mercredi 12 novembre 2014

Axolot: Histoires Extraordinaires et Sources d'Etonnement, de Patrick Baud et Collectif (+ Dédicace à Lyon).




Bonjour à tous et à toutes!

Bienvenue sur le Livroscope, j'espère que vous allez bien et que vous passez un bon début de semaine! En ce Mercredi, je suis ravie de vous retrouvez pour un article placé sous le signe de la BD. En effet, nous allons parler d'une BD un peu particulière, sortie au début du mois d'Octobre: cette BD, c'est la BD Axolot, fruit du travail de Patrick Baud et d'un collectif de dessinateurs. Mais en plus d'une présentation de la BD, c'est également un article un peu spécial qui vous attend: nous allons  en effet aussi parler de la dédicace de Patrick Baud à Lyon il y a quelques semaines. Et si je dis "nous", c'est bien parce que pour une fois, je ne suis pas seule à rédiger cet article. Car oui, j'ai fait appel à mon Robin personnel (oui, j'aime croire que je suis Batman) pour également lire la BD et m'accompagner à la dédicace: Psychic TV, qui rédige depuis plusieurs mois des chroniques sur des comics improbables sur le blog. J'espère que cet article à quatre mains vous plaira, bonne lecture à tous!


Patrick Baud, alias Axolot:
Commençons d'abord par une petite présentation de l'homme qui se cache derrière le pseudonyme d'Axolot, un pseudonyme pour le moins original.
Patrick Baud, alias Axolot, est né en 1979. Sa passion? Découvrir sans cesse de nouvelles choses étonnantes et étranges, quelque soit le domaine. Après un émission de radio répondant au nom d'Exocet, et la création de son blog Axolot où il consigne ses découvertes, il s'est lancé dans la réalisation de vidéos sur Youtube pour faire partager à un maximum de personnes des anecdotes et histoires toutes plus surprenantes les unes que les autres. Si vous voulez en savoir plus sur des savants prêts à tout pour la science, des reliques et objets improbables, ou encore des îles terrifiantes, n'hésitez pas à aller à la découverte de sa chaîne Youtube ainsi que de son blog!
Pour terminer, sachez également que Patrick Baud avait déjà publié un premier livre, en 2012, L'Homme qui sauva le monde et autres sources d'étonnement.


Marion Montaigne.
Qui sont les dessinateurs qui ont travaillé sur ce livre?
Pour raconter et mettre en image les différentes histoires et anecdotes sélectionnées pour figurer dans le livre, nous avons droit à treize auteurs de talent!
Tout d'abord Marion Montaigne, auteure et dessinatrice qui officie elle-même sur un blog, du nom de Tu mourras moins bête, où elle répond en dessin à tout un tas de questions. Tu mourras moins bête a été adapté en bande-dessinée, et elle compte plusieurs autres publications à son actif.
Ensuite, nous avons Boulet, dessinateur et scénariste notamment connu pour sa série Raghnarok, qui raconte les histoires d'un petit dragon, la Rubrique Scientifique ou encore sa collaboration avec Pénélope Bagieu sur La Page Blanche (que je vous recommande, au passage). 
Auteur suisse, Guillaume Long est né en 1977. Illustrateur, il tient également un blog, A boire et à manger, qui est un blog dédié à la cuisine, où recettes et anecdotes sont présentées via des dessins, avec humour.
Quatrième illustrateur de ce livre: Libon, né en 1972. Il publie de très nombreuses histoires dans des magazines orientés jeunesse, comme Spirou ou le magazine J'aime lire Max. Parmi ses séries, on peut nommer Animal Lecteur ou les Enquêtes de Charlotte Holmes
C'est ensuite un duo que l'on retrouve, duo baptisé Capucine et Sibylline. Elles ont déjà travaillé plusieurs fois ensemble par le passé, notamment sur Premières fois ou Le trop grand vide d'Alphonse Tabouret.

Tony Sandoval.
Tony Sandoval est quant à lui un illustrateur de BD d'origine mexicaine. Sur son blog Los Monstruos de Tony, vous pouvez découvrir une partie de son travail. Il est l'auteur de plusieurs bandes-dessinées, comme Nocturno ou le Cadavre et le Sofa
Adrien Ménielle, né en 1980, a plusieurs cordes à son arc. Il est non seulement dessinateur, publiant sur son site des histoires courtes pleines d'humour, mais il travaille également pour Golden Moustache, en tant qu'acteur ou scénariste.
Né en 1976, Erwann Surcouf est principalement connu pour ses illustrations dans le milieu jeunesse (j'ai appris que c'était lui qui illustrait les couvertures de Sally Lockhart, que je lisais quand j'étais petite), et il a publié plusieurs ouvrages, comme le Chant du Pluvier
Nancy Pena, originaire de Toulouse, est née en 1979. Elle publie depuis plusieurs années des BDs à l'univers très particuliers (Médée, le Chat du Kimono...), et je vous conseille de visiter son blog pour découvrir son style et sa plume. 
Ensuite, Geoffroy Monde! Né en 1986, ce Lyonnais est à la fois dessinateur et peintre. Sa particularité est de peindre à la fois avec des techniques traditionnelles mais aussi en numérique. Il collabore également à plusieurs fanzines.
Yannick Lejeune est né en 1978. Comme on l'apprend sur son site, il est à la fois "papa, geek, directeur internet, informaticien, marketeur, éditeur de BD", de quoi être bien occupé! Ses précédentes publications sont Papier, et Idées reçues et corrigées. 
Pour terminer, nous avons Camille Moog, dont le tumblr est bourré de dessins pour régaler vos yeux. J'ai trouvé assez peu d'informations sur elle, mais n'hésitez pas à aller découvrir son travail!

Quatrième de couverture:
Enigmes, expériences scientifiques, bestioles incroyables... Donner au réel des airs de fable et installer le fantastique dans les bizarreries de notre monde, tel est le talent de Patrick Baud, brillant conteur et créateur du blog Axolot. Son but: partager son étonnement face à l'étrangeté de l'univers. Boulet, Marion Montaigne et bien d'autres offrent un magnifique écrin à cette anthologie insolite. 



Que trouve t'on dans ce livre:
Mais alors, me direz-vous, que trouve t'on dans cette fameuse BD Axolot, me direz-vous? 
Et bien pas mal de choses! Avec ses 120 pages, la BD nous propose de découvrir énormément de choses: le lecteur a donc droit a des anecdotes et histoires extraordinaires issues du blog et/ou de la chaîne Youtube de Patrick Baud, mises en images par les différents illustrateurs, qui retravaillent parfois l'histoire à leur sauce. Chaque histoire se termine par une petite note explicative de Patrick Baud qui nous donne un peu plus d'informations sur ce qu'on vient de lire. Plusieurs univers sont abordés: la science, le paranormal, les reliques sacrées... De quoi en intriguer plus d'un! 



On a également des rubriques qui reviennent régulièrement à travers le livre: on peut noter par exemples les explications scientifiques de certaines réactions humaines, la présentation d'arbres surprenants, ainsi que des pages intitulées "Cabinet de Curiosités", dans lesquelles sont compilées différentes petites notes pour être encore et toujours plus surpris!

Petite séance de dédicace à Lyon:
Le Samedi 26 Octobre dernier, à Lyon, Patrick Baud alias Axolot venait dédicacer sa BD à Gibert Joseph, à l'espace BD. Psychic et moi étant sur place, nous avons décidé de notre y rendre. J'ai déjà fait plusieurs dédicaces par le passé (comme j'ai pu le présenter sur le blog à plusieurs reprises), mais dans le cas de Psychic, c'était une première!
Nous nous sommes rendus quelques jours avant à Gibert pour repérer les lieux et acheter la BD. J'ai eu le temps de dévorer la BD avant la dédicace, et Psychic de la commencer. Nous étions impatients d'aller à la dédicace et de rencontrer Patrick Baud! Nous le suivions depuis plusieurs mois via Youtube, et nous aimons beaucoup ce qu'il fait, son originalité. 
Le jour J, nous sommes arrivés avec un peu d'avance sur le lieu de la dédicace. Et nous avons bien fait, car il y avait déjà quelques personnes devant nous, et la queue derrière nous a vite pris une sacrée ampleur!
Nous sommes passés parmi les premiers, et sommes ravis de notre rencontre avec Patrick Baud: il a pris le temps de discuter avec nous, il était très sympathique et chaleureux! Nous avons passé un très beau moment et sommes repartis avec une chouette dédicace!
Comme sur la dédicace, il y a nos deux prénoms véritables, je ne peux malheureusement pas vous la montrer, mais voici tout de même une petite photo avec Patrick Baud! :)



Ce que j'en ai pensé:
Je me suis toujours considérée comme quelqu'un d'assez curieux, m'intéressant sans cesse à des sujets toujours plus divers. Néanmoins, je suis loin de connaitre énormément de choses, et c'est pour ça que je passe du temps à lire, mais aussi à écumer internet à la recherche de faits surprenants. Et grâce à Axolot, depuis plusieurs mois, je vais de découverte en découverte. Donc la sortie de la BD Axolot me faisait de l'oeil, et j'avais hâte de la lire! Ce que j'ai fait dès que j'ai pu l'avoir entre les mains, et honnêtement cette BD est une véritable pépite pour tous les curieux et amateurs de choses surprenantes. 

Dans Axolot, nous découvrons plusieurs histoires surprenantes, dont certaines sont touchantes, tristes, drôles ou parfois carrément glauques mais qui ont toutes en commun d'être justement hors du commun. Toutes ces histoires sortent du lot, surprennent et aiguisent notre intérêt. J'ai particulièrement été interpellée par celle du joueur d'échecs qui écrasait tous les joueurs qui l'affrontaient, ayant lu il y a plusieurs années la nouvelle de Poe à ce sujet, ainsi que par celle sur le Docteur fou amoureux de sa patiente et qui refuse que la mort les sépare. J'ai appris énormément de choses avec ce livre, et je n'ai qu'une envie: en apprendre encore davantage!

J'ai aussi beaucoup aimé le fait que la BD ne soit pas constituée uniquement d'histoires qui se suivent (même si ça aurait déjà donné un superbe ouvrage), mais qu'il y ait en plus des petites notes explicatives, les rendez-vous scientifiques et les cabinets de curiosités, petites pépites qui tiennent sur quelques pages. L'ensemble donne une BD vraiment riche et captivante. Si moi je l'ai dévorée comme un ogre affamé, je sais que Psychic a préféré la lire petit bout par petit bout, une histoire après l'autre, puisqu'il est possible de faire régulièrement des pauses grâce au format des histoires courtes. 



Au niveau visuel, cette BD envoie du lourd. J'ai été impressionnée par le nombre d'illustrateurs qui ont participé à la BD, c'est rare d'en voir autant sur un même livre! J'en connaissais certains, comme Boulet, Adrien Ménielle ou Marion Montaigne, et j'ai découvert beaucoup de nouvelles plumes (comme Tony Sandoval, un gros coup de coeur). Les styles sont différents les uns des autres, avec des tons et des univers différents mais qui nous régalent tous de façon égale. La BD est un excellent moyen d'expliquer quelque chose, de faire passer des émotions, et là on est servi. A noter de plus la mise en page soignée avec une très jolie couverture et de belles typographies. 

En bref, si vous aimez être étonnés, Axolot est une BD faite pour vous. L'étonnement est au rendez-vous à chaque page, et j'espère que Patrick Baud nous enchantera longtemps avec son univers! 

Ce que Psychic en a pensé:
Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié cette bande-dessinée.
Le concept lancé par Patrick Baud est une très bonne idée, comme le prouvent toute ces histoires dessinées et "repensées" qui ont pour base les curiosités méconnues de notre monde. 
Qu'il s'agisse d'une épidémie de danse façon invasion de morts-vivants, des strips courts illustrant de manière scientifique et humoristique des réactions humaines étranges ou de petites anecdotes brèves présentées comme dans un cabinet de curiosité, où chaque petit élément nous surprend par sa réalité, aussi farfelu que ça puisse paraître au premier abord. 
Avec un blog, une chaîne Youtube, deux bandes-dessinées et une troisième en préparation (un tome trois serait prévu avec une nouvelle équipe de dessinateurs/auteurs, Axolot risque d'entraîner de plus en plus de personnes dans son univers aussi étrange que réel. 

En bref, nous avons adoré cette BD, nous la recommandons chaudement à tous les curieux! Nous vous remercions d'avoir lu cette chronique, n'hésitez pas à nous laisser un petit commentaire, et on se retrouve très vite pour un nouvel article!

AnGee Ersatz* et Psychic TV.


dimanche 9 novembre 2014

ASH, de Jean-Michel Calvez (Partenariat Livraddict).




Bonjour à tous et à toutes, mes amis lecteurs!

Bienvenue sur le Livroscope, j'espère que vous passez un bon Dimanche! Aujourd'hui, on se retrouve pour une toute nouvelle chronique un petit peu spéciale. En effet, j'ai choisi de vous parler aujourd'hui d'un roman que j'ai pu découvrir grâce au site Livraddict, célèbre site pour les amoureux de lecture, qui organise fréquemment des partenariats pour faire découvrir à ses membres des livres de tous poils, de la fantasy à la romance, des petits et des grands formats. Il y a quelques temps, j'ai postulé pour recevoir un roman de science-fiction publié chez Atria: il s'agit de ASH de Jean-Michel Calvez, et j'ai eu le plaisir d'être choisie pour le découvrir. Je l'ai terminé il y a quelques jours, et je vous propose sans plus attendre de voir de quoi ça parle! C'est parti, bonne lecture à tous! :)

Les autres partenariats Livraddict:
Avant d'aller plus loin, sachez que ce n'est pas la première fois que je participe à un partenariat organisé par Livraddict. J'ai déjà eu le plaisir, en plus de deux ans de présence sur le site, de découvrir d'autres livres grâce à eux, et si vous souhaitez voir ce que j'ai pensé de ces ouvrages, je vous conseille de visiter le lien ci-dessous!


Jean-Michel Calvez, c'est qui?
Démarrons cette chronique en beauté avec une petite présentation de notre auteur du jour, Jean-Michel Calvez!
Jean-Michel Calvez est un auteur français né en 1961, en Bretagne. Ingénieur de profession, il est l'auteur de très nombreux romans et nouvelles, comme par exemple STYx, publié en 2007, ou IF837, sorti en 2012. Son travail est orienté vers la science-fiction et le fantastique, mais il ne se limite pas à ces genres puisqu'il écrit également des polars. Jean-Michel Calvez porte aussi parfois la casquette de traducteur, et il a notamment traduit plusieurs oeuvres de Ken Liu ou encore Mike Resnick, un auteur que j'avais présenté sur le blog pour The Buntline Special (un roman steampunk-western pas mal du tout). 
Si vous avez envie de découvrir un peu plus Jean-Michel Calvez et son travail, je vous encourage à visiter le lien ci-joint où vous trouverez son interview sur le site d'Atria!



ASH:
Quatrième de couverture:



Ashley, jeune psychologue, a été choisie pour assister une expédition militaire devant maîtriser une rébellion ouvrière sur la planète NexTerra. Les soldats souffrent d'une forme de stress post-traumatique, alors que leur action s'est limitée à quelques échauffourées avec la main-d'oeuvre d'extraction minière, un espèce E.T peu communicante, traitée en esclave et, semble-t'il, touchée par le même mal. 

Les E.T sont-ils vraiment en cause ou ne sont-ils que des victimes? Par le passé, un fléau ou virus aurait-il déjà touché cette planète? Quels sont, sur la Terre, les secrets de la société Bio-Tech où un jeune stagiaire futé a mis le nez dans des dossiers sensibles auxquels il n'aurait jamais dû avoir accès? 

Cherchant à démêler causes et effets du mal mystérieux qui frappe indifféremment E.T et humains, les rendant fous furieux ou amorphes, Ash s'engage dans un piège mortel qui s'étend bien au-delà de cette planète isolée. 

Après IF837 et Ethique du contact, ASH aborde les désordres engendrés par l'homme lors de sa conquête de territoires, sur fond de manipulations génétiques et de secrets industriels. 


ASH, un titre à plusieurs sens: 
Au moment de postuler pour pouvoir découvrir le livre sur Livraddict, j'ai été interpellée par le titre du roman, ainsi que par sa couverture, montrant une étrange combinaison entre nature sauvage, univers industriel en piteux état, et personnages visiblement issus des forces de l'ordre ou de l'armée. Le titre m'intriguait beaucoup: "ash", en anglais, signifie "cendres", et cette traduction collait plutôt bien à l'atmosphère oppressant et destructeur qui semble dépeint dans le roman, comme en témoignent la couverture et le résumé de l'intrigue.
ASH est un titre qui revêt en réalité plusieurs significations. La plus évidente nous vient de l'héroïne, Ashley Sandra Hesserling. Rien que dans son cas, le diminutif Ash peut s'employer deux fois: d'abord  pour remplacer Ashley (elle le dit elle même, ses amis l'appellent Ash), ou en tant qu'acronyme de son nom complet Ashley Sandra Hesserling. 
Ensuite, ASH peut également renvoyer à un autre personnage, à savoir le PDG de Bio-Tech, l'entreprise que l'on découvre dans le roman. En réalité, son surnom est H, en référence à son nom de famille. La lettre H se prononce comme "ash", une confusion que fait Piasecki, le jeune stagiaire de Bio-Tech.
Enfin, le mot "ash" peut tout simplement se comprendre que étant le terme anglais, à savoir le mot désignant la cendre. En effet, comme on peut le découvrir au cours de notre lecture, les cendres sont un élément assez important de l'histoire puisqu'elles fascinent les Eels, l'espèce E.T de NexTerra. Je ne vous en révèle pas plus à ce sujet, pour éviter de vous spoiler.
En tout cas, le titre est assez mystérieux mais se révèle multi-facette à la lecture du roman!

Bienvenue sur NexTerra:
Pour son roman, Jean-Michel Calvez a décidé d'entraîner ses lecteurs dans un monde un peu particulier: celui de la planète NexTerra! NexTerra est une planète au nom un peu étrange: je ne sais pas si c'est ainsi que l'auteur l'a pensé, mais en latin "terra" signifie terre et "nex"... la mort. 
NexTerra est en fait une planète qui n'est pas vraiment destinée à être habitée, mais plutôt exploitée: en effet, on y trouve de nombreuses mines, où Bio-Tech et un étrange organisme baptisé l'Ogre (rien que le nom fait froid dans le dos) opèrent. Le but est d'en récupérer le maximum de ressources, après la conquête du territoire.

Sur NexTerra, on trouve des hommes, venus de la planète Terre, mais ce ne sont pas ces hommes qui se chargent du travail d'extraction. En réalité, il s'agit d'une espèce E.T (extra-terrestre donc) portant l'étrange nom de "Eels", dont la signification, comme pour ASH, est multiple: il s'agirait d'un acronyme, ou d'un détournement de la façons de prononcer "ils"/"elles", ou encore un terme emprunté à l'anglais qui signifie anguilles. Cette dernière signification n'est pas totalement fausse, comme on le constate en se penchant sur la morphologie des Eels: tout comme les anguilles (je ne suis pas non plus super calée sur l'anatomie des anguilles, veuillez m'en excuser), les Eels ont une apparence visqueuse, gluante, et sont d'une mollesse assez perturbante, capables même de changer de forme. Dépourvus de bouche, ils ont néanmoins une sorte de doigt/tube qu'ils utilisent pour des fins assez vagues pour les humains. Pourquoi vagues? Tout simplement parce que les humains ne s'intéressent pas vraiment aux Eels, si ce n'est comme main d'oeuvre. Ash le découvre en arrivant, peu de choses sont connues à leur sujet. 
En parlant de Ash, la jeune femme découvre la planète pour la première fois. Elle doit y intervenir en tant que psychologue pour intervenir sur des cas étranges, qualifiés de virus, qui se propagent parmi les humains présents sur place. NexTerra est une planète en bien mauvais état, avec des villes détruites, des ruines, témoignant d'un lourd passé. Que s'est-il déroulé à NexTerra? Comment la planète en est-elle arrivée là? C'est ce que Ash veut découvrir.

Ce que j'ai pensé du livre:
C'est à l'adolescence que j'ai découvert la science-fiction, et même si c'est un genre que j'adore autant au cinéma qu'en littérature, je lis assez peu de romans du genre. Pourtant, depuis quelques semaines, j'ai décidé de m'y remettre plus activement, grâce notamment à mon petit tour aux Intergalactiques. Autant vous dire que j'avais hâte de me plonger dans ASH, d'autant plus que le sujet du roman me rappelait celui de la conférence à laquelle j'ai assistée il y a peu et qui portait sur l'écologie en science-fiction. Bilan des courses de cette lecture? Et bien ASH est un roman qui m'a transportée, un petit coup de coeur que j'ai adoré découvrir.

Commençons par l'intrigue, qui s'avère être très riche. Entre la mission d'Ashley, ce qu'elle découvre sur NexTerra, les Eels, l'intrigue avec Erich Rubens, et ce qui se passe sur Terre avec Bio-Tech et Piasecki, il y a de quoi faire! Il m'a fallu plusieurs jours pour lire ASH, mais j'avais du mal à ne pas me jeter dessus, même pour lire deux paragraphes, dès que j'avais un instant de libre! Il y a pas mal de rebondissements et d'actions, je ne me suis pas ennuyée, bref, un bon point. Seule la toute fin me laisse un peu perplexe, mais je pense que c'est parce que je n'ai pas encore eu trop le temps d'y réfléchir.

En ce qui concerne les personnages, j'ai adoré (et vraiment adoré) Ashley. J'ai remarqué que dans beaucoup des romans de science-fiction que j'ai lus, les personnages principaux ont tendance à être des hommes, et du coup j'ai apprécié me retrouver face à une héroïne. Ash est courageuse, intelligence, elle n'hésite pas à mettre son nez où il ne faut pas et à remettre en cause les autorités si elle sent que c'est ce qu'il faut à faire. J'ai aimé la relation qu'elle entretient avec Duce, son chien aveugle et protecteur, ainsi qu'avec les autres personnages, notamment Rubens. Certains passages (assez peu nombreux au final) sont également racontés du point de vue de Piasecki, et si c'est un personnage qui ne m'inspire pas trop, il a quand même son rôle à jouer dans l'histoire.

J'ai aussi beaucoup aimé la plume de Jean-Michel Calvez, que je ne connaissais pas, la découvrant avec ce livre. C'est fluide, travaillé et agréable, et les descriptions parviennent sans problème à nous entraîner à NexTerra ou à nous faire visualiser les Eels. J'ai très envie de lire son roman STYx qui aborde apparemment des thématiques similaires!

En parlant des thématiques, c'est probablement ce que j'ai préféré dans ASH. Ce roman pose de très nombreuses questions: jusqu'où l'homme peut-il s'approprier des territoires? La mort a t'elle des limites? Comment réagir face à la différence, notamment face à une espèce antérieure? Apprend t'on vraiment de ses erreurs? Quelle place pour la nature? Jusqu'où peut-on tenter des expériences sur les êtres vivants? Ce roman m'a fait beaucoup réfléchir, et m'a permis de poursuivre la réflexion que j'avais entamée après la conférence aux Intergalactiques. C'était une lecture enrichissante, et rien que pour ça, je suis heureuse de l'avoir lue.

En bref, ASH me pousse à me plonger davantage dans la science-fiction. J'ai découvert un auteur et un univers grâce à ce livre, et si les thématiques écologiques et scientifiques, mais aussi psychologiques vous intéressent, ce livre risque de vous plaire!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cet article vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire, je vous répondrai avec plaisir! On se retrouve d'ici quelques jours pour une nouvelle chronique, en attendant prenez soin de vous :)

AnGee Ersatz*



vendredi 7 novembre 2014

Chasse aux Vampires #4: Journal d'un vampire, tome 1, de L.J Smith.




Bonjour à tous et à toutes, lecteurs du Livroscope!

C'est avec un grand plaisir que je vous accueille en cette fin de semaine sur le blog, pour une chronique une nouvelle fois placée sous le signe du sang, des crocs acérés et des prédateurs! Vous l'aurez compris, en ce Vendredi j'ai décidé de vous parler à nouveau de vampire pour le Challenge Chasse aux Vampires de Leelys, dans lequel je me suis lancée il y a quelques semaines. Ayant vingt et un livres à vous présenter, j'ai décidé de ne pas chômer! Et le livre dont je vais vous parler aujourd'hui présente quelques similarités avec le dernier roman vampirique présenté sur le blog: non seulement on y trouve des vampires, thème de ce Challenge, mais on y trouve également un personnage principal féminin, et son univers peut aussi se dévorer sous forme de série télévisée! Ce livre, c'est le premier tome de la saga Journal d'un Vampire (ou The Vampire Diaries en version originale), de L.J Smith. Bonne lecture à tous! :)

Les autres chasses aux vampires!
Avant d'aller plus loin et de m'attaquer au roman du jour, je tenais à juste à vous indiquer qu'il vous est possible de consulter mes précédentes chroniques du Challenge, ainsi que les autres articles autour des vampires, en suivant le lien ci-dessous!



Qui est L.J Smith?
Commençons tout d'abord par une petite présentation de notre auteure du jour, L.J Smith!
De son nom complet Lisa Jane Smith, cette américaine originaire de Floride aurait vu le jour en 1965 (je dis "aurait", parce qu'apparement elle n'a jamais communiquée sa véritable date de naissance). Après des études, elle devient enseignante avant de se lancer pleinement dans l'écriture. Elle commence à publier ses histoires à la fin des années 80, avec La Nuit du Solstice. L.J Smith est l'auteure de différentes sagas, comme The Vampire Diaries, la plus connue, ainsi Night World, ou encore The Secret Circle.
Si vous avez envie de découvrir davantage cette auteure, je vous laisse suivre le lien ci-dessous qui vous mènera vers son site internet!





Journal d'un Vampire:
Présentation de la saga:
Entrons à présent dans le vif du sujet, avec le premier tome de la saga Journal d'un vampire!
C'est au début des années 90 que L.J Smith se plonge dans la rédaction des premiers tomes de la saga. Quatre romans sont alors publiés, puis l'auteure fit une pause de plusieurs années, jusqu'en 2009, où elle s'attaque au deuxième arc narratif de sa saga, une reprise qui coïncide avec l'arrivée de son adaptation en série télévisée. Après trois autres romans cependant, la suite de la saga fut confiée à un "ghost writer", ou en français un "nègre", en raison d'un conflit avec la maison d'édition chargée de publier le Journal d'un vampire. Les livres publiés depuis ont été écrits par une certaine Aubrey Clark, mais L.J Smith, pas très heureuse du résultat et d'avoir été évincée de sa propre série, aurait annoncé vouloir réécrire la fin. Elle a également posté plusieurs nouvelles sur son site internet pour les fans.
En ce qui concerne la série télévisée, elle a été créée par Julie Plec et Kevin Williamson, qui se chargent également de son spin-off (dont je reparlerai d'ici quelques instants). La première saison a été lancée en 2009, diffusée sur la chaîne CW, et en est actuellement à sa sixième saison. On peut noter pas mal de différences entre la série et les romans originaux, ne serait-ce que dans les noms des personnages, dont pas mal ont été changés. 
Au niveau du casting, on retrouve Nina Dobrev dans le rôle d'Elena, Paul Wesley dans celui de Stefan, et Ian Somerhalder interprète Damon. Steven R. McQueen joue le frère d'Elena, Jeremy, Katerina Graham joue Bonnie, et Candice Accola joue la jolie Caroline. 
En 2013, le spin-off de la série, The Originals (que personnellement je préfère) est lancé sur les écrans. Il se focalise sur la famille Mikaelson, composée de Klaus, Elijah et Rebekah, à savoir les vampires originaux. 


Résumé du tome 1:



A Fell's Church, Elena Gilbert est la reine du lycée, dont tous les garçons rêvent et à laquelle toutes les filles veulent ressembler. Le jour de la rentrée, elle tombe sous le charme de Stefan Salvatore, nouveau venu ultra séduisant mais également ultra mystérieux: personne ne sait rien de lui, ni de sa famille ou de son passé. Cependant, la jeune fille décide de séduire Stefan, coûte que coûte, devenant obsédée par lui. Dans le même temps, des événements étranges se produisent dans la ville: agressions, meurtres violents... Lorsqu'Elena découvre que Stefan est en réalité un vampire, la question se pose: le jeune homme serait-il à l'origine de ces événements? Qui a volé son journal intime? Qui est le mystérieux Damon?

Stefan et Damon, frères ennemis:
Dans ce premier tome, deux personnages nous sont rapidement présentés comme étant les principaux: d'un côté nous avons Elena, la jolie humaine reine du lycée, et de l'autre nous avons le ténébreux Stefan. Focalisons nous un instant sur le fameux Stefan, le vampire de ce premier tome.



Stefan est dès sa première apparition présenté comme un vampire, et très vite on découvre ses caractéristiques. Stefan se nourrit de sang d'animaux, comme les lapins, et se refuse à boire du sang humain qui, pourtant, pourrait le rendre plus fort. Il a la capacité de manipuler les humains grâce à ses yeux, et peut également rester en plein jour.
Cependant, il n'est pas le seul vampire que l'on découvre dans ce livre, puisqu'on nous présente également Damon, son frère. Damon fait ses premières apparitions dans les flashbacks de son frère. On sent rapidement qu'une tension existe entre les deux frères, tout d'abord avec leur père: Stefan semble être un garçon sage, respectueux de leur père, tandis que Damon a tout du rebelle, refusant de suivre ses cours et remettant en cause l'autorité parentale. La tension entre eux monte d'un cran avec l'apparition dans leurs vies de la belle Katherine, une jeune femme frêle et séduisante. Les deux garçons sont fous d'elle, prêts à se battre pour l'avoir, alors qu'elle cache un lourd secret.
Des siècles plus tard, la rivalité entre Damon et Stefan est toujours vivace, et cette fois elle est en partie causée par Elena elle-même...


Ce que j'ai pensé du livre:
Si je devais faire une liste de mes créatures surnaturelles préférées, les vampires seraient probablement tout en haut de la liste. Je regarde donc le plus de séries/films possible et lis tous les livres autour des vampires que je peux trouver, même si au final j'ai assez rarement des coups de coeur ou des trucs que j'apprécie vraiment (je suis assez exigeante avec les vampires). En 2010, j'avais commencé à regarder la série The Vampire Diaries, assez intriguée par le titre: cependant après deux saisons, j'ai décroché, trouvant le triangle amoureux Stefan-Elena-Damon trop omniprésent à mon goût. Cependant, bien que j'ai apprécié la série à ses débuts, je n'avais jamais ouvert un seul des livres de la saga. C'est pour le Challenge que j'ai finalement décidé de me lancer! Qu'ai-je donc pensé de ce premier tome? Et bien je dois dire que je suis un peu mitigée par ma lecture, et même un peu déçue.

Commençons par l'histoire. Le point positif de ce roman, c'est qu'il se passe honnêtement pas mal de choses: on a l'arrivée de Stefan, les histoires de lycée entre Elena et ses copines, les événements et agressions étranges qui se déroulent dans la ville... Je suis restée bien accrochée au cours de ma lecture pour découvrir ce qu'il allait arriver par la suite, et globalement je ne me suis pas ennuyée. En revanche, là où l'histoire me laisse un peu perplexe, c'est dans son absence d'enjeu. Elena arrive très vite à avoir ce qu'elle veut, et on comprend très vite d'où vient la rivalité entre Stefan et son frère Damon, tout comme il est rapidement simple de deviner l'identité de la personne se cachant derrière les meurtres à Fell's Church. Du coup, la résolution des événements manque de suspens et se fait sans trop d'accrocs... En gros, il se passe beaucoup de choses, mais rien de bien palpitant!

Les personnages aussi me laissent un peu une impression partagée. Elena, par exemple, m'a profondément énervée: d'une manière générale, j'ai énormément de difficultés à apprécier les personnages du genre "Queen Bee", qui rêvent du bal de fin d'année et passent des heures à se pomponner. Dans le même genre, Buffy de BTVS et Sookie de True Blood, même si elles sont jolies et sexy, ont des fêlures, des défauts qui les rendent attachantes et plus humaines. Là, Elena n'a fait que m'agacer avec ses exigences et ses caprices. Stefan est un peu plus intéressant, mais trop lisse pour être vraiment captivant. Les personnages secondaires sont un peu fades, même si j'ai trouvé Bonnie, l'amie voyante d'Elena, plutôt sympathique, et Damon a un petit côté prédateur qui me plait. En comparaison, je trouvais les personnages plus intéressants dans la série: Elena, par exemple, me semblait plus être une fille lambda et sa relation compliquée à son frère en difficulté était un élément que j'appréciais beaucoup et qui est un ajout au scénario.



Le point que j'ai peut-être le plus apprécié reste sans doute la narration. L.J Smith choisit de partager son récit entre Elena et Stefan. On peut découvrir les événements selon le point de vue de chacun, et la narration est développée également à travers le journal intime d'Elena, ainsi que par les flashbacks de Stefan, qui se remémore sa rencontre avec Katherine et sa relation avec elle. C'est un choix de narration assez sympathique qui permet de passer d'un personnage à l'autre et de les découvrir davantage. Bon, j'avoue ne pas vraiment comprendre pourquoi ça s'appelle Journal d'un vampire, puisque le seul journal que l'on découvre, c'est celui d'Elena, qui est 100% humaine. Mais bon.

En ce qui concerne les vampires, nous avons quand même pas mal de choses: l'opposition entre le vampire qui cherche la rédemption et à s'adapter au monde humain (Stefan) et le vampire prédateur (Damon), la relation amoureuse vampire/humain, ne pas pouvoir entrer chez les humains sans y être invité... des choses que l'on trouve dans énormément d'oeuvres vampiriques, dont les classiques Dracula, Carmilla ou les plus récents Buffy, Twilight, True Blood et compagnie. Néanmoins, on a quand même quelques idées un peu originales, comme le fait que le sang humain donne des pouvoirs supplémentaires mais aussi des faiblesses par rapport au sang animal, ou l'utilisation de verveine pour éviter l'influence des vampires. On a aussi quelques indices d'un développement de la magie dans la saga, qui pourrait apporter un petit quelque chose.

Au final, je n'ai pas été très convaincue par ma lecture. Honnêtement, je préfère la série télévisée, ou mieux encore, son spin-off, The Originals, que j'apprécie énormément. Je ne pense pas lire la suite de la saga, du moins pas tout de suite. Je sais qu'il existe aussi des livres tournant autour de Stefan, mais là non plus, je ne sais pas si je vais les lire. On verra bien!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cet article vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire, ainsi qu'à me laisser vos avis sur la série ou les livres si vous les avez lus! On se retrouve très vite pour une nouvelle chronique, en attendant prenez soin de vous :)

AnGee Ersatz*



mercredi 5 novembre 2014

Sténopé de Julien Roturier (Editions Luciférines).




Bonjour à vous, mes Livroscopiens!

C'est avec plaisir que je vous retrouve en ce Mercredi sur le blog pour une nouvelle chronique! Après un petit détour par Sunnydale pour chasser avec notre amie Buffy Lundi dernier, j'ai décidé de vous présenter aujourd'hui un type de livres que j'apprécie beaucoup de général: un recueil de nouvelles. Les nouvelles n'ont pas toujours la côte auprès des lecteurs qui les trouvent parfois ou trop courtes ou trop longues, avec parfois des développements bancals, mais en ce qui me concernent c'est un type de récit que j'aime lire, et j'essaie de vous présenter assez régulièrement des recueils de nouvelles, sur le blog ou sur la chaîne. Le recueil dont je vais vous parler aujourd'hui est un recueil paru il y a tout juste quelques semaines aux Editions Luciférines: il s'agir de Sténopé de Julien Roturier. Bonne lecture à tous et à toutes :)


Les autres publications des Editions Luciférines:
Avant d'aller plus loin, je tenais à vous parler brièvement des Editions Lucifériens, où est publié Sténopé. Ce n'est pas la première fois que je parle d'une publication de ces éditeurs, puisque j'ai déjà présenté leurs deux livres précédents: le livre A la rencontre des Gothiques, guide consacré à la culture gothique et bourré de références et de découvertes; et un autre recueil de nouvelles, écrites par divers auteurs (dont Morgane Caussarieu, auteure de Vampires et Bayous dont j'ai parlé le mois dernier), baptisé Nouvelles Peaux et qui contenait des réécritures d'Edgar Allan Poe, célèbre auteur américain.
Si vous souhaitez découvrir ce que j'ai pensé de ces deux livres, ainsi que plus d'informations sur les Editions Luciférines, je vous conseille de suivre les deux liens ci-dessous, qui vous mèneront vers mes précédentes chroniques ainsi que vers leur site internet!




Qui est Julien Roturier?
photo de Enthea Tendoflam
Commençons à présent par une petite présentation de notre auteur du jour, Julien Roturier!
Né en 1978, Julien Roturier est ce qu'on peut qualifier un touche-à-tout: en plus de l'écriture, il travaille également dans d'autres domaines, comme le graphisme ou la musique, différentes casquettes d'artiste. Il fait également partie d'une association portant le nom de Cumul'Arts, à Tournus, qui se charge de l'organisation de différents événements culturels. Sténopé est son premier livre publié aux Editions Luciférines.
A noter également que le recueil est illustré par Dorothée Delgrange, je reparlerai de ses dessins un peu plus loin.
Si vous souhaitez en savoir plus sur Julien Roturier, je vous laisse suivre le lien vers sa présentation sur le site des Editions!


Sténopé:
Quatrième de couverture:
Un homme rêve chaque nuit de sa mort, un groupe d'enfants se lance dans une chasse au trésor dans une forêt où rodent d'inquiétants esprits ancestraux, le patient d'un psychiatre déclare voler la peau des gens, d'étranges créatures viennent des étoiles pour juger l'espèce humaine, une monstre à gousset cassée bat la mesure du temps de plus en plus fort et un adolescent se consume d'amour pour une guerrière virtuelle...

Les onze nouvelles de Sténopé rencontrent des personnages torturés par de curieuses malédictions, victimes de forces surnaturelles ou de leurs désirs les plus sauvages, souvent sanglants. Allant en France ou aux Etats-Unis, Julien Roturier fait voyager son lecteur, explore XXème et XXIème siècles pour varier les ambiances, en gardant une ligne résolument horrifique.

Un recueil fantastique très contemporain qui met en scène la folie, la cruauté et les passions meurtrières avec autant d'humour noir que de violence.


Onze nouvelles, ou plutôt onze cauchemars:
Avec un peu plus de 170 pages au compteur, Sténopé est un recueil comprenant onze nouvelles. Ou plutôt onze cauchemars, comme l'indique le sous-titre du livre. Onze cauchemars, car le fil rouge (sang?) de Sténopé, c'est l'horreur, la peur, l'effroi. Voyons d'un peu plus près ces onze nouvelles!
Le recueil s'ouvre avec "Mon beau miroir", une nouvelle étrange où un homme semble séquestré dans des conditions atroces, et dont les souvenirs sont épars. Pourquoi est-il là? Que va t'il lui arriver?
"La Montre" se penche sur l'histoire d'un homme riche, un businessman plein aux as mais extrêmement dédaigneux de ses proches, et en particulier de son père, très âgé. Un jour, la montre que lui a légué son père se met à faire des bruits bizarres...
La troisième nouvelle, "Double Jeu", nous entraîne à la découverte d'un adolescent que sa mère inquiète en raison de sa passion pour un jeu vidéo dans lequel il incarne une guerrière impitoyable.
"L'Hôte e(s)t invité" est une nouvelle assez étrange, un peu mystérieuse, où les meurtres, et particulièrement les actes extrêmement violents et perturbants sont au coeur de l'histoire.
C'est dans un cadre différent que nous entraîne "On chasse en bord de Seille", puisque nous y suivons un groupe d'adolescents partis faire du camping, et qui se retrouvent à faire une chasse au trésor des plus particulières.
La très courte "Au Numéro 22" donne la parole à une maison où se sont déroulés de sinistres événements.
"Dialogue avec Etoile" flirte avec la science-fiction avec la rencontre entre un extraterrestre et un jeune garçon. L'extraterrestre va faire un don unique au jeune garçon dans le but de juger l'humanité.
Ensuite, nous avons "Memento Mori", où nous découvrons par bribes les pensées d'un homme qui vient de mourir sous forme d'une expérience scientifique.
"Le rêveur" nous plonge dans le monde des cauchemars lorsque le héros de la nouvelle se retrouve à faire sans cesse le même rêve, et qu'il finit par se produire, provoquant des circonstances dramatiques.
L'avant dernière nouvelle s'intitule "l'Amorphe". On y découvre un psy en consultation, dont le patient a un passe-temps plutôt glauque et digne d'Hannibal Lecter!
Enfin, le recueil s'achève avec "Panem et Cirenses": un homme rencontre dans un bar une demoiselle incroyablement belle et charismatique, artiste de cirque. Une rencontre originale aux conséquences qui ne le sont pas moins!

Différentes thématiques abordées:
A travers les différentes nouvelles de son recueil, Julien Roturier raconte des histoires variées, mais dont les thèmes se recoupent parfois. J'ai mentionné plus haut l'horreur comme fil rouge du recueil, avec tous les événements tragiques/glauques/creepy/sanglants qui se déroulent au cours des histoires, mais il y en a d'autres.




Le plus frappant, et que l'on retrouve déjà dans le sous-titre, c'est le rêve. C'est en particulier dans la nouvelle "Le rêveur" que ce thème est abordé, à travers le personnage de Steven: Steven fait en permanence le même rêve, qui le hante, au point que sa femme l'encourage à consulter un spécialiste. Le rêve est un univers à part, dont les sensations peuvent être si puissantes que se pose parfois la question de la limite entre réalité et imagination. Et cette limite est de multiples fois utilisée dans le recueil: dans la première nouvelle, par exemple, le lecteur tout comme le personnage principal est amené à se demander ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. Dans "La montre", Francis met sur le compte de l'alcool les bruits et sensations désagréables qu'il se met à ressentir. "Double Jeu" joue également sur cette frontière avec la relation particulière que l'adolescent a avec son personnage, Delilah. D'ailleurs, dans cette nouvelle, même le lecteur doit lui aussi faire la part des choses entre entre réalité et jeu lorsqu'elle commence.
Le meurtre et la violence sont également au rendez-vous, à travers plusieurs des nouvelles. La mort est ici violente, l'acte est commis par des personnes à priori bien sous tous rapports et que rien ne prédestinait à devenir aussi violentes. Je vais éviter d'en dire trop pour ne pas vous spoiler!

Les illustrations de Dorothée Delgrange:
Pour terminer la présentation du livre, je tenais à m'attarder sur les illustrations réalisées par Dorothée Delgrange. Il y en a plusieurs, disséminés à travers le livre (le dessin de couverture est également de sa main). J'ai illustré l'article avec certaines d'elles!

Ce que j'en ai pensé:
Jusqu'à présent, les Editions Luciférines ont proposé trois livres assez différents les uns des autres. A la rencontre des gothiques était un essai/guide pour découvrir une culture souvent critiquée et mal comprise, qui mêlait culture, expériences personnelles et références variées. Nouvelles Peaux était un recueil collectif autour d'Edgar Allan Poe. Avec Sténopé, c'est une nouvelle fois un recueil qui est proposé au lecteur, mais cette fois tous les récits sont du même auteur. J'étais assez intriguée par le titre, Sténopé, mot assez peu utilisé et qui fait référence à la photographie, ainsi que par l'idée de découvrir onze nouvelles d'un auteur que je ne connaissais pas encore. Bilan de ma lecture? Et bien Sténopé est un recueil fort sympathique, même si j'ai relevé quelques bémols. Voici un peu plus en détails ce que j'en pense.


Commençons par un point purement esthétique. J'ai l'impression qu'à chaque publication, les Editions Luciférines font un effort supplémentaire pour la présentation et la mise en page. Tout en gardant la sobriété des deux premiers livres, Sténopé a tout de même une couverture plus travaillée, et c'est un élément que j'ai apprécié. Toujours dans le côté visuel, j'ai été charmée par les illustrations de Dorothée Delgrange, qui sont d'un style que j'aime beaucoup. Certaines me plaisent énormément, et j'ai vraiment envie de découvrir davantage son travail! Bon point, donc!

En ce qui concerne les textes en eux-mêmes, Julien Roturier nous propose un recueil varié, avec onze nouvelles de tailles assez différentes (on a du très court, comme "Au numéro 22", à du beaucoup plus long, comme "On chasse en bord de Sielle"). La variété se retrouve aussi au niveau des histoires, comme vous l'aurez constaté avec le détail des nouvelles plus haut: on nous entraîne dans des univers parfois très loin les uns des autres. Il y aussi variété dans la narration, avec parfois des découpages en partie, ou des narrations originales qui changent des classiques première et troisième personnes. Alors d'un côté, j'ai apprécié la variété du recueil, mais de l'autre j'ai quand même un ou deux petits trucs qui m'ont gênée.

Au niveau de la longueur, j'ai par exemple apprécié le fait que les plus longues, comme "On chasse en bord de Sielle" soient découpées en parties: ça permet de faire une pause, et en plus de ça ça délimite bien différents moments de l'intrigue. La plupart du temps, la longueur n'était pas gênante pour moi, ce n'était ni trop cout ni trop long, à une exception près: "Au numéro 22", qui est vraiment très, très courte, je suis restée un peu sur ma faim, ce qui est d'autant plus dommage que je trouvais l'idée de faire parler la maison elle-même originale. L'idée aurait pu être développée et poussée un peu plus loin. Mais dans l'ensemble, les autres nouvelles de Sténopé m'ont satisfaite au niveau de la longueur.

Ensuite, pour ce qui est de la variété des histoires, j'avoue que c'est un choix intéressant. Les thématiques centrales du recueil, ce sont l'horreur, le cauchemar, la violence, donc on peut partir vers des horizons très divers! J'ai de plus trouvé que certaines histoires se faisaient un peu écho en partageant des éléments communs, comme la limite entre réalité et imagination comme je l'ai expliqué plus haut, et j'ai aimé découvrir les différentes histoires de Julien Roturier. Petit bémol, j'ai tout de même trouvé qu'une histoire détonnait vraiment par rapport au reste: il s'agit de "Dialogue avec Etoile", dont le côté extraterrestre m'a un peu perturbée, j'ai trouvé que ça tranchait beaucoup par rapport au reste des histoires.

Au passage, j'en profite pour ajouter que mes nouvelles préférées du recueil sont "Chasse en bord de Sielle", avec sa gradation vers l'horreur et la violence, ainsi que "Double Jeu" qui utilise assez bien la frontière entre jeu et réalité. J'ai aussi apprécié "la Montre", ainsi que "le Rêveur", dont l'histoire est très intéressante! 

Pour terminer, parlons du style de Julien Roturier. J'ai trouvé que le recueil ne manquait pas de bonnes idées. J'ai par exemple trouvé certaines descriptions très réussies, elles transmettaient bien l'horreur et le dégout. Il y a également des idées sympathiques au niveau de la narration comme l'utilisation de la première personne pour la maison ou le compte-rendu scientifique. 

En bref, Sténopé est un recueil qui ne manque pas de bonnes idées. Certaines auraient mérité d'être plus poussées, et j'aurais peut-être appréciée que les nouvelles soient plus proches les unes des autres au niveau des thématiques. En tout cas ça a été pour moi une lecture plutôt agréable, avec des nouvelles qui font froid dans le dos!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cet article vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire! On se retrouve d'ici quelques jours pour une nouvelle chronique, en attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup :)

AnGee Ersatz*



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