habitants de la région.

Les années 1870s, sujet du second épisode, sont marquées par un premier changement drastique : on passe de la campagne à la ville. Les industries se multiplient à une vitesse folle et il faut pouvoir nourrir tous les travailleurs. Si le processus de préparation du pain n’a en soi pas vraiment changé, les conditions de vie et de travail des bakers sont quant à elles bien moins enviables : souvent relégués dans des caves sans lumière ni aération, ils travaillent pour un salaire de misère. La pâte est également souvent modifiée pour couper les coûts, en remplaçant par exemple une partie de la farine par de la craie.

Heureusement, les années 1900s sont le symbole de temps meilleurs pour les bakers : ils quittent les ateliers sombres et sales des industries pour établir de véritables boutiques et devenir de vrais commerçants. Ils portent des uniformes, composent des vitrines et surtout diversifient grandement leur production pour pouvoir assurer face à la concurrence et attirer les clients fortunés. Gâteaux, pâtisseries, chocolats et tartes aux fruits font leur apparition.

De production familiale et rurale à véritable business aidé par la mécanisation, Victorian Bakers nous montre les incroyables changements de l’un des métiers les plus nécessaires du pays.



Quand la cuisine reflète les conditions sociales :
A travers ses différents épisodes, Victorian Bakers ne se contente pas de nous présenter l’évolution d’un corps de métier : le documentaire s’intéresse aussi grandement à la société qui l’accompagne. Et à travers le portrait des bakers de l’époque, on découvre aussi les conditions sociales parfois terribles de ce temps.
Reprenons l’ordre chronologique des épisodes : à la campagne, la population rencontrait plusieurs défis aux conséquences parfois vitales. La famine rodait souvent et s’abattait sur les familles dès que les récoltes étaient mauvaises. Le pain était la source majeure de calories à l’époque et donc consommé en grande quantité. Pour pouvoir tout de même se nourrir lorsque les finances étaient au plus bas, on s’orientait sur des pains moins chers ou parfois même la nourriture donnée aux poules, le « chicken feed ». 

La précarité devient encore plus problématique avec l’implantation rapide des industries et le développement des villes. Si le travail était déjà difficile à la campagne, les bakers bénéficiaient quand même d’une vie plus saine, avec la possibilité d’avoir le grand air et de produire des compléments utiles pour leur survie (du petit bétail par exemple). Dans les villes, rien de tout ça n’est possible : les bakers, principalement des hommes, travaillent dans des caves qui deviennent de vraies fournaises, transpirant tellement dans la pâte que cela pose des questions d’hygiène pour le consommateur. Les maladies se propagent et avec la dureté des conditions de travail, leur espérance de vie est faible. Les industriels, pour économiser les coûts, n’hésitent pas à exploiter leur main d’œuvre. Tout est insalubre et dangereux. 

Si les bakers appartenaient à la plus basses couches de la main d’œuvre industrielle, parmi les moins payés, ils parviennent à atteindre un tout autre statut au tournant du siècle. En ouvrant leurs propres échoppes, ils deviennent de véritables commerçants de la classe moyenne. Un changement de statut qui s’accompagne d’une apparence bien plus élégante, avec des tenues professionnelles et bien plus hygiéniques. L’activité est facilitée par la mécanisation et diversifiée par des pâtisseries aussi élégantes que « kitsch » à nos yeux. Plus rien à voir avec le pain simple et à but purement nourrissant des débuts…

Ce que j’ai pensé du reportage :
Après avoir adoré le livre de Ruth Goodman, How to be a Victorian, et vu les séries Victorian Pharmacy et Victorian Farm (également des petits coups de cœur), je n’ai pas hésité très longtemps avant de regarder Victorian Bakers. Si le sujet ne parait pas forcément très palpitant à première vue, j’étais sûre que la qualité serait au rendez-vous et que, contrairement aux apparences, j’apprendrais énormément de choses. Trois épisodes plus tard, je peux le dire : j’ai beaucoup aimé Victorian Bakers, un digne successeur de Victorian Pharmacy et Victorian Farm !

Dans cette édition, j’ai particulièrement aimé le casting. Je dois dire que j’étais un peu déçue de ne pas retrouver Ruth Goodman, dont l’humour et la bonne humeur me font toujours beaucoup sourire, mais l’équipe de ce documentaire est tout aussi sympathique. Ce que je trouve réussi, c’est d’avoir pu rassembler des profils différents, ce qui permet d’avoir plusieurs expertises et points de vue. Les historiens, comme ils le disent souvent, apportent les livres et leurs connaissances, tandis que les boulangers utilisent leur savoir et leurs compétences pour faire revivre un morceau d’Histoire.



Cette équipe est donc très dynamique et joue vraiment le jeu : on voit les boulangers travailler d’arrache-pied et se mettre autant que possible dans les conditions de l’époque. Ils malaxent, piétinent, pèsent, coupent, découpent sans répit. On sent aussi que l’expérience est à la fois passionnante et éprouvante pour eux, qu’ils apprennent beaucoup de choses tout en découvrant de nouvelles facettes de leur métier. Pour eux, qui conçoivent du pain tous les jours, c’est une vraie découverte.

Pour ce qui est du spectateur, nous apprenons également énormément avec ce programme. On ne se contente pas de simplement regarder des gens faire une pâte à pain. A travers la réalisation des fournées, nous découvrons les multiples facettes du métier de boulanger, l’évolution qu’a pu connaître cette profession en 60 ans, et aussi, tout simplement, comment est fabriqué le pain. J’ai par exemple trouver le processus pour prélever le « yeast » de la bière vraiment intéressant, c’est quelque chose que je ne connaissais absolument pas. On en apprend aussi sur les coutumes alimentaires de l’époque : le troisième épisode intéressera particulièrement les fans de pâtisseries, avec des préparations victoriennes bien différentes de ce que nous pouvons trouver aujourd’hui en rayon.

Tout l’aspect social qui se cache derrière que je trouve palpitant. Je l’ai déjà dit, mais je suis vraiment passionnée par cette période, et tout ce qu’on peut apprendre dans ces documentaires est le bienvenu. Il est facile de se figurer une version fausse de l’époque victorienne avec des femmes en belles robes et des messieurs au visage austère, parce que c’est ce qu’on nous montre le plus souvent. Cependant, l’ère victorienne est aussi marquée par une population très précaire, une explosion de la criminalité et des conditions de vie terriblement lugubres. 

Pouvoir découvrir un morceau d’Histoire avec un morceau de pain, c’est une idée que j’ai trouvée intéressante. Le pari est réussi pour la BBC qui nous propose une fois de plus un documentaire passionnant et prenant, loin d’être ennuyant. Une petite pépite que je recommande à celles et ceux qui aiment l’Histoire de la cuisine ou l’époque victorienne !

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cette incursion dans le monde des Victoriens vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire, je vous réponds toujours avec plaisir ! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup ! :)

AnGee.

dimanche 7 janvier 2018

Women Heroes of World War I de Kathryn J. Atwood.




Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique ! En cette nouvelle année, j’ai décidé de vous proposer un nouveau rendez-vous, que j’ai également lancé sur le très super forum Whoopsy Daisy : un rendez-vous mettant en avant les femmes pendant la Première Guerre Mondiale ! Alors que nous commémorons en 2018 la dernière année de la Grande Guerre, j’ai eu envie de me pencher sur les femmes et leur implication pendant le conflit, tant au front qu’à l’arrière. Et pour commencer ce rendez-vous (sur lequel je vous donnerai plus de détails d’ici quelques instants), j’ai choisi de me pencher sur un livre de Kathryn J. Atwood, présentant 16 femmes ayant participé à la guerre : Women Heroes of World War 1. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une très bonne lecture ! :)

Les femmes de la Grande Guerre :
Démarrons cette chronique du bon pied, avec un petit point sur le rendez-vous que je vous proposerai de retrouver régulièrement au cours de l’année. Si j’ai étudié comme beaucoup la Première Guerre Mondiale à l’école, je ne peux pas dire que cette période historique était celle qui me passionnait le plus. Devenue adulte, je me suis surtout intéressée à des choses comme l’époque victorienne et la Guerre de Sécession (mes deux périodes « préférées »). C’est lorsque j’ai travaillé en Angleterre que j’ai commencé à vraiment découvrir la Première Guerre Mondiale, alors que je travaillais sur une exposition sur le sujet, et surtout aux rôles des femmes pendant le conflit. Cette thématique me tenant à cœur, j’ai donc décidé de la mettre à l’honneur sur le blog pour 2018 et grâce à un petit rendez-vous sur le forum Whoopsy Daisy. Le but est simple : mettre en avant des femmes, réelles ou fictionnelles, pendant la Première Guerre Mondiale, en vous présentant des romans, documentaires, livres historiques, films ou encore séries. Si vous avez envie de participer, n’hésitez pas à le faire, je serais ravie de voir vos présentations sur le sujet !

Qui est Kathryn J. Atwood ?
Qui est Kathryn J. Atwood, autrice de Women Heroes of World War 1 : 16 Remarkable Resisters, Soldiers, Spies and Medics ? Et bien j’ai trouvé assez peu d’informations à son sujet en faisant mes recherches, mais voici tout de même quelques points qui peuvent vous intéresser. Kathryn J. Atwood a fait ses études à l’université de l’Illinois, à Chicago et s’est fait connaître en publiant plusieurs livres historiques. Son domaine de prédilection : la guerre, et plus particulièrement la Première et la Seconde Guerres Mondiales. Elle se focalise, pour le moment, exclusivement sur les rôles joués par les femmes pendant ces conflits. Elle écrit plusieurs recueils mettant en avant des portraits de femmes pendant la guerre. Je vous laisse consulter ci-dessous son site internet si vous souhaitez en savoir plus à son sujet ! :)



Women Heroes of World War 1 :
Quatrième de couverture :
In time for the 2014 centennial of the start of the Great War, this book brings to life the brave and often surprising exploits of 16 fascinating women from around the world who served their countries at a time when most of them didn’t even have the right to vote. 

Readers meet 17-year-old Frenchwoman Emilienne Moreau, who assisted the Allies as a guide and set up a first-aid post in her home to attend to the wounded; Russian peasant Maria Bochkareva, who joined the Imperial Russian Army by securing the personal permission of Tsar Nicholas II, was twice wounded in battle and decorated for bravery, and created and led the all-women combat unit the “Women’s Battalion of Death” on the Eastern Front; and American journalist Madeleine Zabriskie Doty, who risked her life to travel twice to Germany during the war in order to report back the truth, whatever the cost. These and other suspense-filled stories of brave girls and women are told through the use of engaging narrative, dialogue, direct quotes, and document and diary excerpts to lend authenticity and immediacy. 

Introductory material opens each section to provide solid historical context, and each profile includes informative sidebars and “Learn More” lists of relevant books and websites, making this a fabulous resource for students, teachers, parents, libraries, and homeschoolers.

Quelques portraits de femmes :

Dans ce recueil de Kathryn J. Atwood, nous retrouvons donc seize portraits de femmes qui ont marqué, chacune à leur façon, la Première Guerre Mondiale. Divisé en plusieurs catégories, le livre présente tour à tour des infirmières, soldates, ou encore espionnes. Je ne vais évidemment pas vous spoiler l’intégralité du livre pour vous encourager tout de même à le lire par vous-même, mais voici quelques présentations que j’ai trouvées particulièrement intéressantes.
J’ai tout d’abord été très frappée par le portrait d’Emilienne Moreau, née en 1898. Elle grandit dans le Pas-de-Calais et n’a que seize ans lorsque le conflit éclate. Malgré son jeune âge, Emilienne est décidée à ne se laisser faire et elle se démarque rapidement par un grand courage : alors que la ville dans laquelle elle vit est occupée par les Allemands, elle vient au secours de soldats alliés à plus d’une reprise et de plus d’une façon. Informations, soins, et même combats, elle ne recule devant rien. Pour remotiver la France, on utilise même son histoire dans les journaux. A l’éclatement de la Seconde Guerre Mondiale, elle n’hésitera pas une seconde et se lancera une fois de plus dans la Résistance.
En Russie, on retrouve le personnage de Maria Bochkareva, dont la jeunesse difficile fut un vrai combat. Elle trouve un sens à sa vie en se lançant à corps perdu dans la guerre, obtenant même l’autorisation de fonder un bataillon féminin entraîné selon des règles extrêmement strictes (les soldates devaient par exemple se raser la tête et tout comportement jugé « féminin » était formellement interdit). Elle se démarquera grâce à ses actions au combat avant d’être exécutée en 1920 pour des raisons politiques.
Enfin, je tenais à mentionner Flora Sandes. Cette Britannique s’est fait connaître pour son engagement en Serbie en travaillant d’abord aux soins, dans des ambulances avant d’intégrer l’armée britannique (elle fut d’ailleurs la seule femme britannique à participer officiellement au combat). Ses montées en grade lui permettent d’acquérir une certaine popularité en Angleterre où elle est perçue comme un symbole de courage et de détermination. Après le décès de son mari pendant la Seconde Guerre Mondiale, elle retourne en Angleterre, où elle passera les dernières années de sa vie.

Ce que j’ai pensé du livre :
Lorsque j’ai pris la décision de me pencher sur les femmes pendant la Première Guerre Mondiale, j’ai commencé par m’établir une petite liste de livres, films, séries et autres choses qui m’intéressaient et que j’avais envie de découvrir. Et comme j’avais aussi envie de proposer ce petit rendez-vous sur Whoopsy Daisy (qui, je le rappelle, est vraiment un super forum), je me suis rendue sur internet pour rechercher des idées d’autres choses à ajouter à cette liste. C’est ainsi que je suis tombée sur Women Heroes of World War I et, intriguée, je l’ai commandé et lu presque dès que je l’ai reçu. J’espérais être séduite par ce recueil et apprendre des choses intéressantes, et je suis ravie de vous informer que c’est effectivement ce qu’il s’est produit !

Il y a un tas de bonnes choses dans ce recueil, si bien qu’il m’est un peu difficile d’organiser mes pensées. Je pense que le gros point fort du livre est sans aucun doute son côté accessible. Il est accessible à plusieurs niveaux et tout d’abord dans le style de Kathlyn J. Atwood, que je découvre avec ce livre. J’ai beaucoup aimé sa façon d’écrire : c’est extrêmement fluide et très, très lisible, ce qui n’est pas toujours le cas lorsqu’on se penche sur un livre d’Histoire où parfois le style est très lourd et rend la lecture laborieuse. J’ai fini le livre très vite car il est non seulement passionnant mais aussi très bien écrit. Je lirai sans hésiter d’autres livres d’Atwood !

Women Heroes of World War I est un recueil très bien organisé. Après une introduction globale sur la guerre, il se divise en plusieurs parties qui correspondent aux différents rôles tenus par les femmes pendant le conflit. On a donc la résistance, le conflit direct, l’espionnage, le médical. Au sein de chacune de ces parties, tout reste encore bien organisé avec des introductions, les portraits qui se succèdent et de petits encarts pour donner des informations complémentaires au lecteur. Une organisation simple et efficace, je n’ai rien à redire ! 

Pour en revenir au côté accessible du livre, j’ai pu voir qu’il faisait partie d’une collection « Young Adult », ce que je trouve très bien et justifié : c’est un livre qui convient non seulement aux adultes mais aussi aux plus jeunes et je n’hésiterais pas à le recommander à des lycéens intéressés par le sujet. Attention cependant : le livre n’a pour l’instant pas été traduit en français et n’est disponible qu’en anglais (l’anglais y est d’ailleurs assez abordable si vous avez un niveau moyen à bon). 

Grâce à ma lecture de Women Heroes of World War I, j’ai appris énormément de choses. Pas tant sur le conflit en lui-même, que je connaissais déjà assez bien (même si j’ai tout de même découvert des choses sur la façon dont la guerre a pu se passer dans certaines parties du monde, comme en Serbie), mais plutôt sur les femmes. J’ai été absolument fascinée par les seize portraits proposés par Kathryn J. Atwood. J’ai aimé d’abord le fait que nous ayons des profils très différents et qu’elle nous parle de plusieurs rôles : nous avons des jeunes femmes, des femmes mûres, des mères de famille, des soldates patriotes, des infirmières portées par leur vocation… Cela montre bien la variété des profils, un bon point !

On sent que Kathryn J. Atwood a fait beaucoup de recherches pour son livre et pour écrire les différents portraits, ils sont très détaillés au niveau des faits historiques et comprennent à chaque fois une mini-bibliographie pour nous inviter à faire davantage de recherches, ce qui me sera personnellement très utile pour ce rendez-vous 2018. Une bibliographie plus complète termine le recueil.

Vous l’aurez compris, j’ai été passionnée par ma lecture de Women Heroes of World War I. C’est un livre que je ne peux que recommander si le sujet vous intéresse et si vous lisez en anglais. De mon côté, je pense me pencher sur d’autres ouvrages de Kathryn J. Atwood, dont son recueil similaire sur la Seconde Guerre Mondiale. En bref, un petit coup de cœur pour commencer 2018 !

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cette chronique vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire, je vous réponds toujours avec plaisir ! J’ai déjà hâte de vous présenter de nouvelles héroïnes de la Grande Guerre dans les mois à venir ! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup ! :)

AnGee.

vendredi 8 septembre 2017

Disney Graphics de Marc Aumont & Bunka.





Bonjour à tous et à toutes!

Je suis AnGee du Livroscope, j'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique! Si vous me suivez sur le blog ou sur les réseaux sociaux, vous connaissez déjà très probablement ma passion pour Disney, ses films et son parc d'attractions français. Je consacre régulièrement des chroniques à cet univers, et aujourd'hui je vous propose de nous pencher sur un livre que j'ai lu récemment et qui risque d'intéresser les fans de notre cher Walt: Disney Graphics, publié chez Hachette. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une très bonne lecture! :)


Marc Aumont et Bunka: qui sont-ils?
Derrière Disney Graphics se cachent deux personnes: Marc Aumont et Bunka. Mais qui sont-ils? Marc Aumont, pour commencer, s'est chargé d'écrire le texte de ce Disney Graphics. J'ai trouvé relativement peu de choses le concernant, si ce n'est qu'il a déjà travaillé sur des ouvrages similaires, comme L'encyclopédie des garçons ou sur Les grands classiques Disney en infographies, qui sortira prochainement. Bunka, quant à lui, est le nom utilisé par Yann le Nevé, graphiste et illustrateur connu notamment pour ses Chaos Monkeys ou son travail sur Star Wars Graphics, un livre similaire à celui que je vous présente aujourd'hui. Je vous laisse le lien de son site internet ci-dessous!


Disney Graphics:

Résumé:
Tout le monde connait le monde enchanteur de Disney: un univers qui comprend des centaines de films, plusieurs parcs d'attractions et qui brasse chaque année une véritable fortune. Marc Aumont et Bunka nous proposent de nous pencher sur ce monde qu'on pense tous connaître par le biais de l'infographie: statistiques, présentation de personnages, historique de la compagnie... Tout y passe! Un livre plein de sidekicks, de citations et d'anecdotes variées sur les films cultes venus de chez la plus célèbre souris du monde!


Ce qu'on trouve dans ce livre:
Alors, que trouve-t'on précisément dans Disney Graphics? Et bien, un peu de tout mon capitaine!
Le livre se présente comme une encyclopédie un peu particulière autour de l'univers Disney: au lieu d'enchaîner les faits ou de proposer une liste d'éléments de façon très classique (par ordre alphabétique, par exemple), c'est l'infographie qui est privilégiée: à travers les pages, l'histoire et de nombreuses anecdotes sur les célèbres studios sont proposées avec des statistiques et des illustrations ludiques et colorées.
Le livre se découpe en plusieurs parties, présentant par exemple l'histoire, la vie de Walt Disney, ou bien les personnages, les schémas narratifs, les side-kicks et les méchants. La durée des films est analysée, le nombre de Picsou magazines compté, les arbres généalogiques détaillés... Une petite mine d'or!


Un concept qui s'étend:
Avec son concept original de présenter l'univers Disney à l'aide d'infographies, Disney Graphics semble avoir séduit. C'est donc sans grande surprise que l'idée s'est développée pour d'autres thématiques. Il existe par exemple des livres "graphics" pour d'autres univers: en tête, on retrouve Marvel, avec une présentation des héros, des villains, des films...  Une autre version, c'est celle autour de Star Wars, s'intéressant à la célèbre saga de George Lucas. 
Disney est un filon prometteur, puisqu'en plus de cet ouvrage, des produits dérivés existent déjà: un calendrier, par exemple, mais aussi une boite de jeu type quizz autour de Disney. En faisant mes recherches sur ce livre, je me également aperçue qu'un livre spécial Grands classiques Disney allait prochainement sortir. Une bonne nouvelle pour les fans! 


Ce que j'ai pensé du livre:
C'est dans les rayons des librairies que j'ai d'abord vu pour la première fois Disney Graphics. Grande passionnée de Disney, j'ai tout de suite été intriguée par la couverture colorée et les personnages à la silhouette distinctive. Après avoir beaucoup hésité à me l'offrir, j'ai fini par craquer. Au final, j'ai beaucoup aimé Disney Graphics, même si je ne le recommanderais pas à tout le monde.

Commençons par le gros point fort du livre: son originalité. Je trouve le concept de proposer une présentation de Disney par de l'infographie très sympathique, c'est une idée vraiment originale et qui me plait beaucoup. J'ai vu que le Star Wars Graphics existe aussi, tout comme la version Marvel. Pourquoi ne pas étendre encore plus cette idée? Une petite collection complète serait chouette!

A cette idée originale s'ajoute aussi un design unique et très coloré. Je ne connaissais pas du tout le travail de Bunka avant de me plonger dans ce livre et je dois dire que le rendu me plait énormément: les lignes droites, les figures géométriques, les couleurs vives et qui correspondent bien aux personnages... C'est un vrai beau livre!

Le livre est, comme je l'ai mentionné un peu plus haut, divisé en catégories. C'est une bonne idée, qui permet ainsi de couvrir un large éventail de thématiques et d'explorer Disney de A à Z. On parle aussi bien des Silly Symphonies que des Pixar les plus récents, des princesses et magiciens. Tout, ou presque, est présenté!

En revanche, j'ai tout de même deux petits bémols à relever: mon premier problème réside dans le choix de l'écriture. La police en elle-même est très bien, mais les couleurs sélectionnées et la taille du texte font qu'il n'est pas toujours facile de lire ce qui est écrit. C'est écrit très, très petit, et la couleur des mots est parfois si proche de celle de la page qu'il faut plisser les yeux de toutes ses forces pour voir quoi que ce soit...



Mon second petit bémol, c'est qu'en fait on apprend pas vraiment grand chose avec ce livre. J'aime énormément Disney et je pense connaître pas mal de choses sur cet univers, mais je suis loin d'avoir une connaissance encyclopédique. Je pensais donc découvrir quelques trucs en lisant ce livre, mais à part une ou deux anecdotes, ou des faits un peu marrants, je reste un peu sur ma faim. 

Cela m'entraîne vers mon point suivant: je pense que ce livre est vraiment à réserver aux fanas de Disney. Si vous adorez les films Disney, vous apprécierez ce livre comme moi je l'ai apprécié. Par contre, si vous cherchez juste un livre pour apprendre des choses sur Disney, vous risquez d'être un peu déçus. 

En ce qui me concerne, j'ai donc plutôt bien aimé ma lecture, et je pense me pencher sur la version Star Wars, qui m'intrigue beaucoup, ainsi que sur le livre consacré aux classiques qui sortira prochainement. Peut-être que je vous en parlerai sur le blog! :)

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette chronique vous plait, n'hésitez pas à me le faire savoir par commentaire, je vous réponds toujours avec plaisir! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup! :)

AnGee.

mercredi 12 juillet 2017

Circling the Sun de Paula McLain.



Bonjour à tous et à toutes!

Je suis AnGee du Livroscope, j'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique! Je suis heureuse de partager avec vous une nouvelle semaine qui sera placée sous le signe des femmes fortes. Pour commencer, je vous propose de retrouver une autrice que nous avions déjà eu l'occasion de découvrir sur le blog: Paula McLain (The Paris Wife). Je me suis récemment penchée sur son roman Circling the Sun (traduit en français sous le titre de L'aviatrice) et j'ai décidé de vous en parler. Si vous aimez l'aventure et les voyages, ce livre risque de vous intéresser! En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture! :)

Paula McLain, c'est qui?
Vous le savez si vous connaissez un peu le blog, j'ai pour habitude de démarrer mes chroniques par une petite présentation des auteurs. Cependant, dans le cas de Paula McLain, nous faisons face à une autrice déjà connue du Livroscope. En effet, j'ai eu l'occasion de parler d'elle il y a quelques semaines pour son roman The Paris Wife, consacré au premier mariage d'un de mes auteurs préférés, Ernest Hemingway. Je vais donc éviter de me répéter et je vous invite à la place à consulter le premier article à son sujet, en suivant le lien ci-dessous!


Circling the Sun:
Résumé:
Beryl Clutterbuck n'est qu'un bébé lorsque ses parents quittent le Royaume-Uni pour s'installer au Kenya. C'est dans ce pays, qu'elle aime, qu'elle grandit et devient une femme au caractère bien trempé, rêvant d'indépendance. Mariée trois fois, elle sera tour à tour dresseuse de chevaux, aviatrice, aventurière. Paula McLain nous invite à découvrir une figure exceptionnelle du début du 20ème siècle, un voyage dépaysant et riche en émotions.

Beryl Markham, une femme de scandales et d'action:
Etant donné que Circling the Sun s'intéresse à la figure de Beryl Markham, je trouvais intéressant de vous la présenter un peu plus en détails. 
Née en 1902, Beryl (dont le nom de jeune fille est Clutterbuck) ne passe que deux ans au Royaume-Uni avant de déménager avec ses parents et son jeune frère au Kenya, où son père a acheté des terres. La famille ne survit pas à ce changement radical de décor: malheureuse, sa mère retournera en Angleterre deux ans plus tard, laissant Beryl seule avec son père. Ce dernier, dresseur de chevaux, laissera une grande liberté à sa fille: elle apprend le swahili et côtoie les natifs, développant un caractère affirmé et une attitude assez éloignée de l'image de la jeune fille calme et casanière attendue à l'époque. Son tempérament la pousse à travailler, comme son père, avec les chevaux, devenant la première femme dresseuse professionnelle du Kenya, puis elle s'intéressera à l'aviation dans les années 1930. Elle effectuera de nombreux vols, et traversera l'Atlantique, une véritable prouesse pour l'époque. Mariée trois fois, le nom de Markham lui vient de son deuxième époux, avec lequel elle eut un fils. On lui prêta aussi de nombreuses relations amoureuses et, on peut le dire, elle avait une réputation plutôt sulfureuse. Elle raconte son histoire dans le livre West with the Night et elle s'est éteinte en 1986. 

Ce que j'ai pensé du livre:
Il y a quelques semaines, je vous présentais le roman The Paris Wife de Paula McLain. Et si je n'avais pas été complétement séduite par le livre, j'avais tout de même trouvé beaucoup de qualités à son autrice. C'est donc pour cela que j'ai décidé de me pencher sur Circling the Sun, en espérant l'apprécier tout autant. Après ma lecture, je dois dire que je reste un peu mitigée: il y a du bon et du un peu moins bon...

Commençons par le positif, et mon élément préféré dans ce livre est sans aucun doute le personnage de Beryl Markham. Je ne la connaissais absolument pas avant de découvrir ce roman, et j'ai été vraiment passionnée par son histoire, son fort caractère, sa détermination. J'ai déjà fait pas mal de recherches à son sujet après avoir terminé le livre et je compte lire West with the Night dès que possible. 

Beryl insuffle beaucoup de force au roman, et Paula McLain est parvenue à en faire une héroïne fascinante, avec de multiples facettes. Là où je trouvais Hadley un peu fade dans The Paris Wife, Beryl est au contraire ici rayonnante, solaire, captivante. Paula McLain réussit un superbe portrait de cette aventurière du Kenya.

Pour ce qui est de l'intrigue, je l'ai trouvée, dans sa majeure partie, absolument palpitante. Je ne me suis pas ennuyée une seconde et j'ai dévoré le livre, ce qui en ce moment m'arrive rarement (depuis mon retour d'Angleterre, j'ai du mal à lire et mon rythme de lecture est moins soutenu). Il y a un juste équilibre entre romance et aventures: j'avais peur que l'intrigue soit trop "cheesy" mais l'écueil est évité. 

J'ai l'impression que le style de Paula McLain a gagné en maturité avec ce nouveau roman. J'avais déjà aimé sa façon d'écrire dans The Paris Wife et je trouve qu'ici, élégance et sentiments sont portés par des tournures soignées mais fluides. J'ai hâte de voir ce qu'elle nous présentera à l'avenir!

"Mais AnGee", me direz-vous, "tu as l'air super positive? Pourquoi dire que tu es mitigée?". Bonne question, jeunes padawans. La réponse est simple: j'ai été attirée par ce livre non seulement parce que je voulais poursuivre ma découverte de Paula McLain mais aussi parce que j'étais intriguée par Beryl Markham et sa carrière d'aviatrice. Mon compagnon étant passionné par l'aviation et surtout l'aviation du début du 20ème siècle, je me suis mise aussi à m'y intéresser, Beryl Markham m'apparaissant comme un moyen d'en apprendre un peu plus.

Au final, Circling the Sun ne parle pratiquement pas de sa carrière d'aviatrice, à l'exception d'un chapitre d'ouverture et de quelques pages ici et là. Paula McLain se focalise principalement sur le reste de sa vie: les chevaux, ses mariages, sa vie au Kenya. C'est passionnant, certes, et j'ai appris beaucoup de choses, mais je reste vraiment sur ma faim en ce qui concerne l'aviation. C'est d'autant plus un paradoxe que le livre est publié en français sous le titre de L'aviatrice!

Donc en conclusion, j'ai beaucoup aimé ce livre, mais j'aurais aimé en avoir plus et en apprendre davantage sur le personnage de Beryl Markham. Je vais poursuivre mes recherches à son sujet et je pense lire d'autres ouvrages la concernant. Quant à Paula McLain, j'ai hâte de voir ce que ses prochains livres donneront!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cet article vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire, je vous réponds toujours avec plaisir. On se retrouve très vite pour une nouvelle chronique qui parlera vampires, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup! :)

AnGee.

Si vous avez aimé...

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