mercredi 1 janvier 2014

JapanScope #1: Switch Girl!!, de Natsumi Aida (Baby Challenge #1).





BONNE ANNEE A TOUS!

Premier jour de 2014 et premier article! Je suis ravie de vous retrouver aujourd'hui pour un tout nouvel article, mais je tenais avant tout à vous souhaiter une excellente année, en espérant que tous vos voeux se réaliseront. Pour commencer l'année, je vous propose un mois à thème consacré au Japon: à travers le mois, vous pourrez découvrir une sélection d'articles dédiées à ce pays, et plus particulièrement aux mangas et à la littérature. Je m'attaque aujourd'hui à Switch Girl!!, un manga très populaire dans lequel je me suis plongée pour le Baby Challenge Livraddict. Bonne lecture à tous!


Le Baby Challenge Manga:
Nouveauté pour 2014, j'ai décidé de m'inscrire à un Baby Challenge! Qu'est-ce qu'un Baby Challenge? Et bien c'est très simple: chaque année, le site Livraddict (dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises sur le blog) organise lui-même plusieurs challenges baptisés Babies qui portent chacun sur un genre (le manga, le théâtre, le policier, par exemple) ainsi qu'un Big Challenge qui mixe ses différents genres. Le but, c'est de s'inscrire à un ou plusieurs ou à tous, et de lire un liste de livres imposés: il y a une sélection de vingt titres, ainsi que plusieurs jokers.

Pour ma première participation, j'ai choisi le Baby consacré aux mangas, étant donné que j'ai envie d'en lire davantage cette année. Si vous souhaitez découvrir la liste des titres et les modalités du Challenge, voici un lien direct vers celui-ci:


Natsumi Aida:



Commençons par une petite présentation de notre mangaka du jour, Natsumi Aida! Née en 1978, elle a démarré sa carrière en 2005 avec des one-shots (manga en un seul volume). C'est en 2006 qu'elle se lance dans son manga le plus connu, Switch Girl!!, qui rencontre un succès immédiat, au Japon comme en France. Le manga, toujours en cours, compte actuellement 23 volumes (dont 22 déjà publiés chez nous) mais il a été annoncé il y a quelques mois qu'il devrait prendre fin avec le 25ème tome: une longévité plutôt impressionnante, n'est-ce pas? 

En France, le manga est publié chez Delcourt. Si vous souhaitez en savoir plus, voici la page consacrée au manga sur le site.

Switch Girl!!:
Etant donné que j'avais les deux premiers tomes dans ma PAL, j'ai décidé d'en profiter pour vous les présenter les deux.



Tome 1:
Nika a 17 ans. Cette jeune fille est la star de son lycée: belle, élégante, glamour, elle est un modèle pour toutes ses camarades de classe jusqu'à ce qu'elle franchisse la porte de sa maison. A partir de ce moment: tchao tenue impeccable et coiffure sophistiquée et bonjour pyjama extra-large, plats qui sentent mauvais et apparence méconnaissable! Nika est une switch girl: mais elle doit à tout prix garder sa face cachée secrète, sous peine de perdre toute crédibilité et de devenir la risée de l'école.
Un jour, elle rencontre Arata, un garçon qui a lui aussi un double rôle: beau gosse au naturel, il se rend moche pour aller à l'école et passer inaperçu. Elle tombe aussitôt sous son charme même si le garçon se montre plutôt distant et mystérieux...







Tome 2:
Pour l'aider à partir en voyage scolaire, Arata donne des cours de soutien à Nika. Ils en profitent pour faire plus ample connaissance, mais, alors qu'ils se promènent, Nika est prise en photo dans une situation plutôt compromettante. L'auteur de cette photo? Masamune, un garçon qui lui fait un chantage horrible: il ne divulguera pas ses photos si elle accepte de coucher avec lui. Dans le même temps, Arata est séduit par Meika, une jeune fille rencontrée un peu plus tôt. Tout s'écroule pour Nika! Comment va t'elle s'en sortir?

La Switch Girl, explication.
Switch Girl!! est un manga de type shojo: dans ce genre, plutôt adressé aux filles, on retrouve souvent des histoires d'amour, des personnages féminins confrontés à des problèmes du quotidien (ou plus surnaturels dans le cas des Magical Girls à la Sakura Card Captor), les plus connus étant Nana, Love Hina... 

Ici, Natsumi Aida choisit de nous présenter une héroïne assez spéciale, la Switch Girl. Autrement dit la fille aux deux visages, avec un mode on et un mode off, une sorte de Docteur Jekyll et Mister Hyde en un peu moins dangereux (mais tout aussi terrifiant). Jolie lycéenne le jour, repoussante créature la nuit. Natsumi Aida raconte s'être grandement inspirée de sa propre vie pour écrire ce manga, en utilisant des situations qu'elle a vécues ou sa famille pour créer celle de Nika. 

On a droit à des petites explications sur ce qui fait d'une Switch Girl une Switch Girl, tout ce qui, en fait, n'est pas considéré comme approprié pour une jeune fille: on a par exemple les sous-vêtements confortables, bien usés mais dans lesquels on se sent tellement à l'aise, et à l'opposé les sous-vêtements pour "les jours à risque", les jours où la demoiselle doit se mettre en petite tenue (devant un garçon, en sport...); le port du pyjama à domicile, faire ses courses en vieux sweat sale... 



Le but, en plus de faire rire avec des situations cocasses, c'est aussi de nous permettre de nous identifier plus facilement à l'héroïne: Nika n'est parfaite qu'en apparence, ses défauts la rendent plus humaine, plus accessible. En plus de ça, il faut quand même l'avouer, nous avons tous et toutes un mode off (bon, peut-être pas au point de Nika, certes) en nous!

Mon avis:
J'ai lu pour la première fois le tome 1 de Switch Girl!! il y a... au moins un an, facilement. J'avais beaucoup aimé à l'époque, mais je n'avais pas continué, tout simplement par manque de temps. Néanmoins, comme je me suis promis de lire plus de mangas dans les mois à venir, j'ai également acheté le tome 2. Et mon avis sur ce début est très positif!


Pourtant, à la base, je suis loin d'être une fan de shojo... Je suis plutôt accro aux shonen (et oui!), aux bagarres pleines de testostérone et de sermons sur l'importance de l'amitié, de l'honneur, les Dragon Ball, les Fairy Tail... Bref, vous voyez le tableau. Mais là, j'ai été séduite: je trouve l'idée de départ fantastique, et je me suis reconnue dans le personnage de Nika. Alors bon, j'en suis pas à son stade quand même, mais je suis du genre à jeter mes fringues en rentrant pour mettre un bon pyjama bien confortable, et à ne pas me maquiller juste pour aller acheter un paquet de nouilles. Du coup, non seulement je me suis attachée à Nika, mais en plus je me suis reconnue en elle, et ça n'arrive pas très souvent! En ce qui concerne les autres personnages, Arata me plait bien, d'autant plus qu'il y a autour de lui une aura de mystère qui m'intéresse; la famille de Nika est très drôle également.

En ce qui concerne l'histoire, elle est assez banale puisqu'elle tourne autour de la relation entre Nika et Arata, mais tout l'intérêt vient des personnages et des intrigues sur la double-vie de Nika et, à partir du tome deux, des manigances de Masamune. Il y a des retournements de situations, je ne me suis pas ennuyée, ce qui est un bon point. En terminant le tome 2, j'ai eu envie de lire la suite!

Le manga passe aussi assez aisément d'une émotion à l'autre, on rit, on s'énerve, on plaint Nika. Il y a beaucoup de moments drôles et cocasses avec aussi de l'action. Nika est une héroïne résolument drôle, qui ne se laisse pas faire, et qui sait ce qu'elle veut! J'ai bien aimé les passages entre elle et son ennemie, Queen Guenon. 

Par contre, je tenais à préciser une petite chose: les shojos sont majoritairement adressés aux filles (même si cette séparation filles/garçons, shojo/shonen m'énerve un peu, chacun lit ce qu'il veut!) et aussi aux jeunes filles, voire aux enfants et ce parfois à tort. Switch Girl!!, même si c'est un manga très drôle et divertissant, traite de thèmes comme le viol et le sexe, donc attention!

Pour conclure, j'ai passé un très bon moment avec Switch Girl!!, et je suis très motivée pour découvrir la suite. J'espère qu'elle sera aussi divertissante, et que l'histoire ne va pas tourner en rond. 

Le drama:



Comme beaucoup de mangas populaires au Japon, Switch Girl!! a eu droit à son adaptation: mais attention, il ne s'agit pas d'un anime, comme pour One Piece ou pour Fairy Tail, mais d'un drama. Le drama est assez proche des séries ou mini-séries télévisées que nous connaissons.

En ce qui concerne Switch Girl!!, il y a pour l'instant deux saisons. La première a été diffusée fin 2011, et la seconde fin 2012, et chacune compte huit épisodes. Pour l'instant, il n'y a pas encore de nouvelles concernant une troisième saison, même si des rumeurs circulent la concernant.

Niveau casting, Nika est interprétée par Nishiuchi Mariya, qui a démarré en étant mannequin dans des magazines; Arata est joué par Kiriyama Renn, un habitué des dramas. A noter aussi Jinnai Sho qui incarne un Masamune hilarant.



Ce que j'en pense:
Curieusement, j'ai découvert Switch Girl!! non pas avec le manga, mais avec...le drama! Lors de la sortie de la première saison, j'avais lu un article dans le magazine JapanLifeStyle (que je lisais beaucoup à l'époque) qui m'a donné envie de la regarder. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que j'ai adoré!

J'ai suivi la diffusion des épisodes lors de la première saison, et j'ai vraiment accroché. Pour la seconde saison, j'ai attendu plusieurs mois avant de la regarder, et je l'ai dévorée en une soirée! C'est vous dire!

J'ai accroché à l'histoire sans problème, encore une fois grâce aux personnages qui me plaisent tant dans le manga. Les acteurs les incarnent très bien, Kiriyama Renn rend très bien le côté mystérieux/froid d'Arata, et Nishiuchi Mariya se donne à fond dans le côté folie typique de Nika. Les personnages secondaires sont aussi très réussis. 

J'ai également beaucoup aimé les musiques choisies pour les épisodes, ainsi que le fait de retrouver le côté visuel du manga, avec la présence du Chat culte de Switch Girl!! et des effets très sympathiques. C'est très différent des séries télévisées telles que nous les connaissons, c'est très nippon, bref une bouffée d'air frais!

Par contre, quelque chose m'étonne quand j'y repense: là aussi, j'ai noté une grande présence de la thématique du viol, notamment dans la saison 2. J'ai l'impression que partout où elle va, Nika manque d'être victime de viol... Bon, je vois peut-être le mal partout, mais quand même...

Malgré cet aspect, je suis très fan de ce drama, que je recommande aux fans du manga. Je me marre à chaque épisode, même si l'histoire a bien sûr ses lots de tragédies. Il me donne envie de me pencher sur d'autres dramas, étant donné que je ne suis pas non plus très experte dans ce domaine...

Et voilà, c'est tout pour ce premier article de 2014! J'espère qu'il vous a plu, n'hésitez pas à me laisser un petit commentaire, je me ferai un plaisir de vous répondre. Avant de vous quitter, je vous annonce que j'organiserai deux concours ce mois-ci: le premier, sur Facebook, sera annoncé dans les jours à venir... En attendant, prenez soin de vous!

AnGee Ersatz*



mardi 31 décembre 2013

Challenge Rougon-Macquart #20: Le Docteur Pascal de Zola.




Bonjour à tous, chers Livroscopiens!

Et bien voilà, nous y sommes: ceci est le dernier article de Décembre, et le dernier article de 2013! Et comme le dit l'adage "jamais deux sans trois", c'est aussi le dernier article d'un looong Challenge qui alimente le blog depuis plus d'un an, le Challenge Rougon-Macquart. Oui, c'est la fin, avec ce vingtième article qui est donc consacré au Docteur Pascal, livre dont j'avais très envie de vous parler depuis le début... Je vous souhaite une très bonne lecture de cet article!

Pour vous aider:
Après plusieurs mois sans en avoir besoin, je vous propose de reprendre aujourd'hui les arbres généalogiques de la famille! Car si, comme le titre l'indique, l'histoire tourne autour du Docteur Pascal, on retrouve aussi d'autres personnages, dont certains nous sont familiers: on peut citer la grand-mère Félicité dont les ambitions éclataient dans la Fortune des Rougon; Antoine, l'oncle alcoolique père de Gervaise; ou encore Clotilde, la fille de Saccard, l'homme aux bonnes combines de la saga. Bien d'autres membres de la famille sont mentionnés, le livre fait aussi office de clôture de tous les autres.


Le Docteur Pascal:
Résumé:
Âgé de presque 60 ans, Pascal a consacré la moitié de sa vie à un long et minutieux travail autour de l'hérédité, prenant pour exemple sa propre famille. Mais cette étude n'est pas vraiment du goût de sa mère, Félicité, dont le seul but est de préserver l'honneur familial qui risquerait d'être entaché par les découvertes peu reluisantes de son fils. Elle tente donc de convaincre Clotilde, la nièce de Pascal qui vit avec lui depuis plusieurs années, de détruire ses dossiers. Mais la jeune fille et le docteur tombent amoureux et vivent un vrai bonheur. Pour un temps...

La peur de l'hérédité:
Au-delà d'une histoire d'amour qui dérange, le livre nous présente surtout l'histoire d'un travail de trente ans. Dès le début, Zola nous fait découvrir l'oeuvre de Pascal qui se passionne pour l'hérédité et pour ses manifestations dans sa famille. Rappelons-le, la Tante Dide, celle par qui les deux branches de la famille sont nées, est devenue folle. L'alcoolisme, tout comme la violence, sont également courants. Le travail de Pascal est de comprendre comment ces éléments se transmettent, à quelle fréquence, de tenir l'arbre généalogique, et de classer, ranger, annoter. C'est un exercice d'une grande précision, qui requiert toute son attention et celle de Clotilde qui l'aide. 

Le lecteur pourra donc redécouvrir, en version très accélérée, l'histoire des différents membres de la famille ainsi que le devenir de certains (Jean qui s'est remarié, ou encore Etienne qui est parti à Nouméa). Néanmoins ça ne dispense pas de lire la saga ;). 

Et si Pascal s'acharne sur ce sujet, c'est parce qu'il veut aussi trouver un remède à l'hérédité, pour trouver une façon de soigner l'homme de ses travers. Alors dit comme ça, ça fait penser à l'eugénisme, et cette idée vient chez Pascal de sa peur de l'hérédité: il veut y échapper, il a peur à l'idée de se faire rattraper par les maladies et les faiblesses de la famille.



Quelque part on peut faire le lien entre notre héros et notre auteur, Zola: car oui, Zola, avec sa saga, a lui même fait ce travail de l'hérédité. C'est le but des Rougon-Macquart, d'analyser l'histoire d'une famille, de génération en génération. Zola s'est-il inspiré de lui-même pour écrire ce roman? C'est possible, étant donné qu'il a lui-même travaillé plus de 20 ans sur sa saga...

Mon avis:
Avant de me lancer à corps perdu (oui, carrément) dans la lecture de la saga, j'avais lu plusieurs tomes de façon indépendante au collège et au lycée, dont le Docteur Pascal. Ma première lecture remonte à plusieurs années (je devais avoir 15 ou 16 ans), mais je me souviens avoir déjà beaucoup aimé à l'époque. Et c'est également le cas avec ma relecture.

Ce que j'aime dans ce livre, c'est le juste dosage entre l'histoire d'amour de Clotilde et Pascal (par ailleurs très touchante, une bouffée d'air frais dans une saga parfois morose) et le travail de recherche de Pascal. Les deux sont intimement liés, et on va de l'un à l'autre sans problème: du coup, ils sont bien travaillés, importants sans être lourds, bref, un bon point pour moi. Je me suis passionnée autant pour l'histoire d'amour que pour le thème de l'hérédité.

En parlant de ce thème, j'ai été ravie de le retrouver dans ce dernier volume: je pense que c'est une très bonne façon de conclure la saga, d'autant plus qu'on a droit à un retour sur tout ce qui s'est passé. Si cela donne du sens au travail de Pascal, j'ai trouvé ça agréable de pouvoir replacer les choses dans l'ordre de la saga, ayant lu tous les tomes. Même si on peut évidemment les lire de façon indépendante, ce roman assure ici le lien entre tous, ce que j'apprécie particulièrement.

J'ai aussi eu un coup de coeur pour le personnage de Pascal: jusqu'à présent, mes personnages préférés des Rougon-Macquart étaient majoritairement des femmes, même si certains, comme Octave Mouret, ont su me séduire. J'ai trouvé Pascal très touchant, très humain, et son côté "dévoué à son travail"... Bref, il rejoint le club de mes personnages préférés! En ce qui concerne les personnages secondaires, rien à redire, la terrible grand-mère Félicité est décidément incroyable...

En bref, je n'ai pas grand-chose à relever de de négatif dans ce livre, il est, pour moi, un très bon roman et surtout une très bonne conclusion à la saga. J'ai passé un bon moment de lecture, qui se termine "à la Zola", et je le recommande chaudement!

Bilan du Challenge:
Avant de conclure, j'aimerais revenir sur l'intégralité de la saga, maintenant que je l'ai terminée. Tout d'abord, je suis ravie d'en être venue à bout, c'est vraiment super de se dire que j'ai lu tous ces romans, et aussi que c'est fini: mine de rien, il y a des mois où j'étais moins motivée que d'autres!



J'ai commencé ce Challenge personnel en Août 2012: j'avais en ma possession cette saga depuis plusieurs années, et je trouvais ça dommage de la laisser moisir dans un carton. J'avais déjà lu certains tomes, comme l'Assommoir ou Au Bonheur des Dames, que j'avais bien aimés. Ayant toujours apprécié les classiques de la langue française, j'ai eu envie de les mettre en avant sur mon blog, et quoi de mieux que cette saga pour cela?

En Janvier 2013, j'ai décidé de me fixer comme limite Décembre de la même année, histoire de ne pas trop m'éparpiller et surtout d'arriver à la lire sans laisser tomber. En Août, j'ai lancé via le blog et Livraddict un Challenge Rougon-Macquart pour faire participer d'autres lecteurs à l'aventure: je remercie ceux qui se sont inscris et qui ont déjà présenté des chroniques, vous pouvez les retrouver sur l'onglet Rougon-Macquart du blog.

Maintenant que j'ai tout lu, que dire de cette saga? Et bien qu'elle est très riche: elle traite de sujets variés, d'une quantité folle de sujets et de personnages, tout en gardant une certaine continuité avec des branches de la famille qui ont droit à plusieurs tomes. J'ai été particulièrement marquée par le Ventre de Paris, l'Assommoir (encore), Pot-Bouille, l'Oeuvre, la Bête Humaine et le Docteur Pascal, qui sont les romans que j'ai le plus adorés dans cette saga. Bien entendu, certains livres me plaisent moins, comme Son Excellence Eugène Rougon, la Débâcle, et l'Argent, mais globalement j'ai passé un très bon moment avec cette saga et je ne regrette pas de m'être jetée dedans!

Vous pourrez retrouver l'intégralité de mes avis sur la page Facebook ou sur l'onglet du Challenge (il me faudra quelques jours pour trouver le temps de tous les répertorier). Je ferme donc le chapitre Zola, mais si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez toujours consulter les avis des participants au Challenge!

Et voilà, c'est tout... pour cette année! Je tenais à tous vous remercier pour cette formidable année, vous avez été extrêmement nombreux à me lire, à commenter et à échanger sur le blog, mais aussi sur la page Facebook. Je vous souhaite d'avance une très bonne année, en espérant vous retrouver tous très vite pour Janvier, consacré au Japon... 

A très bientôt, et bonne année à tous!

AnGee Ersatz*


dimanche 29 décembre 2013

Boris Vian #5: Vercoquin et le Plancton.




Bonjour à tous et à toutes!

J'espère que mes lecteurs adorés vont bien! Je suis heureuse de vous retrouver sur le blog aujourd'hui, avec l'avant-dernier article du mois (et de l'année, n'oublions pas). Comme je vous l'avais annoncé, j'ai décidé de parler d'un livre lu dans le cadre d'un Challenge auquel je participe depuis plusieurs mois, à savoir le Challenge Boris Vian lancé par l'Oeil qui fume sur son blog: ce livre, c'est Vercoquin et le Plancton, livre assez peu connu de l'auteur. Ce titre me faisait de l'oeil depuis longtemps, et je ne pouvais pas passer à côté! Je vous souhaite une bonne lecture de cet article!

Pour les curieux:
Habituellement, sur le blog, je commence l'article par présenter un peu l'auteur, mais je fais une exception ici: c'est le cinquième article consacré à Boris Vian, du coup pour éviter de me répéter, je vous conseille tout simplement de suivre le lien suivant qui vous amènera directement aux articles Boris Vian :).




Vercoquin et la Plancton:
Résumé:
Ce soir, le Major donne une surprise-partie chez lui. Toutes les conditions sont réunis pour passer une bonne soirée: de l'alcool, de la bonne musique et des filles. En parlant de filles, le Major tombe, en une fraction de seconde, sous le charme d'une jeune fille baptisée Zizanie. "Aidé" (c'est une aide bien particulière ^^) de son ami Antioche, il va séduire la demoiselle puis oeuvrer à l'obtention de sa main auprès de son oncle, un homme très, très spécial...


C'est quoi ce titre?
Comme souvent chez Boris Vian, nous avons droit à un titre qui accroche l'oeil, qui surprend, bref, difficile à oublier. En le voyant au début, je me suis demandée à quelle type d'histoire j'allais m'attaquer: une histoire sous-marine avec une baleine? Une fable de la Fontaine revisitée? Bref, je me suis posée beaucoup de questions sur sa signification tout en sachant pertinemment qu'avec Boris Vian, il y a aurait TOUT sauf ce à quoi je pouvais penser. Et je pense que le résumé ci-dessus le prouve.

Mais ce bavardage ne résout en rien le mystère du titre... Certes, l'un des personnages s'appelle bien Vercoquin (Fromental de Vercoquin, c'est le moment de remercier vos parents), mais son rôle est honnêtement mineur dans l'intrigue. J'ai cherché pour vous le sens du titre, et j'ai trouvé sur plusieurs articles en ligne une théorie selon laquelle Vercoquin désignerait en fait la jeunesse qui fait la fête (ce qui colle bien avec le thème de la fête présent dans le livre). Plancton désignerait à l'inverse les adultes, en opposition à ce monde de jeunes. D'autres théories privilégient l'idée d'un titre qui serait tout simplement choisi pour être aussi farfelu que l'histoire. A vous de vous faire votre opinion!

Un livre inspiré de son époque:
Si il y a bien une chose qui m'a frappée en lisant ce livre, c'est son originalité si décalée typique de Boris Vian. Mais un autre aspect se dégage de l'histoire: on peut constater que Boris Vian, comme souvent, s'est inspiré de son époque pour raconter la rencontre de Zizanie et du Major.



Il y a d'abord les surprises-parties, qui constituent le coeur du roman, puisque celui commence et se termine avec une surprise-partie. Bon, je sais, le jeune swag de 2013 ne dit pas "surprise-partie", mais que voulez-vous, à 21 ans je suis trop vieille pour être swag. Donc je dis surprise-partie. Surprise-partie. Voilà. Mais bref, revenons-en au sujet: le livre a été publié en 1947, soit deux ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, période où ce genre de fête était très répandue. Boris Vian décrit d'ailleurs assez fréquemment des fêtes dans ses livres.

Autre élément, un peu moins festif: le CNU, ou le Consortium National de l'Unification, où travaille l'oncle de Zizanie. Cette organisation est extrêmement réglée, comme sur du papier à musique, très rigide mais où en fait rien n'a de sens. Pour cela, Boris Vian s'est inspiré de l'AFNOR (Association Française de Normalisation), créée en 1926 et dont le but est de s'assurer que tout ce qui est commercialisé correspond aux normes françaises. L'auteur y a travaillé plusieurs années, et il a probablement utilisé son expérience pour le livre. Ma mère m'a d'ailleurs fait découvrir sa chanson Complainte du Progrès qui parle aussi de ce monde de consommation.



Mon avis sur ce livre:
Vercoquin et le Plancton est un livre, il faut le dire, assez peu connu: quand on pense à Boris Vian, on pense surtout à l'Ecume des Jours et à ses romans écrits sous le nom de Vernon Sullivan. Mais je me suis fixée comme mission de découvrir aussi les oeuvres un peu moins célèbres de l'auteur, et Vercoquin et le Plancton m'intriguait grandement... Rien que le titre m'attirait! Mais le reste alors?

Et bien j'ai adoré Vercoquin et le Plancton! Franchement, j'ai passé un excellent moment avec ce livre. Je vais donc commencer par les points positifs. Tout d'abord, j'y ai retrouvé ce que j'appelle "la folie Boris Vian": il est connu pour être unique en son genre, plutôt excentrique et fou, avec un univers bien à lui qui peut aussi déstabiliser et déplaire. Vercoquin et le Plancton m'a fait penser à une de ses premières oeuvres, à savoir Conte de fées à l'usage des moyennes personnes, ou encore à l'Arrache-Coeur (le premier livre que j'ai lu de Boris Vian, un coup de coeur pour moi). Les mêmes personnages si loufoques, les mêmes situations improbables mais qui ont toutes leur logique dans ce monde à part. J'étais contente de retrouver l'humour, le côté décalé que j'aime tant chez Boris Vian.

Ce côté décalé, je l'ai particulièrement aimé avec le passage détaillant les diverses façons dont on doit s'y prendre pour conclure en soirée, un passage assez hilarant, avec tout un tas de méthodes, de propositions... Rien que pour ce passage, je vous conseille de lire Vercoquin!


Ce qui est intéressant aussi, c'est le fait que certains éléments de l'histoire s'inspirent directement d'éléments que Boris Vian connaissait, comme la CNU qui est un détournement de l'AFNOR (même si, je l'avoue, c'est en faisant quelques recherches sur le livre que j'ai appris cela): comme dans ses autres romans où il parle notamment du racisme, l'auteur se montre ancré dans son temps, même si ça ne se voit pas forcément au premier coup d'oeil. 

Bref, vous l'avez compris, j'ai adoré ce livre. Je n'ai pas vraiment de points négatifs à relever, il a été pour moi une vraie bouffée d'air frais entre deux Zola. J'ai beaucoup rigolé, et en plus de ça le livre est très court (moins de 200 pages, selon les éditions). Si vous aimez les univers décalés, ou si vous appréciez l'oeuvre de Boris Vian, je vous conseille donc ce livre, en espérant qu'il vous plaira autant qu'à moi!






Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! On se retrouve le 31 pour le tout-dernier article de 2013 qui sera l'occasion pour moi de clôturer non seulement l'année, mais aussi le Challenge Rougon-Macquart, avec le roman le Docteur Pascal. En attendant, prenez soin de vous, et n'hésitez pas à me laisser un petit commentaire!

A très vite,

AnGee Ersatz*


vendredi 27 décembre 2013

Rougon-Macquart #19: La Débâcle, de Zola.




Bonjour à tous!

Et oui, me revoilà déjà! Je suis ravie de vous retrouver sur le blog: il me reste trois articles (celui-ci compris) pour boucler le mois, donc attendez-vous à avoir des mises à jour dans les jours qui viennent! Aujourd'hui, je vous propose de partir à la découverte du 19ème et avant-dernier tome de la saga des Rougon-Macquart, à savoir la Débâcle. Et oui, je touche au but (vous n'imaginez pas comme cette sensation est géniale ^^). Ce roman traite d'un sujet qui a déjà été mentionné dans les livres précédents, sans non plus être utilisé de manière aussi frontale, à savoir la guerre. Je vous souhaite donc une très bonne lecture de cet article :)

Pour vous aider:
Là encore (décidément, ils ne m'auront pas beaucoup servi), pas besoin d'arbres généalogiques pour ce tome: le seul personnage issu de la famille est Jean Macquart. Ce nom vous dit quelque chose? C'est tout à fait normal, Jean est un personnage "fil rouge" de la saga: on le trouvait déjà dans le premier roman, la Fortune des Rougon, ainsi que de façon plus importante dans la Terre, livre assez horrible dont je vous ai parlé il y a quelques mois. 


La Débâcle:
Résumé:
Après la mort de sa femme, Jean est retourné servir dans l'armée de l'empereur en pleine guerre contre les Prussiens. Dans la 106ème où il est caporal, Jean se lie d'amitié avec ses hommes, notamment avec Weiss et Maurice. Mais à Sedan, l'armée française se fait mettre en pièces par leurs ennemis... C'est le début pour Jean d'une convalescence qui va lui permettre de rencontrer Henriette, la soeur de Maurice, dont il tombe amoureux. Cependant, la débâcle ne fait que commencer...

Une histoire basée sur l'Histoire...
Encore une fois, avec la Débâcle, Zola se montre fidèle à lui-même en nous proposant un roman profondément ancré dans son époque. Le livre, publié en 1892, traite de deux événements historiques survenus seulement vingt ans plus tôt.

Le premier, c'est la défaite de Sedan. La défaite de Sedan, c'est quoi? Il s'agit d'une bataille qui se déroula en 1870 au cours de la guerre entre les empires français et prussiens, et au cours de laquelle l'armée française fut violemment écrasée. L'empereur Napoléon III (présent dans le roman) fut grandement critiqué suite à cette défaite, qui causa de grandes pertes humaines. Une grande partie de la Débâcle est donc consacrée à cette catastrophe encore présente dans toutes les mémoires: nous pouvons découvrir l'armée française, la vie difficile des soldats qui marchent longtemps et mangent très peu, la convalescence, la mort, les blessés, et les méthodes médicales de l'époque. Zola choisit de donner aussi son avis sur la raison de la défaite, donc si cela vous intéresse, n'hésitez pas à le lire!

Autre événement historique choisi par Zola: la Commune de Paris. Cet événement est un peu moins connu aujourd'hui mais fut d'importance. Suite aux échecs répétitifs de l'empereur, les Parisiens se soulevèrent et renversèrent le régime, et installent la Commune en 1871. Certains grands noms de l'époque jouèrent un rôle important: on peut citer par exemple Gustave Courbet, qui en a beaucoup souffert puisqu'il fut par la suite forcé à l'exil en Suisse. 

Courbet et la Commune, une longue histoire...


Mon avis sur ce livre:
Ce mois de Décembre, on peut le dire, est un moment que j'attendais depuis le début de l'année. Pas pour Noël, non, ni pour Nouvel An. Mais pour quoi alors? vous demandez-vous sûrement. Et bien tout simplement parce qu'en Janvier, je m'étais fixée Décembre 2013 comme limite pour terminer la saga des Rougon-Macquart! Et avec ce 19ème tome (et le 20ème dans lequel je me lance cette semaine!) je m'en rapproche! Bref, passons aux choses sérieuses: qu'ai-je pensé de la Débâcle?


Pour être honnête, je n'ai pas vraiment été emballée par ce livre autant que je l'espérais. Je savais, d'après le résumé, que le livre traitait du sujet de la guerre, et du coup j'appréhendais un peu. Non pas que ce thème ne m'intéresse pas, au contraire: mais ce qui me passionne, dans la guerre, c'est surtout la vie au front et à l'arrière, et tout ce qui est médecine. Malheureusement, une grande partie du livre est consacrée à un aspect qui me parle un peu moins, le combat en lui même. Du coup, j'ai eu vraiment beaucoup de mal à me plonger dedans, le début a été pour moi plutôt laborieux.



Mais après m'être accrochée pendant environ 200 pages (dans mon édition), j'ai fini par entrer dans l'intrigue: j'ai beaucoup aimé les passages concernant les opérations, le deuil, les prisonniers... Et j'ai vraiment énormément apprécié la fin, qui n'est pas sans rappeler celle de la Terre, autre livre dans lequel on retrouve Jean.

En parlant de Jean, Zola nous présente des personnages intéressants, avec le triptyque Jean-Maurice-Henriette. Jean est un peu le fil rouge de la saga (et si j'ai bien compris on le retrouve aussi dans le tout dernier tome, le Docteur Pascal), on commence à le connaître, et personnellement j'étais contente de le retrouver. Henriette et Maurice sont des personnages attachants, surtout dans leurs interactions avec Jean.

Néanmoins j'ai vraiment, vraiment eu du mal à me plonger dans ce livre, j'ai même dû "couper" avec d'autres lectures, ce que je fais assez rarement. Je pense que le livre, cependant, a son intérêt dans la saga, puisque Zola, encore une fois, a cherché à inclure dans celle-ci toutes les thématiques de son époque, et je ne regrette pas de l'avoir lu!

Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui! J'espère que l'article vous a plu, n'hésitez pas à me laisser vos suggestions, avis et autres en commentaire, je vous réponds avec plaisir! On se retrouve très vite, d'ici quelques jours, avec les deux derniers articles, qui seront consacrés au Docteur Pascal et à Vercoquin et le Plancton de Boris Vian... En attendant, prenez soin de vous!

AnGee Ersatz*


Si vous avez aimé...

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