samedi 12 septembre 2015

Testament of Youth, de Vera Brittain.



Hello à tous et à toutes!

Je suis AnGee, et je suis plus que ravie de vous retrouver une fois de plus sur le Livroscope pour une nouvelle chronique littéraire! Il y a quelques jours, je vous ai présenté l'un de mes derniers coups de coeur, à savoir Les quatre filles du Docteur March, un roman qui se déroule pendant la Guerre de Sécession. Et comme vous allez le constater, la guerre reste un élément très important de la chronique du jour! En effet, j'ai choisi de vous parler d'un livre un peu particulier: il s'agit d'une autobiographie dont l'adaptation sortira très prochainement en salles en France, Testament of Youth de Vera Brittain, qui a vécu de très près la Première Guerre Mondiale. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture! :)



Cette lecture compte pour le Challenge LEAF de Psylook: 9/50.




Quelques mots sur Vera Brittain:
Pour commencer cette chronique, je tenais à vous présenter un peu plus en détails Vera Brittain, l'auteure dont la vie va nous accompagner aujourd'hui. Née en 1893, Vera Brittain (qui porte décidément bien son nom) est anglaise. Elle grandit dans une famille plutôt aisée, avec son frère cadet Edward. A l'adolescence, elle décide de suivre des études universitaires, ce qui était plutôt rare à l'époque. Féministe du début du siècle, elle connaitra de très près la Première Guerre Mondiale, pendant laquelle elle sera infirmière, une expérience qu'elle racontera dans Testament of Youth, paru en 1933. Il s'agit sans doute de l'oeuvre la plus connue de Vera Brittain, mais elle a écrit d'autres livres au cours de sa vie. Elle est morte en 1970.

Testament of Youth:
Résumé:
Publié en 1933, Testament of Youth est une autobiographie (pas encore traduite en français malheureusement) racontant la vie de Vera Brittain, de sa naissance à la fin de du règne de Victoria jusqu'à l'entre-deux guerres. Elle se focalise tout particulièrement sur son expérience de la Première Guerre Mondiale, qu'elle a connue de près: jeune femme qui faisait alors des études, elle a vu ses proches partir au front, craint pour son frère Edward et son fiancé Roland. Elle a même arrêté ses études prometteuses pour devenir infirmière, métier qu'elle exerça pendant trois ans, en Angleterre, mais aussi en France et à Malte. Par cette autobiographie, elle nous raconte non seulement son expérience de la guerre, mais aussi son sentiment face à la place de la femme dans la société, et nous livre un testament unique d'une génération perdue, une génération sacrifiée.

Un témoignage poignant sur la Première Guerre Mondiale:
D'étudiante à infirmière:
A travers cette autobiographie, Vera Brittain aborde de nombreux aspects de la Première Guerre Mondiale, mais aussi de la société britannique de l'époque. Un élément très important, c'est la parce de la femme au début du 20ème siècle. Vera Brittain nait pendant une période charnière de l'Histoire britannique: la fin du règne de Victoria, règne de 62 ans qui a laissé une lourde empreinte sur la culture anglaise. La société du début du 20ème siècle est encore très marquée par la morale victorienne, les codes et l'étiquette. Et Vera Brittain le remarque bien: la première partie du livre raconte son volonté de poursuivre ses études à un niveau universitaire, ce qui était rare et compliqué pour une femme à l'époque. Rare, car la femme n'était considérée que comme un "agrément de l'homme", comme elle le dit elle-même, et l'éducation des jeunes filles de l'époque était souvent limitée à la bonne tenue d'une maison, un peu de musique et de conversation. Compliqué, car il existait peu de structures pour accueillir ses étudiantes et que les cursus étaient limités (elles ne pouvaient pas étudier autant de matières que les hommes).



En plus de son expérience en tant qu'étudiante, elle nous raconte aussi ses trois années de service en tant qu'infirmière. Elle mentionne tout particulièrement le fait que beaucoup des jeunes femmes qui s'enrôlaient en tant qu'infirmières s'attendaient surtout à assister des infirmières de longue date et à effectuer de petits travaux. Dans les faits, le manque de personnel face à l'important nombre de blessés confronte très vite ces jeunes femmes à une réalité cruelle et violente. Au cours de ses trois années de pratique, elle voyagera en Europe (France et Malte) où elle découvrira les ravages de la guerre sur les soldats.

Au front:
Un élément capital à côté duquel on ne peut pas passer lorsqu'on parle de la Première Guerre Mondiale: le front. Vera Brittain a connu plusieurs hommes qui ont combattu pendant la guerre et notamment en France, et c'est à travers eux (et les lettres qu'ils envoyaient à Vera) qu'on découvre un aperçu de ce que pouvait être la vie des soldats.
Parmi les proches de Vera, deux sont particulièrement importants: Roland et Edward. Edward est le frère cadet de Vera, dont elle fut toujours très proche. Dans le début du livre, consacré à son enfance, elle insiste notamment beaucoup sur le fait qu'ils jouaient ensemble, qu'elle inventait des histoires et que son frère les écoutait avec intérêt. Elle parle également du talent musical d'Edward, qui compose même des morceaux. Roland, quant à lui, est un camarade d'école d'Edward qui devient l'amoureux puis le fiancé de Vera Brittain. L'attirance est mutuelle et c'est très rapidement qu'ils tombent sous le charme l'un de l'autre.
Deux hommes au destin prometteur, des destins que la guerre chamboule. Une génération perdue qui témoigne grâce au livre de Vera Brittain.

Ce que j'ai pensé de ma lecture:
C'est en allant sur l'un de mes blogs préférés que j'ai découvert Testament of Youth. Une valise remplie d'histoires, une blogueuse que j'aime énormément, avait en effet présenté ce livre il y a quelques mois. Je l'avais noté dans ma wishlist, et en voyant que son adaptation cinématographique allait bientôt sortir, j'ai craqué et je l'ai acheté, curieuse de voir ce que j'allais en penser. Au final, Testament of Youth a été pour moi une lecture extrêmement émouvante, à base de larmes et de mouchoirs en papier. 

Je n'ai pas lu beaucoup d'autobiographies dans ma vie, et les seules que j'ai lues ont été pour moi des coups de coeur larmoyants (je pense à Travelling To Infinity). Vera Brittain n'avait pas encore trente ans qu'elle avait déjà traversé des épreuves inimaginables. Elle nous livre ici un témoignage de première main non seulement sur les horreurs de la guerre mais aussi sur cette période troublée et en pleine mutation qu'était le début du 20ème siècle. J'ai trouvé passionnant de découvrir le parcours de cette femme, un parcours semé d'embûches et où les pertes furent nombreuses. De ses difficultés pour poursuivre des études universitaires à la lente reconstruction de l'après-guerre, j'ai été prise dans le récit et je ne me suis pas ennuyée une seconde. J'avais du mal à lâcher le livre tant que je voulais savoir ce qui allait se passer ensuite.



Testament of Youth est un livre que j'ai trouvé assez difficile à lire, non pas à cause du style de l'auteure, qui est au contraire fluide et agréable, mais en raison de ce qu'il se passe: on s'attache rapidement aux différents personnages, on ressent l'amour que Vera a pour eux, et cela rend d'autant plus dur de découvrir ce qu'il arrive à certains. La détresse de Vera est frappante, tout comme son courage. 

J'ai aimé les différentes thématiques qu'elle aborde à travers le livre. J'ai mentionné plus haut ce qui avait trait à la guerre: une génération perdue, son travail d'infirmière, ses voyages pour exercer ce travail dans différentes parties d'Europe... J'ai également particulièrement apprécié ce qu'elle raconte de son expérience universitaire, des difficultés qu'elle a rencontrées, notamment pour convaincre son père. Si la guerre est évidemment au coeur du livre, j'ai eu l'impression qu'elle l'incluait dans un mouvement plus large, plus global de changements et de bouleversements.

J'ai du coup très envie de voir le film, qui sort dans quelques jours en France. Ma seule déception est qu'il n'a pour l'instant pas été traduit en français, ce que je trouve dommage pour les non anglophones et surprenant étant donné la certaine popularité du livre en Grande-Bretagne.

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette chronique vous plait, n'hésitez pas à me le faire savoir avec un petit commentaire. On se retrouve très vite sur le blog pour un nouvel article, en attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup!

AnGee.

mercredi 9 septembre 2015

Challenge Chasse aux Vampires #18: Malédiction du sang, Celia Rees.



Bonjour à tous et à toutes!

Je vous souhaite la bienvenue sur le Livroscope! J'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique! On se retrouve aujourd'hui pour l'une de mes dernières chroniques pour le Challenge Chasse aux Vampires organisé par leelys (et oui, on approche de la barre des vingt-et-une lectures!). Le mois dernier, je vous avais présenté le cinquième tome de la saga La Communauté du Sud, et aujourd'hui j'ai choisi de vous parler d'un livre sur lequel je suis tombée un peu par hasard à la bibliothèque où je vais, dans la section jeunesse/ado. Ce livre, c'est Malédiction du sang, de Celia Rees, publié en France en 2011. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture!

Le Challenge Chasse aux Vampires:
Pour commencer, un petit mot sur le Challenge Chasse aux Vampires, pour celles et ceux qui découvriraient mon blog et ne le connaitraient pas. Il s'agit d'un Challenge de lecture mangé par leelys via Livraddict. Le but de ce Challenge, qui est illimité dans le temps, est tout simplement de présenter des livres (romans, mangas, essais, BD...) avec des vampires. Plusieurs paliers sont proposés en fonction du nombre de livres qu'on souhaite lire. En ce qui me concerne, je tente le plus haut palier, maître vampire, avec plus de vingt lectures! Si vous souhaitez avoir plus d'informations sur le Challenge ou (re)lire mes précédentes chroniques, je vous conseille de suivre les liens ci-dessous!



Celia Rees, qui est-ce?
Malédiction du sang, notre roman du jour, est un roman écrit par Celia Rees. Née en Juin 1949 en Angleterre, elle fait des études pour devenir professeur. Pendant plusieurs années, elle sera enseignante, mais très vite l'idée d'écrire lui vient. Son public de prédilection: les adolescentes. Pour pouvoir se concentrer pleinement à sa passion, elle décide d'arrêter d'enseigner à la fin des années 80, et publie ses premiers romans dans les années qui suivent. Depuis plus de vingt ans, elle a écrit une liste impressionnante de romans, dont les plus célèbres sont les romans de sa saga Journal d'une sorcière. Si vous souhaitez en savoir plus sur son travail, n'hésitez pas à visiter son site!


Malédiction du sang:
Résumé:
Ellen Forest est une adolescente au quotidien assez difficile. En effet, depuis plusieurs mois, elle est atteinte d'une étrange maladie qui l'affaiblit énormément, et dont la cause reste mystérieuse pour les médecins. Un jour, alors qu'elle passe quelques jours chez sa grand-mère, elle tombe sur un journal datant de 1878 et appartenant à l'une de ses ancêtres, qui porte elle aussi le prénom d'Ellen. Les coïncidences ne s'arrêtent pas là: en effet, son ancêtre souffrait de la même maladie qu'elle... Quelle est la véritable cause de cette maladie? Que va t'elle découvrir dans le journal de son ancêtre? Qui est le mystérieux comte qui a côtoyé cette dernière?

Une histoire familiale:
Dans Malédiction du sang, Celia Rees nous livre deux histoires en une, deux histoires de deux personnes appartenant à la même famille. Nous avons tout d'abord celle que je vais appeler "Ellen du présent": Ellen est une adolescente qui souffre depuis des années d'un mal mystérieux. Cette maladie que divers médecins tentent (avec plus ou moins de succès) de guérir l'affaiblit énormément, au point qu'elle ne puisse pas suivre un cursus scolaire normal et qu'elle doive rester au lit presque toute la journée. Elle a également perdu l'appétit, ce qui contribue à l'affaiblir encore plus. Ellen ne peut plus aller à l'école, et a donc perdu contact avec ses camarades de classe. C'est une adolescente isolée et menacée par cette étrange maladie.
En même temps qu'"Ellen du présent", nous découvrons un autre personnage, "Ellen du passé", grâce au journal de cette dernière. C'est dans le grenier qu'"Ellen du présent" a retrouvé les carnets de son ancêtre du 19ème siècle, et pour s'occuper, elle a décidé de les lire. Mais elle est loin de se douter que cette lecture va lui apprendre autant! Cette seconde Ellen est la fille d'un médecin expert en maladie du sang. Alors que des amis de son père viennent leur rendre visite, elle se retrouve elle aussi entourée de personnes souffrant d'une maladie similaire à celle d'"Ellen du présent", et va elle aussi devenir malade...


Vampire et maladie:
Un autre point intéressant du roman, c'est que Celia Rees a choisi de lier vampire et maladie. Le monde médical est au coeur du roman: tout d'abord parce que notre héroïne principale, Ellen, est gravement malade. Ensuite, parce que son ancêtre évolue dans un monde médical: son père est médecin, et ils vivent dans un hôpital. 
Là où l'utilisation de la médecine devient encore plus intéressante, c'est dans le fait que le vampirisme est associé à celle-ci. Les vampires que le lecteur découvre dans le roman sont d'abord présentés comme des malades, qui ont souvent des maladies rares et difficiles à soigner: la pâleur de leur peau, leurs attitudes et étrangetés apparaissent donc comme des symptômes de leur maladie. Et leurs victimes se retrouvent elles-aussi malades, affaiblies et anémiées.
En littérature, il n'est pas rare de retrouver cette association entre vampires et monde médical. Déjà dans les classiques comme Dracula et Carmilla, les victimes se retrouvent inexplicablement malades, épuisées, ou pire, comme c'est le cas pour le personnage de Lucy dans Dracula; des personnages de scientifiques ou médecins sont même souvent appelés à la rescousse. 
Plus récemment, cette relation reste présente, mais un peu changée. Par exemple, la saga Twilight nous fait découvrir le personnage de Carlisle Cullen, le patriarche de la famille, qui est devenu médecin malgré sa nature de vampire. Dans True Blood, les humains qui partagent la vie de vampires prennent souvent des comprimés de fer pour rester en forme malgré leur perte de sang. En bref, médecine et vampire sont souvent associés!

Ce que j'ai pensé du livre:
Depuis le phénomène Twilight il y a quelques années, les vampires ont envahi les rayons jeunesse et adolescents des librairies. Certains livres comme celui-ci, pourtant écrits il y a des années (la version originale de Malédiction du sang est sortie dans les années 90), sont même enfin traduits pour surfer sur la vague. En tombant sur ce roman, j'étais un peu curieuse de voir ce qu'il pouvait donner, et je me suis donc plongée dedans assez rapidement. Que dire de Malédiction du sang? Et bien sans être une déception, ce livre a tout de même été pour moi une lecture assez mitigée.

Commençons par l'intrigue. Ou plutôt par les intrigues: en effet, le roman est divisé en deux parties, l'une sur Ellen-du-présent et la seconde sur son ancêtre. Très clairement, j'ai nettement préféré l'histoire de cette dernière. L'histoire de cette ancêtre avait un côté plus sombre, plus menaçant, assez bien réussi: on sent qu'elle est en danger et on a envie de savoir ce qui va lui arriver! J'ai aussi apprécié le fait que l'auteure avait choisi de mettre en forme son histoire comme un journal, car c'est une type de narration que j'apprécie et qui ici met bien l'action en valeur. En revanche, j'ai trouvé l'histoire de l'Ellen-du-présent assez fade en comparaison: j'ai l'impression que l'auteure a davantage travaillé une partie plutôt que l'autre, et je n'ai pas senti autant d'enjeux que dans l'histoire de son ancêtre. 

En ce qui concerne les personnages, je suis un peu plus nuancée cependant. Les deux Ellen me plaisent plutôt bien, elles sont plutôt attachantes et j'aime la relation qu'elles entretiennent avec leur entourage. Cependant, les personnages manquent un peu de profondeur et d'originalité. On devine assez rapidement qui va faire quoi, qui joue quel rôle, et du coup la lecture est un peu prévisible et ne surprend pas vraiment. 

L'auteure propose quelques thèmes sympathiques, et on sent qu'elle a été inspirée par les classiques du genre: le vampire est un personnage étranger qui vient d'Europe de l'Est; le vampire et la médecine; le thème du double ou doppelganger qu'on retrouve souvent dans les histoires de vampire... Au passage, le style de l'auteure est assez simple et clair, il va bien avec le public visé.

En bref, Malédiction du sang est un roman assez sympathique sans être vraiment foufou. Il se lit assez rapidement et sans prise de tête, mais manque un peu d'originalité et de profondeur, malgré quelques bonnes idées.

Et voilà c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette chronique vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir! On se retrouve très vite pour une nouvelle chronique, en attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup!

AnGee.

dimanche 6 septembre 2015

Les filles de Mrs Bennet #1: Les quatre filles du Docteur March de Louisa May Alcott.




Bonjour à tous et à toutes!

Laissez moi vous souhaiter la bienvenue sur le Livroscope! J'espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique. Aujourd'hui, c'est plus qu'une nouvelle chronique que je vous propose de découvrir, c'est aussi un nouveau challenge auquel j'ai le plaisir de participer. Ce challenge, organisé par deedee1310 via Livraddict, s'intitule Les filles de Mrs Bennet, et tournera autour d'un classique extrêmement populaire: Orgueil et Préjugés de Jane Austen! J'espère que mes contributions pour ce Challenge vous plairont, et sans plus attendre je vous laisse découvrir ma première lecture. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture :)

Le Challenge Les filles de Mrs Bennet:
Pour commencer cette chronique il me semblait important de vous parler un peu du Challenge en question. Comme je l'ai mentionné plus haut, il s'agit d'un Challenge organisé par deedee1310 via Livraddict. Il se déroulera jusqu'à Août 2016 et tourne donc autour d'Orgueil et Préjugés. Un concept original, qui fonctionne de la façon suivante: chaque mois, diverses consignes nous sont proposées (des consignes qui suivent l'histoire du roman), et nous devons donc trouver une lecture qui correspond à la consigne du mois. Certains jokers sont également proposés au cas où nous manquerions d'inspiration. Si vous souhaitez en savoir plus, je vous conseille de découvrir le topic Livraddict mais aussi le groupe Facebook du Challenge, où vous trouverez toutes les informations utiles!



Règle choisie du mois de Septembre: "Un livre dans lequel l'héroïne principale a plusieurs soeurs".


Louisa May Alcott, c'est qui?
Histoire de démarrer dans les formes, quelques mots sur notre auteure du jour: Louisa May Alcott. Née en 1832 en Pennsylvanie, elle grandit dans une famille de quatre filles (ce qui n'est pas sans rappeler son célèbre roman). Elle fait son apprentissage auprès du célèbre Ralph Waldo Emerson, auteur américain célèbre pour ses essais et sa poésie. Passionnée de littérature, elle s'essaie à l'écriture très jeune. Une fois adulte, elle se lancera pleinement dans ce domaine, et écrira une grande quantité de romans dont la plupart sont destinés à un jeune public. Son roman le plus connu est sans nul doute le premier tome de sa saga consacrée aux soeurs March, Les quatre filles du docteur March, qui a été adapté au cinéma de très nombreuses fois. Louisa May Alcott est aussi connue pour ses engagements dans différents domaines, comme l'abolition de l'esclavage. Elle meurt à l'âge de 55 ans, en 1888, à Boston.

Les quatre filles du Docteur March:
Résumé:
Nous voici en pleine Guerre de Sécession. Dans la famille March, le père est parti au front pour combattre aux côtés des anti-esclavagistes. Son épouse vit donc avec ses quatre filles: Meg, l'aînée, une jolie jeune fille qui a pour défaut d'être un envieuse de la haute société et qui est trop coquette; Jo, quant à elle, est intelligente et passionnée par l'écriture mais qui est aussi assez colérique; Beth, la troisième des soeurs, a un caractère très timide et doux, qui se relève être aussi un problème pour la jeune fille qui a du mal à s'affirmer. Enfin, Amy, la petite dernière, est plutôt orgueilleuse et capricieuse. Nous découvrons à travers le roman la vie de ces quatre enfants en pleine Guerre de Sécession, avec les privations et les questionnements qui l'accompagnent...


Petite présentation de nos héroïnes:
Comme le titre du roman l'indique (ça marche aussi pour la version originale, dont le titre est Little Women), Louisa May Alcott nous raconte l'histoire de plusieurs jeunes filles issues de la même famille. Ces quatre soeurs, que j'ai brièvement présentées dans le résumé, sont à la fois différentes l'une de l'autre mais en même temps elles ont une alchimie très forte. Penchons nous un peu plus sur ces différentes héroïnes.
Meg est l'aînée, âgée de 16 ans lorsque l'histoire commence. Pour pouvoir aider ses parents qui connaissent des difficultés financières depuis plusieurs années, elle travaille en tant que gouvernante. Meg est décrite comme une jeune fille très jolie, qui attire les regards par sa beauté. Malheureusement, le modeste train de vie de la famille la frustre beaucoup: en effet, elle côtoie des jeunes filles de plus grande fortune, et aimerait pouvoir s'offrir de belles toilettes, de beaux gants et chapeaux comme ses amies. Si elle parvient à se débrouiller avec des astuces et de petits tours de passe-passe, sa situation la met cependant parfois mal à l'aise...
La seconde fille des March est Jo, diminutif de Josephine. Elle a un an de moins que sa soeur aînée, et ressort un peu du roman comme étant le personnage principal. Tout comme Meg, Jo a décidé d'arrêter l'école pour pouvoir aider sa famille à payer les factures. Si sa soeur est gouvernante, elle se retrouve dame de compagnie d'une dame plus fortunée de sa famille. Jo est présentée comme le cerveau de la famille: très astucieuse, elle est celle qui a souvent les bonnes idées. Elle est aussi extrêmement imaginative. Dès sa plus tendre enfance, elle écrit des pièces.
Ensuite, nous avons Beth. Beth est présentée comme une petite fille timide, très timide, ce qui l'empêche d'aller à l'école (à la place, elle apprend à la maison). Passionnée par les animaux, sa nature douce fait qu'elle est très appréciée de tous. Elle a également un don pour la musique.
Enfin, nous avons Amy, la petite dernière. Amy va encore à l'école et ne comprend pas toujours certaines attitudes de ses soeurs aînées ou de sa mère. Elle aime quand l'attention est sur elle, et elle se montre un peu vaniteuse. Une vanité qu'elle tente cependant de corriger.

Pendant la Guerre de Sécession:
Si le livre se veut avant tout comme un moyen de raconter les aventures de quatre jeunes soeurs, il ne faut pas oublier quel contexte Louisa May Alcott a choisi pour son histoire. En effet, l'intrigue se déroule pendant la Guerre de Sécession, qui s'est déroulée aux Etats-Unis. Connue là-bas sous le nom de "Civil War" (ou guerre civile), elle s'est déroulée de 1861 à 1865. Pendant ces quatre longues années, le pays fut divisé entre états abolitionnistes, qui voulaient abolir l'esclavage et qui se situaient majoritairement au Nord, et états pro-esclavages, principalement situés au Sud où se trouvait une grande partie des exploitations de coton ou de tabac. Le conflit s'est soldé par la victoire des abolitionnistes, menés entre autres par Abraham Lincoln.
Il n'est pas rare de retrouver la Guerre de Sécession dans la littérature américaine. Cette guerre a profondément marqué les Etats-Unis, et on en retrouve la trace dans de nombreuses oeuvres littéraires. On peut par exemple citer Autant en emporte le vent qui, avant d'être une histoire d'amour, raconte la vie et le quotidien de personnages qui vivent dans les états du Sud. J'ai parlé récemment du Sang noir du secret, un roman policier contemporain dans lequel le pays n'est pas encore remis de cette guerre. Même dans des séries télévisées, comme True Blood, la Guerre de Sécession est présente.




Ici, c'est par le père de nos héroïnes que nous suivons la Guerre de Sécession. Le Docteur March, qui est dans le camp des abolitionnistes, est parti au front. Nous suivons donc la progression de la guerre par les lettres qu'il envoie à sa femme, mais aussi par de petits actes de l'arrière pour le front: donner de l'argent pour les soldats, leur tricoter des chaussettes... 

Ce que j'ai pensé du livre:
Les quatre filles du Docteur March est un livre qui me faisait envie depuis longtemps mais que je n'avais encore jamais lu. Quand j'étais petite, j'étais tombée sur une adaptation du roman à la télévision, et je me souviens que j'avais beaucoup aimé l'histoire et les personnages. J'avais donc eu envie de lire le roman, mais je n'avais jamais trouvé l'occasion de le faire. Et puis en voyant que l'une des consignes du mois de Septembre était de trouver un livre où l'héroïne avait plusieurs soeurs, je n'ai pas hésité longtemps avant de me plonger dans celui-ci! Au final, que dire des Quatre filles du Docteur March? Et bien j'ai tout simplement adoré cette lecture, un petit coup de coeur!

Commençons par l'intrigue. En fait, le livre se présente surtout comme une succession de petites histoires, de petits moments du quotidien sur fond de Guerre de Sécession et de difficultés financières. J'ai beaucoup aimé les différentes histoires racontées par Louisa May Alcott, et surtout sa façon de les raconter. Il se passe beaucoup de choses, je ne me suis pas ennuyée un instant et le livre est très distrayant! Les quatre filles sont mises en avant chacune à leur tour. Il y a aussi pas mal de petites leçons pour les enfants (ne pas être impatient, ne pas être envieux, l'honnêteté...) qui me font penser aux romans de la Comtesse de Ségur. 

J'ai ensuite bien aimé les différents personnages. Les quatre soeurs sont très intéressantes: chacune a son petit caractère, ses préférences, ses qualités et ses défauts. Elles sont certes un peu caricaturales, mais sachant que c'est un livre jeunesse, ça n'est pas trop dérangeant non plus. J'ai aimé la façon dont elles se complètent et s'opposent. Ma préférée (comme beaucoup je pense) est Jo, c'est celle dont je suis la plus proche et à laquelle je m'identifie le plus. On sent que l'auteure a vraiment fait un effort pour les mettre toutes en avant. Mon coup de coeur va cependant à Laurie, le petit voisin des soeurs March, qui est très gentil et que j'ai trouvé très attachant. 

Le troisième point fort du roman est le style de l'auteure. Je n'avais jamais rien lu de Louisa May Alcott auparavant donc c'était un peu la découverte. J'ai trouvé son style fluide, agréable, travaillé et recherché. Ce que j'aime dans un livre jeunesse, c'est quand le style est abordable mais pas simpliste. C'est le cas ici, je trouve, puisque le style est aussi agréable pour un enfant que pour adulte. Je pense que j'aurais adoré ce livre étant petite!

Le côté historique est peut-être mon seul bémol. J'aurais aimé que le côté "Civil War" soit plus prononcé, qu'il y ait plus de détails sur la vie à l'arrière et sur comment la guerre était vécue par ceux qui n'étaient pas au front. Mais c'est vraiment un micro point négatif!

J'ai donc tout bonnement passé un très bon moment avec Les quatre filles du Docteur March que je recommande à celles et ceux qui cherchent un classique jeunesse à découvrir! 

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette chronique vous plait, n'hésitez pas à me laisser votre avis en commentaire! On se retrouve très vite pour une nouvelle chronique, en attendant, comme toujours, prenez soin de vous et lisez beaucoup!

AnGee.

mercredi 2 septembre 2015

Les Dames en Noir #10: Derrière la haine, de Barbara Abel.



Bonjour à tous et à toutes!

Et voilà, Septembre est là! Les vacances sont finies pour beaucoup d'entre vous, et il est temps de retourner au travail ou à l'école. Pour fêter la reprise, je vous ai préparé ce mois-ci un petit planning de chroniques qui, je l'espère, vous plaira! Et pour démarrer le mois en beauté, j'ai décidé de mettre à l'honneur le Challenge Les Dames en Noir avec une dixième (oui déjà!) chronique. Il y a quelques jours, je vous parlai de ma déception pour Les Lumineuses de Lauren Beukes. Et bien aujourd'hui j'ai choisi de vous parler d'un autre roman qui a fait beaucoup parlé de lui: Derrière la haine, de Barbara Abel. J'ai énormément entendu parler de ce roman, et j'ai fini par l'emprunter à la bibliothèque pour voir de qui il s'agissait. En espérant que cette lecture vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture! :)

Le Challenge Les Dames en Noir:
Pour commencer cette chronique, un petit mot sur le Challenge Les Dames en Noir. Organisé par Zina du blog Les pipelettes en parlent, ce Challenge se déroule jusqu'en Décembre 2015. Le but est simple: il s'agit de présenter des auteures de polars, thrillers, policiers, car elles ont tendance à être moins mise en avant par rapport à leurs collègues masculins. En ce qui me concerne, j'ai pour but de proposer un total de treize chroniques, avec une auteure différente à chaque fois. Si vous souhaitez en savoir plus sur le Challenge ou voir mes précédentes chroniques, je vous conseille de suivre les liens ci-dessous! :)




Barbara Abel, qui est-ce?
Entrons dans le vif du sujet avec une petite présentation de notre auteure du jour: Barbara Abel! Née en 1969, Barbara Abel est une auteure d'origine belge. Passionnée par le théâtre, elle commence à écrire après ses études à l'Université libre de Bruxelles. Après le théâtre, elle se tourne vers le roman et plus particulièrement le roman policier. L'un de ses premiers livres, L'instinct maternel, est même récompensé du prix du roman policier au festival de Cognac. Depuis le début des années 2000, elle a publié plus d'une dizaine de roman. Derrière la haine, sorti en 2012, se fait remarquer et remporte lui aussi un prix, celui des lycéens de littérature belge. Le roman a même une suite, Après la fin, publié en 2013. 

Derrière la haine:
Résumé:
Laetitia et David. Tiphaine et Sylvain. Ces deux couples emménagent dans des maisons mitoyennes, séparées uniquement par une haie. Ayant le même âge, ils se trouvent rapidement des affinités et deviennent amis: repas, apéros, coups de main... Ils savent qui peuvent compter les uns sur les autres! Et leur amitié se renforce le jour où Laetitia et Tiphaine se retrouvent enceinte toutes les deux. La première donne naissance à Milo, la seconde à Maxime. Naturellement, les deux enfants deviennent les meilleurs amis du monde! Jusqu'au jour où un drame se produit et fissure l'amitié indéfectible entre les deux couples... 

Deux familles voisines, pour le meilleur...
Le roman de Barbara Abel commence bien. Très bien même, on se croirait presque dans un rêve. Deux couples jeunes, dynamiques, emménagent l'un à côté de l'autre et deviennent très rapidement amis. N'étant pas très proches de leurs familles, Laetitia, David, Tiphaine et Sylvaine trouvent en chacun un frère, une soeur, une famille comme ils en rêvaient. Les deux couples passent énormément de temps ensemble, on a même l'impression qu'ils se connaissent depuis toujours. Pour ceux qui ont toujours voulu avoir des voisins super sympathiques, ce livre fait envie!
On pourrait croire que la grossesse de l'une risque de mettre un frein à cette belle amitié, mais cette grossesse se transforme en expérience commune lorsque Tiphaine, comme son amie, tombe enceinte elle aussi. Leur amitié en est donc renforcée, d'autant plus que Maxime et Milo, ayant le même âge, deviennent des compagnons de jeu inséparables, plus des frères que des amis!

Et pour le pire:
Malheureusement, le conte de fées n'est pas fait pour durer. Être très proche d'une personne ne signifie pas la connaitre à 100%, et petit à petit, des fêlures apparaissent, des vérités cachées émergent. 
Mais c'est un drame, un drame insurmontable qui vient chambouler complètement la vie de nos héros. Pour ne pas vous spoiler, je vais éviter de vous dire de quoi il s'agit; mais ce drame vient tout ensevelir, tout engloutir. L'amitié de nos héros, qui durait depuis des années et qui semblait plus forte que tout et capable de surmonter toutes les épreuves, se retrouve brisée. Après un début idyllique, l'histoire se retrouve être une véritable descente aux enfers qui ne semble pas avoir de fin: entre disputes violentes, paranoïa, tentatives de réconciliation, le roman ne cesse de grimper en tension... 

Ce que j'en ai pensé:
Derrière la haine. Un titre (et une couverture, mais c'est un détail) qui fait envie! Voilà déjà un sacré moment que ce livre me faisait envie: j'avais vu de nombreux avis très positifs sur ce livre, notamment sur l'ancien blog du Chat du Cheshire, et j'étais donc curieuse de le découvrir. C'est en rangeant la bibliothèque où je travaillais récemment que je suis retombée sur ce roman, et je l'ai aussi emporté avec moi pour pouvoir le lire! Après l'avoir dévoré en une journée, je peux le dire: Derrière la haine a été un vrai coup de coeur pour moi!

Commençons par le gros point fort du roman: l'intrigue. Si j'ai lu le livre aussi vite, c'est grâce à l'intrigue super prenante que nous propose Barbara Abel. J'ai été captivée du début à la fin par l'histoire de Derrière la haine. L'auteure nous raconte un drame extrêmement bien ficelé et difficile à lâcher: on a envie de savoir ce qui va se passer, et les pages se tournent toutes seules. Le suspens ne cesse de monter, comme la tension, et le dénouement est vraiment spectaculaire. Quand j'ai commencé le livre, je n'imaginais pas une seconde que ça irait aussi loin ou que ça finirait ainsi. Gros point positif donc pour l'intrigue! 

Ensuite, passons aux personnages. J'ai apprécié le fait que l'auteure se concentre sur un nombre réduit de protagonistes, à savoir les deux couples et les enfants. Sans en être un, ça donne un peu l'impression d'être dans un huis clos. J'ai remarqué que mes policiers/thrillers/romans noirs préférés sont en général ceux où il y a peu de personnages. Ici, les relations entre les différents adultes sont vraiment bien mises en avant, et j'ai apprécié les personnages, leur caractère, leurs façons d'être. Certains aspects auraient pu être plus travaillés selon moi, mais j'ai été séduite dans l'ensemble par ces personnages.

J'ai également apprécié les thèmes abordés dans le livre et la façon dont ils sont utilisés: l'amitié entre adultes/voisins est bien exploitée, on en observe différentes facettes. C'est intéressant de voir comment cette amitié évolue face au temps et aux épreuves. Être parent est aussi un thème important, avec deux couples qui ne fonctionnent pas de la même façon. Enfin, le mensonge, élément capital du livre, sert très bien l'intrigue. 



Pour finir, un mot sur le style de l'auteure. J'ai bien aimé la façon d'écrire de Barbara Abel, qui a un style sobre et efficace, percutant, qui met vraiment en avant l'intrigue. C'était une lecture agréable et j'ai envie de lire d'autres de ses romans.

En bref, Derrière la haine a été pour moi une très bonne lecture que je recommande à 100%. J'ai déjà prévu de lire la suite, pour découvrir ce qu'il arrive aux personnages. Derrière la haine est un roman prenant et très réussi!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui, j'espère que cette chronique vous plait, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire! On se retrouve très vite pour une nouvelle lecture, en attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup!

AnGee.

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