vendredi 10 avril 2015

Les Dames en Noir #5: Le Ver à Soie de Robert Galbraith (J.K Rowling).



Bonjour à tous et à toutes!

J'espère que vous allez bien, chers lecteurs, et je suis ravie de vous retrouver en ce Vendredi pour une nouvelle chronique sur le Livroscope! Aujourd'hui, je vous propose de découvrir une toute nouvelle lecture pour le Challenge Les Dames en Noir, organisé par Zina, et qui se déroule tout au long de 2015. Pour ma cinquième lecture, après avoir abordé Anne Perry le mois dernier, j'ai décidé de rester de l'autre côté de la Manche et de vous parler d'une plume un peu spéciale: celle de Robert Galbraith. Car Robert Galbraith, bien que son pseudonyme soit trompeur, n'est pas un homme, mais bel et bien une femme! Une auteure plus connue sous le nom de J.K Rowling, qui a enchanté les lecteurs pendant près d'une décennie avec les sept tomes d'Harry Potter. Après un coup d'essai plutôt réussi avec L'Appel du Coucou, elle revient une fois de plus sous le pseudonyme de Robert Galbraith pour Le Ver à Soie, donc nous allons parler aujourd'hui. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture! :)

Le Challenge les Dames en Noir:
Petite précision avant d'aller plus loin, pour ceux qui découvrent le blog: le Challenge les Dames en Noir a été crée par Zina du blog les Pipelettes en parlent, et le but est de célébrer les auteurs de polar, policier et thriller au féminin. Si vous avez envie d'en savoir plus sur le Challenge et de découvrir les autres participations, je vous laisse suivre les liens ci-dessous, qui vous mèneront à mes chroniques sur le blog, ainsi qu'au topic Livraddict consacré au Challenge.


Robert Galbraith, c'est qui?
Commençons par un petit point sur notre auteur(e) du jour, le dénommé Robert Galbraith! Robert Galbraith est en réalité le pseudonyme utilisé par la célèbre auteure J.K Rowling pour sa série de romans policiers tournant autour du personnage de Cormoran Strike. Après les sept tomes de la saga Harry Potter, qui ont fait d'elle une star de la littérature dans le monde entier, et Une Place à Prendre en 2012, J.K Rowling décide de se lancer dans un tout autre style: le roman policier. Mais pour ce changement, elle choisit d'utiliser non pas son véritable nom. En effet, c'est sous un nom masculin qu'elle publie L'Appel du Coucou en 2013, livre qui se fait remarquer: une fois de plus, le succès est au rendez-vous! Le Ver à Soie est le second roman policier de l'auteure. Si jamais vous souhaitez en savoir plus sur J.K Rowling et son oeuvre, je vous laisse suivre le lien ci-dessous qui vous mènera aux autres articles la concernant sur le blog!


Le Ver à Soie:
Résumé:
Après avoir résolu avec brio le mystère de la mort de Lula Landry, célèbre mannequin, Cormoran Strike, détective privé, se voit confier une nouvelle affaire: il doit enquêter sur la disparition d'un écrivain plutôt controversé, Owen Quine. Mais très vite, la disparition de l'auteur s'avère être bien plus grave que prévu et prend une tournure dramatique... C'est donc sur un meurtre que Cormoran et son assistante Robin doivent désormais enquêter, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils ont du pain sur la planche! En effet, Owen Quine avait plus d'ennemis que d'amis dans son entourage, et son dernier manuscrit a mis bien du monde de très, très mauvaise humeur...

Le deuxième volet des aventures de Cormoran Strike:
Après le succès de L'Appel du Coucou il y a deux ans, J.K Rowling (alias Robert Galbraith) nous propose de découvrir une nouvelle aventure de Cormoran Strike. Mais qui est ce personnage au nom pour le moins original?
Cormoran Strike est un ancien soldat reconverti en détective privé. Dans son petit cabinet de Londres, il reçoit toutes sortes de clients: des hommes et des femmes qui veulent savoir s'ils sont cocus, des gens à la recherche de disparus... Son affaire a explosé après son enquête sur la mort, pour le moins suspecte, de Lula Landry, une mannequin très en vue. Mais ça ne l'empêche pas d'accepter des affaires juste parce qu'elles l'intéressent et non pas parce qu'elles sont financièrement rentables: c'est le cas de l'affaire autour d'Owen Quine, qui démarre comme une simple enquête pour retrouver un disparu. 
Dans son petit cabinet, Cormoran travaille avec Robin, une jeune femme qui officie comme secrétaire pour le détective: elle s'occupe de l'emploi du temps, prend les appels, gère les rendez-vous. Mais Robin a envie d'évoluer dans son travail et d'apprendre les rouages du métier de Cormoran. La jeune femme est passionnée par le travail de détective et aimerait que son patron lui apprenne les ficelles du métier. Elle est aussi fiancée à un garçon extrêmement agaçant. 
A eux deux, ils forment une équipe à l'alchimie évidente, efficace, et où chacun apporte son petit quelque chose. 

Un meurtre surprenant et une succession de suspects:
Dans L'Appel du Coucou, l'auteure faisait enquêter Cormoran Strike sur un suicide qui pourrait bien être un meurtre maquillé en suicide. Si l'enquête était intéressante, il faut admettre que l'idée de départ n'était pas si originale que ça: des meurtres camouflés en suicide, on en voit beaucoup dans les séries télévisées, les films ou les romans. Mais pour le retour de Cormoran, J.K Rowling a décidé de faire plus original et plus fort. 
Owen Quine est un auteur un peu raté, pas très populaire, et qui, après avoir écrit un bon roman plusieurs années auparavant, tente de faire tant bien que mal son come-back sur les devants de la scène. Il a donc écrit un manuscrit bourré de métaphores plus ou moins subtiles pour parler de ses proches, avec des mots assez violents et des anecdotes loin d'être flatteuses. C'est un auteur controversé mais aussi un individu par forcément apprécié: il trompe sa femme et se montre apparement très souvent odieux avec les gens qu'il côtoie... En bref, beaucoup de gens ont des raisons de lui en vouloir...



Ce qui est vraiment frappant dans le livre, c'est le meurtre d'Owen Quine et la mise en scène autour de sa mort. Pour éviter de vous spolier, je ne vais pas trop m'étaler trop à ce sujet, mais en tout cas je l'ai trouvé original et surprenant, on ne l'oublie pas de si tôt...

Ce que j'en ai pensé:
En faisant une petite retrospective de mon histoire de lectrice, il m'est évident de dire que l'un de mes premiers coups de coeur littéraire fut pour la saga Harry Potter de J.K Rowling. Je suivais avec passion la publication des différents tomes, les dévorais à peine sortis, allais au cinéma le jour de la sortie des films, collectionnais les Legos, jeux, cartes et objets dérivés multiples et variés. En bref, j'étais, je suis et je resterai une Potterhead. Mais une fois la saga finie, J.K Rowling a bien dû se rediriger vers autre chose, et j'ai suivi avec beaucoup d'intérêt ses nouvelles publications: j'ai bien aimé Une Place à Prendre et L'Appel du Coucou, et j'avais très envie de lire Le Ver à Soie, impatiente de retrouver Cormoran Strike et Robin. Et je dois dire que j'ai vraiment adoré ma lecture, qui a été pour moi un petit coup de coeur.

Premier point: l'intrigue. J'avais déjà bien aimé celle de L'Appel du Coucou, même si je l'avais trouvée tout de même un peu simpliste. Ici, J.K Rowling/Robert Galbraith se lâche davantage et monte d'un cran. J'ai vraiment adoré l'intrigue: le meurtre est très, très marquant (notamment grâce à la description efficace et détaillée, mais j'en reparlerai après), et l'enquête est bien ficelée, avec du suspens, des suspects, des pistes variées. Ma mère a lu le roman juste après moi et elle a aussi beaucoup aimé: aucune de nous n'avait trouvé la fin et nous avions des théories complètement différentes! On nous balade du début à la fin, il y a du suspens et on ne s'ennuie pas: un bon point!

Retrouver la plume de J.K Rowling a aussi été un plaisir pour moi: j'aime particulièrement sa façon de faire des descriptions, je vois toujours clairement dans ma tête ce qu'elle nous raconte, et c'est vraiment une expérience de lecture que j'apprécie. Sa plume est fluide, j'ai dévoré le livres et les pages se tournaient toutes seules! Elle sait raconter une histoire, et montre selon moi qu'elle maîtrise autre chose que la littérature "jeunesse". Sa reconversion post-Harry Potter est pour moi réussie :).

Ensuite, je dois dire que j'aime beaucoup, mais alors beaucoup les personnages: Cormoran Strike a un côté vieux loubard que j'apprécie, il a une personnalité intéressante et découvrir son passé me plait beaucoup. Robin, quant à elle, est pleine de fraîcheur. Elle est motivée et volontaire, j'aime son caractère! Ils ont également une alchimie que je trouve vraiment sympathique, et qui participe à l'intérêt du livre: c'est un duo efficace et réussi. Les autres personnages sont aussi intéressants: ici, on a droit à une pléiade de personnages en tout genre, entre la veuve perdue, le petit ami un peu jaloux, les artistes prétentieux, l'agent garce au possible... Déjà avec Harry Potter ou Une Place à Prendre, J.K Rowling avait montré son envie de multiplier les personnages, et ici le résultat est plutôt pas mal! Bon, parfois je me suis un peu perdue entre qui était qui, mais j'ai fini par m'y retrouver.

J'ai également trouvé que l'auteure abordait des thèmes très intéressants et qu'elle les travaillait à sa sauce. J'ai adoré l'exploitation de la création, notamment littéraire, à travers le manuscrit du défunt, manuscrit qui permet à Cormoran et à Robin de reconstituer le puzzle et de comprendre qui est qui. Les relations humaines (et notamment amoureuses et familiales) sont également développées à travers plusieurs événements différents, à travers plusieurs personnages. Ces thèmes enrichissent le livre, en lui donnant un petit plus.

En bref, Le Ver à Soie a vraiment été une lecture plus qu'agréable, j'ai adoré lire ce livre et j'ai passé un excellent moment avec. J.K Rowling serait en train de travailler sur le prochain tome, alors autant vous dire que je suis déjà impatiente de voir le résultat!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette petite chronique vous a plu, en tout cas j'ai pris beaucoup de plaisir à la préparer! N'hésitez pas à me laisser en commentaire vos avis et également vos suggestions d'auteures de polar, policier ou thriller pour les prochaines chroniques. On se retrouve d'ici quelques jours pour une nouvelle chronique, en attendant prenez soin de vous :)

AnGee Ersatz*



lundi 6 avril 2015

Opération Angoulême Price Minister 2015: Vous êtes tous jaloux de mon jetpack, de Tom Gauld.




Bonjour à tous et à toutes!

Je vous souhaite la bienvenue sur le Livroscope! J'espère que vous avez tous passé un bon dimanche de Pâques! En ce Lundi férié, j'ai décidé de ne pas chômer et de vous proposer une nouvelle chronique. Une chronique un peu spéciale, puisque nous allons parler d'une BD que j'ai découverte grâce à l'Opération Angoulême organisée par le site Price Minister: cette BD porte le nom plutôt original de Vous êtes tous jaloux de mon jetpack, et elle est signée Tom Gauld. J'avais vraiment hâte de la découvrir et aussi de vous la faire découvrir, alors en espérant que cet article vous plaise, je vous souhaite une très bonne lecture :)

L'Opération Angoulême de Price Minister:
Pour commencer, petite explication concernant l'Opération Angoulême de Price Minister. Depuis plusieurs années, le célèbre site de ventes en ligne organise fréquemment des événements autour de la littérature, comme notamment l'Opération de la Rentrée Littéraire. Et histoire de varier les plaisirs, la BD fait l'objet, pour la troisième année consécutive, d'une opération spéciale. Un large choix de bandes-dessinées mais aussi de mangas tirés de la sélection officielle du festival d'Angoulême est proposé. Pour savoir comment se déroule cette nouvelle édition et quels titres sont proposés, je vous laisse faire un petit tour sur le blog de Price Minister en suivant le lien ci-dessous!


Tom Gauld, c'est qui?
Vous êtes tous jaloux de mon jetpack, la BD dont nous allons parler aujourd'hui, est une BD signée Tom Gauld. Mais qui est Tom Gauld? Si en France il n'est pas encore très connu, cet illustrateur commence à bien se faire connaitre au Royaume-Uni. Né à Aberdeen, en Ecosse en 1976, Tom Gauld s'oriente très vite vers le monde artistique, qu'il étudie notamment à l'université. Son style assez particulier et son univers le font remarquer, et il a déjà publié plusieurs livres, dont Vous êtes tous jaloux de mon jetpack, et Goliath. Il publie également des dessins dans plusieurs journaux et magazines, comme The Guardian (et j'ai vu qu'une traduction était également disponible dans le Monde). Si vous souhaitez en savoir plus sur son univers ainsi que sur son actualité, je vous recommande d'aller faire un petit tour sur son site internet!


Vous êtes jaloux de mon Jetpack:
Quatrième de couverture:
Dans quel univers loufoque se côtoient les soeurs Brontë et les jeux vidéo, Dan Brown et Shakespeare, comme si les frontières entre les mondes classique et contemporain n'existaient plus? Dans celui de Tom Gauld, bien sûr! Découvrez le dans Vous êtes tous jaloux de mon jetpack, une bande-dessinée tout en humour présentant une panoplie de personnages plus drôles les uns que les autres. Vous y ferez des rencontres inoubliables, notamment avec une fée marraine féministe, un robot qui récite des haïkus et une souris qui s'attaque à la lecture de Joyce.
Parsemé de références littéraires humoristiques, d'observations surprenantes sur le monde - tant historiques que politiques - et de représentations insolites du futur, cet album déclenchera les rires à coup sûr! 



Une succession de cases humoristiques:
La première chose qui frappe avec Vous êtes tous jaloux de mon jetpack, c'est son originalité. Originalité du titre, d'abord, qui est assez unique en son genre, mais aussi du format, qui change des BD classiques. Mais l'originalité n'est pas que de façade, elle se retrouve également à l'intérieur! On découvre à travers les 160 pages du livre des micro-histoires d'une page, une énorme case, inspirées d'univers parfois très différents, mais avec toujours le même humour. Car cette BD prend dès le début un ton humoristique, parfois subtile, parfois percutant, qui sert un peu de fil rouge: entre jeux de mots, situations loufoques et détournements, on est servi!
Tom Gauld exploite des mondes variés: la science, la création, la culture, la littérature, le voyage dans le temps, la science-fiction... Enormément d'univers différents mais dont se dégagent des thèmes assez importants.
J'ai déjà été frappée par les nombreuses allusions culturelles et plus particulièrement littéraires. Tom Gauld utilise la littérature classique à plusieurs reprises, en les déplaçant du piédestal froid et presque terrifiant où on la place. Ici, Dickens ne fait pas peur, mais c'est héros de jeu vidéo, tout comme les soeurs Brontë; les drames de Shakespeare se transforment en titres hilarants... Tom Gauld se moque aussi des critiques littéraires qui dédaignent la culture geek et populaire.



Il nous montre aussi son intérêt pour la science-fiction à travers la présentation d'une panoplie d'inventeurs plus ou moins ratés, des voyages dans le temps, des jetpack, et aussi une création de bâtiments et objets du futur!
Personnellement, mon coup de coeur va à la case sur Frankenstein de Mary Shelley, où la créature essaie d'expliquer tant bien que mal qui il est à un individu un peu perdu...

Ce que j'en ai pensé:
En créant le blog il y a maintenant trois ans (Jesus Christ, déjà?), je m'étais dit que ce serait l'occasion parfaite pour diversifier un peu mes lectures, et pour lire un peu plus de BD et de mangas. Et l'opération Angoulême est parfaite pour ça (et j'en profite pour remercier Price Minister de l'organiser depuis trois ans aussi)! Je l'avoue, au moment de choisir la BD, je n'ai pas hésité longtemps: j'ai été frappée tout de suite par cette couverture rouge éclatante, par ce petit personnage rigolo, et surtout par le titre, originale et vraiment drôle. Après ma lecture, que dire de ce livre? Et bien Vous êtes tous jaloux de mon jetpack m'a fait passé un bon moment, même si ce n'est pas un coup de coeur. 

Premièrement, j'ai énormément apprécié le livre en tant qu'objet. Je m'explique: j'ai trouvé le format original, la couverture vraiment soignée, et le livre est vraiment de bonne qualité. Lorsqu'on lit ce genre de livres, c'est un plaisir d'avoir une belle édition. Je ne connaissais pas du tout les éditions 2024, mais j'ai énormément apprécié le visuel du livre. On a envie de le mettre en valeur dans sa bibliothèque!

Pour en arriver au contenu en lui-même, j'ai été très surprise par le style de Tom Gauld. Il a un style assez simple, composé de figures géométriques, qui me fait énormément penser aux dessins animés de mon enfance, avec des personnages faits de ronds, de rectangles, de carrés, et des couleurs très vives, qui marquent. Une simplicité que j'aime beaucoup, parce que ça donne un résultat efficace, percutant. Certains le trouveront peut-être trop simple, cependant j'ai trouvé cette simplicité originale, elle sert l'humour et l'univers de l'auteur. 

Ma lecture a été très agréable: Tom Gauld utilise le genre d'humour qui me plait, et du coup j'ai ri à plusieurs reprises, j'ai beaucoup souri, et j'ai vraiment passé un moment plaisant. Je suis sensible à tout ce qui est loufoque, et j'ai aimé retrouvé des références à la littérature ou à la science-fiction, deux mondes que j'apprécie énormément. C'est une lecture qui fait du bien, j'ai passé un bon moment. Je l'ai lu d'une traite, mais il est évidemment possible de prendre son temps en lisant quelques pages par jour. 




En parlant de références, j'ai eu un peur que la BD soit un peu difficile à comprendre au début. En effet, avec mon exemplaire, il y avait un petit papier avec des présentations de différentes références utilisées par l'auteur. Mais dans l'ensemble, il fait référence à des grands noms de la culture, que ce soit Shakespeare ou Dan Brown. Il y a quand même quelques trucs que je n'ai pas forcément saisis sur le moment, cependant dans l'ensemble je n'ai pas été perdue.

Mon seul petit bémol, et qui fait que du coup cette BD n'est pas un coup de coeur, c'est qu'il y a quand même des répétitions. Certaines blagues ou thématiques reviennent plusieurs fois, et si c'est drôle la première fois, ce n'est pas forcément le cas la deuxième ou troisième fois. Dans un livre de 160 pages, ce n'est pas non plus extrêmement gênant, et je n'aurais peut-être pas été frappée par ce point si je ne l'avais pas lu d'une traite, mais je tenais à le mentionner tout de même. 

En bref, j'ai beaucoup aimé cette BD. Elle est vraiment très sympathique, originale, et j'ai apprécié le style de Tom Gauld. Je vous encourage donc à y jeter un oeil si vous en avez l'occasion! Et comme, pour le bien de l'opération, on nous demande d'attribuer une note sur 20, je lui donne un joli 16! :)

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette chronique vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire! On se retrouve d'ici quelques jours pour une nouvelle chronique, en attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup :)

AnGee Ersatz*



vendredi 3 avril 2015

Chasse aux Vampires #12: Anno Dracula (tome 1) de Kim Newman.



Bonjour à tous et à toutes!

J'espère que vous allez bien et que vous passez une bonne semaine! En ce Vendredi, je vous retrouve avec joie sur le Livroscope pour une nouvelle chronique consacrée... aux vampires! Après une petite pause en Mars, je reprends ce mois-ci le Challenge Chasse aux Vampires, lancé par leelys via Livraddict. Ma dernière chronique sur le sujet concernait une grosse déception, mais loin de me laisser abattre, je suis partie à la recherche d'autres titres à vous présenter! Et aujourd'hui j'ai décidé de m'attaquer à un roman dont j'entendais beaucoup parler: Anno Dracula, tome 1, de Kim Newman. Dracula est l'une de mes références vampiriques, et j'avoue être toujours un peu sceptique quand on utilise ce personnage. En espérant qu'elle vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture de cette chronique :)

Le Challenge Chasse aux Vampires:
Avant d'entrer de le vif du sujet, je tiens à rappeler que si vous souhaitez découvrir ou redécouvrir les précédentes chroniques sur le Challenge (ou tout simplement ce que j'ai pu écrire sur les vampires), il vous suffit de suivre le lien ci-dessous, qui vous mènera vers tout ce qui contient le libellé "vampire" sur le blog :)


Kim Newman, c'est qui? 
Commençons par une petite présentation de notre auteur du jour, Kim Newman! Ne vous laissez pas avoir par son prénom, Kim Newman est bien un homme (je précise, car j'étais persuadée qu'il s'agissait d'une femme ^^). Né le 31 Juillet 1959, il nait et grandit en Angleterre. Après des études à l'université du Sussex, il se tourne vers l'écriture, travaillant d'abord comme journaliste. Il commence à écrire des livres et de la fiction à la fin des années 80, avec comme thèmes de prédilection les monstres et l'ère victorienne. Il est principalement connu pour sa série Anno Dracula, dont le premier tome date de 1993. A travers les années, son travail a été plusieurs fois récompensé, notamment par des prix comme le prix Bram Stoker, reconnaissance de son oeuvre. Kim Newman est toujours actif, travaillant notamment actuellement sur la saga Diogenes Club.

Anno Dracula:
Résumé:



1888. Vous êtes les bienvenus dans le Londres victorien. Une capitale où se mêlent bourgeoisie élégante, pauvres des quartiers mal famés, et... des vampires. En effet, depuis le mariage de la reine Victoria avec le comte Dracula, les vampires envahissent les rues de Londres, présents à toutes les échelles sociales. Mais En cette fin d'été 1888, de terribles meurtres d'une violence inouïe sont commis sur des prostituées vampires de Whitechapel. Charles Beauregard, qui travaille pour le Diogenes Club, se voit charger d'enquêter pour retrouver celui que tout le monde surnomme Scalpel d'Argent. Sur sa route, il croisera Geneviève Dieudonné, vampire âgée de plusieurs siècles et qui cherche elle aussi des réponses... 


Un roman bourré de références:
Dès la couverture, Anno Dracula affiche la couleur: le roman est bourré d'un nombre impressionnant de références à l'ère victorienne, que ce soit en ce qui concerne l'ère victorienne comme période culturelle ou comme période historique. On peut évidemment mentionner la reine Victoria, dont on sent l'ombre derrière les pages. Kim Newman fait également référence à l'oeuvre de Bram Stoker, avec la présence de nombreux personnages comme le comte lui-même, mais aussi les prétendants de Lucy qui tentent de se remettre de la mort de la jeune femme, Mina, ou même la femme de Bram Stoker. D'autres oeuvres littéraires sont utilisées: le docteur Jekyll fait une apparition en tant qu'expert scientifique dans les meurtres. On retrouve également Sherlock Holmes à travers le Diogenes Club et la présence de Mycroft Holmes, de Moriarty et du Colonel Moran, deux méchants classiques de l'oeuvre d'Arthur Conan Doyle. 
Mais Kim Newman ne s'arrête pas à des références tirées d'oeuvres littéraires: il s'attaque aussi à de vraies personnes et à de vrais faits. Alors évidemment, il y a Jack l'Eventreur, dont les meurtres sont revisités pour les besoins de l'intrigue, mais on a également, par exemple, Oscar Wilde, qui fait une petite apparition, avec une référence à l'homosexualité et la façon dont ce sujet était perçu à l'époque...
En bref, Anno Dracula fera plaisir aux fans de cette époque, qui s'amuseront à relever toutes les petites références qui parsèment les pages! 

Dracula et Mina dans le film de Coppola.
La création d'une nouvelle société:
Ce qui est intéressant avec Anno Dracula, c'est que Kim Newman ne se contente pas de juste balancer quelques références ici et là à l'oeuvre de Bram Stoker. Non, à travers Anno Dracula, c'est une autre version de l'histoire qui nous est proposée: que se serait-il passé si Dracula avait épousé la femme la plus puissante de tout le pays? 
La société victorienne est changée, remodelée par ce mariage. Les vampires sortent de l'ombre, et deviennent de plus en plus nombreux. Kim Newman nous présente différentes sortes de vampires, différentes lignées, avec des propriétés différentes, une idée intéressante et bien exploitée. On a par exemple la lignée de Dracula, une lignée présentée comme assez faible et vile, qui a du mal à survivre, qui aime dormir dans un cercueil. A l'inverse, Geneviève, aînée d'une autre lignée, se démarque par sa force, sa consommation plus raisonnée de sang, une sorte de noblesse de caractère qui tranche avec Dracula. 
Les vampires sont membres de toutes les couches de la société: on n'en trouve aussi bien chez les prostituées qu'au sommet de la pyramide sociale. La question de leur rapport aux humains se posent alors, beaucoup de personnages se demandent aussi s'ils doivent passer de l'autre côté ou non. Le fait d'avoir des vampires dans la société induit aussi de nouvelles et de nouveaux changements, notamment au niveau légal. 
D'un côté, ça m'a un peu fait penser à True Blood, qui exploite aussi cet aspect avec ses vampires qui cherchent à intégrer la société humaine. 

Ce que j'en ai pensé: 
Je pense que vous me connaissez suffisamment maintenant: j'adore les vampires. Pourtant, Anno Dracula, alors que j'aurais dû me jeter dessus, me faisait un peu peur. J'en ai énormément entendu parler, et chaque fois que je le croisais en librairies, j'avais très envie de le prendre, mais en même temps, j'avais horriblement peur d'être déçue parce qu'avec les vampires (et surtout avec Dracula), on fait un peu tout et n'importe quoi. Au final, après avoir vu plusieurs avis plus que positif, j'ai décidé d'arrêter de me cacher derrière les rayonnages, et de me lancer dans ce livre. 600 pages plus loin, j'ai envie de me mettre des baffes: parce que non seulement ce livre est l'un des meilleurs romans avec des vampires que je connaisse, mais aussi l'un des meilleurs romans que je connaisse tout court.

Il ne m'a fallu que quelques pages pour comprendre que j'allais adorer Anno Dracula et que ce serait pour moi un énorme coup de coeur. Le premier élément que j'ai aimé, c'est évidemment l'histoire. Kim Newman arrive à nous entraîner sur plus de 600 pages dans une histoire captivante, entre enquête criminelle, portrait de vampires et de société. Un roman très complet avec lequel je ne me suis pas ennuyée une seconde. L'enquête est bien ficelée et utilise très bien Jack l'Eventreur en lui donnant une nouvelle dimension. Les différentes sous-intrigues me plaisent aussi beaucoup. Il y a tout de même quelques petites longueurs, mais honnêtement l'ensemble est d'une telle qualité qu'on passe sur ce petit détail.

Au début, j'avoue avoir eu un poil peur en voyant le nombre de personnages. On ne cesse de nous en introduire de nouveaux dans les premiers chapitres, et entre Geneviève, Charles, Arthur, Goudalming, et les autres, je me suis inquiétée à l'idée de ne pas retrouver qui était qui. Mais au final on arrive à s'y faire, et chaque personnage a son intérêt, son rôle à jouer, ses motivations. J'ai particulièrement aimé Geneviève: ça fait plaisir de voir un personnage vampire féminin de cette qualité! Son alchimie avec Charles me plait bien, d'autant plus qu'il est lui aussi intéressant. 

En grande fan de l'ère victorienne et surtout de la littérature de cette époque, j'ai été très heureuse de voir comment Kim Newman utilisait habilement cette culture pour l'incorporer dans son livre. Quel plaisir de voir Oscar Wilde ou le docteur Jekyll surgir derrière une page! Bon, j'aurais aimé voir Bram Stoker, par exemple, mais on ne peut pas tout avoir! En tout cas, on a vraiment l'impression que l'auteur aime cette époque et cette littérature, et quand on l'aime autant que moi, c'est vraiment appréciable. Si jamais, cependant, vous ne vous y intéressez pas, le livre reste quand même intéressant à lire, mais vous risquez d'être un peu perdu par moments. 



Enfin, parlons de l'image du vampire. Kim Newman nous propose quelque chose de vraiment complet. Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est que d'un côté, il respecte l'oeuvre de Bram Stoker en reprenant des éléments de l'intrigue originale, des caractéristiques de Dracula par rapport à ses habitudes ou ses aptitudes (les métamorphoses, par exemple), mais il pousse encore plus loin en développant les vampires: il nous propose plusieurs lignées, des caractéristiques très précises, des représentations variées du vampire, des réactions différentes face à ces créatures... C'est travaillé et ça se sent, et c'est appréciable!

En bref, Anno Dracula est, selon moi, un excellent livre, un petit bijou de la littérature vampirique que j'ai adoré découvrir. Je pense me procurer très vite le tome deux, baptisé le Baron Sanglant, en espérant qu'il soit aussi intéressant que ce premier volume! 

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette chronique vous a plu, n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire! Pour ceux que ça intéresse, j'ai déjà choisi les deux prochains livres que je compte vous présenter: un autre tome de la saga la Communauté du Sud, ainsi qu'un documentaire baptisé Dracula et les vampires. On se retrouve d'ici quelques jours, en attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup! :)

AnGee Ersatz*


mercredi 1 avril 2015

Challenge Ecosse 2015 #1: Le Monde Perdu d'Arthur Conan Doyle.




Joyeux 1er Avril à tous!

Je vous souhaite la bienvenue sur le Livroscope! J'espère que vous allez bien en ce Mercredi et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique. Bon, je sais qu'en ce premier jour d'Avril il est commun de faire des farces et autres Poissons d'Avril, mais comme je suis très nulle dans ce domaine, j'ai préféré vous préparer une petite chronique, la première d'un Challenge auquel je me suis inscrite récemment. Ce Challenge n'est autre que le Challenge Ecosse 2015, organisé par Gilwen, et que j'ai découvert via le blog Une valise remplie d'histoires (un blog que j'adore et que je vous conseille fortement). Pour ma première lecture, je me suis attaquée à un auteur que je connaissais bien: Arthur Conan Doyle, le papa de Sherlock Holmes! Je vous souhaite une bonne lecture de cet article, en espérant qu'il vous plaise! :)

(Un mec en kilt devant un château qui joue de la cornemuse. Ouais, j'ai pas trouvé plus cliché).
Le Challenge Ecosse, qu'est-ce que c'est?
Commençons par le commencement, à savoir par un petit point sur ce qu'est le Challenge Ecosse. Après avoir organisé une première édition en 2014, Gilwen du blog Librement vôtre, nous propose une nouvelle fois de découvrir l'Ecosse à travers la littérature. Ce que j'apprécie déjà avec ce Challenge, c'est que les possibilités sont vastes: car ce qui nous est proposé, c'est de découvrir des auteurs écossais, mais aussi de lire des livres traitant de l'Ecosse, soit parce que l'intrigue s'y passe, soit parce que les personnages sont écossais... On a même la possibilité de varier les plaisirs en parlant musique, cinéma ou séries! 
Comme dans la plupart des Challenges, Gilwen a instauré un système de paliers avec des points (une lecture = un point, sans dans le cas d'une lecture en VO, qui compte alors deux points). Je vous invite à suivre le lien ci-dessous qui vous mènera jusqu'à la page Livraddict du Challenge pour découvrir les différents paliers. En ce qui me concerne, j'ai décidé de viser le deuxième palier, celui de Joueuse de Cornemuse du Dimanche (si seulement), soit quatre à six points, avec pour objectif de lire et présenter six livres. J'aurais choisi plus si je n'avais pas déjà un million de challenges en cours x). 
Le Challenge prendra fin le 1er Mars 2016. Pour plus d'infos, n'hésitez pas à consulter le topic Livraddict!


Arthur Conan Doyle, c'est qui?
Il est temps de parler un peu d'Arthur Conan Doyle. Sur le blog, ce n'est pas vraiment un inconnu, puisque j'ai déjà parlé de lui à plusieurs reprises, notamment en présentant certaines aventures de Sherlock Holmes. Je ne vais donc pas me répéter mais plutôt vous laisser le lien menant aux différents articles qui traitent de lui sur le blog. J'ai choisi de l'intégrer au Challenge parce qu'il est écossais, et aussi parce qu'à l'exception des Sherlock Holmes et de ses mémoires, je n'avais encore jamais eu l'occasion de lire quoi que ce soit de lui! Le Monde Perdu me semblait un bon moyen de découvrir le reste de son oeuvre...


Le Monde Perdu:
Résumé:



Edward Malone est un jeune reporter travaillant pour le Daily Gazette. Alors qu'il ouvre son coeur à Gladys, espérant l'épouser, celle-ci lui reproche de ne pas prendre assez de risques et de ne pas être suffisamment viril à son goût. Pour lui prouver qu'elle a tort, Malone décide de partir à la rencontre du très étrange Professeur Challenger, connu pour avoir un sale caractère et être très bagarreur, et qui prétend avoir découvert, en Amérique du Sud, des animaux très étranges et que l'on croyait disparus depuis des siècles: les dinosaures. Evidemment, personne ne le croit. Malone, Challenger et Lord Roxton, un chasseur très célèbre, décide de partir en expédition pour tenter de prouver les découvertes de Challenger, à la recherche d'un monde perdu...

Le premier tome des aventures du Professeur Challenger:
Avec Le Monde Perdu, Arthur Conan Doyle nous propose un univers assez différent de celui de Sherlock Holmes. Si on y retrouve des éléments similaires (un narrateur à la première personne, une prédominance du monde masculin, de l'action...), Le Monde Perdu se présente comme un roman d'aventure, un roman où les personnages voyagent et partent à la découverte d'un monde hostile et périlleux.
Ce roman nous introduit aussi un personnage assez important de l'oeuvre d'Arthur Conan Doyle: le Professeur Challenger. Alors encore une fois, quand on pense à Arthur Conan Doyle, on pense tout de suite à Sherlock Holmes, mais il a également consacré plusieurs romans à un autre personnage, celui de ce professeur bourru, bagarreur, au caractère bien trempé. Le Monde Perdu est le premier roman dans lequel on le découvre, en 1912, et ses aventures se déclinèrent dans encore quatre autres romans: La ceinture empoisonnée, Au pays des brumes, La machine à désintégrer, et Quand la Terre hurla, publié en 1928. 
Le professeur Challenger est vraiment très différent de Sherlock Holmes: super masculinisé, il est une montagne de muscles abordant une barbe impressionnante, et qui utilise très souvent ses poings plutôt que son cerveau (ce qui ne l'empêche pas d'être intelligent), alors que Sherlock, même s'il pratique plusieurs sports de combat, est connu pour utiliser en priorité ses capacités cérébrales plutôt que sa force physique.
Les aventures de Challenger furent plusieurs fois adaptées au cinéma et à la télévision, à partir de 1925, même s'il n'y a pas eu d'adaptations récentes. 

Un Jurassic Park avant l'heure:
En lisant Le Monde Perdu, j'ai immédiatement pensé à une licence de films extrêmement connue: Jurassic Park! Bon, c'est probablement parce que le second film (basé sur le livre éponyme) s'appelle aussi Le Monde Perdu. Et qu'il y a des dinosaures.
Tout le roman tourne autour des dinosaures et de leur quête: Challenger raconte à Malone avoir fait un voyage où il aurait découvert les restes d'un explorateur, ainsi que le carnet de celui-ci, dans lequel il a consigné toutes ses découvertes concernant les dinosaures. A l'époque où Arthur Conan Doyle écrit ce livre, on se pose énormément de questions sur l'évolution, les espèces disparues. C'est l'époque des premières grandes fouilles archéologiques, mais aussi des fraudes scientifiques, la recherche des anomalies. On peut par exemple citer Joseph Merrick, surnommé Elephant Man, qui fut paradé ainsi vers la fin du 19ème siècle. Cette curiosité scientifique se ressent en littérature, dès le 19ème siècle, et se poursuit à l'aube du 20ème siècle. 
Le livre le présente bien: les théories de Challenger sont remises en question, il y a des débats scientifiques qui tournent au pugilat, et enfin le besoin de la preuve, de prouver qu'on dit vrai, et qui entraîne alors toute la suite des aventures. Le livre contient donc plusieurs passages portés sur la science, notamment sur l'anatomie, mais aussi sur la géographie, capital lorsque l'on part en voyage. 

Ce que j'en ai pensé:
Sherlock Holmes et moi, c'est un peu une histoire d'amour, amour qui s'est transformé en mémoire pour ma deuxième année de master. Depuis plusieurs mois, lui et moi on cohabite, on passe nos journées ensemble, c'est un peu devenu mon colocataire. Naturellement, en travaillant sur ce personnage et sur ses aventures, j'en suis venue à m'intéresser à son créateur, Arthur Conan Doyle. Et je vous laisse imaginer ma surprise en découvrant à quel point ce dernier n'en pouvait plus de Sherlock Holmes, triste de voir que le lectorat ne s'intéressait pas autant à ses livres plus "sérieux" (de son propre aveu) comme ses romans historiques. Et encore aujourd'hui, Sherlock Holmes reste la première chose à laquelle on pense lorsqu'on parle d'Arthur Conan Doyle. J'ai donc décidé de m'intéresser au reste de son travail, en commençant par ce titre tout de même assez connu. Et ça donne quoi? Et bien dans l'ensemble, j'ai vraiment passé un très bon moment avec Le Monde Perdu. 

J'ai déjà énormément apprécié l'histoire. Le livre, assez court, ne perd pas de temps et nous fait entrer très rapidement dans l'intrigue. Une fois lancée, l'histoire ne connait pas de temps mort, il se passe énormément d'actions, et j'ai vraiment été embarquée dans cet univers passionnant et palpitant. C'est vraiment un roman d'aventures, un peu comme l'Île au trésor: c'est mouvementé, il se passe toujours quelque chose, et c'est difficile de lâcher le livre. Un bon point, donc!

En lien avec l'intrigue, j'ai trouvé le style de l'auteur extrêmement agréable. Arthur Conan Doyle est un auteur que j'apprécie pour son style efficace, ses descriptions claires qui nous font visualiser immédiatement ce qu'on lit, et ses dialogues piquants. Style simple et efficace ne veut pas dire pauvre, et il nous le prouve bien. Ici, on retrouve tous ces éléments: Le Monde Perdu est un livre très agréable à lire, et je pense qu'il conviendrait même très bien à un public de collégiens. J'avais un peu peur, je vous l'avoue, d'être assommée par des descriptions de dinosaures ou une utilisation de termes scientifiques incompréhensibles, mais comme nous sommes mis dans la peau de Malone,  le journaliste qui est aussi nul dans ces domaines que moi (ma connaissance des dinosaures s'arrête à Jurassic Park, à Denver et au kit où on doit casser des blocs de sable pour découvrir des ptérodactyles en plastique), le résultat est au final très clair, instructif sans être barbant. On sent d'ailleurs que l'auteur a fait beaucoup de recherches en amont de son livre, et c'est appréciable!

En ce qui concerne les personnages, je suis un peu plus mitigée. Dans l'ensemble, j'ai énormément apprécié le trio de tête, constitué de Malone, Challenger et Roxton, trois personnages qui se complètent bien, aux caractères distincts. Il y a une bonne alchimie entre eux, avec des échanges parfois savoureux. J'ai en particulier beaucoup aimé Lord Roxton. Par contre, si je suis un peu mitigée, c'est parce que j'ai trouvé les personnages un petit peu trop stéréotypés, du coup leurs réactions étaient assez prévisibles (surtout pour Challenger, en fait). Mais ça reste un léger bémol, rien de grave.

Ce qui est intéressant aussi avec ce livre, pour conclure, c'est qu'il est le témoin d'une époque très particulière: l'Angleterre d'avant la Première Guerre Mondiale. Arthur Conan Doyle reste un auteur fortement attaché aux valeurs victoriennes de la fin du 19ème siècle, et présente dans son livre ce monde là, qui est aussi pour nous, un peu, un monde perdu: l'intérêt pour la science, le rôle des journalistes, la question de la virilité, les découvertes, l'histoire de notre espèce, sont des thématiques qui ont une signification particulière pour l'époque, et j'ai aimé la façon dont ces thématiques sont abordées.

En bref, Le Monde Perdu est une lecture agréable, j'ai passé un bon moment avec ce livre. Je le conseille vivement à ceux qui ne connaissent pas encore Arthur Conan Doyle, parce qu'il est une bonne introduction à son univers et son style, mais aussi à ceux qui ont envie de découvrir autre chose que Sherlock Holmes. 

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que cette première chronique du Challenge Ecosse vous a plu, si c'est le cas (ou pas, même), n'hésitez pas à me le faire savoir en commentaire, je vous répondrai avec plaisir! On se retrouve d'ici quelques jours, en attendant prenez soin de vous et lisez beaucoup! :)

AnGee Ersatz*




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