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mardi 15 mars 2016

Masse Critique Babelio: Randall de Jonathan Gibbs.



Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour un nouvel article ! Aujourd’hui on se retrouve pour une lecture que j’ai découverte grâce à une Masse Critique de Babelio, un événement que je ne rate jamais. Le livre en question, c’est le roman de Jonathan Gibbs, intitulé Randall, et qui est sorti récemment. Je remercie Babelio pour sa confiance, et en espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture !

La Masse Critique Babelio, c’est quoi ?




Démarrons cette chronique avec un petit mot sur ce qu’est la Masse Critique de Babelio. Il s’agit d’un événement qui a lieu environ une fois par mois sur le site Babelio, un site que les amoureux de lectures connaissent bien. A chaque session, de nombreux livres très variés sont proposés aux membres. Le principe : en échange d’un livre, il faut rédiger une chronique sur le site. Tous les membres du site peuvent participer, et il y a même parfois des Masses Critiques spéciales. Si vous avez envie d’en savoir plus sur Babelio et sa Masse Critique, je vous conseille de suivre le lien ci-dessous !

Masse Critique – Babelio.

Quelques mots sur Jonathan Gibbs :
Il est à présent temps de nous pencher sur notre auteur du jour, Jonathan Gibbs ! Décidément, en ce moment, je n’ai pas de chance avec les auteurs que je présente sur le blog, car là aussi j’ai trouvé assez peu d’informations le concernant. Originaire du Royaume-Uni, il a étudié à l’University of East Englia et a obtenu en doctorat en creative writing. Il a pendant longtemps été journaliste, mais la fiction a toujours été une partie importante de son travail. Randall est son tout premier roman, publié dans sa version originale en 2014. Le livre a depuis été traduit dans plusieurs langues, et publié en France début 2016. Si vous avez envie de découvrir un peu plus l’univers de cet auteur, je vous conseille d’aller faire un tour sur son site internet.


Randall :
Quatrième de couverture :
Que se serait-il passé si Damien Hirst n’avait jamais existé ? Si le jeune artiste britannique le plus célèbre et le plus influent des trente dernières années avait été quelqu’un d’autre ? Quelqu’un d’encore plus provocateur, plus scandaleux et de beaucoup, beaucoup plus drôle ?
C’est le scénario que met en scène Randall, formidable premier roman campé dans le Londres des années 1990, de la « Cool Britannia », et de l’émergence des « Young British Artists ».
Randall retrace la trajectoire de son héros éponyme – un subversif et génial artiste contemporain –, depuis son diplôme d’école d’art jusqu’aux somptueuses soirées financées par de richissimes banquiers de la City. L’intrigue se noue autour de la découverte, par la veuve et le meilleur ami de Randall, des années après sa mort, d’une cache de dessins et peintures pornographiques qui compromettent l’ensemble des acteurs du monde de l’art et de la finance de l’époque. Que faire de ces brûlots estimés à des millions de dollars et qui révolutionneront sans aucun doute l’histoire de l’art contemporain ?
Intrigant portrait d’artistes en devenir, histoire d’amour et d’amitié s’il en est, Randall propose une plongée dans un moment clé de l’histoire de l’art et relate avec humour et cruauté la folie financière contemporaine et l’explosion d’une société où ne fait plus sens que ce qui s’achète, et s’achète cher.

Ce que j’ai pensé du livre :
Lorsque j’ai reçu un mail pour participer à la Masse Critique spéciale autour de Randall, j’étais plutôt intriguée. Tout d’abord, la couverture attire le regard avec sa couleur jaune flash, j’étais curieuse de découvrir le fameux « Randall », et la quatrième de couverture laissait penser qu’on allait se retrouver face à une intrigue un peu décalée. Mais malheureusement, je dois bien avouer que j’ai trouvé la lecture de ce roman extrêmement laborieuse, si bien que j’ai eu beaucoup de mal à aller jusqu’au bout… C’est d’ailleurs pour cela que ma chronique est un peu plus courte que d’habitude….

Mon premier gros problème avec ce livre concerne la façon dont le thème important de l’art contemporain est traité. Je vais être honnête avec vous : ce n’est pas un milieu que je connais très bien, ni que je comprends. Néanmoins, comme je suis curieuse, j’étais plutôt intéressée par un livre là-dessus. Le problème, c’est que j’ai vraiment l’impression que le livre s’adresse à des gens qui sont déjà des connaisseurs d’art contemporain : non seulement l’auteur nous balance plein de noms et de références, mais en plus je n’ai pas trouvé sa façon d’en parler très accessible. J’avais un peu le sentiment d’être tenue à l’écart, et je n’ai donc pas réussi à me plonger dans l’univers du roman, un premier problème.

Ensuite, pour ce qui est de l’intrigue, je suis assez mitigée. J’ai plutôt bien accrochée à la partie « présent » avec la narration à la troisième personne et les personnages de Justine et de Vincent : on sent qu’il y a un vrai enjeu ! En revanche, la partie à la première personne était à mes yeux très longuette. J’ai eu l’impression, à plus de la moitié du livre, qu’il ne s’était encore rien passé. On passe donc de moments assez intenses à des moments assez ennuyants… Dommage…

Mon troisième problème, c’est sans aucun doute les personnages. J’ai assez bien aimé Justine et Vincent, qui ont une relation plutôt intéressante l’un à l’autre. En revanche, je n’ai pas adhéré au groupe de Randall dans la narration au passé. Encore une fois, j’avais clairement l’impression d’être complètement mise à l’écart, et de regarder des gens que je ne comprends pas vraiment faire des choses que je ne comprends pas non plus.

Pour ce qui est du style de l’auteur, là aussi je suis partagée. J’ai une fois de plus plutôt bien aimé la partie à la troisième personne, assez dynamique, mais j’ai nettement moins accroché à la partie à la première personne, au style un peu moins travaillé selon moi.

En fait, dans ce livre, j’ai préféré la partie « présent » à la partie « passé ». Je pense que ce livre m’aurait davantage plu si je m’y connaissais davantage en art contemporain, mais je trouve ça dommage de ne pas faire en sorte que le livre soit un plus accessible à tous (peut-être avec des notes de bas de page, par exemple).

En bref, Randall plaira à celles et ceux qui aiment l’art contemporain et les romans contemporains. En revanche, si ce n’est pas votre tasse de thé, passez votre chemin ! A noter aussi que le langage peut être parfois un peu cru et que certains passages peuvent mettre un peu mal à l’aise.

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cette chronique vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire ! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup !

AnGee.


vendredi 23 août 2013

Les Rougon-Macquart #14: L'Oeuvre, d'Emile Zola.



Bonjour à tous et à toutes!

Je suis ravie de vous retrouver pour un nouveau numéro de notre rendez-vous mensuel consacré à la grande saga des Rougon-Macquart, d'Emile Zola. Aujourd'hui, après l'ambiance ouvrière et dure de Germinal, je vous propose de découvrir le quatorzième roman de la saga, baptisé l'Oeuvre, et qui va nous entraîner dans un tout autre univers: celui de l'art! Comme vous allez pouvoir le constater, l'Oeuvre est un roman très différent de ceux que j'ai lu jusqu'à présent... Bonne lecture à vous :)


Pour vous aider:
Cette fois encore (j'ai l'impression de me répéter tous les mois ^^), pas besoin d'arbre généalogique! En effet, Zola nous propose de découvrir un seul membre de la famille, à savoir Claude Lantier. Lantier est un nom que nous commençons à connaître sur ce blog! Et pour cause: Claude est le frère d'Etienne, le héros de Germinal, et le fils de Gervaise, dont l'histoire tragique est racontée par Zola dans le roman l'Assommoir. L'auteur s'attarde vraiment sur cette partie de la famille!

L'Oeuvre:



Résumé:
Nous voilà à Paris, où nous découvrons Claude Lantier, un peintre qui espère se faire remarquer par son originalité, et révolutionner la peinture. Il est entouré de ses amis d'enfance, Pierre Sandoz, un journaliste qui veut percer, et Dubuche. Ensemble, ils cherchent à faire de leurs rêves une réalité.
Un soir, Claude recueille la jeune Christine, une provinciale qui arrive à Paris et tombe chez lui par hasard. Entre eux nait une belle amitié lorsqu'elle commence à poser pour le peintre en pleine préparation d'un tableau qu'il espère faire accepter au Salon, sans succès. Il y gagne quand même l'amour de Christine, avec laquelle il quitte Paris, sans perdre l'idée d'arriver à peindre son chef d'oeuvre...









L'art au centre du roman:
Jusqu'à présent, Zola a abordé un grand nombre de thèmes dans sa saga, comme l'argent, l'amour, le commerce, la bourgeoisie... Dans l'Oeuvre, il nous propose évidemment de découvrir le monde de l'art. Penchons nous sur l'image qu'il en donne!

Les peintres avant-gardistes:
Zola, à l'époque où il écrit le livre, assiste comme tout le monde à la montée de nouveaux genres artistiques, de nouveaux styles qui entrent en confrontation directe avec ce qui était jusqu'alors considéré comme beau, acceptable. Cézanne, son ami (j'en parlerai plus loin), était l'un de ses peintres avant-gardistes, héritiers de Courbet et de Delacroix (deux noms fréquemment cités dans le roman).

Allez, aujourd'hui, je vous balance du Cézanne!

Dans l'Oeuvre, nous pouvons donc suivre Claude, mais aussi d'autres artistes qui veulent mettre leurs différences en avant. Nous les voyons donc discuter de leurs oeuvres, de leurs idées artistiques, mais on assiste surtout à leurs difficultés à se faire accepter par les autres artistes et en particulier par le Salon. Zola s'inspire de la réalité, avec ses descriptions du Salon, et surtout l'évocation du Salon des Refusés, qui rassemble les oeuvres des artistes rejetés par le Salon.
L'auteur insiste particulièrement sur l'incompréhension mutuelle: celle de Claude, qui a beau tenter tout ce qu'il peut pour faire une grande oeuvre mais qui ne trouve jamais grâce aux yeux des "experts"; et celle du jury du Salon qui ne comprend pas ce que les artistes ont cherché à faire avec leurs oeuvres parfois dérangeantes.

Le jeu cruel du Salon:
Parlons-en du Salon! Claude le voit, comme les autres artistes, comme le lieu d'exposition par excellence. Cette idée ne le quittera jamais, il s'obstine à vouloir se faire exposer par le Salon, à être choisi par le jury, tout en affrontant année après année l'amère déception d'être recalé.

Zola nous propose de découvrir les dessous du Salon dans une scène assez drôle au final (même si en la regardant par rapport au reste du livre, on se sent un peu mal ^^), où les différents membres du jury s'arrachent les cheveux, et se comportent comme des gamins devant les tableaux. On comprend vite que leur jugement est biaisé, chacun ayant une bonne raison de faire accepter tel ou tel tableau (le beau-frère, le fils du copain d'un patron de truc...), ou préférant garder un tableau raté d'un peintre connu plutôt que de prendre le risque de choisir un nouveau venu avec du talent!

L'Oeuvre, Germinal, l'Assommoir:
Comme je vous l'ai dit plus haut, la famille proche de Claude a déjà eu droit à plusieurs romans. Je me suis dit qu'il serait intéressant de comparer Germinal (Etienne), l'Oeuvre (Claude) et l'Assommoir (Gervaise), parce que même si ses livres sont à priori très différents les uns des autres, par leurs sujets (le monde ouvrier, l'art et l'alcool), Zola a comme toile de fond le thème de l'hérédité.

Et effectivement, l'hérédité on la retrouve dans ces trois romans. Tout d'abord par de simples allusions à leur famille: que ce soit dans Germinal ou dans l'Oeuvre, Etienne et Claude pensent au moins une fois à leur mère qu'ils aiment beaucoup et qu'ils semblent voir davantage comme une victime qu'autre chose.



Par la suite, on constate que leur attitude, leur comportement sont assez similaires malgré leurs vies éloignées et là encore différentes: en effet, les trois personnages sont des révoltés, des gens qui veulent se battre. Dans l'Assommoir, Gervaise se bat après le départ de Lantier pour nourrir ses enfants, plutôt que de se laisser à l'abattement. Etienne soulève toute la mine pour lutter contre les difficiles conditions de vie de ses collègues. Et Claude se bat contre le Salon et les dictats de l'art. Chacun a ses armes, son combat, mais tous les trois sont des combattants. Ils connaissent également une fin assez similaire, que je ne vais bien sûr pas vous spoiler, mais j'ai été assez surprise de voir comment se terminait leur combat.

Un roman (presque) autobiographique!
Plus haut, j'ai mentionné le nom de Cézanne, et ce n'était pas par hasard!
Si Zola a su être aussi convaincant et précis dans son roman, si son personnage de peintre est aussi réussi, c'est parce qu'il en connaissait un: Cézanne. Les deux hommes sont en effet des amis d'enfance; avec un troisième compère (que Zola évoque par le personnage de Dubuche), ils ont passé leurs plus jeunes années à faire des rêves de gloire qu'ils cherchèrent à réaliser plus tard en montant à Paris.

Zola, par Cézanne.

Si les deux ont réussi à se faire connaître, le caractère assez colérique de Cézanne a beaucoup fatigué Zola. Il faut le savoir, Cézanne n'était jamais satisfait de ce qu'il faisait, et avait tendance à déchirer ses toiles: Zola a tenté de soutenir son ami, mais rien ne pouvait l'empêcher de se mettre dans des colères noires.
Les deux camarades ont rompu tout lien avec la parution de l'Oeuvre, en 1886: dans ce roman, Zola reprend énormément d'éléments autobiographiques, comme son amitié avec Cézanne, des souvenirs d'enfance, ses moments de doute et de colère... Le peintre se reconnait dans le personnage de Claude, et est très vexé de la façon dont son ami parle de lui, et met fin à leur amitié.
Néanmoins ils resteront très attachés l'un à l'autre, sans toutefois pouvoir se réconcilier: à la mort de Zola en 1902, Cézanne sera très ému de cette perte.

Mon avis sur ce roman:
Après avoir terminé Germinal le mois dernier, j'étais impatiente de découvrir la suite de la saga car, à l'exception du Docteur Pascal (le vingtième et dernier roman), je n'ai encore lu aucun des titres qui me restent à lire. L'Oeuvre m'intriguait fortement, en raison de son sujet, l'art, et de son influence autobiographique. Au final, j'ai un avis assez partagé sur ce roman.

Il y a énormément de choses que j'adore dans l'Oeuvre: le thème, déjà, me parle particulièrement. J'ai toujours beaucoup aimé l'art, même si je ne suis pas une experte dans ce domaine, loin de là! J'ai été passionnée par les scènes où Christine pose, où l'on rencontre d'autres artistes, les discussions... Bref, un gros point fort pour moi! La critique du Salon est ce que j'ai préféré.

Madame Cézanne.
Ensuite les personnages ont su me séduire: ils sont intéressants, touchants, et le couple Christine/Claude me plait énormément. Christine en particulier, par son soutien à son compagnon, son caractère, est un personnage que j'ai apprécié: je ne sais pas si Zola s'est inspiré de la vraie madame Cézanne pour son héroïne, il faudra que je me renseigne!

L'intrigue aussi est passionnante, on suit les péripéties de Claude, on vogue au gré de ses moments de grâce et ses crises existentielles, ses moments de doute intense où il ne sait plus quel est son but, ce qu'il veut faire. Je me suis sentie proche du personnage et j'ai donc suivi avec intérêt son histoire, m'énervant avec lui, m'étonnant devant ses prouesses... Je ne me suis pas ennuyée!

Mais quel est le problème alors? me direz-vous. Et bien la fin. Je me suis juste énervée en lisant la fin. Pourtant, maintenant, je connais un peu Zola, je sais qu'il aime les fins un peu dramatiques ou surprenantes, c'est l'une de ses marques de fabrique. Je ne vais pas vous dire ce qu'il se passe, mais quand je suis arrivée aux dernières pages, j'ai failli lancer le livre par ma fenêtre, j'avais envie de pleurer, bref, j'étais juste dégoutée. Je pense que c'est parce que je me suis vraiment attachée aux personnages, ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps, et que du coup j'ai eu du mal à digérer les derniers événements de l'intrigue.


Je suis néanmoins persuadée que l'Oeuvre est un bon roman de Zola, et je le conseille donc fortement! Quand mes émotions se seront un peu apaisées, je saurai si je l'aime définitivement ou non, je vous tiendrai au courant! On se retrouve très vite pour le quinzième numéro de la saga, la Terre, que je vais vous présenter d'ici quelques jours! En attendant n'hésitez pas à me laisser votre avis sur le livre ou vos suggestions de lecture! A très vite, 

AnGee Ersatz*

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