mardi 15 octobre 2013

Hello Halloween #6/ Challenge Johnny Depp #2: Edward Scissorhands, de Tim Burton.



Bonjour à tous et à toutes!

J'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique cinéma! Vous le savez peut-être si vous suivez le blog régulièrement, j'ai décidé le mois dernier de me lancer dans un petit cycle cinéma consacré à l'acteur Johnny Depp, avec au programme sept films tirés de sa filmographie. Il y a quelques semaines, je vous avais présenté l'un de ses tout premiers films, Cry-Baby, dans lequel il incarnait un rockeur en perfecto qui tombait sous le charme d'une jeune demoiselle sur fond de comédie musicale. Aujourd'hui, pour fêter Halloween, je vous propose de nous pencher sur l'un de ses rôles les plus connus, Edward aux mains d'argent! Bonne lecture à tous!






La carrière de Johnny Depp à l'époque: le contexte:
Nous voilà au tout début des années 1990. Johnny Depp essaie de tourner la page 21 Jump Street en choisissant des rôles qui vont à l'encontre de son image de gentil garçon: c'était le cas pour Cry-Baby, mais aussi avec Edward Scissorhands.
Tim Burton, qui travaille sur le film depuis plusieurs années, a du mal à trouver l'acteur parfait pour jouer le rôle de son héros. La Fox le dirige vers les grosses stars de l'époque (qui le sont toujours aujourd'hui), Tom Cruise et Tom Hanks. Néanmoins, le feeling ne passait pas spécialement, et le script a alors été envoyé à Johnny Depp, qui a immédiatement accepté le rôle, sans savoir qu'il deviendrait non seulement un acteur reconnu, mais aussi l'acteur fétiche du réalisateur mal coiffé grâce à Edward.

Tim Burton: who's that guy?



Grande fan de Tim Burton, je suis particulièrement heureuse de pouvoir vous parler de lui aujourd'hui.
Né en 1958, à Burbank, il se passionne très tôt pour le cinéma: ses faveurs vont au cinéma d'horreur un peu vieillot autour de Frankenstein, de Dracula, ou des adaptations des histoires d'Edgar Allan Poe (c'est un très grand fan de Vincent Price).
Il commence par travailler aux Studios Disney, en tant que dessinateur, mais sans grand succès: son travail sur Rox et Rouky n'a pas été retenu. Il a pu néanmoins développer quelques-uns de ses projets, dont la première version de Frankenweenie. Burton passe ensuite au grand écran avec Pee-Wee's Big Adventure, Beetlejuice, ou encore Batman, devenant populaire auprès du public et de la critique.
Marié à Helena Bonham Carter, il poursuit sa carrière au cinéma en proposant régulièrement des films  à l'univers facilement reconnaissable.

Si Tim Burton vous intéresse, voici deux autres articles qui lui sont consacrés: l'Exposition Burton à la cinémathèque et Tim Burton et les adaptations.


Edward Scissorhands:
Quelques informations:
Sorti en 1990, Edward Scissorhands est un film auquel Tim Burton a consacré énormément de temps. L'idée de ce personnage lui est venue assez tôt, et lorsqu'il a commencé sa carrière au cinéma, il a décidé de lui donner vie. Il a confié la rédaction du scénario à Caroline Thompson, et le film a été produit par la Fox. Pour ce film, Danny Elfman, le compositeur fétiche du réalisateur, a été chargé de la musique. Son budget de 20 millions de dollars fut très vite rentabilisé avec une recette totale de 86 millions.
Au niveau casting, on a du lourd, dont certains habitués de Tim Burton:
-Johnny Depp dans le rôle titre.
-Winona Ryder (Beetlejuice).
-Diane West.
-Vincent Price (l'un de ses derniers films).
-Conchata Ferrell...







Voici la bande annonce du film:



Résumé:
Un soir d'hiver, une fillette demande à sa grand-mère de lui raconter une histoire...
Dans une petite banlieue parfaite américaine vivent des familles aux vies parfaitement réglées. Peg Boggs (Diane West), représentante en produits Avon, passe une journée assez compliquée sans vendre un seul produit. Elle se décide alors à monter jusqu'à une sombre demeure qui surplombe la banlieue et où personne n'ose jamais s'aventurer. Elle y trouve Edward (Johnny Depp), un jeune homme qui a été construit de la tête au pied par un inventeur (Vincent Price) qui est mort avant d'avoir pu lui donner des mains. Peg est touchée par ce curieux personnage, qu'elle décide de recueillir malgré les ciseaux aiguisés qui termine ses mains.
Edward découvre donc la vie de famille, l'amour en la personne de Kim, la fille de Peg, et devient incroyablement populaire grâce aux dons de ses ciseaux...


Le rôle de Johnny Depp:
Après Cry-Baby, Johnny Depp se voit une nouvelle fois attribuer un nouveau premier rôle, très différent de ce qu'il a pu jouer jusqu'à présent. En effet, il doit tout d'abord porter un costume assez imposant et lourd, et se priver de ses mains pour porter les gants surmontés de ciseaux de son personnage. Ce costume gêne évidemment ses mouvements, ce qui participe au côté à la fois comique et pathétique, et lui permet aussi de rentrer parfaitement dans le rôle.

le costume d'Edward.

Autre point important: Edward ne parle pas. Tout ce qu'il veut exprimer, tout ce qu'il veut dire, passe par les gestes, par les expressions du visage, par ce qu'il taille dans les buissons, puis dans la glace. C'est donc une rôle qui demande à l'acteur de monopoliser autre chose que sa voix. Johnny Depp aurait  beaucoup travaillé en amont en visionnant des films muets, notamment ceux de Charlie Chaplin.

Quelques points importants:
Passons à présent en revue quelques points importants du film.

Le mythe de Frankenstein revisité:
L'un des premiers points importants, c'est bien évidemment l'inspiration "Frankenstein": on peut noter plusieurs parallèles entre l'histoire originale de Mary Shelley et le film de Tim Burton.



Dans Edward, nous pouvons découvrir un inventeur à qui il vient l'idée de créer un homme. Tout comme le docteur Frankenstein, il fait tout pour faire de lui l'homme parfait: on le voit par exemple lui lire des livres, pour le cultiver. Malheureusement, comme dans le roman, l'inventeur abandonne sa créature. La différence? Si Frankenstein décide de son plein gré de fuir face à la peur de ce qu'il a généré, l'inventeur d'Edward se trouve lui terrassé par la mort sans avoir eu le temps de terminer son travail. De plus, la relation qu'entretiennent Edward et son "père" est bien différente: on sent clairement une vraie affection entre eux, et la création d'Edward est davantage motivée par une solitude de la part de l'inventeur que par une volonté de créer un homme, comme le montre le coeur qu'il place devant son robot...

Le jeu des apparences - une critique des banlieues américaines:
Tout, tout dans l'univers d'Edward Scissorhands est calculé au millimètre, dans le but de dépeindre à la perfection la rencontre entre cette petite banlieue soignée et Edward.

Dans cette banlieue, en opposition avec le château d'Edward, tout est lumineux, tout est coloré: chaque maison, chaque voiture, chaque habitant se distingue par une couleur flash, criarde, qui est supposée lui donner une originalité particulière. Cependant, on se rend vite compte qu'il ne s'agit que d'une façon de masquer le fait que tout est pareil: les maisons ont la même construction, toutes les pelouses sont impeccables, tout le monde se comporte de la même façon. Le meilleur exemple pour prouver que tout est réglé comme sur du papier à musique, c'est le ballet des voitures le matin.
A l'inverse, chez Edward, tout a l'air, à première vue, poussiéreux, sale, abandonné, sombre. Et pourtant, cet apparent bordel dissimule une organisation propre à Edward: à cause de ses mains, il ne peut s'occuper de tout tout seul, et se contente de ce qu'il peut faire, à savoir entretenir le jardin, ainsi que son coin consacré aux articles sur les miracles et les mains. Attention donc aux apparences, qui peuvent être trompeuses! Celui que l'on croit perverti n'est pas forcément celui qu'il l'est.
Tim Burton propose ici une critique de certaines banlieues américaines, comme celles de Burbank où il a vécu, où les "originaux" sont loin d'être appréciés, et où tout ce qui dépasse le confort des habitants est sujet à rumeurs et à exclusion.

Une histoire d'amour improbable:



Le mois dernier, je parlais du film Cry-Baby, dans lequel le personnage joué par Johnny Depp s'éprenait d'une jeune fille qui appartenait à un autre monde que le sien, relation qui était évidemment très mal vue. Dans Edward, une nouvelle fois (coïncidence de carrière ^^), le héros tombe sous le charme d'une belle demoiselle, à savoir Kim (jouée par la superbe Winona Ryder, avec laquelle Johnny Depp vivra une relation amoureuse immortalisée par le célèbre tatouage "Wino for ever" de l'acteur...). Les deux personnages appartiennent à deux mondes différents, deux univers complètement opposés, mais tombent néanmoins amoureux. Problème, ou plutôt problèmes: Kim a déjà un amoureux qui traite Edward comme une sorte de monstre de foire et qui représente le gros lourd par excellence qui ne supporte pas ce qui n'est pas comme lui; les mains d'Edward sont aussi un gros désavantage, le moindre mouvement pouvant gravement blesser celle qu'il aime...

Mon avis sur ce film:
Edward Scissorhands, on le sait, a profondément changé la carrière de Johnny Depp: sa rencontre avec Tim Burton a donné lieu à de très nombreuses collaborations entre les deux hommes. C'est aussi l'un de premiers Burton que j'ai vus, et il tient une place particulière dans mon coeur. Voici donc ce que j'en pense.

Commençons par l'histoire: elle est, somme toute, assez classique, puisque Burton la fait évoluer autour du thème de la différence. Ce thème, Johnny Depp avait déjà pu l'explorer dans Cry-Baby. Ce qui est intéressant, c'est de voir comment un même thème peut être traité de façon complètement différente: ici, la différence d'Edward, c'est surtout son physique. Son absence de mains l'éloigne des autres, avant de lui permettre de s'en rapprocher grâce à l'utilité qu'il lui trouve. Le schéma est classique mais efficace, avec un dénouement assez surprenant et qui donne, selon moi, tout son intérêt à l'histoire. Une histoire qui est universelle: chacun de nous s'est senti au moins une fois à part dans sa vie!

La grande force du film, c'est bien évidemment le héros, et les autres personnages. Voyons d'abord Edward: très seul, Edward découvre le monde avec un oeil naïf et enfantin. Ses réactions sont celles d'une personne complètement perdue dans un nouvel environnement: la scène où il crève le matelas à eau sur lequel il dort en est le meilleur exemple! Mais petit à petit il prend de l'assurance et ses mains, qui sont à première vue handicapantes et dangereuses deviennent son moyen de s'exprimer, d'être apprécié, et d'être quelque part un artiste. Son évolution est très intéressante! Les autres personnages valent aussi le détour: dans ce film, rien n'est anodin, tous les personnages ont leur rôle à jouer, ils sont touchants, méchants, hilarants... Bref, c'est vraiment un point que j'adore! Les acteurs sont excellents, de Johnny Depp (dont je reparlerai un peu plus loin), à Winona Ryder en passant par les autres, avec une mention spéciale pour Kathy Baker qui joue Joyce, la sulfureuse voisine, ainsi qu'à Vincent Price, que j'aime énormément!

Au niveau du visuel, on trouve dans ce film tout ce que j'aime chez Tim Burton: un mélange de couleurs criardes qui piquent les yeux et d'ambiance gothique de vieux château poussiéreux. Un soin tout particulier a été apporté à l'esthétique du film: les robots de l'inventeur, les mains-ciseaux d'Edward, le château, les sculptures, les maisons de la banlieue, tout est impeccable et très réussi, les décorateurs ont fait un travail incroyable!



Quant à Johnny Depp, il nous propose ici une très belle performance pour ce personnage à la fois naïf, torturé, amoureux et perdu. Pour moi, Edward est l'un de ses rôles emblématiques, qui montre qu'il est un vrai caméléon capable de devenir n'importe qui, d'être n'importe qui. Certains voient en Sweeney Todd l'évolution d'Edward ("At last, my arm is complete!"). N'oublions pas aussi la superbe musique de Danny Elfman!

Au passage, si vous souhaitez vous déguiser en Johnny Depp pour Halloween, voici une petite vidéo de Promise Phan qui compile plusieurs looks de l'acteur.


Bref, vous l'aurez compris, je suis particulièrement fan de ce film que je regarde très souvent, et qui pour moi n'a pas pris une ride. Tim Burton et Johnny Depp forment un duo de choc, dont l'alchimie naissante participe à la réussite du film. Si vous ne l'avez encore jamais vu, je vous le conseille fortement! On retrouvera l'ami Johnny le mois prochain avec un autre film, la Neuvième Porte, réalisé par Roman Polanski! En attendant n'hésitez pas à laisser une petite trace de votre passage, à me donner vos suggestions lecture et cinéma. 

Prenez soin de vous!

AnGee Ersatz*


samedi 12 octobre 2013

Hello Halloween #5/ Challenge United Kingdom 13: The Castle Of Otranto, d'Horace Walpole.



Hello to you all, Livroscopians!

Et oui, aujourd'hui, je commence en anglais, car (*roulement de tambour*) nous allons poursuivre ensemble mon parcours consacré au Challenge United Kingdom, organisé par Vashta Nerada via Livraddict, et auquel je participe depuis plusieurs mois. Il y a quelques jours, je vous présentais ma 12ème lecture pour ce Challenge (Carmilla de le Fanu), et c'est donc un doublé que je vous propose avec une 13ème lecture (parfait pour Halloween, non?), The Castle of Otranto d'Horace Walpole! Ce livre, assez méconnu de nos jours, est pourtant très important dans l'histoire de la littérature, puisqu'il lança une mode à sa publication, celle du roman gothique... J'espère que vous êtes prêts, c'est parti!



3ème lecture dans le cadre du Challenge Read In English d'Avalon.



Horace Walpole: quelques informations!
Mais qui est donc cet Horace Walpole? Et bien l'ami Horace est né en 1717 à Londres, dans une famille riche et bien placée, puisque son père, Robert Walpole, fut Premier Ministre. Il bénéficia d'une excellente éducation scolaire: il fut élève à Eton ainsi qu'à Cambridge. Très attristé par la mort de sa mère, survenue lorsqu'il avait 20 ans, il se lance dans une carrière politique mais, comme beaucoup d'intellectuels de l'époque, il possède plusieurs casquettes car il se lance aussi dans l'écriture! Il s'attaque autant aux traités historiques qu'à la fiction, son plus gros succès étant The Castle of Otranto (connu sour le titre du Château d'Otrante en français) publié en 1764.



Il est aussi resté dans l'histoire pour sa demeure à l'architecture originale, créée par ses soins, Strawberry Hill.
Horace Walpole meurt à Londres en 1797. Il ne se sera jamais marié (il était probablement homosexuel d'après certains témoignages de l'époque), mais laisse derrière lui l'héritage du château d'Otrante...

The Castle of Otranto:
Résumé:

Nous voilà en Italie, probablement entre le 11ème et 13ème siècle. Manfred est le prince du château d'Otrante, marié à Hippolita et père de deux enfants, Matilda et Conrad. Ce dernier doit épouser Isabella, fille d'un prince voisin, et ce mariage est fortement motivé par une mystérieuse prophétie qui menace la famille d'extinction...
Mais le jour même du mariage, Conrad meurt, écrasé un énorme casque qui s'abat sur lui. Manfred, paniqué à l'idée de voir sa lignée disparaître, prend une décision folle: celle de se marier à Isabella, alors qu'il est déjà lié à Hippolita...
Qui a tué Conrad? Qui est-ce jeune paysan que tout le monde accuse du meurtre? Le Château d'Otrante va t'il se retrouver sans maître?

L'importance de la préface:
Je l'avoue, habituellement, je suis plutôt du genre à sauter les préfaces: je les trouve plutôt indigestes. Cependant, cette fois, j'ai pris le temps de la lire, et j'ai bien fait! En effet, on y apprend beaucoup de choses sur la publication du roman. A l'époque, Horace Walpole ne l'a pas publié sous son nom: dans la préface de la première édition, il nous est indiqué que le texte aurait été découvert par hasard, qu'il daterait de plusieurs siècles auparavant, et qu'il serait en Italien! 
Bien évidemment, nous le savons aujourd'hui, le texte a été écrit par Horace au 18ème siècle, et en anglais. Alors pourquoi, me direz-vous, se donner toute cette peine d'écrire une préface? Si cette méthode s'est plutôt perdue aujourd'hui, elle fut assez répandue entre le 17 et le 19ème siècle: les auteurs, en s'abstenant de donner leur nom et en inventant de telles histoires sur la façon dont le texte serait apparu, cherchent à renforcer le mystère qui l'entoure, pour donner l'impression que ce qui est raconté est véridique, ce qui est particulièrement important pour une intrigue pareille!

L'un des premiers romans gothiques:
Au 18ème siècle, le Royaume-Uni redécouvre, en tout cas au niveau culturel, toute la période gothique qui s'est principalement illustrée par l'architecture. L'époque médiéval fascine également les intellectuels, les auteurs, les architectes, qui donnent une seconde jeunesse à ce passé de vieilles pierres.
Horace Walpole était particulièrement intrigué par toute ce style (ce qui l'influença dans ses plans pour Strawberry Hill). Il se lance donc dans l'écriture d'un roman qui se passerait dans un univers résolument "gothique" (dans le sens du mouvement architectural et culturel). C'est ainsi qu'il écrit le Château d'Otrante.
Les principales caractéristiques du roman gothique sont les suivantes: une intrigue qui se passe dans un décor sombre et lugubre, du type vieux château en ruine, prison en pierre... Dans ce lieu, les événements sont toujours tragiques et dramatiques. Les fantômes et apparitions sont un point très important. L'idée de malédiction est aussi très présente! 
Beaucoup d'auteurs se sont lancés par la suite dans l'écriture de romans de ce type, en France, en Europe, ainsi qu'à l'étranger.

Une malédiction familiale digne de Shakespeare:
L'histoire du Château d'Otrante est celle d'une lourde malédiction qui pèse sur une famille (avec à la clé, son extinction!). Les malédictions ont toujours été très présentes en littérature, et ce dès le théâtre antique (l'histoire la plus connue est sans nulle doute celle d'Oedipe). Néanmoins, en lisant le Château d'Otrante, on ne peut s'empêcher de penser à un autre auteur anglais, pour ne pas dire THE auteur, à savoir Shakespeare. 



Shakespeare est connu pour ses grandes tragédies où les personnages tombent comme des mouches sous le coup de la folie/destin/pouvoir/amour. Côté "famille maudite", on a du choix! Les plus évidentes sont Macbeth et Hamlet. Dans Macbeth, le personnage éponyme est poussé sur le chemin du meurtre par sa femme, la cultissime Lady Macbeth afin de récupérer la couronne. Hamlet avec ses collants et son crâne, découvre que son père a été tué par une affreuse conspiration de sa mère et de son amant... On retrouve aussi ce problème dans Richard III, ou encore d'une certaine manière dans Roméo et Juliette.
Horace Walpole s'est également inspiré de Shakespeare pour tout ce qui tourne autour des fantômes et apparitions. Dans quelques-unes des pièces mentionnées, les personnages font face à des rencontres avec des spectres, des êtres de l'au-delà qui viennent les mettre en garde, les aider, ou alors tout simplement les accabler (je pense ici à Richard III). 
Ces différents parallèles montrent à quel point Shakespeare est parvenu à traverser les époques et à toujours intéresser des auteurs. 

Mon avis sur ce livre:
Dès la première année de licence, mes professeurs de littérature britannique ont beaucoup parlé de ce roman, considéré comme un classique, un tournant dans l'histoire littéraire, et un must-read pour tout étudiant qui souhaite poursuivre dans cette voie. J'étais donc très décidée à le lire un jour, et le trouvant à la médiathèque lors de mon dernier passage, je me suis jetée dessus! Qu'en-ai je pensé? Verdict.




Commençons par le commencement, à savoir l'histoire. En tant que grande fan d'histoires de fantômes, de malédiction, de mystérieuses identités, j'ai tout simplement adoré celle que nous propose Horace Walpole. Nous sommes plongés dès la première phrase dans l'intrigue, il ne perd pas de temps en bavardages et nous entraîne tout de suite dans l'histoire de Manfred et de sa famille. J'ai aimé cette entrée directe dans l'univers du château, un peu abrupte néanmoins. Le reste de l'intrigue offre plusieurs rebondissements, je crois qu'on apprend des choses à presque toutes les pages. Cependant, Horace Walpole reste centré sur son histoire, tout ce que l'on nous dit est lié avec l'intrigue principale. Un peu comme dans Carmilla: le livre est au final assez court et donc rapide à lire, mais très complet! Un bon point donc pour l'intrigue.

Ensuite, autre point que j'ai énormément aimé, les thèmes! L'auteur s'intéresse à la famille, à l'importance de garder au maximum la lignée en vie, et ce en lui imposant le lourd point d'une malédiction. La famille de Manfred est fragile: ils n'ont que deux ans, et il est dit que Manfred ne cesse de reprocher à sa femme son infertilité (qui serait causé par le fait qu'ils sont de la même famille à la base). J'ai beaucoup aimé voir jusqu'à quel point Manfred était prêt à aller pour prolonger sa lignée, sans se rendre compte qu'il est en train d'aller dans la direction opposée. Si vous aimez tout ce qui tourne autour de la malédiction, de la famille, mais aussi de la quête d'identité (avec le jeune paysan), vous aimerez ce roman!

Parlons à présent des personnages: il y en a quand même un bon nombre, sans en avoir trop ou pas assez. Ils sont assez bien développés et variés: Manfred, la "tête d'affiche" qu'on déteste mais dont la folie est quelque part compréhensible; Matilda la fille mal-aimée; Hippolita la pieuse mère prête à tout pour contenter son mari... On réagit face à leur aventure, on se demande ce qu'il va leur arriver. Personnellement j'ai beaucoup aimé le duo Isabella/Matilda, et de façon plus générale les personnages féminins du roman.

Terminons par THE point, important, celui de l'ambiance. Lorsque j'ai lu Carmilla, j'avais déjà souligné l'ambiance un peu macabre très réussie. Dans le Château d'Otrante, là aussi, c'est très réussi! Je me suis régalée avec l'image du soldat fantôme (le casque géant), les bruits dans le château, l'impression de folie.... Un plaisir!

En bref, vous l'aurez compris, j'ai passé un excellent moment avec ce roman qui, je pense, mériterait d'être un peu plus connu! On peut lui reprocher un petit côté vieillot qui selon moi ne manque pas de charme. Donc si vous cherchez un bon livre pour Halloween, avec une ambiance macabre, et une histoire tragique, jetez-vous sur The Castle of Otranto! Ce sera tout pour aujourd'hui, on se retrouve très vite, n'hésitez pas à laisser une petite trace de votre passage par commentaire!

A très vite!

AnGee Ersatz*


mardi 8 octobre 2013

Hello Halloween #4/Challenge United Kingdom #12: Carmilla de Joseph Sheridan le Fanu.


























Bonjour les Livroscopiens!

J'espère que vous allez bien et surtout que vous avez soif, car aujourd'hui sur le blog nous allons parler de buveurs de sang! Et oui, pour Halloween je ne pouvais pas passer à côté de ces créatures incroyablement charismatiques que sont les vampires. Pour fêter ça, j'ai décidé de remonter le plus loin possible dans la littérature vampirique, et de vous parler de l'un des tout premiers romans du genre, à savoir Carmilla de Joseph Sheridan le Fanu. Bonne lecture à tous!





Joseph Sheridan le Fanu: c'est qui?
Vous le savez si vous suivez le blog régulièrement, (et si vous ne le saviez pas, maintenant vous le savez) j'aime commencer par une petite présentation de l'auteur. Aujourd'hui, c'est au tour de Joseph Sheridan le Fanu!
Né en Irlande (à Dublin, soyons précis pour une fois) en 1814, il commence à écrire dès son adolescence. Il publie ses premiers écrits, déjà tournés vers le fantastique et les histoires de fantômes, tout en poursuivant ses études de droit (franchement, c'est fou le nombre de gens qui faisaient des études de droit en 19ème).
On peut le dire, Le Fanu est un peu un hyperactif: devenu avocat, il travaille aussi pour plusieurs journaux tout en continuant à écrire! Il trouve aussi le temps de se marier en 1844 avec Susanna Bennett (rien à voir avec Orgueil et Préjugés) avec laquelle il aura plusieurs enfants.
En 1871, il publie Carmilla, le livre qui le fera entrer dans la postérité. Il meurt deux ans plus tard à Dublin, sans savoir que son oeuvre allait inspirer de nombreuses générations derrière lui...



Carmilla:
Résumé:




Nous voilà en Styrie, où vit notre jeune narratrice âgée de 19ans, dans un château isolé du reste du monde, avec pour seule compagnie son père et quelques serviteurs. Alors que tout le monde se réjouit de recevoir la visiter du Général Spielsdorf et de sa nièce, un tragique événement se produit: cette dernière meurt dans des conditions assez mystérieuses...
Mais la peine de Laura (la narratrice) est de courte durée. En effet, peu de temps après cette triste nouvelle, un accident se produit devant le château: une voiture contenant une mère et sa fille s'écrase contre un arbre. Sa fille étant blessée, la mère, qui doit partir de toute urgence, demande au père de Laura de veiller sur elle quelques temps, ce qu'il accepte.
Carmilla, la jeune fille, noue une forte amitié avec Laura, même si le mystère qu'elle dégage intrigue fortement sa camarade. Qui est vraiment Carmilla? Comment se fait-il que des événements étranges commencent à se produire après son arrivée? Quelle est la maladie qui touche mortellement les paysans des villages alentours?

Le vampire? Non, LA vampire!





Rétablissons tout de suite un fait assez méconnu: Dracula de Bram Stoker, dont nous avons tous entendu parler, n'est pas la première oeuvre de fiction portant sur les vampires. Et non. Carmilla a été publié bien avant, en 1871, et a été une grande source d'inspiration pour Bram Stoker. Le Fanu se serait d'ailleurs lui-même inspiré d'autres livres, traités et légendes pour écrire son livre.
Le vampire apparaît dès les premières pages de l'histoire: Laura nous raconte en effet un souvenir d'enfance assez étrange, entre rêve et réalité, où elle rêve qu'une créature entre dans sa chambre et la mord. Le ton est donné!
Ensuite, c'est Carmilla qui fait son entrée. Elle partage de nombreux points communs avec d'autres vampires célèbres de la littérature, comme Lestat ou Dracula: son physique attrayant, sa capacité à se faire apprécier de tous et surtout de sa proie, une part de mystère qui l'entoure... Certains critiques ont aussi noté que le thème de l'homosexualité est assez présent: Carmilla est en effet très affectueuse avec Laura, qui dit à plusieurs reprises que son amie se comportait comme un amant. D'autres critiques avancent l'hypothèse que le comportement de la vampire tiendrait davantage de celui du prédateur prêt à tout pour avoir sa proie. Et vous, qu'en pensez-vous?

Une héroïne bien naïve:
Je vous l'ai dit, Carmilla est plutôt du genre manipulatrice, intelligente... Alors que Laura est tout le contraire!
Et oui, Laura est un peu nunuche: malgré les événements de plus en plus bizarres et inquiétants qui se produisent autour d'elle, elle réagit toujours avec naïveté, sans trop se poser de questions. Par exemple, elle voit un tableau d'une comtesse morte il y a plusieurs siècles, et dont le visage est exactement celui de Carmilla. Sa réaction est plus proche du "oh lol comme elle te ressemble MDR" que du "tiens tiens, c'est louche...". Bref, elle est un peu nunuche...
Néanmoins on peut excuser ses réactions en prenant en compte le fait qu'elle a passé toute sa jeunesse isolée dans ce château, sans voir personne à l'exception de son père et des serviteurs, ce qui peut expliquer sa relative naïveté en ce qui concerne sa première amie.

Mon avis sur ce livre:
Pendant plusieurs années, j'ai fait ce qu'on appelle une overdose post-Twilight. En effet, après la sortie de la saga de Stephanie Meyer, une foule de romans avec pour personnages des vampires a été publiée, avec au menu des vampires amoureux, des vampires qui font du rock, des vampires qui vont à l'école, des vampires mangas, des vampires, des vampires, partout des vampires, des vampires partout: bref, j'en avais tellement marre que j'ai snobé ces créatures de la nuit pendant un bon moment. Mais bon, il fallait bien que je m'y remette un jour ou l'autre: j'ai donc choisi de lire deux livres "cultes" de la littérature vampirique, à savoir Entretien avec un vampire (dont j'ai parlé sur le blog Arestis Momenta), et Carmilla. Qu'ai-je donc pensé de Carmilla? Verdict.

Et bien Carmilla, ça a été un vrai coup de coeur, et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, j'ai tout simplement adoré, mais alors vraiment, l'ambiance "château en pierre glauque isolé dans un campagne vide et église abandonnée". Dès les premières pages, grâce à la description concise mais précise de l'auteur, j'ai été transportée dans ce lieu, et je ne l'ai pas quitté jusqu'à la fin. Cela me fait penser aux nouvelles d'Edgar Allan Poe (dont je parlerai bientôt), ou encore au roman le Château des Carpathes de Jules Verne, que j'apprécie fortement. Bref, l'ambiance est réussie!

En ce qui concerne l'histoire, j'ai là aussi beaucoup aimé le travail de Joseph Sheridan le Fanu: il nous propose plusieurs rebondissements, et si le livre peut paraître court, c'est parce qu'il ne perd pas du temps dans des sous-intrigues parallèles. Tout, tout, tout a un lien avec l'histoire principale, même si on ne s'en rend pas forcément compte tout de suite. Personnellement, je trouve ça assez appréciable de lire des histoires un peu courtes de temps en temps: aujourd'hui les livres ont tendance à être de vrais pavés et à avoir des suites, on perd un peu l'habitude de lire du "court".

Passons maintenant aux personnages. L'auteur en introduit un bon nombre, mais il se focalise surtout sur le couple formé par Carmilla et la narratrice, ainsi que sur Spieldorf. Carmilla est assez fascinante: elle est capable de se faire aimer de tous, de passer pour ce qu'elle n'est pas, de cacher sa vraie nature. On peut mettre ça sur le compte de la naïveté profonde de la narratrice, mais les autres personnages ne se doutent de rien non plus. J'aurais vraiment adoré avoir beaucoup plus temps et vous proposer un long article sur les représentations de Carmilla à travers les siècles, ce personnage a réellement fasciné des générations d'artistes (aussi bien des auteurs que des dessinateurs ou des mangakas). J'ai beaucoup aimé Spieldorf aussi, qui a un côté chasseur de vampires en devenir. La narratrice, qui pourtant aurait pu m'énerver (je déteste les héroïnes un peu quiches), apporte un peu de fraîcheur par sa difficulté à réaliser ce qui se passe autour d'elle. Seul bémol: j'aurais aimé qu'on en apprenne un peu plus sur la "mère" de Carmilla qui l'amène au début de l'histoire.

Si je devais trouver un défaut à ce livre, ce serait peut-être le fait qu'il fasse un peu vieillot. Personnellement, je pense que c'est ce qui fait le charme de Carmilla, mais si vous avez du mal avec ce genre d'ambiance, ça risque de ne pas vous plaire. En revanche, si vous en êtes friands, foncez!

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui! Comme toujours, n'hésitez pas à me laisser votre avis en commentaire, que ce soit sur ce livre ou vos suggestions lectures. On se retrouve très vite pour un nouvel article Halloween, consacré à un classique de la littérature anglaise/gothique: the Castle of Otranto, d'Horace Walpole.

Prenez soin de vous!

AnGee Ersatz*


dimanche 6 octobre 2013

Hello Halloween #3/ Lecture Commune: World War Z de Max Brooks.



Bonjour à tous et à toutes!

C'est dimanche, jour de repos par excellence, mais ce n'est pas pour ça que nous allons chômer! Aujourd'hui, chers lecteurs, je vous propose de poursuivre notre parcours halloweenesque (ce mot n'existe pas, mais tant pi!) avec un livre dont vous avez sûrement entendu parler: World War Z, de Max Brooks! J'ai décidé de me plonger dans ce roman pour deux raisons: tout d'abord, j'avais préparé l'année dernière pour Halloween un article sur les zombies (continuité, quand tu nous tiens!); ensuite, une LC a été organisée sur Livraddict par Flo Tousleslivres, LC à laquelle je me suis inscrite... Je vous souhaite une très bonne lecture!

Lecture en VO pour le Challenge Read In English d'Avalon!



La lecture commune:
Si vous voulez découvrir les autres avis de cette LC, visitez le lien du topic sur Livraddict!


Max Brooks: quelques mots sur notre auteur du jour!
Commençons, comme toujours, par nous pencher sur l'auteur de notre roman du jour, Max Brooks.
Né en 1972, il est le fils de Mel Brooks (acteur que l'on a pu voir entre autres dans l'excellent Dracula: Dead and Loving it) et d'Anne Bancroft (la superbe Mrs.Robinson dans The Graduate). Sa carrière démarre à la télévision, ou plutôt dans les coulisses de la télévision: il fait en effet partie de l'équipe d'auteurs de la célèbre émission américaine Saturday Night Live pendant deux ans, avant de se tourner vers la littérature.
Dès son premier livre, le ton est donné: son truc, c'est les zombies! Publié en 2003, Guide de survie en territoire zombie donne une multitude de conseils variés pour parvenir à cohabiter avec les affreux zombies. Le succès est au rendez-vous: les lecteurs accrochent à son originalité, à son côté décalé. Trois ans plus tard, il rempile avec un livre différent (même si toujours sur le thème du zombie), World War Z, qui raconte avec beaucoup de sérieux l'invasion des zombies sur terre... Le livre a été adapté en film en 2013.

World War Z:
Résumé:




Dans ce roman, nous suivons un narrateur à la première personne (il s'agirait de Max Brooks lui-même), dans un futur plus ou moins proche, travaillant au sein des Nations Unies, qui décide d'écrire un livre racontant sans rien oublier ou arranger la guerre que les hommes ont mené avec des... zombies. Pour cela, il parcourt la terre entière pour recueillir un grand nombre de témoignages de médecins, de soldats, de gens plus ou moins hauts placés, mais aussi de personnes lambdas qui ont assisté à cet événement sans précédent.
Le but: parler de tous les aspects de cette "guerre" (politique, économique, médical,...) afin que les générations futures ne l'oublient pas et ne fassent pas les mêmes erreurs. Comment sont apparus les zombies? Comment l'épidémie s'est-elle étendue? Quel a été le rôle des autorités? Comment les hommes ont-ils survécus? Voilà quelques-unes des grandes questions du roman...

Un concept plutôt original: le témoignage.
L'une des grosses surprises de World War Z, c'est sa forme. L'intégralité du livre est composée de témoignages, et uniquement de témoignages. Un choix qui peut sembler surprenant, mais qui est au final assez compréhensible.
En effet, plutôt que de nous montrer le point de vue d'un ou de quelques personnages sur l'événement raconté (la guerre humains vs zombies), l'auteur décide de faire parler un nombre fous de personnages afin d'englober un maximum d'aspects. Ses personnages sont extrêmement variés, comme je l'ai mentionné dans le résumé: le but, c'est de rendre aussi réaliste que possible son propos, d'où l'importance de proposer des sources incroyablement variées. Les témoignages viennent des quatre coins du monde, des femmes, des hommes, des vieux, des jeunes, des médecins, des étudiants, mais aussi une demoiselle handicapée, nous délivrent leur expérience, ce qu'ils ont affronté...



A première vue, ce fonctionnement peut sembler assez "bordélique" et peu clair. Néanmoins, il faut souligner le travail de Max Brooks, qui a effectué plusieurs découpages. Le premier est plutôt chronologique: on commence évidemment par le début, avec le pourquoi du comment, on enchaîne avec le développement de l'épidémie, l'entrée en guerre... Chaque partie porte d'ailleurs un titre qui nous permet de bien repérer à quelle étape nous nous trouvons. L'autre découpage serait davantage thématique. En bref, on sent bien qu'il y a un sacré boulot derrière ce livre!



Le zombie, what about the zombie?
Ben oui, parlons-en du zombie! Max Brooks ne se contente pas de nous raconter une guerre, non, il nous introduit à une guerre d'un nouveau genre, celle des hommes contre une menace inconnue, sous-estimée et incroyablement forte. 
Le zombie est très vite introduit dans le roman, dès le premier témoignage. Kwang Jingshu, médecin en Chine, découvre lors d'une intervention le premier "spécimen" de zombie, un petit garçon qui a infecté d'autres habitants de son village. Le ton est donné: le petit garçon est incapable d'émettre le moindre son, son corps est dans un état de décomposition avancé, et lorsque le médecin essaie de lui faire une prise de sang, c'est un liquide noir et gluant...
Ce qui est intéressant, c'est le traitement du zombie qui est fait par la suite. On le sait, le roman de Max Brooks parle du zombie, mais plutôt que d'aligner les scènes gores de course-poursuite humain/zombie, il préfère les alterner avec des témoignages sur d'autres sujets: par exemple, la création de placebo pour éviter de répandre la peur, le travail des passeurs qui vous font (moyennant finances, bien sûr) traverser des frontières pour vous éloigner du danger... Ces passages un peu plus "calmes" niveau action permettent de renforcer l'impact de l'apparition des zombies dans World War Z, des apparitions assez angoissantes racontées par les survivants.

L'adaptation cinématographique:




Il y a quelques mois, une version cinématographique de World War Z est sortie dans les salles obscures. Elle a été réalisée par Marc Forster (Neverland, Quantum of Solace...), et propose au casting Brad Pitt, Mireille Enos ou encore Matthew Fox.
Aux Etats-Unis, le film a été vivement critiqué avant sa sortie: on s'attendait à un désastre, surtout parce que le livre est quand même difficilement adaptable si l'on veut rester proche du texte (franchement, un tel film durerait des heeeeuuuures et serait un poil chiant...). Cependant, à sa sortie, World War Z a été une vraie surprise, battant des records d'entrée et réalisant de beaux scores un peu partout (en France, par exemple, il a été vu par près de 2,5 millions de personnes). Une suite serait donc en préparation.
Voici donc le trailer du film (je vous aurais bien mis la vidéo de Durandal et du Fossoyeur, que j'adore, mais il y a des spoilers!):



Mon avis sur ce livre:
Après avoir préparé mon article sur les zombies l'année passée, je me suis rendue compte que ma connaissance littéraire zombiesque était assez limitée. Qu'à cela ne tienne, j'ai décidé de m'occuper de ces lacunes! Et pour ça, quoi de mieux que World War Z, LE livre de zombies par excellence de ces dernières années? Voici donc ce que j'en ai pensé.

Commençons par le commencement: la forme du roman. Je l'avoue, j'ai été assez surprise par le choix de l'auteur d'utiliser le témoignage. En littérature, ce moyen est assez peu répandu: on a plus l'habitude des narrations à la première ou à la troisième personne. Du coup, au début, j'ai trouvé ce choix assez original, et ça me plaisait bien. Néanmoins, il faut le dire: World War Z, ce n'est QUE du témoignage. Je conçois très bien que ça puisse plaire à certains, mais personnellement, j'ai fini par être lassée assez vite, à me perdre entre les différents intervenants... L'effet de nouveauté s'est vite dissipé pour être remplacé par un peu d'ennui. J'aurais aimé que l'auteur alterne de temps en temps avec autre chose!



En ce qui concerne le contenu des témoignages, là aussi, on a un peu de tout: certains témoignages m'ont franchement captivée, celui du médecin de départ, celui de Paul Redeker, ou encore celui du réalisateur de films. Cependant, là encore, certains m'ont ennuyée, j'avais l'impression parfois de relire plusieurs fois le même témoignage ou de ne pas avancer beaucoup.

En revanche, on ne peut pas nier qu'il y a eu un vrai travail de la part de l'auteur pour nous proposer un contenu aussi varié que possible: on voyage aux quatre coins du monde et on découvre un large panel de personnages. de thèmes... 

Globalement, j'ai passé un moment plutôt ennuyeux avec World War Z, malgré plusieurs passages intéressants. Je pense que cet ennui provient de l'effet de répétition que j'ai ressenti au bout d'un moment. Je m'attendais à un livre plus centré sur la survie, alors que là World War Z aborde beaucoup de sujets directement liés à la guerre (l'organisation militaire, technique de combat...) qui m'ont peu intéressée, ayant déjà du mal avec les récits de guerre traditionnels. 

En bref, je pense que ce livre plaira sûrement à ceux qui aiment les témoignages et le thème de la guerre. On m'a conseillée de lire l'autre livre de Max Brooks, Guide de Survie, qui est apparemment plus "léger", plus drôle. On se retrouve la semaine prochaine avec de nouveaux articles (dont un sur Carmilla, on passe en mode vampire!), en attendant n'hésitez pas à me laisser votre avis sur ce livre si vous l'avez lu, ou vos suggestions de lecture zombie (tout sauf des romances, par pitié...)!

Prenez soin de vous!

AnGee Ersatz*



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